Il
naquit le 30 avril 1623, à Montigny-sur-Avre, en France. Son père,
Hugues de Laval, était un descendant du baron de Montmorency et,
ainsi, faisait partie d'une famille noble de France. Il était aussi
seigneur de Montigny et chevalier. Sa mère, Michelle de Péricard,
provenait elle aussi de la haute de noblesse. Ses frères et soeurs,
quant à eux, étaient au nombre de six.
François
de Laval effectua ses études classiques au collège des Jésuites
de La Flèche. À l'âge de 24 ans, le 1er mai 1647, il
est ordonné prêtre. Plus tard, il sera nommé vicaire
apostolique de la Nouvelle-France et, le 8 décembre 1658 (jour de
l'Immaculée Conception), il est ordonnée évêque
(de Pétrée). Alors qu'il devait partir en mission au Tonkin,
les Jésuites de Québec le réclamaient. Finalement,
il fut à bord d'un bateau, en direction de Québec
qui partit de La Rochelle le jour de Pâques 1659.
Il arriva à Québec le 16 juin 1659,
en tant que premier évêque en Nouvelle-France, pour organiser
l'Église catholique dans cette colonie. Toute la colonie, ainsi
que de nombreux Amérindiens vinrent l'accueillirent. Les gens s'exclamaient,
les cloches sonnaient et les canons retentissaient fortement. Dès
sa première journée en terre canadienne, l'évêque
baptisa un jeune Huron et donna les derniers sacrements à un moribond.
Le 26 mars 1663, Mgr Laval fonda le Séminaire de Québec.
(Le roi approuva dès le mois suivant.) En fondant ce séminaire,
Mgr Laval souhaitait favoriser les vocations perbytérales (former
des futurs prêtres) et préparer les jeunes aux carrières
dans le monde. Cependant, quelques années plus tard, il fallut repartir
les forces, car la formation de base ne suffisait pas à tout le
monde. Pour ce faire, le premier évêque de la Nouvelle-France
fonda le Petit Séminaire le 9 octobre 1668 qui fournissait une formation
générale de base. Le Grand Séminaire, quant à
lui, poussait la formation des jeunes hommes et formait les prêtres.
Mgr Laval posa cependant la première pierre du Séminaire
proprement dit plus tard, en 1678.
Le 18 septembre 1663, suite à l'adoption du gouvernement
royal par le roi Louis XIV, le Conseil Souverain fut inauguré.
François de Laval participa à la séance d'inauguration.
En tant qu'évêque, il siégera d'ailleurs au Conseil
Souverain, en compagnie de l'intendant (présidait le Conseil), du
gouverneur et de quelques conseillers.
En 1664, il établit la première paroisse de la colonie, Notre-Dame-de-Québec.
Il accordait aussi une très grande importance à la famille.
Il démontra d'ailleurs l'importance de cette valeur, à ses
yeux, lorsqu'il établit la confrérie de la Sainte-Famille,
à Québec, le 14 mars 1665.
Puis, le 1er octobre 1674, le vicariat apostolique de la Nouvelle-France
devint le diocèse de Québec. Le 6 août 1676, il reconnut
la Congrégation des filles séculières de Notre-Dame
de Montréal, fondée par Marguerite
Bourgeoys, par lettres canoniques.
En 1679, le roi Louis XIV interdisit la vente de l'eau-de-vie aux Indiens,
se pliant enfin aux demandes de Mgr de Laval qui luttait contre la vente
d'alcool aux Amérindiens depuis son arrivée dans la colonie,
soit depuis 20 ans. L'évêque avait d'ailleurs constaté
rapidement les effets désastreux de l'eau-de-vie que les Amérindiens
consommaient abondamment. Les marchands s'étaient opposés
radicalement à enrayer l'eau-de-vie lors des échanges de
fourrures et avaient même monté le peuple contre l'évêque.
Ce dernier n'avait toutefois pas baissé les bras et il avait excommunié
les chrétiens qui continuaient le commerce. Grâce à
la décision du roi prise en 1679, cette bataille venait de finir,
pour un certain temps...
En 1708, à l'âge respectable de 85 ans, Mgr François
de Monmorency Laval décéda à Québec.
À cette date, il ne possédait plus rien, ayant donnée
tout ce qu'il avait aux pauvres. De plus, au cours des dernières
années de sa vie, il était devenu un grand handicapé
physique, suite surtout à ses nombreuses tournées missionnaires.
En effet, il parcourait sans relâche son immense vicariat, été
comme hiver. De plus, dans sa pauvre chambre du Séminaire, il dormait
sur des planches, mettant sous son lit la paillasse que le frère
Houssard lui avait prêtée.
Le 22 juin 1980, le pape Jean-Paul II a béatifié François
de Laval, suite à l'important dossier de miracles et faveurs obtenus
en le priant. De plus, un gisant de bronze s'inspirant de ceux du Moyen
Âge représente Mgr de Laval dans une chapelle funéraire
inaugurée le 29 mai 1993. Ce gisant, évoquant la vie bienheureuse
de l'évêque, montre ce dernier émergeant du diocèse
dont il était responsable.