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LA LATERALITE

Plan :

A) La préférence manuelle.

1.  Distribution des préférences, fréquence de la gaucherie.

2. Méthodes d’appréciation et mesure des préférences latérales.

- Méthodes d’appréciation de la préférence manuelle : autodéfinition, questionnaires, épreuves quantifiées de force ou de dextérité unimanuelle ou avec main directrice, corrélation entre les résultats par les différentes méthodes.

- Dominances latérales autres que manuelles (oculaires, latéralisation des membres inférieurs).

3. La cognition et la personnalité des gauchers ; relations entre cognition et degré de latéralité.

4. Ontogenèse de la latéralité manuelle : du fœtus à l’enfant.

5. Phylogenèse de la latéralité manuelle (recherche en particulier sur les rongeurs et les primates non humains).

6. Les déterminants de la préférence manuelle (explication anatomique, la gaucherie comme phénomène pathologique, transmission de la préférence manuelle, rôle de l’environnement, rôle des gènes).
 

B. La spécialisation hémisphérique.

On abordera les questions liées à la latéralité du langage et à leurs connaissances.
Les gauchers ont-ils une organisation cérébrale différente des droitiers s’accompagnant par exemple d’une plus grande fréquence des troubles du langage écrit et oral ?
 

C. Gauchers et société.


Introduction :

La préférence manuelle a-t-elle toujours existé ?

Nous avons constaté à travers de nombreuses études que la préférence manuelle existe depuis la préhistoire. En effet, les peintures préhistoriques, de même que les outils le prouvent.

On pense que l’espèce est droitière dans la majorité des cas depuis toujours mais aussi que la gaucherie a toujours existé. Malgré tout, nous ne pouvons dire si sa proportion a augmenté depuis.

La gaucherie est définie comme ce qui est de travers, qui présente une déviation, qui est dépourvu de grâce, etc. Le côté gauche est vu depuis toujours de manière assez péjorative (« se lever du pied gauche », « passer l’arme à gauche »,etc.) Mais la définition que nous prendrons en compte ici est bel et bien la prédominance fonctionnelle de la main gauche ou de l’œil gauche.

Les hypothèses émises sur la préférence manuelle sont assez nombreuses.

- Au 19ème siècle on croyait à une cause de la dissymétrie des viscères ( le foie étant à droite dans la majorité des cas alors les individus seraient plus à même d’être droitier…)
- Une autre hypothèse était que depuis que l’homme est guerrier, il a toujours porté son bouclier à gauche pour protéger le cœur et la lance à droite, ceci ayant entraîné la prédominance des droitiers… Or, on sait à présent que même à la préhistoire, les droitiers étaient plus nombreux.
- Une autre hypothèse plus récente veut que ce soit la dominance cérébrale de l’hémisphère gauche en ce qui concerne le langage pour les droitiers… Mais cela ne permet pas d’expliquer l’existence des gauchers.
 

De nos jours, même si les gauchers ne sont plus vus de manière péjorative, nous vivons encore dans un monde de droitiers… On essaie tout de même d’adapter ce monde pour les gauchers, mais cela cause encore de nombreux problèmes ( les étudiants en médecine notamment pensent que l’apprentissage des examens médicaux est adapté uniquement aux droitiers…)
 

A) La préférence manuelle.

1. Distribution des préférences, fréquence de la gaucherie.

Il y aurait environ 10% de gauchers dans l’espèce humaine. Il faut savoir tout de même que cette fréquence varie en fonction des pays et donc de la pression sociale encore active.
 

2. Méthodes d’appréciation et de mesure des préférences latérales.

Pour évaluer la gaucherie, on étudie des personnes âgées de plus de 40 ans et on évalue le pourcentage de gauchers.

On remarque généralement que plus les personnes sont âgées et moins il y a de gauchers.

Quelques hypothèses explicatives :

- L’espérance de vie serait moindre chez les gauchers car ils auraient plus d’accidents et plus de maladies (cf. TD ).
- La pression de l’environnement durant toute la vie, les personnes gauchères deviendraient droitières avec l’âge.
- La pression sociale diminuerait de nos jours et ainsi, les individus gauchers pourraient exprimer leur gaucherie.
 

Illustrations :

- Etude de Lansky et Colt, 1988.

Les sujets sont des adultes âgés de 18 à 80 ans.
Hommes
Femmes 
Jeunes(1) 
Vieux(2)
Gauchers 
3,1 
1,9 
1,8
G. mixtes 
6,3 
3,7 
7,7 
1,6
Droitiers mixtes 
28,6 
19
 26,6 
18,9
Droitiers
 62 
75,4 
63,7 
77,7
Effectifs 
845 
1238 
1073 
1010

(1) entre 18 et 39 ans.
(2) entre 40 et 80 ans.

Les résultats sont indiqués en pourcentages sauf pour les effectifs.

On constate une différence homme/femme que l’on retrouvera par la suite et dont voici les hypothèses explicatives :
- la pression exercée serait différente selon le sexe,
- une certaine fragilité des hommes entraînerait plus de gaucheries pathologiques,
- il y aurait une raison génétique.
 

- Autre étude datant de 1999 :

On demande à 1692 sujets masculins âgés de 35 à 74 ans de participer à l’expérience, seulement 65% acceptent. Chacun doit répondre à un questionnaire contenant ces deux questions sur la manualité:
- Quelle est votre préférence manuelle spontanée ? (i.e. la main qu’ils choisissaient préférentiellement avant de devenir gauchers ou droitiers…)
- Avec quelle main écrivez-vous ?

3 réponses :
- oui (main gauche, main droite),
- non (idem),
- les deux.

Les résultats montrent que les personnes les plus âgées répondent moins la main gauche pour la première question et répondent la main droite pour la deuxième question (i.e. plus les personnes sont âgées et plus elles écrivent de la main droite).

Hypothèse : la définition de la latéralité passe par l’écriture et c’est la pression qui fait que les personnes se déclarent préférentiellement droitières. Effet de cohorte.
 

- Expérience de Dellatolas et col. sur la mesure de la préférence manuelle par autoquestionnaire chez la population adulte.

On demande à des personnes de 33 ans de répondre à cet autoquestionnaire. Il y a 388 hommes et 494 femmes.
 
 
 
Activité 
Main droite 
2 mains 
Main gauche
Ecrire 
92,2 
1,3
 6,5
Lancer 
83,8
 6,0 
10,2
Dessiner 
90,1
 2,5 
7,4
Porter une valise 
54,1 
26,7 
19,2

Les résultats sont en pourcentages.

- Expérience de De Agostini et Dellatolas.

Cette fois, on observe des enfants lors de la réalisation de 15 activités. La population est composée de 80 enfants au total dont 36 garçons et 44 filles âgés de 3 à 6 ans.
 
 
Activités 
Main droite 
2 mains 
Mains gauche
Balle 
91 
8
Raquette 
83 
17
Crayon 
84 
16
Cartes (distribuer) 
70 
30
Enfiler des perles 
55 
42

Les résultats sont en pourcentages.

- On observe de façon générale que les droitiers sont plus droitiers que les gauchers ne sont gauchers : il y a plus de différences individuelles chez les droitiers. Les droitiers sont plus latéralisés que les gauchers en moyenne (on arrive donc à quantifier la latéralité).

- Les hommes sont plus souvent gauchers que les femmes.
 

Remarques :
 
Critères 
Droitiers 
Non droitiers
Dans 100% des choix Droitiers réponses toujours à droite 
13,3 
86,7
Dans 90% des choix Droitiers réponses toujours à droite 
52,1 
47,9

Résultats partiels (pas à retenir).

Si on définit la droiterie sur un continuum, on obtient 90,6% de droitiers contre 9,4% de non droitiers. La proportion des droitiers dépend donc des critères utilisés.

Il faut bien faire la différence entre fidélité de l’échelle et validité… Ce n’est pas parce qu’une échelle est fidèle qu’elle est valide.

Ainsi, il vaut donc mieux construire des épreuves de latéralité plutôt que des questionnaires et définir la personne droitière comme étant meilleure avec sa main droite qu’avec sa main gauche…
 

* La performance manuelle.

Différents tests servent à mesurer cette performance :
- test de pointillage : il faut « piquer » des lignes de points avec chaque main.
- test de Annedt : déplacement de chevilles mises en ligne dans un cadre que l’on doit déplacer du haut vers le bas dans des trous avec chaque main.
- test de Bishop : il faut ramasser des cartes positionnées en demi-cercle au dessus d’emplacements numérotés (cf. TD).

* Résultats à une expérience menée sur des enfants français (entre 8 et 11 ans) devant cliquer sur une souris au signal avec chaque main :

- De manière générale, on constate que la main dominante frappe plus vite et plus régulièrement.
- Cependant, les garçons sont plus rapides que les filles dans ce type de tâche.
- Au fur et à mesure que les enfants grandissent, ils deviennent plus rapides.
- Les filles sont plus latéralisées que les garçons car la différence entre les performances manuelles est plus importante chez les filles.

Comparaison entre droitiers et gauchers :
On constate que les droitiers et les gauchers définis par la main d’écriture mettent plus de temps avec leur main opposée. Mais, on remarque que les gauchers sont plus rapides avec leur main droite que les droitiers avec leur main gauche ainsi que la différence entre les performances des deux mains est plus grande pour les droitiers et que pour les gauchers ( les droitiers étant plus latéralisés…)

Il est cependant difficile d’évaluer le degré de latéralité, quelques questions :

- est-ce que cette différence est dépendante du niveau de performance général ?
- est-ce que si la personne est très rapide la différence entre les performances des deux mains sera plus petite ?
- est-ce que le degré de latéralité suit une courbe développementale ?
 

Illustration :

Etude sur 1742 enfants devant effectuer le test de pointillage. La variable dépendante recueillie est le nombre de points bien placés.

Résultats :
- la main préférée réussit mieux.
- On remarque une amélioration avec l’âge.
 

Question : est-ce que la différence entre les mains est statistiquement différente avec l’âge ?
 

