Wilfrid
Laurier naquit le 20 novembre 1841 à St-Lin, au Québec. Il
était le fils de Carolus
Laurier, arpenteur, et de Marie-Marcelle Martineau. Cependant celle-ci
décéda alors qu'il était âgé de 4 ans
et il fut élevé par sa belle-mère.
Après des études aux écoles de Saint-Lin et de New
Glasgow (Nouvelle-Écosse), au Collège de l'Assomption et
à l'Université McGill, il fut admis au barreau du Bas-Canada
en 1865. Il exerça sa profession d'avocat à Montréal,
à l'Avenir et à Arthabaska. En 1866, il fut rédacteur
et propriétaire du journal Le défricheur et en 1868 il épousa
Zoé Lafontaine (1841-1921). Il participa également à
la fondation du journal l'Électeur (qui est devenu par après
le Soleil de Québec),
et en 1880, il devint avocat de la couronne. Puis, en 1897, Laurier fut
nommé baronnet par la reine Victoria. Dès lors, et jusqu'à
sa mort, il utilisa le titre SIR Wilfrid Laurier.
Il fit ses débuts en politique en 1871, quand il fut élu
député libéral de l'Assemblée législative
dans Drummond-Arthabaska. En 1874, il fut élu aux élections
fédérales, dans la même région. Puis, de 1877
à 1878, il fut ministre du Revenu de l'Intérieur dans le
cabinet de Mackenzie. En 1877, il emporta également l'élection
partielle dans Québec-Est et conserva sa place sur ce comté
jusqu'à sa mort en 1919. Il devint chef du Parti libéral
fédéral en 1887 (il succédait alors à Edward
Blake). Il remporta les élections du 11 juillet 1896, et devint
ainsi le septième premier ministre canadien. Il était cependant
le premier canadien français à accéder à ce
poste, ce qui suscita de l'espoir chez les Canadiens français. Ceux-ci
espéraient que Laurier prendrait la défense de leurs intérêts
et favoriserait la bonne entente entre les deux peuples. Il resta au pouvoir
pendant 15 ans, soit du 11 juillet 1896 au 6 octobre 1911, jour où
le chef conservateur Robert
Laird Borden lui succéda. Cependant, Laurier demeura chef de
l'opposition à Ottawa et milita vigoureusement contre la conscription
au début de la Première
Guerre mondiale. Il restera chef de l'opposition jusqu'à sa
mort, en 1919.
De son action politique, on retient surtout : l'adoption du règlement
sur la question des écoles du Manitoba (1896), la création
du Territoire du Yukon (1898) et de la Saskatchewan et de l'Alberta (1905)
ainsi que la participation du Canada à la guerre des Boers de 1899-1902
(Lors de cette guerre, Laurier s'était opposé à Henri
Bourassa. Laurier avait accepté une aide volontaire mais Bourassa
réclamait une politique extérieure canadienne et non britannique
et reprochait à Laurier de ne pas avoir tenu compte de l'opinion
du Québec. Laurier lui a d'ailleur répondu: «Mon cher
Henri, la province de Québec n'a pas d'opinion, elle n'a que des
sentiments.»)
Wilfrid Laurier décéda le 17 février 1919, à
Ottawa et il fut inhumé dans le cimetière Notre Dame, également
situé à Ottawa, le 22 février de la même année.
Juste avant de mourir, il dit les paroles suivantes: «Souvenez-vous
que la foi est préférable au doute, et que l'amour est préférable
à la haine».