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French language
  POEMS – SHORTH STORIES  

   
  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  














   
  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  
  French language –   POEMS  
author's code poems: – 001
Je suis passé

Le Dieu et les anges
Le Satan et les diables
         Je suis seul

L'Adam et la Eve
La pomme et la vipère
         Je suis seul

Les convulsions et le pleurant
La crypte et le silence
         Je suis seul

La force et le rondin
l'intellect et la philosophie
         Je suis seul

Le vieux et le jeune
Le corbeau et la rumeur
         Je suis passé


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  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 002
QUAND ON AIT MAL AU DENT

Tuer en série est encore
Dans le sombre de la ville
         L'ennui est presque la
         J'ai mal au dent

Caroline du sud est en panique
la tornade , on la voit
         L'ennui est presque la
         J'ai mal au dent

Le onzième septembre
Périssez les jumeaux
         L'ennui est la
         J'ai mal au dent

Mary s'est cassée
Vengeance m'ai prise
         L'ennui est la
         Mais j'ai pas mal au


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  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 006
la MORT

Et la mort est la vie
le philosophe dit
         Et il ment !

La mort a lieu après la vie
le grand maire dit
         Et elle ne ment pas.


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  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 007
L'AMOUR

Que-es- que c'est l'amour?
discute les gosse- comme des
         Chèvre

C'est le reste des œufs,
de petit déjeuner autour des
         lèvres!


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  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 011
FAST FOOD

Ennui à la terre de médecins
Assiégé avec la maladie
         D'américain et D'africain

Piège de Fastfood ronges
Enfouissement primordial de faim
         D'américain et d'africain

À la récupération la voie est longue
Les ébauches est dans la persévérance du caractère
         D'américain et d'africain

Cinquante livres disloquent
Mourez de faim et surabondance
         D'américain et d'africain

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  Danilo Maric, author     interpreter –  Milan Meseldzija  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 021
LES PHASES DE L'AMOUR

Les amours ont
      les phases de la saison
comme une robe
      dans un magasin

      Dans la jeunesse
           indisposer
           aimer
           brûler

      Dans la maturité
           comprendre
           aimer
           souffrire

      Dans la vieillesse
           gronder
           aimer
           picoter


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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zlata Živadinović  
  French language –   SHORT STORIES  

author's code poems: – 01
Le témoin mystérieux (Misteriozni kum)

 
        Dans l’arrière-pays de la ville de Mostar se trouve la brèche de Nevesinje, royaume des hivers rigoureux et des bêtes sauvages. Il y a peu d’habitants, la plupart dans deux villages, Meded et Vuk, éloignés l’un de l’autre d’environ une heure de marche. Ils sont reliés par un col escarpé et un chemin étroit, de la largeur d’un pas d’homme, à peine suffisant pour le passage d’un cheval chargé. Au sommet du col, tout près de la route, se trouve une colossale croix de pierre, visible des deux villages. Nul ne sait qui repose ici, et des légendes courent autour de ce monument.
 
        Un soir les jeunes du village de Vuk firent la fête dans le village de Meded. Rentrant à pied vers minuit, ils discutaient de choses et d’autres. Ils parlèrent des filles qu’ils avaient rencontrées.
        Le plus âgé, nommé Remo, leur confia qu’il s’était, le soir même, mis d’accord avec sa petite amie pour qu’ils se marient dès la fin de l’automne.
        « Remo, lequel d’entre nous veux-tu prendre pour témoin ? », demanda l’un d’eux.
        « C’est lui qui sera mon témoin », dit Remo, et courant vers la croix isolée qui leur faisait face, il la serra dans ses bras et ajouta « C’est toi que j’invite à être mon témoin ! ».
        Ils éclatèrent de rire à son geste et reprirent leur chemin en se moquant de Remo.