Quelques formules :

LAT1 : (P-NP)/( P+NP)  (P : main préférée)
LAT2 : P-NP
LAT3 : D-G
LAT4 : (D-G)/G
LAT5 : (D-G)/(D+G)
 

1) Il existe un assez grand nombre de tâche et c’est le psychologue qui doit choisir la tâche qu’il pense être la plus pertinente.
2) Dans ce type de tâche, on observe que les filles sont plus latéralisées que les garçons  et les droitiers que les gauchers.
3) Pour évaluer le degré de latéralité, il existe différents indices (cf. formules) qui ne sont pas équivalents en ce qui concerne le développement (on ne sait pas quel est le meilleur).

Il faudrait peut-être prendre plusieurs épreuves et indices pour voir si les résultats concordent.

Question : Existe-t-il des relations entre la préférence manuelle et la performance manuelle ?
(cf. TD)

* Pourquoi est-on gaucher ou droitier ?

Les origines supposées de la gaucherie :

Origine pathologique : on deviendrait gaucher parce qu’on n’a pas pu être droitier.
Variable : stress à la naissance.

BAKAN : la gaucherie serait la conséquence la plus bénigne des accidents de la grossesse ou de l’accouchement.

Il constate sur un nombre de sujets que 95 sont gauchers pour 553 droitiers.
Ceux ci correspondent aux premiers nés ou au quatrième. Les explications sont que la première naissance est plus longue et que pour la quatrième, la mère est plus vieille.

Dans toutes ses expériences, l’auteur trouve les mêmes résultats.

En 1990, sa position était que la gaucherie se transmettait dans certaines familles héréditaires aux naissances difficiles et aux grossesses anormales et non pas parce que la gaucherie est déterminée génétiquement.

Critique : ces études étaient rétrospectives au lieu d’être prospectives.

En 1990, SCHWARTZ va suivre des enfants à partir de 2 ans. On mesure les facteurs de stress à la naissance mais un seul cas se trouve être lié à la gaucherie.

Conclusion :
Les données sont loin de confirmer l’hypothèse d’une gaucherie due au stress de la naissance. Des conceptions moins radicales existent : une partie des gauchers pourrait être due à l’existence de traumatismes cérébraux précoce entraînant un changement de spécialisation hémisphérique pour le langage ce qui entraînerait alors un changement de spécialisation manuelle.
 

Hypothèse de GESCHWIND : il y aurait une relation entre la latéralité, les hormones et le système immunitaire.

Relation mise en évidence : il y a plus de gauchers chez les sujets autistes que dans la population générale de même que chez les personnes dyslexiques.
Autre relation : entre la gaucherie et des problèmes d’ordre immunitaire.

Selon l’auteur, l’origine de la gaucherie serait prénatale.

Un facteur commun, la testostérone, pourrait rendre compte de la gaucherie et de la défaillance du système immunitaire. La testostérone circule chez le fœtus mais plus chez le fœtus mâle. Il y aurait donc un dysfonctionnement hormonal entraînant la gaucherie, la prédisposition aux troubles immunitaires (maux de tête), à l’autisme et/ou à la dyslexie.

Modèle :

Un excès de testostérone entraîne un problème immunitaire entraînant un ralentissement de l’hémisphère gauche et une suppression du développement du thymus siège de la maturation lymphocyte. Il y aurait ainsi un développement plus important de l’hémisphère droit avec apparition d’aptitudes spéciales pour les enfants autistes (on constate une importante proportion de gauchers au sein des mathématiciens mais ceux-ci  souffrent d’allergies…)

Est-ce que ce modèle peut être vérifié entièrement ?

En partie seulement…

Chez les souris, lorsqu’une femelle est entourée de mâle dans le ventre de sa mère, on constate des comportements plus agressifs. Celle-ci a été masculinisée. La testostérone est donc plus grande.

En comparant des jumeaux dizygotes garçon/filles on constate le même effet (effet visible dans les acouphènes et la dentition).
 

Y a-t-il une ressemblance familiale pour la gaucherie et comment l’expliquer ?

Dans les familles de gauchers, les descendants ont une probabilité plus importante d’être gauchers que dans la population générale. Il y a donc une ressemblance familiale.
 

Conclusion générale :
La latéralité présente une composante familiale.
 
 
Croisement. 
% de descendants masculins. 
% de descendantes. 
Total.
Père Droitier X Mère Droitière. 
10,7 
9,1 
9,9
G X D 
17,4 
15,7
-
D X G 
18,3 
16,6
-
G X G 
28,9 
28,1 
28,5

Deux parents gauchers ont une probabilité plus grande d’avoir des enfants gauchers. On remarque une légère augmentation de la gaucherie lorsque la mère est gauchère, c’est ce qu’on appelle l’effet maternel.
 

Interprétation :

La composante familiale n’est pas discutée. L’effet maternel est assez fréquemment observé.

Pourquoi l’enfant a-t-il plus de chance d’être gaucher quand ses parents le sont ?

1) Influence familiale : les parents gauchers seraient imités, en particulier la mère (effet plus important quand les deux parents sont gauchers).

2) La gaucherie serait liée à des facteurs génétiques qui vont être transmis des parents aux enfants. L’explication de l’effet maternel serait due au fait qu’un gène au moins serait situé sur le chromosome X.
 

Mais, ces deux possibilités simples sont à rejeter car l’union de deux gauchers ne donnerait que des gauchers…

* Interrogation sur des jumeaux : (1% de jumeaux dont 30 à 40% de monozygotes).

- La fréquence de la gaucherie diffère-t-elle entre des jumeaux ?
On constate en effet que les jumeaux sont plus fréquemment gauchers : entre 3,6 et 23%

- Y a-t-il plus de gauchers chez les monozygotes que chez les dizygotes ?
Oui, dans la plupart des études.

- La concordance intrapaire est-elle égale chez les monozygotes et chez les dizygotes ?
Oui pour les dizygotes dans 5 études, non avec monozygotes plus concordants que dizygotes dans 3 études et inversement dans une étude seulement. Donc oui dans la plupart des études.
(D’après DOYEN, 2000).

(Concordance quand deux individus gauchers ou deux individus droitiers dans une paire.)
 

Hypothèse fondamentale :

Les monozygotes vont être davantage concordants que les dizygotes car ils partagent le même patrimoine génétique, alors que les dizygotes ne partagent que 50% du patrimoine en commun pour les gènes qui diffèrent entre les parents.

Principe de base :
Si r MZ > r DZ alors intervention de facteurs génétiques.

On admet que les variables de l’environnement jouent le même rôle pour les deux groupes pour la variable étudiée.

Est-ce que ces variables vont accentuer les différences pour les dizygotes et les monozygotes ?
(On sait que pour certains critères cognitifs, les MZ monochorioniques se ressemblent plus que les MZ dichorioniques).

On constate un nombre plus élevé de gauchers chez les jumeaux que chez les non jumeaux, pourquoi ?

Hypothèse de l’image du miroir imaginée par NEWMAN, 1928.
C’est le délai de la division cellulaire qui entraînerait la monochorionie. Ainsi il y aurait une discordance dans la latéralité manuelle car la division apparaîtrait après la formation de l’axe de symétrie bilatéral (MZ gauchers> DZ gauchers).

Comparaison :

DEROM, 1996.

 Population de 1616 jumeaux auxquels on pose deux questions :
- « Vous considérez-vous comme droitier ou gaucher ? »
- « Ceci a-t-il toujours été le cas ? »
 

Manualité chez les jumeaux selon la zygocité :
 
 
Manualité 
DZ 
MZDC 
MZMC 
Total.
Gauchers. 
18% (157) 
18% (43) 
16% (79) 
17% (279)
Droitiers. 
78% (672) 
79% (192) 
79% (400) 
78% (1264)
Inconnu. 
4% (37) 
3% (7) 
6% (29) 
5% (73)
Total. 
100% (866) 
100% (242) 
100% (508) 
100%(1616)

Analyse :

On constate plus de gauchers que dans la population normale (confirmation de l’hypothèse avec 17% au lieu de 10%)

On aurait dû cependant trouver plus de gauchers chez les MZ monochorioniques, ce qui n’est pas le cas (hypothèse de NEWMAN non confirmée).

Il n’y a apparemment pas plus de gauchers chez les MZ que chez les DZ.

Concordance intrapaire ou discordance intrapaire en fonction de la zygocité et du type de chorion.
 
 
 
 
 DZ 
MZDC 
MZMC 
Total.
GG 
5%
 7% 
4% 
5%
DD 
64% 
68% 
66% 
65%
Discordants.
 25% 
22%
 23% 
24%
Inconnu. 
6% 
3% 
7% 
6%
Total
 54% 
15% 
31% 
100%

L’hypothèse de NEWMAN comme quoi il y aurait une plus grande discordance intrapaire chez les MZMC n’est pas confirmée.

Si le patrimoine génétique intervenait, il y aurait plus de concordance intrapaire entre les MZ que les DZ, ce qui n’est pas le cas.

Conclusion :
Les facteurs génétiques n’interviennent pas dans la latéralité pour cette étude.
(Taux de concordances très faibles dans les deux cas ce qui est inattendu).
Question : La gémellité est-elle réellement pertinente en ce qui concerne la latéralité ?
 

* Etude sur les adoptions.

Critères de sélection :
- enfants abandonnés à la naissance,
- enfants adoptés avec l’âge de 6 mois.

QI des enfants adoptés en fonction de leur niveau socio-économique d’origine et celui de leurs parents adoptifs.
 
 
Parents biologiques. 
  Familles adoptives.

  Familles adoptives.
 NSE +  NSE-
Niveau socio-économique élevé N=10
Moyenne = 115,5
S= 12,25
De 99 à 136.
N=8
M= 107,5
S= 11,94
De 91 à 124.
113,4
Niveau socio-économique faible N=10
M=103,6
S=12,71
De 91 à 125.
N=10
M=92,4
S=15,41
De 68 à 116.
98
112   100

On constate qu’il y a un effet des facteurs prénataux sur l’intelligence des sujets.
 

En ce qui concerne la latéralité : est-ce que les enfants adoptés ressemblent à leur parents adoptifs ?

Si oui, l’environnement jouerait sur la latéralité, si non (mais ressemblent à leurs parents biologiques) les facteurs génétiques et l’environnement prénatal joueraient alors un rôle.

Etude de CARTER-SALTZMAN, 1980.

