Jean Lesage

            Jean Lesage naquit en 1912, à Montréal. Il commença par être avocat avant de s'en aller politique. En 1945, il fut élu député libéral à la Chambre des communes à Ottawa. Il fut réélu en 1949 et 1953. De plus, en 1953, il devint ministre dans le cabinet Saint-Laurent. Il occupa ainsi les postes de ministre des Ressources et du Développement économique puis ministre du Nord canadien et des ressources nationales jusqu'en 1957. Puis, il survit à la vague conservatrice de Diefenbaker aux élections de 1957 et 1958 et siégea dès lors dans l’opposition. En 1958, Lesage devint le chef du Parti libéral. Il le dirigea jusqu'en 1970, date où il fut remplacé par Robert Bourassa.
           Lors des élections de 1960, suite à la mort de Maurice Duplessis en 1959, l'Union nationale fut considérablement affaiblie. Les libéraux de Jean Lesage, avec le slogan «C'est le temps que ça change!», en profitèrent pour s'emparer du pouvoir. Par le fait même, à l'issue du scrutin, Lesage devint premier ministre du Québec (en plus, naturellement, d'être député à l'Assemblée législative). À la tête de son «équipe du tonnerre» (dont, entre autres, Eric Kierans, René Lévesque, Pierre Laporte, Georges-Emile Lapalme et Paul-Gérin Lajoie), Lesage entreprit la réalisation d'un programme de réformes sociales. Ce programme avait comme principal objectif de combler les retards dus à la période de gouverne de Maurice Duplessis, période d'ailleurs parfois surnommée «la grande noirceur».
           La période pendant laquelle Lesage fut au pouvoir, quant à elle, fut surnommée la «Révolution tranquille». Elle dura de 1960 à 1966. Six années qui furent d'une importance capitale pour l'histoire du Québec. En effet, dès 1961, l'assurance-hospitalisation, le ministère des Affaires culturelles, celui du Revenu et celui des Affaires fédérales-provinciales furent créés. En 1962, Lesage tint des élections prématurées portant sur la nationalisation de l'électricité. Les libéraux, avec le slogan «Maîtres chez nous», remportèrent une victoire décisive. La nationalisation de l'électricité eut donc lieu dès l'année suivante et le ministre responsable de cette réforme était René Lévesque.
           Par la suite, les réformes se multiplièrent. Dans le secteur économique, on assista à la création de nombreuses sociétés d'État (Société générale de financement, Sidérurgie du Québec, Société québécoise d'exploration minière et Caisse de dépôt et de placement). L'éducation, une des priorités du gouvernement de Lesage, eut aussi sa part du gâteau. Le ministre responsable de cette réforme était Paul Gérin-Lajoie. Dans les changements apportés, notons principalement la création du ministère de l'éducation en 1964.
           Bref, Jean Lesage et son gouvernement apportèrent plusieurs changements. Certains d'entre eux, toutefois, furent faits trop rapidement. Ils dérangèrent une grande partie de la population québécoise qui était encore traditionnaliste, c'est-à-dire comme Maurice Duplessis l'avait été. Contrairement à Duplessis, qui était avantagé par la carte électorale, Lesage était désavantagée par celle-ci. En effet, elle favorisait les comtés ruraux au détriment des comtés urbains. Ainsi, en 1966, malgré un vote populaire prédominant, Lesage subit la défaite. Son successeur, Daniel Johnson (père), même s'il fut élu dans un esprit contraire, continua la Révolution tranquille que Lesage avait entamée.
           Jean Lesage, malgré la défaite du Parti libéral en 1966, continua à siéger comme chef de l'opposition jusqu'en 1970. À cette date, il quitta le parti et se retira de la vie politique. Finalement, le «père de la Révolution tranquille» décéda à Sillery, près de la ville de Québec, en 1980.