        Comme annoncé, quand les froids de l’automne prirent le pouvoir, un dimanche matin, Remo rassembla le cortège, une trentaine de cavaliers, dont le chef de cortège, le porte-drapeau, le garçon d’honneur, la demoiselle d’honneur et le témoin. Juste quand ils s’apprêtaient à se mettre en route pour se rendre chez la jeune fille, dans le village de Meded, là-haut, au sommet, surgit un cavalier inattendu, et le chef du cortège déclara :
        « Attendons que ce cavalier arrive et nous dépasse, et alors nous nous mettrons en route ».
        Quand le cavalier s’approcha tous s’étonnèrent, se demandant d’où pouvait sortir un homme qu’aucun d’entre eux ne connaissait. Le nouveau-venu était un vieillard, aux cheveux blancs, à la barbe blanche, à la moustache blanche, entièrement vêtu de blanc et montant un cheval blanc comme la neige. Il s’avança entre les invités étonnés et les salua :
        « Bonjour, chers invités ! »
        « Dieu te garde, hôte non appelé » répondit le chef du cortège au nom du groupe.
        « Je ne suis pas un intrus.. ! », le surprit le vieillard.
        « Comment… qui es-tu ?! »
        « Je suis le témoin de cette noce », répondit le vieillard d’une voix calme.
        « C’est moi le témoin de Remo, c’est lui qui m’a choisi », déclara, s’avançant face au vieillard, un homme gigantesque, Jovan, assis nerveusement sur un cheval noir encore plus nerveux.
        « Remo m’a choisi avant », répondit le vieillard, se taisant un instant pour reprendre d’une voix plus forte : « Il m’a choisi déjà cet été. Et toi aussi, Jovan, tu étais présent quand il m’a pris dans ses bras et m’a invité, là-haut, tout en haut du col… », expliqua le vieillard.
        « Pour moi, ma parole est plus haute que la montagne, et elle doit être tenue », intervint Remo, le fiancé, ajoutant : « Sois le bienvenu, mon témoin, prends ta place dans le cortège, et toi, le chef, conduis la compagnie à Meded, chez la fiancée. »

        La noce se déroula dans le plus grand calme, comme toutes les précédentes dans ce village. On la célébra le jour et la nuit, et le lundi matin, suivant la coutume, le témoin fit un présent à son jeune protégé et annonça son départ :
        « Il est temps pour moi de vous saluer et de vous quitter. »
        « Il me revient de t’accompagner, au moins jusqu’à l’orée du village », lui répondit Remo, le jeune marié.
        Ils montèrent à cheval et s’éloignèrent. En route ils conversèrent amicalement et parvinrent presque au sommet du col. Remo s’arrêta ? étonné : un palais blanc barrait la route :
        « C’est là que je vais. C’est ma résidence », dit le vieillard, mettant pied à terre devant le portail.
        « D’où sort ce palais ? », Remo est surpris et ne peut en dire plus.
        « Mon ami, puisque tu es arrivé jusqu’au seuil, l’usage veut que tu le passes, et que, pour un instant, tu sois mon hôte. »
        « C’est dans l’ordre des choses, je le reconnais » dit Remo avec effort, mettant pied à terre et entrant dans le palais.

        Á l’intérieur, Remo fut fêté comme s’il était de sang royal. Sur une table d’or s’amoncelèrent bientôt de riches présents. Les compères festoyèrent et bavardèrent agréablement jusqu’au soir, quand Remo se leva en disant :
        « Eh ! témoin, il est temps que je retrouve ma maison, et mon épouse. »
        « Oui, il est temps », opina le maître de maison, accompagnant le jeune marié jusque devant le portail du palais.
        L’invité remercia son hôte pour son hospitalité, puis après qu’ils se furent salués, éperonna son cheval. S’étant éloigné d’une centaine de pas, Remo se retourna pour une fois encore le saluer de la main mais, miracle, il n’y a plus là ni témoin ni palais, seule se tient à leur place cette grande croix que Remo, une nuit, avait prise dans ses bras et invitée à être son témoin.
        Remo est stupéfait, et le sera encore plus, avant peu, en jetant en regard du haut du col sur son village, Vuk.

