Elle
naquit le 22 mars 1909 à Saint-Boniface, au Manitoba. Elle était
la cadette d'une famille de 11 enfants qui étaient sous la charge
de Léon et Mélina Roy. Cette famille possédait peu
de ressources matérielles et dut prendre des pensionnaires pour
augmenter ses revenus. Cette situation préoccupait Gabrielle. En
effet, à l'âge de 12 ans, lorsqu'elle dut avoir une appendicectomie
d'urgence, elle se sentit mal concernant l'argent que sa mère devait
dépenser. En échange, Gabrielle promit à sa mère
d'être première de classe en anglais et en français.
Gabrielle Roy étudia à l'Académie Saint-Joseph et
à l'École normale de Winnipeg (où elle obtint un brevet
d'enseignement). Puis, elle enseigna dans les écoles de Marchand
et de Cardinal. En 1930, malgré la crise
économique qui frappait depuis 1929, elle obtint un poste d'institutrice
permanent à Saint-Boniface, à l'Académie Provencher.
Elle enseigna jusqu'en 1937 et, même pendant l'été
1937, elle continua à enseigner... En effet, elle voulait rassembler
le plus d'économies possible pour son voyage en Europe. Elle séjourna
d'ailleurs 2 ans en France et en Angleterre où elle étudia
l'art dramatique. De plus, pendant ce séjour, elle publia quelques
articles dans une revue française. Elle revint au Canada en 1939,
au début de la Deuxième Guerre
mondiale.
À son retour, elle prit 2 décisions très importantes.
Tout d'abord, elle s'installa à Montréal.
Ensuite, elle décida d'essayer d'écrire (malgré les
réticences de sa mère). Elle collabora d'ailleurs jusqu'en
1945, comme journaliste pigiste, à plusieurs journaux et revues
tels que la «Revue moderne», le «Maclean», la «Nouvelle
Relève», le «Bulletin des agriculteurs», le «Jour»
et le «Canada». Son premier roman, «Bonheur d'occasion»
fit d'ailleurs sa première impression en article de journal, avant
d'être publié en 1945.
Dès sa publication, «Bonheur d'occasion» en engoua plusieurs.
Il remporta d'ailleurs, en 1947, le prix Fémina, une Médaille
de l'Académie canadienne-française et le Prix du Gouverneur
général du Canada. De plus, ce livre fut reçu comme
best-seller de la «Literary Guild of America».
Gabrielle revint dans l'Ouest et épousa le docteur Marcel Carbotte
en août 1947, après trois mois de fréquentations. Puis,
avec son mari, elle retourna de nouveau en Europe et séjouna en
France de 1947 à 1950. Pendant que son conjoint poursuivait ses
études en gynécologie, Gabrielle Roy en profita pour écrire,
comme lors de son premier séjour en Europe. Elle rédigea
d'ailleurs son deuxième roman, «La Petite Poule d'Eau»,
qui fut publié en 1950, après son retour au Canada.
Son retour au Québec fut alors définitif. En 1952, elle revint
à la ville de Québec et s'y installa
avec son mari. Puis, en 1957, le couple acheta un chalet à Petite-Rivière-Saint-François,
tout près de leur domicile permanent. Ce fut là que Gabrielle
rédigea presque tous ses romans, puisqu'elle y passa tous ses étés
jusqu'à sa mort, le 13 juillet 1983.
En tout, son oeuvre comprend une douzaine de romans, des essais et des
contes pour enfants. Quelques années avant de décéder
à cause d'une insuffisance cardiaque, Gabrille Roy débuta
la rédaction d'une autobiographie. Malheureusement, la mort vin
la prendre avant qu'elle termine cet ouvrage. En effet, les deux premières
parties furent publiées en 1984 («La Détresse et l'enchantement»),
mais Gabrielle Roy avait prévu en écrire 4... Elle avait
commencé la troisième partie (publiée en 1997, sous
le titre «Le temps qui m'a manqué»).
De plus, l'oeuvre de Gabrielle Roy est considérée comme l'une
des plus importantes de la littérature québécoise
et canadienne contemporaine. D'ailleurs, en plus des nombreux prix qu'elle
obtint pour certains de ses livres, elle reçut plusieurs prix pour
l'ensemble de son oeuvre.