La Première Guerre mondiale

           Le 28 juin 1914, l'archiduc François Ferdinand (héritier du trône d'Autriche-Hongrie) et son épouse furent assassinés à Sarajevo (Bosnie) par un soi-disant étudiant serbe de 19 ans (Gravilo Princip). Cet incident représenta l'étincelle qui alluma l'incendie qui se déclencha par la suite. En effet, le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclara la guerre à la Serbie. Puis, les alliances qui règnaient en Europe entraînèrent rapidement le monde vers l'abîme. Ces alliances se définissaient comme suit : la Tripe-Alliance composée de l'Allemagne, de l'Autriche et de l'Italie (jusqu'en 1914) et la Triple-Entente regroupant la France, la Russie et la Grande-Bretagne. Il faut noter que les pays formant la Triple-Entente portait le surnom d'Alliés.
Le Canada, puisqu'il était un dominion de la Grande-Bretagne (il dépendait donc de la Grande-Bretagne pous sa politique extérieure), se retrouva immédiatement en guerre lorsque celle-ci y embarqua. Au Canada, comme dans tout l'empire britannique, on croyait que la guerre serait intéressante et qu'elle ne durerait que quelques semaines. En effet, les soldats qui partaient se battre promettaient même à leur fiancée de revenir pour Noël. Cette situation explique en quelque sorte le grand nombre de soldats volontaires (plus de 500 000) que le Canada envoya outre-mer. Il faut toutefois mentionner qu'environ 40 pourcent de ceux-ci étaient d'origine britannique et que leurs liens avec la Grande-Bretagne étaient donc très forts.
Du mois d'août au mois de novembre 1914, la guerre en fut une de changements. La Russie, la France et l'Allemagne tentaient de mettre à exécution leurs plans, mais ils échouèrent... Suite à ces échecs, les pays en guerre tentèrent une nouvelle méthode en 1915 : la guerre de tranchées (longs couloirs creusés dans le sol). Plusieurs soldats durent vivre dans ces tranchées où la vie était très difficile. Les soldats espéraient fortement que la guerre se terminerait en 1915. D'ailleurs, les Alliés tentèrent de battre l'ennemi sur tous leurs fronts en même temps. Toutefois, les Allemands eurent la même idée et la guerre se poursuivit...
            De plus, à partir de 1915, la guerre était véritablement devenue mondiale. En effet, le Japon (en 1914) et l'Italie (en 1915) s'étaient joints aux Alliés (Triple-Entente). De plus, la Turquie (empire ottoman) entra en guerre aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche. Plusieurs autres pays furent par la suite impliqués dans le conflit. D'ailleurs, en 1917, aucun continent ou océan n'était épargné.
            Puisque la guerre s'éternisa, de nouvelles armes apparurent telles que la mitrailleuse refroidie à l'eau, le canon à très longue portée, le char d'assaut, le sous-marin, l'avion et les gaz. Ces nouvelles méthodes rendirent le conflit nettement plus meutrier. On développa aussi la guerre souterraine : on enterra des mines sous les soldats ennemis contraints à garder leur position.
            En 1916, les deux camps tentèrent vainement de mettre fin à la guerre. Malgré tout, la guerre continua et plusieurs se demandèrent si elle allait se terminer un jour. Les familles n'espéraient plus la victoire, seulement le retour à la maison des soldats. Ce ne fut guère le cas.
            En 1917, la situation des Alliés devint extrêmement critique. En effet, l'Allemagne tenta de vaincre les Alliés avant que les États-Unis ne se joignent au conflit. L'Allemagne faillit réussir, malgré l'entrée en guerre des États-Unis qui s'allièrent avec la Triple-Entente. Au Canada, l'année 1917 marqua l'adoption de la conscription par le gouvernement de Robert Laird Borden. La conscription déplut considérablement aux Québécois qui se sentaient indifférents aux problèmes de l'Europe. Ils étaient surtout contre le fait de se battre pour l'Angleterre.
            Le 21 mars 1918, l'Allemagne lança son offensive et, jusqu'au début du mois d'août, entreprit cinq assauts importants. Finalement, tout échoua, mais l'Allemagne se retrouva tout de même aux portes de Paris. Par la suite, du mois d'août au mois de novembre 1918, ce fut la contre-offensive des Alliés. Les Allemands retraitèrent vers la Belgique et les Italiens purent revenir à Vienne. Puis, le 11 novembre, tous les États des puissances centrales avaient signé un armistice, un cessez-le-feu. Finalement, le 28 juin 1919, la paix fut officiellement signée à Versailles, en France, pour enfin mettre fin à la Première Guerre mondiale (qu'on appelait alors «La Grande Guerre»).
            Le bilan de la Première Guerre mondiale fut désastreux. Dans le monde, elle fit environ 9 millions de morts dont 60 000 au Canada. Sans compter les nombreux soldats blessés et disparus. Toutefois, nous pouvons dénoter quelques points positifs de la guerre qui ne contrebalanceront jamais avec ses dures conséquences. En effet, la guerre relança l'économie et le chômage disparut. De plus, puisque plusieurs hommes partaient pour le front, on manqua de travailleurs dans les usines et les femmes les remplacèrent. Cet événement déclencha les revendications sociales des femmes par la suite telles qu'une plus grande affirmation dans la politique et le droit de vote. Au Canada, on accorda d'ailleurs le droit de vote aux femmes en 1918, tandis qu'au Québec les femmes durent attendre jusqu'en 1940 pour pouvoir voter.
            Finalement, au Canada, comme ailleurs, on appliqua aussi le rationnement au cours de cette guerre. On rationna d'ailleurs le pétrole, le blé, l'électricité, le sucre, la viande et le thé. De plus, l'économie de guerre coûta très cher au gouvernement. Pour trouver de nouveaux revenus, il vendit des bons de la victoire et appliqua des impôts sur les revenus et sur les profits.