        Il n’y a plus de village !? Sa propre maison a disparu !? Il n’y a plus là que de vieilles ruines, envahies de mauvaises herbes.
        S’approchant, Remo remarque une bergère rassemblant ses brebis, et l’interroge :
        « Je suis de ces ruines de maisons… Où sont leurs habitants ? »
        « Pour autant que je sache, il n’y a toujours eu là que des ruines », lui répond la bergère, regardant avec méfiance cet inconnu en habit de fête, avant d’ajouter : « Même les plus vieux d’entre nous ne se souviennent pas que quelqu’un ait vécu là.»
        « Je ne comprends rien de ce que tu dis… », Remo est décontenancé.
        « Le village est mort il y a plus de trois cents ans », expliqua la bergère, perçant à nouveau le cavalier d’un regard soupçonneux, puis elle dit tranquillement avant de faire avancer son troupeau :
        « On raconte que c’est arrivé, qu’un jeune marié est sorti de ce village pour raccompagner son témoin, et qu’il n’est jamais revenu. »

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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zlata Živadinović  
  French language –   SHORT STORIES  

author's code poems: – 05
La princesse Mileva (Princeza Mileva)

        Cette histoire véridique s’est passée dans un petit état européen, la Serbie, dans le palais du tsar Lazare. Le tsar avait une fille, une beauté de dix-huit ans, la princesse Mileva, amoureuse de Vukašin1, le plus brave des chefs militaires de l’empire. Tous deux étaient beaux, et s’aimaient beaucoup. Ils voulaient se marier, et demandèrent la bénédiction de ses parents à lui, de la tsarine Milica2 et du tsar Lazare, et l’obtinrent. Les fiancés, la princesse et le connétable, étaient les plus heureux du monde.

        Au palais les préparatifs pour le bal nuptial s’achevaient et juste au moment où le tsar s’apprêtait à faire annoncer le mariage arriva de la frontière orientale un messager inattendu, apportant une mauvaise nouvelle. Murat, le sultan turc, à la tête de la plus puissante armée du monde, avait attaqué le pays.
        Vukašin devait le premier partir pour la bataille, remettant le mariage à plus tard, en accord avec la princesse Mileva.

        Les armées turque et serbe s’affrontèrent au Kosovo. Ce fut la plus sanglante des guerres connues jusque là dans l’histoire des conflits.
        Les deux chefs, le sultan Murat et le tsar Lazare, périrent.
        Les Turcs furent vainqueurs, et la Serbie asservie.
        Ces pénibles et affligeantes nouvelles parvinrent à la princesse Mileva. Tous les corps sur le champ de bataille furent rassemblés et inhumés, mais celui de Vukašin n’était pas parmi eux.
        Il avait survécu avec de graves blessures, et amputé du bras droit. Il ne pouvait se présenter ainsi à la princesse, incapable qu’il était de concevoir pareille tristesse. Il se retira sur une montagne et continua à vivre dans une caverne, de telle sorte que personne ne savait plus rien de lui.

        Le vainqueur de la bataille du Kosovo était le prince turc Bajazet, et c’est lui qui monta sur le trône turc. Il régna avec dureté sur la Serbie vaincue. La tsarine Milica monta sur le trône de son époux mort. Son nouveau suzerain, le nouveau sultan turc, Bajazet, lui ordonna de lui payer un tribut annuel, de placer sous ses ordres l’armée serbe et, ce qui fut le plus terrible pour elle en tant que mère, d’envoyer le plus belle des Serbes, sa propre fille, la princesse Mileva, dans son harem, où il y avait déjà 299 femmes.

        La tsarine Milica, attristée, rassembla toutes les têtes les plus sages de l’empire et les pria de la conseiller.
        Les sages s’accordèrent et recommandèrent à la tsarine de remplir toutes les conditions turques : elle devait donc envoyer sa fille, la princesse Mileva, au harem du conquérant.
        Le prince Bajazet ordonna que la princesse soit accompagnée de son frère de douze ans, le prince Stefan, ce qui fut fait plus tard.

        Quand la princesse Mileva fut conduite parmi les femmes de Bajazet, elle s’aperçut et comprit qu’elle était sa trois centième épouse. Elle devint la créature la plus triste du monde.
        La laissant malheureuse chez l’ennemi, son frère encore enfant, le prince Stefan, lui promit de la libérer — quand il aurait grandi.

        En dix ans, Bajazet devint un puissant monarque turc. Il ordonna au prince Stefan de venir combattre dans son armée. Le jeune homme fut forcé d’obéir au conquérant, et de participer aux opérations guerrières, dans lesquelles il grandit et s’améliora, finissant par enseigner l’art de la guerre. Avec le temps il allait devenir le chevalier le plus connu d’Europe, sous le nom de Stefan le Grand.
        Le frère et la sœur se rencontraient parfois dans le palais turc, et discutaient en cachette du moyen de la faire libérer. Il apprit à sa sœur le sort de son fiancé, Vukašin, réapparu de façon inattendue, et disant qu’il ne voulait jamais se marier. Il s’était fait moine au monastère de Ljubostinja3. Solitaire, il avait toutes ces années prié Dieu pour la libération de Mileva.

