Accord du lac Meech

            Lors du rapatriement de la constitution, en 1982, le Québec fut isolé et René Lévesque, alors premier ministre québécois, ne signa pas la nouvelle constitution. Celle-ci fut donc promulguée en l'absence des représentants du Québec. Robert Bourassa, ayant été reporté au pouvoir en 1985, tenta dès 1987 de remédier à cette situation. Préconisant un nouveau fédéralisme, il croyait qu'il pourrait être rentable pour le Québec de réintégrer la constitution.
            Dans cet esprit, il rencontra le 30 avril 1987 les premiers ministres des neuf autres provinces du Canada. Suite à cette rencontre, en juin 1987, Brian Mulroney et tous les premiers ministres des provinces signèrent l'Accord du lac Meech. Cet accord, qui devait être ratifié par tous les parlements d'ici le 23 juin 1990, reconnaissait les 5 conditions du Québec pour réintégrer la constitution.
            Tout d'abord, le Québec était reconnu comme société distincte dans cet accord, même si on abandonnait toutefois la notion de «peuple». Puis, les Québécois obtenaient des pouvoirs accrus en immigration. Le gouvernement fédéral, quant à lui, se voyait limité dans son pouvoir de dépenser. De plus, à propos de certains articles de la constitution, on reconnaissait le droit de veto partiel du Québec. Finalement, en tant que dernière condition de l'Accord du lac Meech, Québec (avec Ottawa) pouvait participer à la nomination de trois des neuf juges de la Cour suprême.
            La signature de l'Accord du lac Meech engendra plusieurs réactions. En mars 1989, Robert Bourassa affirma que le Québec saurait se débrouiller tout seul si le Canada rejetait l'Accord et, en juin, on apprit qu'il n'assisterait plus aux rencontres constitutionnelles si le Canada anglais refusait l'entente. Le 26 octobre 1989, Pierre-Éliott Trudeau soutint quant à lui que l'Accord du lac Meech causerait la dislocation du Canada, car il affaiblirait les pouvoirs d'Ottawa.
            Finalement, le 23 juin 1990, l'Accord du lac Meech échoua. En effet, le Manitoba et Terre-Neuve refusèrent, entre autres, de reconnaître le caractère distinct du Québec. Suite à cet échec, Robert Bourassa promit solennellement que désormais il ne négocierait plus avec les provinces, mais seulement avec Ottawa. Toutefois, son désir fervant concernant le fédéralisme renouveléle convainquit de tenter à nouveau de joindre le Québec à la constitution canadienne par l'Accord de Charlottetown.