On appela Loyalistes les Américains (habitants des colonies anglaises
du Sud) qui demeurèrent fidèles et loyaux à la couronne
britannique, même si l'indépendance
américaine fut déclarée le 4 juillet 1776 et officialisée
en 1783, par le traité
de Versailles.
Les Loyalistes n'acceptèrent pas la brisure du lien colonial d'avec
l'Angleterre. Pour cette raison, tout au long de la guerre
de l'indépendance, ils furent privés de leurs droits
civils et même, parfois, soumis à des sévices corporels.
Lorsque les États-Unis furent reconnus en tant que nation indépendante,
en 1783, environ 100 000 Loyalistes s'exilèrent.
Environ 35 000 d'entre eux s'installèrent en Nouvelle-Écosse.
Cependant, il y avait déjà environ 15 000 Acadiens
qui s'étaient installés sur ce territoire. Dès 1784,
on forma une nouvelle colonie à cause des nombreux Loyalistes qui
s'étaient établis en Nouvelle-Écosse : c'était
le Nouveau-Brunswick, ainsi nommé en l'honneur du duc de Brunswick,
le beau-frère du roi d'Angleterre, George III.
Il y eu aussi environ 6000 Loyalistes qui immigrèrent dans la Province
de Québec. À la demande du roi, on offrit des terres aux
nouveaux arrivants. Ces derniers s'installèrent à l'Ouest
de Montréal, au Sud de Montréal (Cantons de l'Est), dans
l'Outaouais et au Nord du lac Ontario.
Les Loyalistes qui arrivèrent dans la Province de Québec
furent très déçus de ce qu'ils y découvrirent.
Loyaux et fidèles à l'Angleterre, ils n'avaient certes pas
quitter les États-Unis d'Amérique pour venir s'installer
dans une colonie qui ressemblait davantage à la France qu'à
l'Angleterre. En effet, depuis l'adoption de l'Acte
de Québec en 1774, on reconnaissait la religion catholique et
les lois civiles françaises (régime
seigneurial).
Les Loyalistes réclamèrent rapidement le mode de vie anglais
dans cette colonie qui était pourtant anglaise. Ils revendiquèrent
un territoire séparé de la majorité francophone, l'application
des lois civiles anglaises, la création d'une chambre d'Assemblée,
la religion protestante et l'application de la tenure anglaise (cantons).
Après plusieurs débats, Londres adopta l'Acte
constitutionnel en 1791. Par celui-ci, Londres accordait les demandes
des Loyalistes et séparait le territoire de la Province de Québec
en 2 Canadas : le Haut et le Bas.