3 échantillons : enfants adoptés et deux groupes contrôle de parents biologiques (enfants adoptés avant leur premier anniversaire).

La préférence manuelle est mesurée par le questionnaire d’EDINBURG. Pour les enfants entre 4 et 16 ans on mesure la latéralité grâce aux exécutions de tâches comprises dans ce questionnaire (afin d’éviter les erreurs de mesure).

Score entre ?100 et 100.

2 types de mesure :
- dichotomique : D ? G (à partir de 0),
- fortement droitiers (score supérieur à 80) vs non fortement droitiers et gauchers.
 
 
 
 Parents (en %). 
Enfants (en %)
Gauchers.
 7,4 
13,3
Non fortement droitiers.
30,4 
50

On ne constate pas de différence dans la distribution des D et G dans la population des familles adoptives et biologiques.

On observe l’effet de cohorte : plus de droitiers chez les enfants d’où données probablement correctes.
En prenant la seconde mesure (fortement droitier vs les autres) on augmente le nombre de cas pour les types de croisement qui sont rares (gauchers X gauchers ou non fortement droitiers croisé avec non fortement droitiers).
 
 
 
Latéralité des parents. 
P X M. 
Enfants biologiques (en % de droitiers).
 Enfants adoptés (en % de droitiers).
D X D 
89% 
86%
D X G 
76% 
75%
G X D 
73% 
95%
G X G
--
-- 
FD X FD 
53% 
54%
FD X NFD
49% 
37%
NFD X FD 
46% 
53%
NFD X NFD 
28% 
55%

- On constate que quand les parents biologiques sont G, les enfants sont moins droitiers, ce qui n’est pas le cas pour les parents adoptifs.
- Effets des parents biologiques : quand les parents sont NFD, il y a une baisse des droitiers ce qui n’est encore pas le cas pour les familles adoptives.

Conclusion :
La manualité des enfants est significativement liée à celle des parents biologiques. Dans les familles adoptives, on n’observe pas de liaison entre la manualité de la famille adoptive et celle des enfants adoptés (d’où pas de rôle de l’environnement éducatif).
 

* Explication de la latéralité manuelle et la latéralité du langage.

La latéralité manuelle est un indicateur de la spécialisation hémisphérique.

ANNETT et CROW pensent qu’au cours de l’évolution de l’espèce humaine, un événement a touché la spéciation (caractéristiques des espèces). La partition de la dominance hémisphérique gauche qui va entraîner l’apparition du langage et une déviation vers la droite pour la manualité.

On ne sait pas quels ont été les phénomènes génétiques, mais il y a environ 1% de gènes qui diffèrent entre l’homme et le primate non humain le plus proche.

La différence entre les êtres humains et les animaux est due à la station debout, la spécialisation hémisphérique entraînant l’apparition du langage, la manualité et la fécondité annuelle.

Selon GESCHWIN, la déséquilibration hémisphérique serait due à un fort taux de testostérone  entraînant un désavantage pour le langage et un avantage pour le spatial d’où la gaucherie (mais on ne sait pas à quoi est dû cet excès de testostérone).
 

* Pour ANNETT :

Il y aurait un mécanisme génétique qui induirait le biais de l’hémisphère gauche. Ce mécanisme serait constitué d’un gène à 2 allèles et de l’existence du hasard. Ce seul gène entraînerait une spécialisation de l’hémisphère gauche pour le langage et un biais vers la droite en ce qui concerne la manualité. Un biais vers la droite serait dû au gène R++ (homozygote), il y aurait un R+- (hétérozygote), et un R—qui n’entraînerait aucun biais d’où la possibilité pour les sujets porteurs de ce gène d’être droitiers ou gauchers en fonction du hasard (toutes les variables qu’on ne peut pas mesurer telles que l’environnement prénatal, périnatal et postnatal).

On devrait s’attendre à voir disparaître les allèles négatifs (pression sélective), mais il y a eu et il y a toujours autant de gauchers. Ainsi, pour qu’un allèle désavantagé se maintienne, il faut qu’il y ait un avantage chez les hétérozygotes.

- Avantage cognitif chez les hétérozygotes.

Selon ANNETT, il y aurait un désavantage pour les R++. Ceux qui seraient très droitiers auraient développé beaucoup plus l’hémisphère gauche au dépend de l’hémisphère droit. Ainsi, leur main gauche ne serait vraiment pas habile et leurs performances cognitives différentes.
On constate en effet qu’il y a des différences très fortes entre les deux mains pour les extrêmement droitiers (très désavantagés pour MG et pas plus avantagés que les autres pour MD).

Expérience sur enfants entre 61 et 142 mois (169 garçons et 173 filles). Passation du PEG MOVING et matrice de RAVEN.
L’hypothèse d’ANNETT est confirmée. Or, cette hypothèse n’a été testée qu’à partir des extrêmement droitiers (pas d’extrêmes gauchers).

Les gauchers devraient développer leur hémisphère droit (d’où plus d’architectes et de mathématiciens chez les gauchers). Etude sur cette population : on constate en effet que les hétérozygotes sont désavantagés par rapport aux homozygotes.
 

* Selon CROW :

Même hypothèse qu’ANNETT, mais différence : le désavantage serait pour ceux qui n’ont pas de dominance cérébrale (indécision hémisphérique). Ce gène serait situé sur la partie du X qui a son homologue sur Y. Une spécialisation pas suffisante des hémisphères entraînerait un désavantage cognitif.

Etude longitudinale : données sur enfants de 11 ans (1998).

Différentes épreuves :
- aptitude verbale (logique, sémantique, phonologique),
- aptitude non verbale,
- compréhension de la lecture,
- mathématiques.

Et passation d’un test de manualité ressemblant au test de BRYDEN (pointillage).
(Score : MD ? MG / MD + MG X 100). Discordance moins importante chez les filles (plus latéralisées).

Résumé graphiques :

- Pour le verbal, les filles sont meilleures que les garçons. On retrouve les scores d’ANNETT i.e. les extrêmes droitiers sont moins bons, mais les moins bons sont les personnes au point d’indécision ceux qui ne sont ni gauchers ni droitiers(confirmation de l’hypothèse de CROW).
- Pour le non verbal, il y a une différence entre les filles et les garçons mais les courbes ont la même allure : chute à droite et chute au point d’indécision d’où désavantage.
- Compréhension de la lecture supérieure chez les garçons, mais chute plus importante pour les garçons pour les droitiers et les indécis (pas important pour les droitiers).
- Aucune différence entre les filles et les garçons pour les mathématiques. Chute importante pour les extrêmes droitiers et les indécis.
 

Ces deux auteurs sont d’accord pour penser qu’il y a un rôle important du hasard dans la manualité (ex. : stress, éducation parentale, gaucherie pathologique, facteurs environnementaux,…).
 

Etude sur les données génétiques pour vérification (chromosomes marqueurs). On a trouvé aucun gène susceptible d’entraîner une préférence manuelle, mais le gène entraînerait le degré de latéralité.

En aucun cas on a à faire à un déterminisme. Le fait qu’on trouve des endroits du génome liés à un trait psychologique n’implique pas que d’autre facteurs n’interviennent pas.
 

Différences entre G et D.

On remarque plus de gauchers dans certains sports unimanuels (escrime, tennis).
 
TENNIS. 
FLEURETS.
200 premiers. 
17% de gauchers. 
7%.
25 premiers. 
24%.
48%.
10 premiers. 
40%. 
80%.
4 premiers. 
73%. 
100%.

Quelles interprétations peut-on avancer ?
- Les gauchers auraient un cerveau organisé différemment,
- Ils n’utiliseraient pas la même stratégie.

En ce qui concerne la stratégie, on peut penser qu’un adversaire gaucher décontenancerait les droitiers.
Pour la spécialisation hémisphérique, dans 75% des cas, les gauchers traitent le langage avec l’hémisphère gauche (comme le font les droitiers). Les configurations spatiales sont traitées préférentiellement par l’hémisphère droit ( comme les droitiers). Ainsi, les droitiers commanderaient leur main droite avec leur hémisphère gauche alors qu’il vaudrait mieux la commander avec leur hémisphère droit en ce qui concerne des sports.


STYLES COGNITIFS
 

I. Introduction.
II. Styles.
1. Dépendance ? Indépendance à l’égard du champ (D.I.C.)
2. Impulsivité ? Réflexivité
3. Styles de flexibilité (pensées divergentes).
III. Vicariance et flexibilité des processus
IV. Conclusion.

STYLES COGNITIFS

 I. Introduction générale.

Style : ensemble des comportements habituels d’un individu définissant sa personnalité.

Les styles cognitifs sont un moyen de lier personnalité et cognition. Ils sont le résultat d’une intégration de l’ensemble des paramètres.
Ils permettent d’aborder la personne au sens large (traitement de l’information, manière de résoudre les problèmes, manière de se comporter avec autrui, etc.). Ils sont transversaux.

Les styles de conduite ou de contrôle équivalent aux styles cognitifs mais sont plus généraux.

Les styles d’apprentissage sont aussi bien la manière d’enseigner que le style des apprenants.

Les sujets filtrent les données avec des filtres individuels. Ainsi, les représentations de l’informations diffèrent d’un individu à l’autre dépendant du vécu de l’individu concerné.
 

1. Définitions .

WITKIN 1971 :
«  Le styles cognitifs sont des modes de fonctionnement stables des individus qui se manifestent dans leurs activités perceptives et intellectuelles. »

HUTEAU 1984 :
«  Les styles cognitifs sont des variables différentielles qui décrivent les modalités de fonctionnement cognitif (le plus souvent issues de la psychologie expérimentale) et qui permettent de comprendre la cohérence de certains aspects de la personnalité. »

MESSICK 1994 :
«  Les styles cognitifs sont habituellement conceptualisés comme des façons caractéristiques de percevoir, mémoriser, penser et résoudre des problèmes… Ils sont inférés à partir des différences individuelles stables dans la manière d’organiser et traiter l’information. »

Termes importants :

- variables différentielles
- mode de fonctionnement
- relatif au traitement de l’information
- stabilité, cohérence.