        En 1402 déferla d’Asie une puissante armée mongole, ruinant devant elle empire après empire. Elle arriva à la frontière turque et rencontra une troupe jusque-là invincible.
        Ce fut une bonne occasion pour Stefan de libérer sa sœur Mileva. Il fit bravement irruption dans le harem, saisit sa sœur et l’emmena en Serbie.

        Comme l’avait fait le connétable Vukašin, la princesse Mileva se retira au monastère de Ljubostinja et prit le voile.
        Il choisit le nom de Joanik, et elle celui de Madeleine.

        Dans un couloir entre les murs épais et froids du monastère la nonne Madeleine et le moine Joanik se rencontrèrent. Ils s’arrêtèrent un instant, s’inclinèrent calmement l’un vers l’autre, prononcèrent le nom du Seigneur et, le visage baigné de larmes, continuèrent chacun vers sa cellule.

        Ce fut la première rencontre de la princesse Mileva et du connétable Vukašin après treize ans.  
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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zlata Živadinović  
  French language –   SHORT STORIES  

author's code poems: – 07
Le dragon de Blagaj (Blagajski zmaj)

Sur la petite ville de Blagaj s’appuyait une énorme montagne que, jadis, un puissant dragon coupa en deux, avant d’y creuser, sur les hauteurs, de sorte que personne ne puisse y accéder, une caverne — logis inaccessible. Au-dessous, il fit jaillir une énorme source, d’où coula la rivière Buna, qui ensuite le protégea de ses ennemis. Les gens connaissaient l’existence du dragon, le craignaient, mais nul ne savait exactement où était sa caverne. Depuis longtemps, le dragon s’était mis d’accord avec le duc Stiépane pour que son territoire lui livre chaque année la plus belle jeune fille, en retour de quoi lui-même n’y occasionnerait aucun dégât.
        Il en fut ainsi pendant trente ans, jusqu’à ce que le duc, après trois fils, devienne père d’une petite fille, qui en grandissant devait devenir la plus belle jeune fille du duché.
        Pour que nul n’ait connaissance de la beauté de la princesse, qu’il aurait fallu livrer au dragon, le duc décida de la cacher jusqu’à son mariage. Devant le palais s’élevait une montagne, à travers laquelle il creusa un tunnel jusqu’à une terrasse. Personne ne pouvait la voir, et la princesse, en paix, à l’ombre d’un arbre, prenait le frais et préparait ses vêtements.
        Pour une raison quelconque, un montreur d’ours arriva à l’improviste dans la ville avec son animal dressé, et tous le jeunes s’y précipitèrent. La princesse demanda à son père de lui permettre de voir l’ours. Le duc céda.
        Déguisée en simple jeune fille, la princesse se mêla à la foule ravie. Mais il se trouva là une femme méchante qui posa des questions sur elle et sa beauté. De bouche à oreille, le dragon aussi entendit parler de la princesse et de sa beauté, et apprit également où elle se cachait.
        Un jour il vint et l’enleva.

        Les trois princes, fils du duc et frères de la princesse, sellèrent leurs chevaux et se mirent en route pour chercher leur sœur et la délivrer. Quand ils arrivèrent près de la ville de Blagaj et virent la puissante source de la rivière Buna, ces énormes masses de pierre verticales et une caverne inaccessible, ils pensèrent que cela pouvait être le logis du dragon. Ils mirent pied à terre, s’assirent, et réfléchirent longuement au moyen d’atteindre la caverne.
        Ils décidèrent de tuer un cheval, et de découper dans sa peau un ruban qu’ils utiliseraient comme une longue corde. Une extrémité de ce ruban serait attachée à une flèche qu’un arc enverrait se ficher solidement dans la caverne, et qu’ensuite l’un d’eux y grimperait.

