Elle
naquit le 17 avril 1620 à Troyes, en France. Bien qu'on ne put faire
sonner les cloches pour annoncer sa naissance (les cloches se trouvaient
à Rome), Marguerite fut baptisée l'après-midi même
de sa naissance. Elle était la septième enfant de ses parents.
Sa mère, Guillemette Garnier, donna naissance à 12 enfants
dont 4 décédèrent jeunes. Guillemette Garnier décéda,
quant à elle, peu avant Noël 1638. Marguerite, alors âgée
de 18 ans, dut prendre soin de ses frères et soeurs plus jeunes...
Lors de la fête du Rosaire du 7 octobre 1640, elle croit se sentir
toute changée. Elle décida alors de se donner au service
de Dieu. Elle entra donc dans la Congrégation externe des Chanoinesses
Régulières de la Congrégation de Notre-Dame, fondée
par Pierre Fourier (et installée à Troyes depuis 1628).
Deux ans plus tard, son confesseur, M. Antoine Gendret, lui propose d'entrer
chez les Carmélites. Cependant, ni les Carmélites, ni une
autre congrégation n'accueillirent Marguerite. Malgré tout,
le 21 décembre 1643, elle fit voeu de chasteté et, un peu
plus tard, elle fit le voeu de pauvreté.
Puis, à nouveau dirigée par M. Gendret, Marguerite entreprend
avec 2 compagnes de vivre selon la vie voyagère de Marie (la Vierge).
Elles s'appliquèrent aux tâches de charité, aux prières...
Cependant, ses 2 compagnes l'abandonnèrent (l'une se maria et l'autre
décéda).
Pendant l'automne de 1652, un événement très important
marqua la vie de Marguerite Bourgeoys. En effet, elle rencontra Paul
Chomedey de Maisonneuve qui était à la recherche d'institutrices
et d'hospitalières (qui ne pouvaient être des religieuses
cloîtrées) pour amener à Ville-Marie.
Cette ville était en ce moment en situation très précaire,
compte tenu des attaques fréquentes des Iroquois. Marguerite accepta
donc de se rendre en Nouvelle-France, principalement pour ouvrir une école
pour les enfants des habitants de Ville-Marie.
Le 20 juin 1653, ce fut l'embarquement sur le navire Saint-Nicolas de Nantes
au port de Saint-Nazaire, en France. Malheureusement, peu après
le départ, on constata que le navire était pourri et on décida
de revenir à St-Nazaire. Le nouveau navire quitta le port de Saint-Nazaire
le 20 juillet 1653. La maladie frappa plusieurs hommes au cours de cette
traversée puis, enfin, le navire arriva à Québec
le 22 septembre 1653.
Marguerite demeurera à Québec pendant
un certain temps pour guérir les soldats. Puis, elle partit vers
Ville-Marie
en compagnie des soldats guéris. Peu après son arrivée,
elle fit ériger une croix pour remplacer celle que M.
de Maisonneuve avait fait dresser (suite à la crue de 1642)
et qui avait été abattue par les Amérindiens. Au cours
de ses premières années à Ville-Marie,
Marguerite prit en charge la demeure de M. de
Maisonneuve et aida Jeanne Mance à l'Hôtel-Dieu.
En 1657, Marguerite Bourgeoys entreprit l'édification d'une chapelle,
mais M. de Queylus (Sulpicien, Grand Vicaire) lui demanda d'en suspendre
la construction.
Finalement, le 22 janvier 1658, M. de Maisonneuve
donna à Marguerite Bourgeoys un bâtiment de pierre qui servirait
d'école pour l'instruction des filles de Ville-Marie.
Le premier jour de classe fut le 30 avril 1658. Puis, en juillet, Marguerite
fonda la Congrégation externe de Ville-Marie
: la Congrégation de Notre-Dame.
En septembre 1658, Marguerite quitta la Nouvelle-France. Elle retourna
en France pour aller chercher des institutrices. Le 29 juin 1659, le navire
Saint-André quitta La Rochelle, avec Marguerite à bord, pour
retourner en Nouvelle-France. Dans le navire, l'on comptait aussi une douzaine
de jeunes filles «pour marier».
En 1660, Mgr François de Montmorency Laval,
premier évêque du Canada, visita Ville-Marie
et Marguerite Bourgeoys. Puis, en 1663, la Confrérie de la Sainte-Famille
naquit à Ville-Marie. Par la suite, Marguerite
se chargea de la formation des filles du roi.
Elle fut aussi la marraine de plusieurs enfants de Ville-Marie.
Elle instruisit ses soeurs, pour lesquelles on édifia une maison
en octobre 1670. Puis, Marguerite repartit en France, mais revint peu de
temps après. Dès son retour, elle fit édifier une
chapelle, la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours. Cette dernière
sera détruite, puis reconstruite.
En 1676, Monseigneur de Laval reconnaît
enfin la Congrégation de Notre-Dame, la première communauté
religieuse séculière non-cloîtrée de Ville-Marie,
par lettres canoniques. Cette congrégation fut vouée à
l'enseignement. En 1679, Marguerite fut élue à la tête
de cette communauté qu'elle avait elle-même fondée.
En 1694, grâce à la générosité de Jeanne
Le Ber, on construisit une église pour la Congrégation. Puis,
au mois de juin de 1698, les soeurs de la Communauté présentes
à Montréal signent les règles
et pronocent leurs voeux.
Marguerite Bourgeoys s'éteignit le 12 janvier 1700. Elle fut béatifiée
250 ans après sa mort, soit en 1950, et canonisée par le
pape Jean-Paul II en 1982.