La deuxième guerre intercoloniale

            La guerre de succession d'Espagne débuta en 1701 et elle engendra la deuxième guerre intercoloniale. Au début de ce conflit, Philippe de Rigaud de Vaudreuil (nouveau gouverneur français) organisa de nouveaux raids sur des villages de Nouvelle-Angleterre. En 1704, J.-B. Hertel de Rouville partit donc en compagnie de Canadiens, d'Abénaquis et d'Iroquois attaquèrent Deerfield (au Massachussetts). Les Anglais ne demeurèrent pas impassibles et attaquèrent l'Acadie. Au cours de cette même année, il y eut un raid français contre Bonavista (à Terre-Neuve) et plusieurs autres attaques se succédèrent.
           En 1705 et en 1706, le calme revint quelque peu. Cependant, les Anglais et les Français payaient les Indiens pour chaque scalp ennemi et torturaient les prisonniers pour obtenir des renseignements sur la situation militaire adverse. Puis, en mars 1710, Francis Nicholson prit Port-Royal (en Acadie) qu'il rebaptisa Annapolis.
           En 1711, la guerre de succession d'Espagne attint son point culminant en Amérique. Au mois d'avril, l'amiral Hovenden Walker quitta Portsmouth avec 5300 soldats et 6000 marins. Il alla se ravitailler à Boston en vue d'une grande offensive contre le Canada. En septembre, Walker navigua sur le fleuve St-Laurent, mais le mauvais temps lui fit perdre sa route. À cause de vents violents, ses navires échouèrent sur l'Île-aux-Oeufs et il retourna en Angleterre avec les survivants. Nicholson qui devait faire la jonction pour l'attaque de Québec apprit cette nouvelle et retraita vers Albany. Les Canadiens étaient à nouveau sauvés.
            En avril 1713, le traité de paix fut signé à Utrecht (Pays-Bas). Par ce traité d'Utrecht, la France (sous Louis XIV) perdit la baie d'Hudson, l'Acadie (Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et l'Iroquoisie (territoire qui était le chemin naturel entre la Canada et la Louisiane). Ce traité était désastreux pour la Nouvelle-France, car elle était encerclée, coupée en deux et à la merci de la marine anglaise d'Acadie qui pouvait facilement bloquer le ravitaillement français.
            Par la suite, ce fut la paix de trente ans (de 1713 à 1744), même si tous savaient (en Europe comme en Amérique) que la guerre n'était pas finie. Cette trêve fut une période de construction et de fortification. La Nouvelle-France, nettement en retard sur la Nouvelle-Angleterre au plan militaire, tenta (vainement) de reprendre le temps perdu. Dans cet esprit, elle entreprit la construction d'une forteresse «imprenable», Louisbourg, vers 1717-1719. Elle construisit aussi plusieurs ouvrages sur les rives des Grands-Lacs, du Richelieu et du Saint-Laurent.