        Les frères ne purent se mettre d’accord sur le cheval à sacrifier. L’aîné ne donna pas le sien, pas plus que le cadet, et le benjamin céda.
        Quand ils eurent confectionné le ruban et l’eurent fixé dans la caverne, ils ne purent se mettre d’accord sur qui irait contre le dragon. L’aîné n’osa pas, le cadet refusa également, et le benjamin accepta.
        Et il grimpa.

        Dans la caverne, un palais inattendu émerveilla le prince. Se déplaçant furtivement, il tomba sur une chambre où il découvrit sa sœur. Elle était assise à côté de la tête du dragon endormi, et de son aile, qu’elle lissait.
        Elle s’étonna et se réjouit à la vue de son frère, mais n’osa bouger, de peur de réveiller le monstre.
        Son frère lui montra la masse d’armes avec laquelle il voulait frapper, et elle lui indiqua du doigt la tempe du dormeur, lui faisant signe de le frapper là.
        Il brandit sa masse d’armes, tua le dragon et libéra sa sœur.

        Le prince et la princesse, frère et sœur, s’étreignirent et s’embrassèrent longuement. Leur poitrine était toute mouillée de larmes de joie. Puis la sœur conduisit son frère et lui montra l’énorme trésor du dragon.

        Ils prirent un coffre et le descendirent à leurs frères.
        Puis la princesse glissa le long du ruban.
        Mais quand il se prépara à la suivre lui aussi, ses frères coupèrent le ruban. Le prince sauveteur resta interné dans la caverne inaccessible.

        Les frères ordonnèrent à leur sœur de dire à leur père que le dragon avait tué le benjamin, mais qu’eux deux l’avaient délivrée. Pleins de joie et de fierté mensongère, ils se rendirent avec leur sœur chez leur père, le duc Stiépane.

        Pour le benjamin la lourde trahison de ses frères était pire que le malheur de la captivité. Il réfléchit longuement au moyen de se sauver.
        Une idée !?
        Il découpa un ruban dans la peau du dragon, et redescendit ainsi sur le sol.
        Et arriva à l’improviste à la porte de son père.

        Quand le duc apprit ce qui s’était passé, il chassa du palais les deux autres frères, et fit du benjamin son héritier.  
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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zlata Živadinović  
  French language –   SHORT STORIES  

author's code poems: – 11
L’âne (Magarac)

 Au sud de l’Europe, dans la partie la plus centrale des Balkans, se trouvent des groupes très inhabituels de grandes pierres. Ces pierres ont été travaillées quelque part au loin, amenées là et placées dans un enclos herbeux. Très vieilles, lourdes et polies, elles montrent souvent des visages en relief et des inscriptions. Leur taille et leur poids varie, allant d’une demi-tonne à dix tonnes. On croit qu’il s’agit de monuments funéraires de gens qui vivaient là il y a bien longtemps. Ces pierres ont un nom : celui de stèles.

        Près du village de Luka se tiennent quatre énormes stèles, vieilles d’environ huit cents ans. Les habitants les aiment, et s’émerveillent de la façon dont des mains humaines ont pu les préparer et les amener là, car dans le voisinage il n’y en a pas de semblables, ni sur terre, ni dessous. Trois sont plantées l’une près de l’autre, larges de 120 centimètres, longues de 250 et hautes de 160. Les habitants s’assemblent autour d’elles, s’asseyent, se reposent et bavardent.
        A environ trois cents pas à l’est se trouve une quatrième stèle, isolée, de la forme d’une énorme dalle, d’un poids d’environ six tonnes. Elle est visiblement penchée, les gens en ont peur et ne s’en approchent pas. Bien que ce monument soit approprié pour s’y asseoir, personne ne le fait jamais.
        La partie supérieure porte une inscription :
        « Ne pas me déplacer, je suis le gardien du trésor. »
        Les habitants répétèrent et commentèrent ces mots, et conclurent que beaucoup d’or se trouvait dessous. Ils réfléchirent au moyen de déplacer cette masse. Enfants et adultes s’y mirent. Les plus vigoureux arrivèrent et tentèrent de le faire avec des leviers, mais le monument resta toujours horizontal.