OHLMANN 1999 :
« Les styles cognitifs font référence à la manière de traiter les informations. Il s’agit donc de processus, de procédures, de stratégies, d’orientation qu’un sujet donné a tendance à privilégier le plus souvent à son insu. Ce ne sont pas des observables statiques qui caractérisent de façon mécanique l’individu, mais plutôt des modes de fonctionnement qui ont avant tout une valeur explicative. Le plus souvent, les différents styles concernant le même comportement ont une même valeur adaptative, chaque pôle du style selon les situations, offrent des avantages et des inconvénients.

4 caractéristiques principales :

- désigne des modes de fonctionnement
- spécifie de manière stable un individu donné,
- chaque pôle du style a une valeur adaptative,
- s’applique à des domaines variés.
2. Styles, aptitudes, stratégies.
 

a) Différences entre aptitudes et styles :

APTITUDES STYLES
Contenu et niveau quantitatif (quoi, combien) Manière ou mode qualitatif (comment)
Vision unipolaire, unidirectionnelle Vision bipolaire, différenciée
Spécificité du domaine Transversalité

Mais, les styles et les aptitudes sont deux variables dimensionnelles, elles se situent sur un continuum.

b) Différences entre stratégies et styles :

STRATEGIES STYLES
Conscientes Automatiques
Flexibles Stables
 

II. Styles.

Quelques styles cognitifs :

-  Dépendance ? Indépendance  à l’égard du champ
-  Réflexivité ? Impulsivité (tempo-cognitif)
-  Flexibilité cognitive

- Focus intentionnel (scanning-focalisation) : extensivité du focus d’attention.
- Largeur de catégorisation : inclusion vs exclusion des classes.
- Complexité cognitive : propension à faire des associations de plus en plus complexes entre les événements  et les situations.
 

1. Dépendance ? Indépendance à l’égard du champ ou D.I.C.

C’est la sensibilité plus ou moins grande à l’égard des informations visuelles.

«  Ce style semble en effet affecter l’ensemble des comportements spatiaux, qu’il s’agisse de formes de cognition complexes comme l’imagerie mentale, ou de boucles sensori-motrices comme celles que requièrent la posture et la locomotion. » (Ohlmann).

Les individus peuvent être soit dépendants à l’égard du champ visuel (ex. :  orientation) soit dépendants à l’égard du champ proprioceptif (informations égocentrées).

La D.I.C. se manifeste dans des tâches de perception complexes qui traitent de l’espace mais aussi des tâches plus simples telles que la posture ou la locomotion.

La D.I.C. peut avoir une incidence sur le fait d’être dépendant ou indépendant de l’autre, sur la propension à chercher des informations chez les autres dans le champ social.

Il y a plusieurs manières de traiter les informations d’où plusieurs stratégies et plusieurs styles.

En ce qui concerne les traitements spatiaux, il y a 3 référentiels :

- Visuels,
- Gravitaires,
- Proprioceptifs ou somesthésiques.

Mais, les êtres vivants étant économiques, chaque individu va choisir un mode préférentiel.

La D.I.C concerne la dépendance par rapport au niveau visuel.

Un individu est alors indépendant lorsqu’il dépend du champ gravitaire ou proprioceptif.

Un individu est alors dépendant lorsqu’il ne dépend pas du champ gravitaire ou proprioceptif.
 

Les différentes étapes des recherches de la D.I.C.

-  Opposition vision ? posture : D.I.C. dans la perception de la verticale (niveau perceptif).
-  Articulation dans le champ perceptif : approche globale vs analytique, élargissements aux aspects cognitifs.
-  Différenciation : élargissement aux aspects socio-affectifs et sociaux.
-  Autonomie par rapport aux référents externes : s’applique à la fois à la perception de la verticale et aux comportements interpersonnels.
 

2 grands types de travaux :

1. Approche intensive.

- Etudier la D.I.C. pour elle-même,
- Définir plus précisément la dimension,
- Etudier sa stabilité dans le temps et son évolution avec l’âge.

2. Approche extensive.

- D.I.C. en relation avec d’autres variables ,
- Permettre de rendre compte des différences individuelles à l’aide de la D.I.C.
 

PARADIGME CLASSIQUE DE LA D.I.C.

a) Conflit vision ? posture :

Tâche d’ajustement à la verticale en présence d’un conflit entre référentiels.

Rod and Fraim Test (RFT) mis au point par Witkin.
Ensemble de dispositifs permettant de mettre les sujets en situation de conflit entre vision et posture. Ainsi, on va savoir si les sujets sont dépendants ou indépendants du champ visuel.

Les sujets sont mis face à un tunnel avec au fond un cadre incliné avec une baguette que le sujet doit mettre à la verticale.
S’il ajuste la baguette par rapport à lui, alors le sujet est indépendant (référentiel proprioceptif), mais s’il ajuste celle-ci par rapport aux bords du cadre, alors le sujet est dépendant.

On mesure le taux d’erreur en degrés. Les sujets sont indépendants lorsque les degrés d’erreur sont compris entre 0 et 2°. Si les degrés sont supérieurs à 5° pour les adultes et 10° pour les enfants, alors les individus sont dépendants à l’égard du champ visuel. La plupart des sujets se situent entre 2° et 5° (près de 70%).
 

b) Restructuration ? cognition :

La tâche est de retrouver une figure simple enchâssée dans une figure complexe.

Le but reste le même, mais les situations sont différentes.

-  Embedded Figures Test (EFT et GEFT) : passation individuelle (EFT) ou en groupe (GEFT). Ce test est pour adulte et la variable dépendante est le temps de réponse.
-  Preschool Embedded Figures Test (PEFT) : ce test est pour les enfants de moins de 5 ans. La VD est le nombre de réponses correctes.
-  Child Embedded Figures Test (CEFT) : ce test est pour les enfants de plus de 5 ans et la VD est le nombre de réponses correctes.

Généralement, les sujets qui réussissent décomposent chacun des éléments, c’est-à-dire qu’ils utilisent un mode analytique. C’est le mode le plus efficient pour ce type de tâche.

A l’inverse, les sujets qui ne réussissent pas utilisent un mode global.
 

Donc, la D.I.C. est :

- La sensibilité à l’égard des référentiels visuels d’orientation (RFT).
- Elle possède deux pôles : l’utilisation préférentielle d’un mode de traitement global pour les dépendants et analytique pour les indépendants (EFT).
 

Stabilité dans le temps et évolution avec l’âge :

En ce qui concerne l’évolution dans le temps, on retrouve une variabilité dans les différences interindividuelles quel que soit l’âge. On remarque que les enfants en moyennes sont plus dépendants que les adultes tout comme les personnes âgées.
Les garçons sont en moyenne moins dépendants que les filles, surtout en ce qui concerne le RFT (le EFT fait plus appel à des modes de traitement donc pas de véritables différences).

En ce qui concerne le coefficient de stabilité pour le RFT, les individus dépendants à 5 ans le seront encore 5 ans après. Il y a une forte corrélation entre les résultats aux deux âges, d’où une très grande stabilité des performances.
 

Controverse : style ou aptitude ?

D.I.C. et facteur général : corrélation EFT et matrice de Raven .40 et .60.
Corrélation entre Cattell Culture Fair et EFT .67.
Les sujets ayant les meilleures performances sont indépendants à l’égard du champ, cela signifie que pour résoudre ces deux tests, il faut utiliser le même mode de traitement. Or, il n’y a pas qu’un seul mode de traitement pour l’intelligence donc, les sujets indépendants ne sont pas forcément tous intelligents.
 

D.I.C. et le facteur spatial : corrélation médiane de .51 entre EFT et tests spatiaux. Saturation des EFT dans le facteur visualisation (gv de Cattell-Horn). A nouveau, le point commun entre les deux tests est le mode de traitement.

D.I.C. et Q.I. : en ce qui concerne le WISC, celui est composé de 3 facteurs, un verbal, un autre concernant l’attention et la concentration et enfin un dernier concernant l’approche analytique. Seuls les résultats de ce dernier corrèlent avec la D.I.C.

Interprétation : la D.I.C. semble ne pas être une aptitude mais bien un style à cause des fortes corrélations remarquées et de la forte variance commune (25%).
 

Approche extensive : D .I.C. et…
 

1°) D.I.C. et activités perceptives.

- Plus grande facilité à découvrir un élément dans un contexte qui le masque (en modalité visuelle, tactile ou auditive) chez les indépendants ou IC (figures enchâssées).
- Plus grande facilité à imposer une structure à un champ perceptif faiblement structuré pour les IC (ex. : dalmatien).
- Plus grande sensibilité des dépendants ou DC aux illusions visuelles et aux bonnes formes (gestalt).
- Meilleur contrôle de la vitesse d’alternance de figures à double signification (figure de Rubin, vase) ou à perspectives multiples (cubes de Necker).
Facteurs en jeu :

- Souplesse de structuration perceptive (dissociation figure/fond).
- Approche analytique du champ (structuration/ déstructuration).
 

Travaux :

- Sensibilité différentielle au mal des transports (cinétose). (Ohlmann et al. 2000).
Dissociation entre référentiels (expérience d’une cabine qui tourne).

- Gestion différente de cadres de référence spatiaux. (Marendaz et al. 1998).
Travaux sur congruence entre référentiels contextuels (carré ou losange selon l’orientation et le contexte). Les résultats montrent que lorsqu’il y a congruence, les IC et les DC ont le même temps de réponse, mais lorsqu’il y a non congruence, les DC sont moins rapides. Ils sont plus sensibles à la non congruence.

Facteurs en jeu :

- Gestion différentielle de la posture pouvant être statique ou cinématique pour les DC et dynamique ou cinétique pour les IC.
 

2°) D.I.C. et activités cognitives.

a) Résolution de problèmes :

- Supériorité des IC dans les problèmes d’intelligence pratique de Duncker et de flexibilité adaptative de Guilford (bougie).
Les IC réussissent mieux grâce à leur capacité à déstructurer la boîte d’allumette : elle peut servir à autre chose.

- Une plus grande efficience des IC dans les épreuves opératoires sollicitant les opérations infra-logiques.

b) Apprentissage et mémoire.

- Une plus grande sensibilité aux interférences chez les DC (dans les tâches de mémorisation à court terme).
- Une meilleure mémoire des visages chez les DC.
- Une meilleure organisation du matériel rappelé chez les IC (Frank et Keene, 1993).
Les stratégies que les DC utilisent spontanément sont moins efficientes.

