Joseph-Adélard
Godbout naquit le 24 septembre 1892, dans la région du Bas-St-Laurent,
au Québec. Il était le treizième enfant d'une famille
qui allait en contenir 18. Fils de fermier, il s'en allait suivre les traces
de son père en devenant agronome. Son père et un de ses oncles
faisaient également parti de l'Assemblée Nationale, ce qui
le dirigea vers la politique.
Godbout fit ses études au Séminaire de Rimouski, à
l'École d'agriculture de Ste-Anne-de-la-Pocatière et au Amherst
Agricultural College, aux États-Unis. Il étudia également
deux ans au Grand Séminaire pour devenir prêtre, mais des
problèmes de santé le contraignirent à arrêter.
De 1918 à 1930, il occupa le poste de professeur d'agriculture à
Ste-Anne.
Sa carrière en politique débuta en 1929, lorsqu'il fut élu
à l'Assemblée Législative dans le district de L'Islet.
Il était Libéral, tout comme son père. Adélard
Godbout fut réélu dans le district de l'Islet en 1931, 1935,
1939 et 1944. Le 27 novembre 1930, il fut élu ministre de l'Agriculture,
poste qu'il occupa jusqu'en juin 1936. On remarqua rapidement son dévouement
au travail, son sens des responsabilités, son sérieux ainsi
que son honnêteté. Pour ses raisons, il fut appelé
à remplacer Taschereau comme Premier ministre de la province en
juin 1936. Il conserva cette position jusqu'aux élections d'août
1936, où il fut défait par Maurice
Duplessis. Plusieurs crurent alors que sa carrière politique
était finie, mais ce ne fut pas le cas!
Aux élections du 8 novembre 1939, Godbout fut élu par 54.1%
des votes, contre 39.1% pour l'Union Nationale de Maurice
Duplessis, qui était au pouvoir depuis 1936. Il faut mentionner
que la promesse de Mackenzie King de ne pas appliquer
la conscription lors de la Deuxième
Guerre Mondiale avait contribué à son élection.
Alors qu'il était au pouvoir, entre autres, il accepta la taxe de
temps de guerre, donna le droit de vote aux femmes en 1940, recommenda
de voter en faveur du plébiscite de 1942 sur la conscription
et fonda Hydro-Québec pour favoriser la nationalisation de l'électricité,
en 1944. Il institua également l'école gratuite au primaire
et obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans, et était sur
le point de mettre en place un régime d'assurance maladie lorsqu'eurent
lieu les élections provinciales de 1944.
Lors de ces élections provinciales, même si le gouvernement
de Godbout était honnête, avait beaucoup fait progresser le
Québec et que Godbout avait fait ce qu'il croyait être le
mieux, les Québécois l'accusèrent de ne pas avoir
pris les bonnes décisions et d'avoir appuyé le gouvernement
fédéral. Il fut donc défait aux élections de
1944.
Après sa défaite, en 1944, Adélard Godbout demeura
chef de l'opposition jusqu'en 1948. Huit ans plus tard, soit en 1956, il
décéda. De nos jours, les Québécois se souviennent
peu de lui... On ne retrouve pratiquement aucun ouvrage sur lui, et aucun
édifice public porte son nom, contrairement à la plupart
des autres chefs politiques de cette époque.