Félix Leclerc

            Félix Leclerc naquit le 2 août 1914, à La Tuque. Il vécut toute son enfance entouré d'instruments de musique et il appris très rapidement comment en jouer. Grâce à son père, il connut aussi le monde des bûcherons et des draveurs. D'ailleurs, dans les années trente, il lit, il composa, il bûcha et il coupa le bois, comme il le raconta plus tard dans son roman «Pieds nus dans l'aube».
            Entre temps, il étudia. De 1928 à 1931, il fit ses études primaires chez les Frères Maristes à La Tuque et ses études secondaires au Juniorat du Sacré-Coeur à Ottawa. Il continua ensuite à étudier à Ottawa. En effet, en 1931 et 1932, il fit ses deux premières années collégiales à l'Université d'Ottawa en belles-lettres et rhétorique.
            Par la suite, de 1934 à 1937, il fut annonceur au poste de radio CHRC de Québec. Puis, vers 1937-1938, il travailla comme annonceur au poste CHLN de Trois-Rivières où il écrivit et réalisa ses premiers sketches radiophoniques. En 1939, Société Radio-Canada l'engagea. Il participa, à titre de comédien, aux émissions « Vie de famille » et « Un homme et son péché ». Deux ans plus tard, soit en 1941, Félix Leclerc présenta la série «Je me souviens» à la radio d'État qui lui conféra une solide réputation d'auteur dramatique. Cette carrière d'annonceur et de scripteur l'amena d'ailleurs peu à peu aux contes poétiques, à la chanson et au théâtre...
            Entre temps, soit précisément le premier juillet 1942, Félix Leclerc épousa Andrée Vien, mais ne délaissa pas sa carrière pour autant. D'ailleurs, il fit partie de la troupe du père Émile Legault, «Les Compagnons de Saint-Laurent» de 1942 à 1945. De plus, il fit paraître «Adagio» et «Allegro» en 1943, puis «Andante» en 1944. Par la suite, il écrivit les textes pour des séries d'émissions à la radio telles que: «L'Encan des rêves» (1945),  «Théâtre dans ma guitare» et «La ruelle aux songes» (1946).
            En 1946, du mois de juin au mois d'octobre, il séjourna à l'Île d'Orléans. Il écrivit «Le Fou de l'Île» et publia «Pieds nus dans l'aube» en décembre. L'année suivante, la troupe «Les Compagnons de Saint-Laurent» dont il faisait partie créèrent «Maluron».
            En 1948, Leclerc fonda une compagnie théâtrale, le V.L.M., avec Guy Mauffette et Yves Vien. Guy Maufette, de plus, encouragea Leclerc à chanter les quelques refrains parsemant ses écrits, accompagné d'une guitare. D'ailleurs, le 23 octobre 1948, Leclerc créa «Le P'tit Bonheur». À la fin des années quarante, il se retrouva de plus comme animateur à Radio-Canada. Pendant ces années et les suivantes, il écrivit de plus en plus : des chansons, des pièces de théâtre et des contes.
            En 1950, l'impresario Jacques Canetti le lança à Paris : le 29 décembre, il faisait ses débuts comme chansonnier au Théâtre de l'ABC à Paris. Il remporta un si foudroyant succès dans la ville lumière qu'en 1951, il reçut le «Grand Prix du Disque de l'Académie Charles Cros», un prix qu'il reçut aussi en 1958 et 1973. Son séjour en Europe, qui devait durer quelques semaines, s'étira finalement pendant trois ans.
            Lors de son retour au Québec, en 1953, Leclerc continua à publier ainsi qu'à écrire pour la radio et le théâtre. D'ailleurs, en 1956, Leclerc écrivit un téléroman pour Radio-Canada : Nérée Tousignant. En 1975, il publia son «Tour de l'Île». L'année suivante, le 13 août 1976, Leclerc participa à la Superfrancofête avec Gilles Vigneault et Robert Charlebois, où plus de 125 000 spectateurs s'étaient : ce fut un triomphe. Puis, en 1978, il publia «Chansons dans la mémoire longtemps». En 1985, il présenta l'émission télévisée «Rêves à vendre» à Radio-Canada.
            Lors de son retour au Québec, en 1953, Leclerc accumula de nombreuses récompenses. Entre autres, notons la distinction d'officier de l'Ordre du Canada en 1968, le Prix Calixa-Lavallée et la Médaille Bene Merenti de Patria de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1976, le prix Denise Pelletier en 1977 et la Médaille de l'Académie des lettres du Québec en 1987. De plus, en 1978, le Mouvement national des Québécois consacra une «Journée Félix Leclerc». Il était aussi membre d'honneur de l'Union des écrivaines et écrivains québécois
        Retiré à l'Île d'Orléans, Leclerc y prépara le livre «Une histoire du Québec» vue par Félix Leclerc avant d'y décéder, le 6 août 1988. Celui que l'on considère comme le premier chansonnier du Québec, tout au long de sa vie, réussit à ouvrir la voie de la France aux Gilles Vigneault, Raymond Lévesque, Pauline Julien et, plus tard, Robert Charlebois et Louise Forestier. Félix Leclerc, par ses poèmes, ses contes, ses fables, ses drames et ses chansons, traçait des portraits satiriques de l'humanité, car il s'inspirait du milieu québécois.