Gilles Vigneault

            Gilles Vigneault naquit à Natashquan, au Québec, en 1928. De 1942 à 1950, il fit son cours classique au Petit Séminaire de Rimouski, où il publia des poèmes dans les journaux étudiants. Il s'en alla ensuite à Québec, pour poursuivre ses études à l'Université Laval de 1950 à 1953. Il y fonda la revue de poésie «Émourie» et y fut licencié en lettres. Pendant ses années à l'Université Laval et celles qui suivirent, soit de 1950 à 1958, il participa régulièrement aux pièces de la Troupe des Treize, «l'Arlequin».
            De plus, suite sa sortie de l'Université Laval, il enseigna à Valcartier et à l'École de Technologie de Québec de 1954 à 1961. Pendant ses années, il fut très occupé. En 1955 et 1956, il anima l'émission «Les invités du père Mathias» à la télévision de la vieille capitale. Puis, en 1958, à cette même télévision, il anima «Sans atout». Par la suite, il fonda les «Éditions de l'Arc» et y publia «Étraves» enn 1959.
            En août 1960, Vigneault chanta en public pour la première fois. Il débuta sa carrière de chansonnnier à la Boîte à chansons de Québec. Tout d’abord, il donna des récitals de poésie dans lesquels il inséra parfois une mélodie de son cru, ce qui l’amèna à la chanson. Malgré sa voix éraillée, ses premières chansons devinrent très populaires et, contre toute attente, il connut assez rapidement le succès. En effet, dès 1961, son premier récital de chanson obtint tout de suite un énorme succès.
            En 1963, il enregistra son premier disque grâce auquel il reçut le Grand Prix du disque CKAC pour, notamment, les chansons «Jack Monoloy», «Quand vous mourrez de nos amours», «J'ai pour toi un lac» et «La danse à Saint-Dilon». Dès lors, sa carrière d’auteur-compositeur-interprète séduisit un auditoire toujours plus vaste. Et, que ce soit au Québec ou ailleurs, on le reconnaissait pour son identité, québécoise, naturellement, mais évoquée d’une telle profondeur qu’elle devint universelle.
            En 1963, Vigneault anima à la Société Radio-Canada l'émission «La belle saison» avec Hervé Brousseau et Clémence Desrochers. Puis, en 1964, il participa au Gala de l'Indépendance au Forum de Montréal. En 1965, il créa une de ses plus célèbres chansons, «Mon pays». Cette chanson reçut d'ailleurs le Premier Prix de la chanson de Sopot (Pologne), le prix Félix-Leclerc au Festival du disque et une mention spéciale lors d'un festival à Ostende (Belgique). En 1965, en plus de la création de cette chanson, Vigneault fit paraître un recueil de poésie «Quand les bateaux s'en vont» qui lui valut le prix du Gouverneur général.
            En 1966, il enregistra un premier disque à Paris et se produisit sur la scène du Bobino avec Pauline Julien. Au cours de cette même année, il reçut le prix Calixa-Lavallée de la Société Saint-Jean-Baptiste. Par la suite, en 1968, il fit une tournée en Europe francophone (il assurait la première partir du spectacle de Serge Reggiani). Puis, l'année suivante, il fit une série de concerts à l'Olympia de Paris. En 1970, la publication de l'album «Du milieu du pont» lui valut le Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros.
            Puis, dans les années 1970, son patriotisme se montra davantage. D'abord, en 1971, il participa à de nombreuses manifestations indépendantistes, notamment au spectacle «Poèmes et chants de la résistance». Au cours de cette même année, il fit une charge virulente au premier ministre québécois de l'époque, Robert Bourassa, en enregistrant la chanson «Lettre de Tit-Cul Lachance à son premier ministre». En 1974, Vigneault participa au spectacle de la Superfrancofête en compagnie de Robert Charlebois et Félix Leclerc devant plus de 125 000 personnes rassemblées sur les Plaines d'Abraham, à Québec. Dans le même esprit, il créa la chanson «Gens du pays» lors du spectacle de la Fête nationale sur le Mont-Royal en 1975. De plus, en 1976, il enregistra le disque «Une fois cinq» lors du spectacle de la Saint-Jean, avec Yvon Deschamps, Claude Léveillé, Jean-Pierre Ferland et Robert Charlebois. Ce disque eut un grand succès et remporta le Grand prix de l'Académie Charles-Cros.
            En 1980, lors du référendum sur la Souveraineté-Association, Gilles Vigneault participa activement aux activités du camp du OUI. Par la suite, de 1980 à 1982, il fit un séjour prolongé en France, car il était très en demande.
            Par la suite, il continua de recevoir plusieurs prix. Entre autres, en 1985, René Lévesque le fit Chevalier de l'Ordre du Québec. Puis, en 1987, au concours de la plus belle chanson québécoise organisée par le réseau Radio-Mutuel, la chanson «Mon pays» (créée en 1965) se classa première. De plus, en 1990, en l'honneur de son trentième anniversaire de vie artistique, il y eut une semaine d'hommage à Paris.
            En 1996, Vigneault publia un album orchestrée par de jeunes musiciens «C'est ainsi que j'arrive à toi». Puis, en 1998, il publia «L'armoire des jours», un recueil de contes, de comptines, de chansons et de poèmes. Les poèmes de Gilles Vigneault, d'ailleurs, surent captiver un public large et diversifié. Sa poésie, pas vraiment inspirée par celle de d'autres auteurs, fut cependant très inspirée de la vie rurale et nourrie d'une langue puisante dans le vocabulaire ancestral. Encore aujourd'hui, elle reste toujours très liée au passé. Assez souvent, d'ailleurs, on la compare à celle de Félix Leclerc.