        Quand le monument eut six cents ans naquit au village un enfant de dix kilos, un enfant étonnant, à qui on donna le nom de Géant. Dès l’âge de dix ans, il était déjà le plus fort du village, et très impertinent, frappant enfants et adultes, de sorte que tous le craignaient, s’écartaient de son chemin et le détestaient.
        Géant devint très dangereux pour les gens.
        Quand il eut douze ans un vieillard lui demanda :
        « Puisque tu es si fort, pourquoi ne déplaces-tu pas la pierre, pour devenir riche ? »
        « Bonne idée, je serai riche », rétorqua Géant, qui se mit de suite à rassembler ses outils. Il prit tous les leviers qu’il y avait au village et les amena près du monument.
        Au prix d’un grand effort, il réussit à soulever une extrémité de la masse de pierre, et à glisser un levier au-dessous. Un trou noir apparut. Il se glissa sous la partie soulevée de la dalle et descendit dans le trou pour trouver le trésor. Point de trésor, mais apparut alors, sur la partie inférieure de la pierre, l’inscription : »
        « Qui me renverse est un âne. »

        Voyant ces mots, Géant se mit en colère et leva son énorme poing pour frapper la pierre, mais il heurta le levier qui soutenait le monument. Le levier se brisa, la pierre glissa et boucha le trou. Avec Géant dedans.
        Il était prisonnier !
        Tous ensemble, les villageois s’efforcèrent de déplacer la pierre, sans succès.

        Géant resta dans le trou et y mourut, impuissant.
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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zlata Živadinović  
  French language –   SHORT STORIES  

author's code poems: – 17
L’église dans la peau de bœuf (Crkva u volovskoj koži)

Comme on le sait des édifices religieux, ils ont de tous temps et en tous lieux été construits sur des hauteurs, pour dominer, pour que les gens les voient de toute part, pour qu’on les voie le plus souvent, dans la croyance qu’ainsi leurs fidèles seront plus pieux. À Mostar, la principale ville de la province d’Herzégovine, a été construite une église orthodoxe serbe qui se trouve sous terre, et n’est visible d’aucun point de la ville.
        La Turquie avait autrefois l’armée la plus puissante du monde, elle envahit les territoires voisins et les conquit. C’est ainsi que les Turcs soumirent aussi l’Herzégovine en l’an 1481, et y répandirent leur foi — l’Islam. Ils interdirent la construction d’églises chrétiennes.

        350 ans plus tard, un jeune garçon de cinq ans, prince, fils d’Aliyé, l’aga turc local, tomba dans le lit de la rivière Neretva en crue. Une lavandière, nommée Mara, lavait du linge au bord du fleuve quand elle vit le garçonnet impuissant lutter pour sa vie. Elle sauta dans l’eau, nagea, et eut elle-même beaucoup de chance de ne pas se noyer, et de sauver l’enfant-prince.

        « Mara, tu as fait œuvre bonne et brave, et je t’ai appelée en mon palais pour te remercier, et te récompenser », dit Ali-aga après avoir manifesté auprès de la lavandière la plus grande hospitalité.
        « Je suis chrétienne, et n’ai fait que ce que je devais faire selon l’enseignement de ma foi », répondit Mara, qui se montra courageuse même en présence du puissant aga, devant qui tremblaient les nobles les plus forts et les plus braves.
        « Tu m’as sauvé mon fils, mon unique. Ma ferme croyance en Mahomet me commande de te remercier par une digne récompense. »
        « Révérendissime Ali-aga, merci à toi pour tes belles paroles, je les accepte comme des remerciements sincères, mais je n’ai pas exposé ma vie dans l’eau pour une récompense maintenant. »
        « Partage mon bonheur, dis-moi combien de ducats te donner ? »
        « Il n’y a pas d’or qui vaille les paroles dont tu m’as honorée dans ta riche demeure. »
        « Je ne veux pas, femme chrétienne, de laisser sortir du palais sans satisfaire au moins un de tes désirs. »
        « Bon, s’il en est ainsi », Mara se fit soudain conciliante.
        « Mara, quel est ton souhait ? »
        « Mon souhait est d’ériger ici, à Mostar, une église orthodoxe serbe. Même si elle n’est pas plus grande qu’une peau de bœuf. »
        « Tu sais que dans l’empire ottoman il est interdit de construire des églises chrétiennes !? »
        « Je sais, mais je sais aussi que tu peux approuver une toute petite église, pas plus grande qu’une peau de bœuf. »
        « C’est bien, qu’il en soit ainsi. Construis ta chapelle, mais qu’elle ne soit pas plus grande qu’une peau de bœuf. Autre chose, qu’elle soit sous terre, de sorte qu’on ne puisse la voir d’aucun point de la ville, et qu’elle échappe au regard des espions que le vizir de Travnik m’envoie souvent pour me surprendre, et m’attirer des ennuis. »