FRANK et KEENE (1993) : Stratégies dans une tâche de rappel.

On crée 2 groupe de sujet se situant sur la médiane de l’EFT. On le propose un test de vocabulaire en enlevant la part de variance due à un facteur de base de connaissance.

Matériel : 2 listes de 35 mots
- forte organisation (7 catégories),
- faible organisation.

2 conditions expérimentales :
- instruction préalable (stratégie de catégorisation),
- pas d’instruction.

La variable dépendante est le nombre de mots rappelés.

Résultats :
- on constate un effet principal de la D.I.C. (IC : m=19,34 ; DC : m=16,77 dans condition 1 et IC : m=15,51 ; DC : m= 14,16 dans condition 2), mais pas d’interaction entre la nature des listes et la D.I.C.
- des différences au niveau du type de stratégie utilisée dans la condition sans instruction et en fable organisation.
 
 

Nature des stratégies utilisées :

 DC IC
Catégorisation 11 12
Rappel 11 3
Organisation thématique 3 11

La différence est due à l’utilisation différentielle de la mémoire de travail et notamment des stratégies ou modes de traitement mis en place.

- Les DC auraient une stratégie superficielle de traitement de l’information consistant uniquement à utiliser la boucle articulatoire ou stratégie de rappel.

- Les IC auraient une stratégie plus profonde qui consisterait à réorganiser le matériel et à faire un traitement sémantique sur ce matériel.

Facteurs en jeu :

- Structuration/déstructuration.
- Capacité à isoler un élément de son contexte.
- Organisation d’un matériel non structuré.
- Attitude plus active face à un matériel cognitif.
 

3°) D.I.C. et développement cognitif.

Constat :

- Hétérogénéité du développement opératoire.
- Variabilité inter et intra-individuelles importante.

2 approches :

a) Etudier les différences individuelles à l’intérieur du modèle piagétien en effectuant des analyse de tâches.

- Lautrey (1980, 85, 90)
- Lautrey, de Ribaupierre, Rieben (1981,86,90)
- Longeot  (1969,78).

b) Sortir du modèle piagétien et étudier les variables indépendantes comme des styles cognitifs en testant leur influence sur le développement.

Hypothèse : la D.I.C. peut rendre compte en partie des différences inter et intra-individuelles observées dans les épreuves opératoires surtout dans celles où il y a un « piège » perceptif à « vaincre ».
(Ex. : épreuve des jetons groupés ou non).

D’où, une meilleure résistance des IC aux aspects perceptifs non pertinents et meilleure utilisation des aspects perceptifs pertinents .

- Huteau (1978, 80, 87).
- Ohlmann (1982, 85).
- Pascual-Leone (1969, 89, 91).
- Lohaus et al (96).
- Wittig (1984).

Les tâches utilisées dans ce cadre de recherche font partie des épreuves faisant appel aux opérations infra-logiques, i.e. épreuves de conservation et épreuves mécaniques (rouleau), (à opposer aux opérations logico-mathématiques, i.e. permutation, combinatoire).
 

Variabilité des activités opératoires et D.I.C.

HUTEAU & RAJCHENBACH, 1978.

Sujets : 29 garçons entre 13 et 14 ans.

On va leur faire passer plusieurs épreuves :
- conservation des volumes (si l’hypothèse est juste alors la D.I.C. doit avoir un effet),
- probabilités,
- permutations (la D.I.C. ne doit pas avoir d’effet sur la tâche),
- RFT et EFT.

Résultats :

Epreuve de conservation.
 
 
 EFT  RFT
Concret  N= 9  20,3 (5.6)  21,5  (6.0)
Préformel N= 20 12,6 (8.5)  12,1  (7.9)

Rangs moyens au EFT et RFT en fonction du niveau atteint aux épreuves piagétiennes.

Plus le rang est élevé plus les enfants sont dépendants.

Ainsi, les 9 enfants sont ceux qui sont les plus dépendants à l’égard du champ.
Ce résultat confirme l’hypothèse.

Epreuve de permutation.
 
 
 EFT  RFT
Concret  N=6  14,5  (7.2)  13,5 (8.9)
Formel A  N=12  16,3 (8.9)  14,3  (9.5)
Formel B  N=11  13,1 (9)  16,3 (8.7)

Rangs moyens au EFT et RFT en fonction du niveau atteint aux épreuves piagétiennes.

Ainsi, la D.I.C. n’a pas d’effet sur les épreuves logico-mathématiques.

La D.I.C. n’explique pas toutes les différences, seulement dans les épreuves avec un aspect perceptif important.

OHLMANN & MENDELSOHN, 1982.

Sujets : 110 garçons âgés de 9 ans et 6 mois.

Epreuves utilisées :
- RFT,
- Courbes mécaniques (effet de la D.I.C.)
- Conservation (poids et volume)
- Probabilités
- Permutations (pas d’effet).

Epreuve de conservation.

 RFT
Préopératoire
N=34 11,75
Concret
N= 19 11,91
Préformel
N=31 6,17
Formel
N=6 3,5

Les enfants étant à leur niveau ou en dessous (concret ou préopératoire)  ont tendances à être plus dépendants.

La D.I.C. est vue comme facilitatrice, grâce à elle, on peut aller au delà de son groupe de référence.

Epreuve de permutation.
 
 RFT
Préopératoire  N=27 10,01
Concret  N=58  10,95
Préformel  N=13  10,18
Formel  N=12  8,88

Il ne semble pas avoir d’effet de la D.I.C. sur cette épreuve.

Essai de la formalisation de la relation entre D.I.C. et performance à l’épreuve d’horizontalité.

Lahaus, 1996.

Distinction de 2 niveaux.

Niveau opératoire :

Construction active d’une règle.

Niveau perceptif :

Influence passive.
 
 
 


                +++                                                                         + +                                                              +                                  -
 

Pour le niveau opératoire :
Ainsi, au début, les enfants ne comprennent pas la règle, puis, ils
recherchent la règle (bonne ou mauvaise) et enfin comprennent la règle.

Pour le niveau perceptif :
Ce niveau agit directement sur la construction et la mise en place de la règle. Il influence tout au long du processus de la D.I.C. qui varie en fonction du niveau de consolidation de la règle.

 Finalement, dépendants ou non,  l’influence doit être minimale lorsqu’on connaît la règle. Les adultes qui ne réussissent pas cette épreuve n’utilisent pas la bonne règle et se font piéger par les aspects perceptifs.

 Ces expériences ont permis de comprendre les décalages horizontaux. Si une épreuve fait appel à la mise en place d’opérations mathématiques et/ou épreuves qui font appel à des aspects perceptifs.

Remarque : dans certains cas des apprentissages fondamentaux (ex. : lecture, langage, résolution de problèmes), on peut expliquer une partie des différences interindividuelles par les aspects perceptifs, par la D.I.C. i.e. par les modes de traitement perceptif (analytique ou global).
 
 

 D.I.C. et conduites sociales.

Ces travaux s’intègrent dans la perspective de différenciation (cf. différentes étapes de recherche sur la D.I.C.).
Il s’agit de l’étude de l’autonomie par rapport aux autres, dans les situations de jeu ou de contacts interpersonnels, de même que l’autonomie par rapport aux enseignants et aux parents (laissée ou prise).

Résultats :
- une plus grande sensibilité à l’influence sociale chez les DC,
- intérêt plus grand pour les visages chez les DC,
- une plus forte motivation intrinsèque (pour soi-même ; extrinsèque étant une motivation extérieure) chez les IC,
- plus forte sensibilité aux renforcements sociaux chez les DC,
- activités plus autonomes chez les IC sollicitant les feed-back sociaux chez les DC.

Etude de Saracho, 1994,96 et 97.

Différence dans des conduites de jeux chez les enfants de 3, 4 et 5 ans.

Sujets : 1276 enfants de 3 à 5 ans filles et garçons.

La D.I.C. est évaluée par le test du bonhomme (dessin dans lequel on mesure les articulations et la structuration du bonhomme, mesure d’une forme de capacité analytique).

4 types de jeux :
- physique (activités sportives),
- de construction,
- de manipulation (puzzle),
- de « rôle » (situation de la vie courante).

4 échelles (VD) :
- fréquence temporelle,
- communication des idées (habileté et créativité dans la communication, établissement de règles de jeu),
- niveau de socialisation (de solitaire, observateur, associatif, coopératif),
- activité de leadership.

Résultats généraux :
- effet d’interaction complexe en fonction des variables âge, sexe, type de jeu et D.I.C.
- les enfants DC présentent des scores plus élevés que les IC dans les 4 échelles. Ils jouent plus, communiquent plus, sont plus coopératifs, ont tendance à imposer davantage leur vue.

Orientation du comportement :
Les enfants DC privilégierait les relations interpersonnelles (les situations de jeu en groupe avec échange d’idée), les IC privilégiant les relations interpersonnelles (situation de jeu solitaire).
En terme d’autonomie aux autres, les DC ont un plus grand besoin d’être et de partager avec les autres.
Cette orientation du comportement est remarquable très tôt.

Autre manipulation :

Résultat :
Chez les enfants de 5 ans on remarque une différence entre les DC et les IC dans l’interaction entre le style de l’enseignant et celui de l’apprenant. Les enfants DC privilégient les enseignants DC et inversement.
 

Origine des différences.

* Facteurs biologiques :
- étude des jumeaux (MZ plus proches que DZ , i.e. même style),
- étude des différences homme/femme et droitier/gaucher (les femmes et les gauchers seraient plus DC).

* Facteurs éducatifs :
- styles d’attachement,
- rôle des pratiques éducatives (cf. TD n°2).

* Facteurs sociaux : études interculturelles.
- universalité de la dimension et variables culturelles
- travaux et modèle de Berry ( conceptualisation des relations entre divers aspects (biologiques, culturels, politiques…) Ce modèle est le seul à pouvoir intégrer des facteurs biologiques et culturels.
 

SYNTHESE.

La D.I.C. est un style cognitif, une attitude, une manière de traiter l’information quelle que soit sa nature (perceptive, cognitive, contextuelle). Elle est relativement stable et permet de différencier les individus enfants ou adultes sur un continuum, sur une dimension, la D.I.C. allant d’indépendant à l’égard du champ à dépendant à l’égard du champ.

