James Murray

            Le traité de Paris, mettant fin à la guerre de 7 ans en 1763, mit également fin à la Nouvelle-France. En effet, par ce traité, la France céda à l'Angleterre toutes ses possessions en Amérique (à l'exception des îles St-Pierre et Miquelon). La Proclamation Royale fut adoptée, et James Murray, un général d’origine écossaise, fut envoyé en Amérique pour devenir le premier gouverneur de la "Province of Québec".
            Il devait y appliquer la Proclamation Royale, pour favoriser la venue d'immigrants anglais et assimiler les Canadiens. George III, roi de l'Angleterre, lui envoya aussi des directives bien précises, quelques semaines après la nomination de ce dernier. Selon celles-ci, on devait refuser toute autorité relevant du pape, préconiser la religion protestante (ainsi que ses écoles) et obliger tous ceux qui occupaient un poste administratif et gouvernemental à renier la foi catholique (par le serment du Test).
            Dès son arrivée dans la Province de Québec, Murray fit face à de nombreux problèmes. Tout d'abord, l'Église catholique n'avait pas de chef, car l'évêque catholique était mort en 1760. Pour remédier à la situation, Murray nomma un autre évêque catholique, Mgr Briand, qui devint le premier évêque britannique de la Province of Québec.
            Puis, en 1763, ce fut le soulèvement de Pontiac. Pontiac, chef des Outaouais, tenta d'organiser une révolte contre les Anglais. La raison de ce soulèvement est bien simple : les Anglais, contrôlant dorénavant le commerce des fourrures, avaient changé la façon de pratiquer celui-ci. Lors des échanges, ils exigeaient 2 fois plus de fourrures, ne fournissaient pas de rhum et obligeaient les Amérindiens à se déplacer (auparavant, c'était les Européens qui se rendaient dans les villages Américains). Pontiac compta, vainement, sur l'aide des Canadiens. Il fut finalement écrasé, car l'Église catholique recruta des miliciens pour le combattre. Il décéda assassiné, en 1769, par un Illinois soudoyé par un marchand anglais, Williamson.
            De plus, le principal problème que Murray du affronter fut le suivant : la faiblesse de l'immigration anglaise causa une supériorité démographique des Canadiens et ceux-ci étaient mécontents de la nouvelle constitution. Principalement pour cette raison,  Murray mit en place une politique de tolérance envers les Canadiens, dès 1764. Celle-ci rejoignait trois domaines: la politique, la justice et la religion. Ainsi, la formation d'une chambre d'Assembée fut remise à plus tard, une cour de justice pour Canadiens fut mise en place, les lois françaises furent appliquées et on tolérait ceux qui refusaient de prêter le serment du Test (obligation de renier sa foi pour travailler au gouvernement). Les objectifs de cette politique de tolérance furent d'éliminer la résistance des Canadiens face aux conquérants, et de les amener à s'assimiler par eux-même.
            À cause de l'attitude de tolérance de Murray, cependant, les marchands anglais (appelés montrealers) furent mécontents, car ils souhaitaient l'application intégrale de la Proclamation Royale. Ils firent des pressions à Londres, envoyant des plaintes et des pétitions. Murray répondit en qualifiant les marchands anglais de "fanatiques déréglés" mais dut aller se justifier devant les Lords of Trade à Londres. Il se fit finalement retirer son poste et fut rappelé à Londres en 1766. Ce fut Guy Carleton qui devint gouverneur, mais il adopta la même politique de tolérance face aux Canadiens.