        Deux ans après cet évènement, en 1833 donc, un espion du vizir fit son apparition et accusa Ali-aga d’avoir érigé une église chrétienne à Mostar. L’espion en savait plus sur l’église qu’Ali-aga lui-même, qui ne l’avait jamais vue, puisqu’elle n’était pas visible dans la ville.
        Alors qu’Ali-aga se trouvait avec l’espion de Travnik vers Brankovac et Pachinovac, il fut lui-même surpris quand soudain apparut devant eux une immense église chrétienne. Ali-aga repentant expliqua au dangereux espion :
        « Mon enfant, mon fils unique, a été tiré de la Neretva par une lavandière. Je l’ai appelée au palais, l’ai remerciée et lui ai offert de l’or. Elle a refusé l’or, n’acceptant pour récompense que la permission de construire une chapelle, pas plus grande qu’une peau de bœuf. J’ai cédé et lui ai permis de la construire, à condition qu’elle ne soit pas plus grande qu’une peau de bœuf, et qu’elle soit creusée dans la terre, et ainsi invisible de la ville, mais elle m’a dupé en construisant une si grande église. »
        « Si c’est ainsi que tu as cédé, je te comprends, et ne vais pas te dénoncer au vizir. Mais la lavandière, qui a abusé de ton attendrissement, ta clémence musulmane, nous devons la punir ensemble, par la destruction de l’église. »
        « Je pense aussi que c’est juste » approuva Ali-aga, et il ordonna qu’on amène la lavandière Mara, là, devant l’église.
        « Est-ce là cette chapelle de la taille d’une peau de bœuf ? » gronda Ali-aga irrité.
        « J’ai respecté notre accord !? »
        Mara répondit d’une voix calme, recula de quelques pas, tira de son sac une pelote de lanières découpées dans une peau de bœuf, attacha une extrémité à la porte d’entrée, fit le tour de l’église en déroulant la pelote, joignit l’autre extrémité à la première et, se retournant face au puissant Ali-aga, déclara :
        « J’ai respecté notre accord. L’église est dans la terre et n’est pas visible de la place du marché. Et, comme tu le vois toi-même, elle est plus petite qu’une peau de bœuf. »
        Le silence se fit.
        Ali-aga regardait en silence le bout de ses chaussures, redoutant le jugement de l’espion.
        Celui-ci resta longtemps immobile et silencieux, jetant des regards curieux sur l’énorme voûte de l’église. Il se détourna enfin vers la place du marché et, faisant le premier pas sur la route du retour, murmura :
        « La vérité a plus de puissance que le vizir de Travnik et que le sultan d’Istanbul.
        L’église est plus petite qu’une peau de bœuf. »
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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zorica Sentić  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 1A
JE SUIS LE PASSÉ (variant A)

  Dieu et les anges
Satan et les diables 
Je suis seul

  Adam et Eve
La pomme et le serpent
Je suis seul

  Courage et pleurs
Crypte et silence
Je suis seul

  La force et le tronc
Esprit et philosophie
Je suis seul
  Vieillesse et miroir
Corbeau, mort et rumeur
Je suis le passé

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  Danilo Maric, author     interpreter –  Zorica Sentić  
  French language –   POEMS  

author's code poems: – 1B
JE SUIS LE PASSÉ (variant B)

 Dieu et les anges
Satan et les diables 
Je suis seul

  Adam et Eve
La pomme et le serpent
Je suis seul

  Courage et pleurs
Crypte et silence
Je suis seul

  La force et le tronc
Esprit et philosophie
Je suis seul

  Vieillesse et miroir
Corbeau, mort et rumeur
Je suis le passé

*
Toi et moi
Corps à corps 
l’ amour
Les enfants, l’avenir
Les livres, l'éternité
Je resterai le passé

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1 Prononcer: Voukachine 2 Prononcer : Militsa 3 Prononcer : Lioubostinia ?? ?? ?? ??