IC :
- type de référentiel utilisé préférentiellement : égocentré et/ou gravitaire.
- Mode de traitement privilégié : analytique.

DC :
- type de référentiel : visuel.
- Mode de traitement : global.

Mais, ces cas sont les deux extrêmes.

La D.I.C. a une incidence dans un très grand nombre de situations.

Les origines de celles-ci sont multiples :
- biologique,
- éducative,
- fonction du contexte social et politique.
 
 

2. Réflexivité-Impulsivité.

La dimension réflexive-impulsive de la personnalité ou rythme conceptuel est définie comme une propriété du système cognitif décrite par la combinaison du temps de décision du sujet et l’efficacité de sa performance dans une situation de problème présentant un haut degré d’incertitude.

On la mesure grâce au MFFT.

MATCHING FAMILIAR FIGURES TEST de Kagan (1965).

Le but est de trouver la figure identique à la figure cible.
Certains privilégient la vitesse au détriment de l’efficacité, c’est l’IMPULSIVITE.
D’autres privilégient l’efficacité à la vitesse, c’est la REFLEXIVITE.

 Nombre d’erreur élevé Nombre d’erreur faible
Temps de réponse court IMPULSIF Rapide-efficace
Temps de réponse long Lent-inefficace REFLEXIF

75% des sujets se situent dans la diagonale impulsif- réflexif.

Scores mis au point par Salkind :

Score d’impulsivité :
I= Z erreur ? Z temps (note Z)
I+ :  impulsif.
I-: réflexif.

Score d’efficience :
E= Z erreur + Z temps.
E+ : inefficience.
E- : efficience.

Au fur et à mesure qu’on avance dans l’âge, le nombre d’erreur baisse. Les adultes sont plus réflexifs en moyenne que les enfants et les adolescents.
 

Facteurs liés à l’Impulsivité.
 

Kemler, Nelson & Smith, 1989.
 

Aspects cognitifs.

- Attention/Inhibition.
Peu d’inhibition motrice : réponses trop rapides.

- Métacognition.
Peu de contrôle et problème d’autoévaluation (contrôle sur traitement de l’information).
- Stratégies.
Utilisation réduite et peu flexible des stratégies (travaux de Zelniker). On retrouve ici la différence entre traitement global et traitement analytique. Les DC seraient plutôt Impulsifs et les IC Réflexifs.
 

Implication de l’Impulsivité sur les performances cognitives.

- Performances plus faibles des Impulsifs par rapport aux Réflexifs si : demandes stratégiques élevées et traitement analytique.

- Performances égales des Impulsifs et des Réflexifs si : demandes stratégiques  faibles et traitement global.
 

Aspects affectivo-motivationnels.

* Anxiété.
- niveau trop élevé : réponses prématurées.
- niveau trop faible : désintérêt.
Ces deux types de résultats vont dans le même sens.

* Motivation.
- absence de motivation : désintérêt, beaucoup d’erreurs.

* Attribution externe.
 

Remarque : les corrélations entre la D.I.C. et la Réflexivité/Impulsivité sont positives et comprises entre .30 et .60 (cela dépend de l’âge).
 

Processus à l’œuvre dans les épreuves mesurant R.I. et D.I.C.
 

Zelniker, 1989.
* Attention sélective : direction de l’attention ou focus attentionnel (vision globale vs vision analytique).
* Contrôle de l’attention : maintien de l’attention et shift attentionnel (flexibilité, i.e. se concentrer sur un problème mais être ensuite capable de passer à un autre point).
* Organisation du stimulus : transformation du matériel (tâche de déstructuration et d’organisation).
 

Importance selon les situations :
 
 MFFT  RFT  EFT
Attention sélective  ++  +
Contrôle de l’attention  ++  +
Organisation du stimulus   -   - ++

Si on arrivait à enseigner des stratégies de façon efficiente, l’idéal serait que cela se répercute sur le RFT et l’EFT, mais cela ne fonctionne pas. Les améliorations ne sont que contextualisées.
Gargallo arrive à améliorer les performances dans des épreuves similaires au MFFT mais il n’y a aucun transfert dans les épreuves scolaires.
Hypothèse : il faudrait travailler au niveau métacognitif sur des enfants très jeunes.

2 niveaux :
- stratégique ou intradomaine,
- métacognitif ou interdomaine.
 

3. Style de flexibilité (pensée divergente).
 

Flexibilité : dimension de la créativité.

Guilford fait la différence entre 2 types de pensées (productions) :
- pensée convergente,
- pensée divergente.

Pensée convergente : capacité de résoudre un problème dans lequel la solution est unique et conventionnelle.

Pensée divergente : capacité à élaborer un grand nombre de solutions et d’informations variées à partir d’un élément donné. Opération qui permet de réussir des tâches pour lesquelles les solutions sont multiples (créativité).

3 composantes :
- fluidité,
- originalité,
- flexibilité.

Si on corrèle le test d’intelligence classique et la pensée divergente, les résultats obtenus sont très faibles, mais il faut un minimum d’intelligence pour être créatif.

* Fluidité : capacité à produire des réponses nombreuses. Fluidité verbale (richesse du vocabulaire), d’idées(développement d’une idée donnée) ou d’expression (aisance d’utilisation).

* Originalité : capacité à fournir des réponses peu fréquentes. Expérience de Torrance : à quoi sert une boîte à chaussures (ou bien raconter la suite d’une image c’est-à-dire faire un récit). Le score est basé sur la rareté statistique des réponses fournies.

* Flexibilité : capacité à fournir de nombreuses catégories de réponses, mais aussi de s’adapter aux changements de consignes imposées au cours d’une expérience et possibilité d’échapper à l’inertie mentale (capacité d’inhibition. Score basé sur le nombre de catégories différentes auxquelles appartiennent les réponses.

Dans la flexibilité on va distinguer 2 aspects :
- flexibilité spontanée,
- flexibilité adaptative.

* Flexibilité spontanée : capacité à produire une diversité de réponses dans une situation relativement peu structurée.
S’oppose à la persévération «  tendance à poursuivre un schème jusqu’à rupture causée par des influences externes ».
* Flexibilité adaptative : capacité de changer d’attitude quand la situation l’exige.
S’oppose à le persistance «  tendance volontaire à adopter un même type de solutions dans la résolution d’un problème (rigidité).
 

III. Vicariance et flexibilité des processus.

Pour rendre compte des styles cognitifs, il faut avoir des modèles fonctionnels généraux pour tenter d’expliquer pourquoi certains individus utilisent préférentiellement un processus.

MODELE DES VICARIANCES.

Définition générale : (in Reuchlin 1978, 1999).

1. Chaque individu dispose de plusieurs processus vicariants (identiques pour tous) pour élaborer une réponse de nature adaptative dans de nombreuses situations.
2. Certains processus sont plus facilement évocables que d’autres. Il existe une hiérarchie d’évocabilité des processus.
3. Cette hiérarchie est différente d’un individu à l’autre en fonction des paramètres génétiques, situationnels ou de l’interaction entre les deux (variabilité interindividuelle intra- situation).
4. Cette hiérarchie diffère selon les situations pour un individu donné (variabilité intraindividuelle, inter-situation) (lié à la flexibilité).
5. Dans une situation donnée, les processus ne sont pas toujours équi- efficaces, certains de ces processus sont plus coûteux que d’autres ou ont des probabilités inégales.

Des points 3 à 5 il découle que certains individus peuvent évoquer préférentiellement un processus même dans les situations dans lesquelles il n’est pas plus efficace.

6. Les différents processus peuvent se substituer les uns aux autres mais peuvent également entretenir des relations d’interaction (complémentarité, interférences…)
 

Processus vicariants locomoteurs de OHLMANN.

Exemple des canards :
Les canards peuvent marcher, voler et nager. Pour de longs parcours, ils volent tous, pour de petits parcours, ils marchent tous. Ainsi, les différences individuelles ne s’expriment que dans des situations clémentes (où on peut utiliser tous les processus).

Il faut savoir qu’à choisir entre un mode plus efficace mais plus coûteux et un mode moins efficace mais moins coûteux (mode préférentiel), l’individu choisira le second car il fonctionne de manière écologique.

OHLMANN essaie de modéliser le changement et de découvrir le moment
 ipsatif (moment où l’on va changer de mode).
Autre point du modèle :
LES AFFORDANCES.
 

Vicariances et affordances.

Affordance : interaction entre les propriétés de l’environnement et celles de l’organisme.
Il y a affordance uniquement quand il y a concordance entre ces propriétés. Ceci peut expliquer certains comportements ou adaptations selon les situations. Un style n’est pas rigide.

Modèle :

1 2 3 4 5 6  Perception de l’environnement (1)

Filtres situationnels

Affordance

Filtres individuels

A B C D E F  Propriétés de l’organisme(2)

(1) Informations visuelles, gravitaires et externes.
(2) Informations visuelles, posturales et gravitaires.
 

IV. Conclusion.

L’étude des styles cognitifs en soi ne sert à rien… Les styles cognitifs servent en interaction avec des situations où on observe une différence entre les performances, le résultat obtenu et les compétences du sujet.
L’étude des style cognitif rend compte d’une partie de la discordance entre compétence et performance.


TD:

LA DEPENDANCE/INDEPENDANCE A L’EGARD DU CHAMP OU D.I.C.

Comment pourrait-on définir la D.I.C. ?

L’indépendance à l’égard du champs est la capacité à se détacher des informations visuelles. Pour traiter des informations visuelles, on peut de centrer sur les détails et opérer ainsi un traitement analytique ou bien se centrer sur le tout et procéder à un traitement global.

Dans le type de tâche présenter, on va mesurer soit le temps de réponse (ici, on a donné le même temps à tout le monde) ou bien mesurer le nombre de bonne réponse (pour un même temps).

Il faut savoir que les individus sont répartis sur un continuum allant de plus dépendant à l’égard du champ à plus indépendant à l’égard du champ. Il s’agit donc d’une répartition des sujets sous la forme d’une courbe de Gauss.
 

On peut distinguer 4 niveaux dans la D.I.C., le premier concernant l’application faite en TD.
 

