La conscription

            La circonscription est un enrôlement obligatoire des habitants d'un pays qui ont atteint l'âge légal pour le service militaire et qui remplissente certaines conditions. Au Canada, la conscription fut appliquée lors de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale.

La Première Guerre mondiale :
            Au début de la Première Guerre mondiale, plus de 500 000 volontaires canadiens s'enrôlèrent, donc le manque de volontaires ne se présentait pas encore. Toutefois, cette guerre s'éternisa et le manque de volontaires refit surface en 1917. En effet, le nombre de soldats morts excédait celui des recrues disponibles (38 000 Canadiens étaient d'ailleurs morts en 5 mois).
            Le premier ministre canadien de l'époque était Robert Laird Borden. En 1917, le gouvernement Borden fit voter l'enrôlement des hommes célibataires, veufs et sans enfant de 20 à 35 ans. Les Québécois se révoltèrent et plusieurs émeutes éclatèrent. Ottawa fit alors intervenir l'armée et il y eut plusieurs morts au Québec. Entre autres, le 1er avril 1917, une émeute débuta à Québec et dura 4 jours. Au cours de celle-ci, 5 civils furent tués.
            La révolte du Québec s'expliquait par le fait qu'il était contre le fait de participer à la guerre pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'agriculture était florissante à cause de la demande accrue des pays européens. De plus, les Québécois gagnaient de bons salaires dans les usines de munitions. Toutefois, la principale raison de la révolte québécoise résidait dans leur indifférence aux problèmes de l'Europe : ils étaient contre le fait de se battre pour l'Angleterre.
            Finalement, sur 47 000 conscrits, 18 000 réussirent à se cacher. Puis, sur tout le contingent canadien de 420 000 soldats, 4,5 % étaient des Canadiens français.

La Deuxième Guerre mondiale :
            Au début de la Deuxième Guerre mondiale, la menace de la conscription planait au Canada. Ainsi, lors des élections provinciales de 1939, la conscription représentait le principal débat. Maurice Duplessis (Union nationale) était alors au pouvoir depuis 1936. Il promit de protéger les Canadiens français contre la conscription et, de plus, il voulait protéger le pouvoir des provinces. Adélard Godbout (Parti libéral), quant à lui, s'engageait à démissionner en cas de conscription, car il prônait une participation limitée et volontaire. William Lyon Mackenzie King (premier ministre fédéral) promit alors de ne pas adopter la conscription si le Parti libéral d'Adélard Godbout remportait les élections. Avec l'aide de cette promesse, Godbout fut élu par 54.1% des votes, contre 39.1% pour l'Union nationale de Maurice Duplessis.
            Puis, comme lors de la Première Guerre mondiale, le conflit s'étira plus longuement que prévu et le problème du manque de volontaires refit surface. Malgré tout, Willian Lyon Mackenzie King réitéra sa promesse de ne pas recourir à la conscription. Suite à celle-ci, il subit beaucoup de pression de la part des Anglophones. Il trouva alors, selon lui, un solution équitable : la tenue d'un plébiscite (consultation directe du peuple) dans tout le Canada, même si sa promesse avait été faite exclusivement au Québec.
            Ce plébiscite divisa le Canada. D'un côté, les Canadiens se regroupèrent autour de la Ligue pour la défense du Canada (mouvement qui s'opposait à la conscription) et considéraient Mackenzie King comme malhonnête. Selon eux, le Canada devait s'en tenir à une participation sans conscription. De l'autre côté, les Canadiens anglais voulaient que la conscription soit appliquée, car ils tenaient à l'effort de guerre total.
            Le plébiscite se tint en 1942. Au Québec, on vota à 71,2 % contre la conscription tandis que dans les provinces anglophones on vota majoritairement (77%) pour la conscription. Ainsi, dans l'ensemble du Canada, le vote se solda pour la conscription à 63,7%. La conscription fut finalement appliquée en 1944, soit deux ans après le plébiscite.