Acte de Québec

            L'Acte de Québec fut approuvé par les dirigeants britanniques en 1774, à la demande du gouverneur Guy Carleton, pour s'assurer de la fidélité des Canadiens à la couronne britannique. Cette fidélité était très importante, à l'époque, car les colonies anglaises du Sud s'agitaient et laissaient planer la menace d'une éventuelle révolte contre leur métropole.
            Donc, l'Acte de Québec remettait le projet d'assimilation des Canadiens français à plus tard. Les caractéristiques de cette constitution le démontrent très bien, à tous les niveaux (territorial, juridique, religieux et politique).
            Tout d'abord, le territoire fut triplé. Ainsi, il ne s'étendait plus seulement à la vallée du St-Laurent : il englobait en plus le Labrador, la vallée de L'Ohio et les Grands-Lacs. Délimité ainsi, le territoire plus aux marchands anglais pour le commerce des fourrures. Cependant, les Américains en étaient très fortement insatisfaits, car ils ne pouvaient plus prendre d'expansion vers l'Ouest. Ils se retrouvaient donc dans la même situation qu'avant la conquête de 1763...
            Puis, sur le plan religieux, on reconnut la liberté religieuse et on abolit le Serment du Test. (Il fut remplacé par un serment de fidélité au roi d'Angleterre, George III.) Naturellement, le clergé apprécia grandement ces mesures. Par contre, les marchands anglais (Montrealers) s'y opposèrent, car ils désiraient encore l'application intégrale de la Proclamation Royale.
            Ensuite, du côté de la justice, on maintint les lois criminelles anglaises, mais on reconnut les loi civiles françaises. Par le fait même, le régime seigneurial était accepté. Faisant le bonheur des seigneurs, cette mesure rendit toutefois le peuple canadien plus ou moins satisfait envers l'Acte de Québec, car il devait payer la dîme et le cens.
            La dernière facette de l'Acte de Québec concernait la politique. Les structures demeuraient toutefois les mêmes, mais on remit «officiellement» la formation d'une chambre d'Assemblée à plus tard. Cette décision déçut les Américains. Un autre changement figurait aussi au niveau politique : l'acceptation de la présence des Canadiens dans le Conseil. Les Canadiens avaient ainsi accès à tous les niveaux de l'administration coloniale.
            Les Américains virent dans cette constitution une provocation. Ils décidèrent même d'envahir la Province de Québec en 1775. Cependant, les Canadiens demeurèrent neutres pendant l'invasion américaine. Cette attitude déçut les Américains, bien entendu, mais aussi le gouverneur Carleton et l'élite canadienne (seigneurs et clergé).

--> Organigramme de l'Acte de Québec
--> Carte du sud de la Province du Canada en 1774
--> Événements importants dans l'histoire du Québec et du Canada qui eurent lieu durant l'Acte de Québec