1) Niveau situationnel :

- On utiliserait pas le même mode de traitement pour ces 2 tâches.
- Les tâches n’auraient pas la même complexité.
- Le temps de passation ne serait pas adapté aux 2 tâches.
 

2) Niveau dimensionnel :

- La D.I.C. est une dimension psychologique, une variable différentielle permettant de différencier les individus sur un continuum (ce n’est en aucun cas une variable dichotomique).
- C’est une caractéristique plutôt stable pour un même individu (plutôt I.C. ou  D.C.).
- Elle se situe à mi-chemin entre une variable de personnalité et une aptitude.
- Il y a des différences individuelles en terme cognitif qu’on retrouve dans des conduites beaucoup plus générales comme les conduites sociales par exemple.
- La D.I.C. est différente des aptitudes. Elle est très modérément corrélée au facteur g. Les aptitudes les mieux corrélées avec la D.I.C. sont les aptitudes spatiales.
 

3) Niveau de performance :

- Les aptitudes font référence à essentiellement à un niveau quantitatif tandis que les styles font référence à un aspect qualitatif.

- Les aptitudes sont unipolaires (valeur directionnelle, il vaut mieux avoir un niveau élevé que faible). Les styles sont au contraire bipolaires, chaque pôle du style a des capacités adaptatives différentes.
- Les aptitudes s’appliquent à des domaines très particuliers comme par exemple le domaine verbal, les styles quant à eux s’appliquent à des domaines plus vastes.
 

Remarques sur les traitements de la D.I.C. :
Dans cette tâche, le traitement global correspondrait à plaquer une figure simple sur une figure complexe (traitement de type dépendant), le traitement analytique quant à lui correspondrait à la partition de la figure simple afin de la reconstruire dans la figure complexe.
Ces deux traitements sont à peu près autant efficaces, mais on constate que le coût n’est pas le même pour chacun et selon la difficulté de la tâche. Il vaudrait mieux utiliser un traitement global pour les tâches simples et un traitement analytique pour les tâches complexes.

4) Niveau de variabilité :

- Il existe deux types de traitements et tous les individus disposent de ces deux modes.
- Il y a une hiérarchie dans les processus intervenant dans les situations faiblement contraignantes (grande variabilité interindividuelle).
 

Questions :

- Est-ce que la corrélation entre le RFT (degré de déviation par rapport à la verticale) et le EFT (temps en secondes) est positive, négative ou nulle ?

Les variables vont dans le même sens (pour le RFT plus le sujet est DC, plus on constate un grand décalage, pour le EFT, plus le sujet est DC et plus le temps de réponse est long).
 

- Est-ce que la corrélation entre le RFT et le EFT (nombre de bonnes réponses) est positive, négative ou nulle ?

Les variables ne vont pas dans le même sens car pour le EFT, plus les sujets sont IC, plus le nombre de bonnes réponses est important.
 

Exercice 1 : Stabilité des performances et évolution avec l’âge (document 2).

- Il y a une bonne stabilité des performances avec l’âge, en effet, les modes de traitement vont s’installer de manière durable.
- En ce qui concerne le graphique, on constate que tout le monde en grandissant tend à être plus IC. En moyenne, les filles sont moins IC que les garçons (mais différences non significatives).

Explication : malgré la diminution du temps de réponse, la position des individus n’est pas modifiée car tous les temps de tous les individus baissent. Donc, chaque individu garde se place par rapport aux autres.
Exercice d’horizontalité :

1ère partie : tâche de production.
2ème partie : tâche de reconnaissance (VD : nombre de réponses correctes).
La première partie correspond vaguement à une tâche de RFT, en effet, la VD est le degré d’erreur. Plus le degré est proche de l’horizontale, plus la réponse est correcte.

Les bonnes réponses dans la seconde partie sont celles où la ligne du liquide est parallèle à la ligne horizontale.

Plus la mesure est fine, plus la variabilité interindividuelle sera grande. Quand la mesure est fine on peut utiliser les corrélations.

Incidence du choix des variables selon l’âge : pour de jeunes enfants, la deuxième épreuve est mieux adaptée ( pour première épreuve il y a un risque d’effet seuil : trop dur, personne n’y arrive).
 

Exercice 2 : Horizontalité et verticalité des liquides.

Niveaux :

Niveau IIA : moins avancé.
Niveau IIB : meilleur niveau car dissociation par rapport au fond du flacon.
Niveau III : meilleures performances au RFT et au CEFT.

On ne constate pas vraiment de corrélation entre le développement et les résultats au RFT. Les des différences entre les filles et les garçons seraient dues au référent utilisé.
 
 
VH  RFT  EFT
Garçons.  Informations perceptives vision/posture   +    +    +
Filles Informations cognitives analytique/globale/
opératoire *
  +   -  +

   *:opératoire = on connaît la loi.

Les garçons utilisent ainsi des processus essentiellement perceptifs et les filles des processus essentiellement cognitifs.

Les deux sexes arrivent par des processus différents aux même performances, au même stade.

Les épreuves de verticalité/horizontalité (VH) peuvent être résolues sur la base d’informations perceptives mais aussi cognitifs.


(TD2)
Exercice 1. DIC * K.ABC

Recherche menée par des psychologues scolaires.
Question : Pourquoi certains enfants réussissent moins bien ?

2 explications possibles :
- facteurs motivationnels,
- facteurs cognitifs.

K.ABC : épreuve destinée à évaluer l’intelligence d’enfants entre 2ans et demi et 12 ans et demi. Les sous-tests de cette épreuve sont regroupés en 3 épreuves.

- Processus séquentiels (informations traitées de manière successive).
- Processus simultanés (informations différentes devant être intégrées par le sujet).
- Connaissances : évaluation du vocabulaire, de personnages ou de lieux.

Echelle standard : la moyenne est de 10 et l’écart type de 3.
 

Résultats obtenus :

Les IC sont au dessus de la moyenne et les DC au dessous (différences significatives).

Ainsi, l’indépendance à l’égard du champ facilite la réussite à cette épreuve.

Pour effectuer les 3 groupes étudiés, normalement on divise l’effectif en 3 sous-groupes (ce qui n’est pas le cas ici car les sujets se situant à la moyenne sont plus nombreux).
En obtenant ces groupes, on va pouvoir raisonner en terme de catégories.

On va analyser les corrélations entre les scores de tous les individus.

Les différences de performances pourraient être dues aux différents modes de traitement : analytique et global (les IC étant plus efficients) et/ou à l’efficience de l’utilisation d’une des stratégies.

Il pourrait exister 3 modes de traitement au lieu de 2 :
- Traitement global,
- Traitement analytique,
- Traitement synthétique : combinaison des deux stratégies précédentes.

Ici, les sujets synthétiques vont analyser cube après cube et décomposer la figure en différents ensembles ou sous motifs. L’avantage : moins grand nombre d’informations à traiter d’où un gain de temps.
Ainsi, les indépendants utiliseraient cette stratégie synthétique, les moyens la stratégie analytique et les dépendants la stratégie globale.
 

Exercice 2. DIC et pratiques éducatives.

3 notions clés chez Piaget :

* conception d’équilibration : quand on passe d’un stade à un autre, il faut faire des équilibres au début du stade et à la fin du stade (mécanisme d’autorégulation qui permet l’évolution régulière du développement cognitif dans une direction particulière). Le sujet rencontre des conflits et y répond par des compensations actives (il trouve le moyen de s’adapter).

* 2 processus :

- assimilation : intégration des structures du milieu à ses propres structures ( intégration d’un certain nombre d’invariants).
- accommodation : ajustement, modification des structures pour s’adapter aux modifications de l’environnement.

Ainsi, il faut, pour l’équilibration, un minimum de régularité mais aussi un minimum de conflits.
 

LAUTREY distingue 3 types de pratiques éducatives :
- rigide (pas conflit),
- aléatoire (pas de régularité),
- souple (situation idéale).

L’auteur a élaboré un questionnaire avec des items divisés en 3 catégories (rangement de l’espace, vie physique de l’enfant, vie sociale) et en 3 modalités de réponses : souplement structuré, rigidement structuré, aléatoirement structuré.

Résultats :

Les performances sont meilleures quand le milieu est souple (milieux rigides et aléatoires donnent des performances assez similaires). Ainsi, les enfants indépendants seraient issus de familles souples.

Interprétation en fonction de la théorie piagétienne :

Les enfants peuvent faire des liens entre différents éléments perçus et peuvent intégrer d’autres informations aux structures cognitives grâce aux perturbations : constructions d’invariants.

- Notion de différenciation.


REFLEXIVITE/ IMPULSIVITE et MATRICE DE RAVEN.
 

Exercice 1 : Similarité MFFT et matrice de RAVEN.

La matrice de RAVEN est un test d’intelligence mesurant le raisonnement inductif (du général au particulier). On mesure ainsi l’intelligence fluide (innée, non apprise vs intelligence cristallisée de Cattell).

Hypothèse : cette matrice permet de mesurer le raisonnement indépendamment des informations acquises en évitant les biais culturels.

Ce type de test peut être avantageux pour savoir s’il y a un problème d’intelligence fluide ou cristallisée et pour mesurer l’intelligence chez des enfants ayant des troubles du langage.

Ce test n’a qu’une seule modalité : la modalité visuelle (avantage mais aussi inconvénient car aucune diversité, mesure uniquement le facteur g).

Ressemblances et différences entre MMFT et matrice de RAVEN.

Ressemblances. Différences.

- Choix multiples.
- Approche analytique.
- Capacités attentionnelles.
- Attitude visuo-spatiale.
- Possibilités d’améliorer les performances à ce type d’épreuves (modes d’intervention pouvant améliorer les performances).
- Ceux qui réussissent moins bien sont ceux qui ont une approche globale et de faibles capacités attentionnelles.
- Matrice : raisonnement inductif (facteur g).
 

- MMFT : R/Impulsivité (épreuve d’exploration perceptive consistant en l’appariement de différentes figures perceptives.
 

Exercice 2. Influence de l’impulsivité et effets de l’apprentissage de stratégies (CARLSON et WIELD, 1992).

a) Commentaires des graphiques :

1. Les impulsifs se focalisent moins sur la tâche d’où des performances moins élevées à la tâche de la matrice de RAVEN on constate une augmentation des performances dans d’autres types de tâches mais elles sont toujours plus faibles ou égales à celles des réflexifs : condition verbalisation).

