Temporary page
Les matins se ressemblent tous ces jours-ci. Un matin de plus, un de moins, que m'importe? Aujourd'hui, c'est lundi, un lundi comme les autres. Je me lève comme à l'habitude, continue dans la médiocrité et finit par me rendre autour de la table à déjeuner. Je m'assieds comme à l'habitude devant des tranches de pain grillé. Je regarde à l'extérieur le beau ciel bleu qui me semble encore plus morne qu'une journée grise. Je déjeune péniblement : la journée va être longue. La veille, j'ai attarpé la maladie commune à tous les gens. La grippe est une mauvaise alliée pour commencer la journée. Le courrier arrive un peu plus tard avec une précision déconcertante et complètement ridicule. Tous les jours, les lettres tombent dans la boîte à la même heure, à la même seconde. Une lettre étange venait d'être déposé dans ma lettre. Cette letrre venait d'une ceratine Madame de Dardelles. Une lettre étrange, parlant de passé perdu et d'étoiles. En fait, ce n'était qu'une publicité banale. Le reste, c'était aussi des tractes publicitaires. La vie était réglée à la vitesse d'une industrie. Je m'assieds devant la télévision pour me reposer un peu et je regarde un peu n'importe quoi, entrecoupé de publicité diverses. Je m'endors rapidement pour me réveiller à l'heure du dîner pour manger un peu. La vie est donc banale. À quel point sommes nous rendus amorphes? Les politicens font ce qu'ils veulent, on suit sans même broncher. L'action serait peut-être la solution. Il faudrait se secouer un peu pour pouvoir faire voir aux autres notre déréliction. Je sors, bien habillé et pars manifester seul devant un établissement quelconque de politique. Cela ne donne rien, mais rien de rien. Le responsable n'étant pas présent, je n'ai pas pu lui parlé. Peut être un autre jour, qui sait?
La vie a changé en quelques jours. J'ai perdu mon emploi à cause d'une grippe et d'une restructuration. Je n'ai plus un sou et on m'a tout pris. La société que je suivais avec grand plaisir depuis si longtemps m'a enlevé tout ce que j'avais. On n'y peut rien quand on est pauvre et que l'on perd tout à cause d'un feu tout bête. Je vais aller redire mon mécontentement à mon représentant. Cette fois encore, il n'y est pas, mais non seulement il n'y est pas, on me refuse l'accès. Un peu déçu, je m'en vais, lentement, errant un peu partout, essayant de me trouver un emploi, de l'argent, une autre vie quoi! Sur le chemin de l'espoir, on me renverse lorsque je traverse la rue et c'est ma fin. Personne n'est venu me voir lors de l'enterrement. Que voulez-vous? La crédibilité en prend un coup, dans la rue, dans les ruelles, dehors, au froid qui fait aussi mal que des seringues. Que voulez-vous? on s'en sort toujours quand on peut écraser quelqu'un qui n'est pas crédible et que personne ne veut connaître.
Alexandre, 7 mars 2003