Il
naquit le 18 octobre 1919 à Montréal.
Son père était un fils de cultivateur qui avait remarquablement
réussi dans les affaires et, de plus, qui avait la réputation
d'être un avocat fort doué. Il décéda alors
que Pierre-Éliott avait environ vingt ans, soit quelques années
avant le début des années quarante. Sa mère, quant
à elle, était issue d'un père écossais et d'une
mère Canadienne française.
Pierre-Éliott Trudeau fit ses études dans des écoles
privées : l'école Querbes et le Collège Jean-de-Brébeuf.
À l'automne 1940, il s'inscrivit pour ses études en droit
à l'Université de Montréal. Il fut admis au Barreau
de la Province de Québec en 1943. Puis, il alla étudier à
l'Université et y obtint une maîtrise en économie politique.
Par la suite, il fit des études supérieures en droit,
en science économique et politique à l'École des Sciences
politiques de Paris et à la London School of Economics.
Lorsqu'il eut terminé ces études, en 1948, Pierre-Éliott
Trudeau voyagea en Europe et en Asie pour observer sur place la réalité
politique, économique et sociale d'une vingtaine de pays. Il revint
au Canada en 1949, alors que la grève de l'amiante faisait rage
depuis 4 mois à Asbestos. Dès lors, il s'intéressa
aux réformes gouvernementales du Québec.
De 1949 à 1951, il fut conseiller économique auprès
du Conseil privé, à Ottawa. En 1950, il collabora à
la création de la revue «Cité libre». Puis, de
1952 à 1960, il travailla pour le syndicalisme ouvrier, comme avocat
et comme économiste. De plus, au cours de ces années, on
lui interdit plus d'une fois d'enseigner à l'Université.
Pourtant, en 1961, Trudeau fut nommé professeur adjoint de la Faculté
de droit de l'Université de Montréal, où il enseigna
le droit constitutionnel, les droits de l'homme et entreprit divers travaux
de recherches à l'Institut de droit public de cette Université.
Sa carrière parlementaire débuta 4 ans plus tard, en 1965,
avec son élection à la Chambre des communes canadienne en
tant que membre du parti libéral et représentant du comté
de Mont-Royal. Il dit être entré en politique pour «défendre
le fédéralisme». En 1965, au cours de la même
année que Trudeau, Gérard Pelletier et Jean Marchand furent
aussi élus députés pour le Parti libéral à
Ottawa. Ces trois hommes politiques furent même surnommés
les 3 colombes.
Puis en 1966, il fut nommé secrétaire parlementaire auprès
du Premier ministre Lester Bowles Pearson et
occupa ce poste jusqu'en 1967. En 1967, devint ministre de la Justice et
attorney général du Canada.
Pearson annonça son retrait de la politique
en 1968. Suite à cette déclaration, Trudeau entreprit une
campagne qui le mena à la tête du Parti libéral. Le
20 avril 1968, il prêta serment pour prendre officiellement ses fonctions
de Premier ministre et, trois jours plus tard, il dissolut le Parlement.
Lors des élections générales de juin, il obtint un
appui clair des électeurs.
En tant que Premier ministre du Canada, le programme de Pierre-Éliott
Trudeau consistait en un «fédéralisme renouvelé».
Pour ce faire, il préconisait un gouvernement central fort, le bilinguisme
(loi sur les langues officielles), la protection des droits individuels
et les luttes contre les inégalités (sociales et régionales).
Il prit d'ailleurs des mesures en faveur du bilinguisme dans l'enseignement,
l'administration et la justice dans les régions où les francophones
représentaient plus de 10% de la population. De plus, il s'opposa
au séparatisme québécois et suivit même une
politique d'indépendance vis-à-vis des États-Unis
pour que le Canada contrôle sa propre économie.
Aux élections de 1972, les libéraux perdirent la majorité
parlementaire aux élections de 1972, mais Trudeau conserva son poste
de Premier ministre (à la tête d'une coalition instable).
Par contre, aux élections de 1974, il renforça sa position
et mena son parti à une victoire décisive.
En 1976, alors que le Parti québécois de René
Lévesque prit le pouvoir au Québec, Trudeau proposa des
changements constitutionnels qui permettraient de garder le pays uni. Pourtant,
ses efforts se buttèrent sur l'opposition des provinces.
En 1979, Trudeau perdit ses élections. Suite à cette défaite,
il annonça sa démission de la tête du parti. Il accepta
tout de même d'y rester lorsque le gouvernement conservateur fut
renversé, un peu plus tard dans l'année, après six
mois d'exercice.
En 1980,
Trudeau ramena une fois de plus les libéraux à la victoire
et redevint Premier ministre. Il s'efforça à nouveau de rapatrier
l'Acte de l'Amérique du Nord britannique
au Canada et d'y intégrer la Déclaration des droits et des
libertés. Ses efforts furent récompensés en avril
1982, lorsque la reine Élizabeth II signa l'Acte constitutionnel
de 1982. Cet acte accordait l'indépendance complète du Canada
vis-à-vis du Parlement britannique.
En février 1984, Pierre-Éliott Trudeau annonça qu'il
allait démissionner prochainement. À sa demande, le Parti
libéral lui choisit un successeur : John Napier Turner. Trudeau
lui céda officiellement le pouvoir le 30 juin 1984.