L'Acadie fut une colonie française à partir de 1604, année
où Pierre Dugua De Monts s'installa sur l'île Sainte-Croix
avec ses hommes. En 1621, l'Acadie devint la Nouvelle-Écosse et
anglaise. Cependant, dès 1629, la France en reprit possession (par
le traité de Suze). Par la suite, il y eut plusieurs guerres...
En 1713, par le traité d'Utrecht qui concluait la guerre
de succession d'Espagne, l'Acadie fut définitivement
cédée à l'Angleterre.
Pourtant, ce n'était que le début d'une longue tragédie
pour les Acadiens. En effet, dès 1715, les Britanniques les empêchèrent
d'immigrer en territoire français et leur demandèrent à
maintes reprises d'effectuer un serment d'allégeance au roi d'Angleterre.
Malgré tout, les Acadiens résistèrent à ces
pressions. Puis, en 1730, le lieutenant anglais Lawrence Armstrong concéda
des terres à des Bostonnais plutôt qu'à des Acadiens.
Cependant, la véritable tragédie acadienne eut lieu en 1755...
Déjà en 1753, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse,
Charles Lawrence, projettait de disperser les Acadiens, car les autorités
britanniques craignaient que ces derniers (qui étaient francophones
et catholiques) n'appuient les Français et se révoltent contre
l'Angleterre. Pourtant, à cette époque, les Acadiens voulaient
demeurer neutres, ce qui leur valut l'épithète de «traîtres»
autant du point de vue des Anglais que de celui des Français.
Dans le plus grand secret, on prépara la déportation des
Acadiens. Les Anglais, en plus de les percevoir comme une menace, savaient
que les Acadiens possédaient les plus belles terres agricoles et
que des milliers de colons britanniques seraient volontaires pour venir
habiter en Nouvelle-Écosse.
Lawrence s'empara de la population désarmée et l'entassa
dans des navires. Selon lui, une fois dispersés, les Acadiens ne
seraient plus une menace et s'assimileraient aux populations locales. Pendant
cette déportation, que l'on surnomma «le grand dérangement»,
on sépara les familles, bien que ce n'était pas dans le plan
de départ. En effet, en théorie, on ne devait pas séparer
les familles et on devait embarquer tous les habitants d'un même
village sur un même navire... La réalité fut tout autre
: des maris furent séparés de leur épouses, des enfants
de leurs parents et de leurs frères et soeurs.
En tout, le nombre d'Acadiens déportés s'élèvent
entre 12 000 et 16 000. Dispersés dans les colonies d'Angleterre
telles que les colonies américaines (ou colonies anglaises du Sud)
et les Antilles. Plusieurs furent même déportés en
France. Les Acadiens, ainsi déportés, ne furent guère
bien accueillis. De plus, puisqu'ils avaient été embarqués
assez rapidement, plusieurs d'entre eux n'avaient pu apporter leurs biens
personnels...
Suite à ce grand dérangement, plusieurs Acadiens se retrouvèrent
en Louisiane. Ils y formèrent le peuple cajun (déformation
du mot «acadien»). De plus, plusieurs Acadiens revinrent en
Acadie, la terre de leurs ancêtres. En effet, le
traité de Paris de 1763 engendra un retour
progressif des Acadiens. Cependant, l'immigration des Loyalistes
nuisit aux Acadiens, car les plus belles terres étaient
offertes à ces fidèles de l'Angleterre. Les Acadiens furent
donc contraints à s'installer plus au Nord et à remplacer
l'agriculture par la pêche.
Aujourd'hui, bien que plusieurs l'ignorent, un million de Québécois
sont d'origine acadienne! De plus, le 15 août, la fête de l'Assomption
est la fête nationale des Acadiens. En Gaspésie, le drapeau
acadien (qui est en fait le drapeau de la France auquel on ajoute un étoile
jaune dans la bande bleue, cette étoile symbolisant la Vierge Marie,
patronne des Acadiens) flotte souvent aux côtés de celui du
Québec.