Robert
Charlebois naquit le 24 juin 1944, à Montréal.
Dès sa jeunesse, il se passionna pour la musique en étudiant
le piano pendant 6 ans. L'un de ses premiers emplois se rattachaient d'ailleurs
au domaine musical. En effet, au début des années 1960, il
travailla comme animateur d'une boîte à chansons. Par la suite,
il se joignit à «La roulotte», un théâtre
ambulant du comédien Paul Buissonneau. Il étudia aussi l'art
dramatique au Théâtre national. Puis, il obtint un rôle
dans «Doux sauvages» (le téléthéâtre
de Paul Blouin) et il joua dans les téléromans «Rue
de pignons» et «Septième nord». Demeurant dans
le domaine de la musique, il joua dans les comédies musicales «Il
est une saison» et «Ne ratez pas l'espion» de Louis Georges
Carrier et Claude Léveillé.
En 1965, son premier album (intitulé «Robert Charlebois, Volume
1») sortit et révéla ce nouvel artiste au Québec.
D'ailleurs, le premier album de Robert Charlebois remporta, dès
1965, le prix du meilleur disque de l'année dans la catégorie
«chansonnier». Probablement encouragé par le succès
qu'avait obtenu son premier album, Charlebois, dès l'année
suivante, en enregistra un deuxième («Robert Charlebois, Volume
2»). Puis, en 1967, il y en eut un troisième («Terre
des bums») et un quatrième («Robert Charlebois»).
Ces disques ne représentent toutefois qu'une parcelle de la discographie
complète de Robert Charlebois.
Entre temps, en 1967, Charlebois vécut un important changement.
En effet, après un séjour en Californie, il modifia son style
poétique de chansonnier en un nouveau style où se mêlaient
le joual ainsi que les rythmes rock et latins. Le public français
eut d'abord du mal à entrer dans ce nouveau style, tandis que, de
l'autre côté de l'Atlantique, au Québec, Charlebois
conquit la jeunesse grâce à l'utilisation du joual.
En 1968, en compagnie de Mouffe (sa femme) et Jean-Guy Moreau, il monta
les revues «Yéyé versus chansonniers» et «Terre
des bums». Cette année fut aussi marquée par son cinquième
album («Robert Charlebois - Louise Forestier») ainsi que par
le trophée de l'auteur-compositeur-interprète de l'année
qu'il remporta au Festival du disque de Spa (en Belgique). Puis, em 1968
et en 1969, il mit sur pied les revues «Peuple à genoux»
au Théâtre de 4 sous, ainsi que «L'Osstidcho»,
un spectacle d'humour et de musique rock. Ces événements
regroupèrent, entre autres, Yvon Deschamps, Louise Forestier, Claude
Péloquin et les musiciens du Jazz libre du Québec.
En 1969, la chanson «Lindberg», pour laquelle Charlebois chantait
en duo avec Louise Forestier, domina tous les palmarès du Québec
ainsi que ceux de l'Europe francophone. Grâce à cette chanson
et, par la suite, à «Ordinaire», il gagna véritablement
l'adhésion du public. Une adhésion fort solide... En effet,
toujours en 1969, il fit sa première apparition à l'Olympia
de Paris. Ce spectacle finit toutefois en queue de poisson, car son percussionniste
fit rouler sa batterie dans la première rangée des spectateurs
qui n'appréciaient pas ce genre de musique. Pourtant, malgré
la réprobation de la presse québécoise après
cet incident, en juin 1969, la chanson «Lindberg» de Charlebois
reçut le prix Félix-Leclerc au Festival du disque.
Puis, en 1970 et 1971, il s'entoura de l'Orchestre symphonique de Montréal,
pour des concerts pop. De plus, sa chanson «Ordinaire» lui
valut le premier prix du 10e Festival international de la chanson à
Sopot, Pologne. En 1972, il se retrouva aussi sur scène à
l'Olympia, une nouvelle fois, avant sa tournée européenne
de 1973. Cette période dans la vie de Charlebois était grandement
marquée par Mouffe (qui fut sa première femme), compte tenu
que c'était elle qui écrivait ses textes.
Le 13 août 1974, Charlebois participa au spectacle nommé «Superfrancofête»
pour lequel plus de 125 000 personnes s'entassaient sur les célèbres
Plaines d'Abraham, à Québec. Il
y chantait en compagnie de Félix Leclerc
et Gilles Vigneault: tous les trois triomphèrent.
Puis, en 1977, Charlebois remporta le prix de l'Académie Charles-Cros
pour l'album «Une fois cinq» (paru en 1976) avec Yvon Deschamps,
Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillé et Gilles
Vigneault.
Séparé de Mouffe, Charlebois eut un certain mal à
retrouver des textes de qualité. Il revint avec un style musical
assagi, peut-être trop proche de celui de la «variété
internationale». Il chanta alors les textes de Luc Plamondon tels
que «Les talons hauts» et «J't'aime comme un fou»
(tous deux en 1983) qui ramenèrent Charlebois sur les palmarès.
En plus des textes de ce Québécois (Plamondon), Charlebois
chanta ceux de Jean-Louis Dabadie (un Français), lui aussi faiseur
de tubes.
Suite à ces changements, le public initial de Charlebois fut déçu,
mais il gagna une audience plus large. D'ailleurs, plusieurs disques de
Charlebois sortirent par la suite. Puis, en 1992, il chanta avec Claude
Dubois devant plus de 50 000 spectateurs à la Place d'Youville,
à Québec, pour la clôture
du 25e Festival d'été.
Au cours de cette même année (1992), il écrivit son
grand succès «Indépendantriste» et les autres
chansons de l'album «Immensément». Avec cet album, Charlebois
revenait à ses sources d'inspiration d'antan et retrouvait son statut:
celui d'enfant terrible devenu chef de file de la chanson québécoise.
D'ailleurs, Robert Charlebois est perçu par plusieurs comme étant
un très grand innovateur dans tous les domaines: la musique, les
thèmes et la langue.