2. Les résultats vont dans le même sens. Les réflexifs se concentrent plus sur les distracteurs (propositions) et sont supérieurs dans la tâche de verbalisation.

3. Les résultats vont dans le même sens mais on constate que les performances au feed-back et à la verbalisation sont similaires dans les deux groupes.

4. On constate une baisse des omissions selon les conditions (les réflexifs font moins d’omissions que les impulsifs).

Si on fait en sorte que les sujets réfléchissent au moyen de traiter les informations, on constate une baisse de l’écart entre les réflexifs et les impulsifs. On peut améliorer a priori les performances des impulsifs lorsqu’on les fait travailler sur les aspects métacognitifs. Le niveau de réflexivité augmente mais il n’y a pas de transfert sur le travail scolaire.

b) On ne peut pas parler de style car on a mélangé les sujets rapides/efficaces et les lents/inefficients aux impulsifs et aux réflexifs. Ce n’est tout de même pas grave car il ne sont pas très nombreux (environ 20%).
 

Exercice 3. Utilisation d’un score continu de R/I.

On remarque une corrélation entre la matrice de RAVEN et le score d’impulsivité (figure 2).


FLEXIBILITE ET VICARIANCE.
 

- FLEXIBILITE :

Qu’est-ce que mesure ce test ?

- capacité verbale (fluidité),
- imagination,
- créativité,
- originalité,
- complexités des réponses,
- flexibilité (capacité à changer son mode de réponse). Elle regroupe la spontanéité (mode de catégorisation) et l’adaptation.

La créativité correspond à tout cela :
- originalité,
- flexibilité,
- fluidité.

Epreuves  mesurant la flexibilité (spontanée et adaptative) : épreuve 2 mesurant la capacité à changer de type de mots ; épreuve 4 : on est obligé de changer de mode de réponse entre les figures.

On constate une relation non linéaire entre la flexibilité créativité et l’intelligence. En effet, en dessous d’un certain seuil, plus on est intelligent et plus on est flexible, mais pas au delà (120 de QI).
 

Quels sont les autres facteurs pouvant rendre compte de la flexibilité ?

- motivation intrinsèque,
- caractéristiques personnelles,
- émotion : état émotionnel positif entraînant plus de flexibilité.
 

- VICARIANCE :

- Chaque individu dispose de plusieurs processus vicariants pour s’adapter à une situation donnée.
- Certains processus sont plus évocables que d’autres c’est la hiérarchie d’évocabilité.
- Les variables sont interdépendantes dans cette hiérarchie, chacune a une utilisation différente.
- Tous les processus n’ont pas la même efficacité. Certains sont mieux adaptés que d’autres selon les situations.

Mais, n’y a-t-il pas une contradiction entre la flexibilité et la vicariance ?

En effet, une hiérarchie n’est pas synonyme de flexibilité… Si la hiérarchie est moins marquée, alors il y a plus de flexibilité (écart entre les processus plus faible).
La flexibilité cognitive impose un contrôle de la tâche.

L’automatisation entraîne la hiérarchie. Plus elle est grande, plus grande est la difficulté pour contrôler la tâche et moins grande est la flexibilité.
La flexibilité des sujets sera d’autant moins importante que la hiérarchie des processus évocable sera grande. Plus l’écart entre les processus est faible dans cette hiérarchie et plus les individus ont automatisé plusieurs modes de traitement.
 

CONCLUSION :

1) nature des processus égale,
2) maîtrise de ces différents processus,
3) capacité plus ou moins grande à inhiber des réponses spontanées,
4) capacité à modifier les réponses.


LA MESURE DE LA LATERALITE MANUELLE.
 

Questionnaire d’ANNETT : forte corrélation entre 1,2,3,4,10 et 11.

On se dit droitier lorsqu’on écrit de la main droite car il y a une pression sociale plus grande sur l’écriture.

L’auto-évaluation est une évaluation globale restrictive.
 
 
 Droitiers.  Ambidextres.  Gauchers.
Ecrire.  92,2%  1,3%  6,5%
Dessiner.  90,1% 2,5%  7,4%
Lancer.  83,8%  6%  10,2%

Il existe 3 types d’évaluations :
- auto-évaluation,
- questionnaires (mode plus précis),
- performances aux tâches de précision.

Pour le questionnaire d’EDIMBURG, on a affaire à une échelle continue (plus précis dans la direction de la latéralité et dans la force).

En ce qui concerne les enfants, il faut regarder mais contrôler certains facteurs comme la présentation des objets (risque d’influence).
 

C. Mesure de la performance manuelle.

Passation de l’épreuve de pointillage de TAPLEY et BRYDEN, 1985.

Scores personnels :
 
 
 Main droite.  Main gauche.
Premier essai.  50  26
Deuxième essai.  61 34
Total.  111 60

On remarque qu’il y a correspondance entre la performance manuelle et la main d’écriture.
 

D. Relation entre préférence et performance.

Objectif de la recherche :

On va tenter de valider l’épreuve du ramassage de cartes de BISHOP afin de la rendre possible en France.
Afin de prouver que cette épreuve mesure bien la latéralité, on prend comme critère extérieur le questionnaire d’ANNETT. Ce type de validité est une validité externe ou de critère.

Tableau 1.

On constate que la classification de BISHOP se base sur le nombre d’items choisis tandis que celle d’ANNETT se base sur la nature des items (classification plus précise).
 
 
Classification de BISHOP.  Répartition de la population.
Droitiers exclusifs (DD).  39,6%
Droitiers prédominants (DG).  36%
Gauchers prédominants (GD).  16,8%
Gauchers exclusifs (GG).  11,6%

Tableau 2.

VI : classification de BISHOP de GG à DD.

On s’attend à ce que les GG soient meilleurs avec leur main gauche que tous les autres groupes et de même pour les DD avec leur main droite.

Pour le ramassage de cartes, les résultats vont dans le sens attendu, de même pour les autres tests.
 
 
 BISHOP.  PEGMOVING.  PURDURE  -  PEGBOARD.
VD.  Nombre de prise sur 42 cartes.  Temps en secondes.  Nombre de tiges placées.
Indice.  MD - 0.5  MG - MD  MD - MG

Conclusion : la classification de BISHOP mesure bien la latéralité mais ne permet pas de différencier significativement les GG des GD. L’hypothèse de départ est donc vérifiée mais partiellement.
 

Tableau 3 :
Indice absolu de latéralité est l’indice de latéralité calculé sans tenir compte du signe.
Toutes les corrélations sont positives en moyenne. En ce qui concerne l’indice de latéralité, elles sont toutes significatives, de même pour presque toutes les corrélations de l’indice absolu, mais ces dernières sont moins élevées. Pour l’indice de latéralité, la part de variance est plus grande (de ?1 à 1). L’indice de latéralité indique la direction de la latéralité expliquant la plus grande variance commune aux différentes épreuves que ne le fait la force.

Les différentes épreuves mesurent bien la latéralité mais on constate moins de différence commune pour l’indice absolu.

Conclusion :
Quelle épreuve doit-on choisir ?
En s’appuyant sur un critère pragmatique tel que le besoin d’un grand nombre de sujets, on choisira plutôt le questionnaire. Mais, ces épreuves étant modérément corrélées (on ne mesure donc pas vraiment la même chose), le mieux serait de les combiner afin de mesurer l’indice de latéralité.


Gaucherie et espérance de vie.
 

Première partie : analyse des textes.

Constat de départ :
Il y a une diminution des gauchers avec l’âge.

Hypothèses du texte de MYERS :
- Les gauchers deviendraient droitiers à cause de la contrainte exercée par la société (or, la proportion de gauchers a peu augmenté au cours des siècles).
- Pour s’adapter au monde, les gauchers changeraient de main (mais les changements se font généralement avant l’adolescence et seulement pour certaines actions comme écrire ou manger).
- Les gauchers mourraient plus jeunes à cause d’une prédisposition aux accidents.
- La gaucherie serait due à une pathologie d’où présence de pathologies chez les gauchers plus que chez les droitiers.

(Mêmes hypothèses pour le texte de SPRINGER et DEUTSCH)
 

Il y a à la fois validation de l’hypothèse par COREN et non validation par d’autres expériences… Mais, ces expériences ont fait preuves de trop nombreux biais méthodologiques d’où la continuation des débats à ce jour.
 

Deuxième partie : analyse des données d’étude.

Question 1 : avantages et inconvénients des études rétrospectives et prospectives.

Inconvénients :
- Etude rétrospectives : les sujets sont déjà décédés d’où un manque d’information ou bien une déformation par la reconstruction du souvenir.
- Etudes prospectives : perte des sujets en cours d’expérience, demande beaucoup de temps (des années) d’où expériences très coûteuses.

Avantages :
Les études prospectives sont plus fiables.

Question 2 : Mesure de la latéralité.

Cette étude n’était pas une étude portant sur la latéralité à la base d’où l’emploi peu coûteux du questionnaire d’EDIMBURG.

Problème à propos du terme ambidextre : certaines personnes peuvent se considérer comme ambidextres alors qu’elles ne le sont pas tout simplement car elles n’entendent pas ce terme comme les chercheurs.

Il y a en effet trois manières de concevoir ce terme :
- Une latéralité peu systématique mais plutôt mixte,
- De temps en temps, utilisation de la main non dominante pour réaliser une action,
- Etre aussi habile avec la mais gauche qu’avec la main droite pour un grand nombre d’actions (sens où l’entendent les chercheurs).

On classe généralement les ambidextres dans le groupe des non droitiers car parmi les ambidextres, on a beaucoup de vrais gauchers (différence entre auto-évaluation et performance).

Question 3 : Analyse des tableaux.

Ces tableaux indiquent la distribution des D et des G (en plus des ambidextres) avec l’âge.
On constate une diminution des G d’où une augmentation des D avec l’âge (D : 94 à 96,7 ; G : 3,2 à 2,1), mais pas de différence significative entre les D et les G pour les décès (si on considère l’ambidextrie comme de la gaucherie, alors le nombre de décès équivaut à celui des D).

Tableau 2 : on ne constate pas de différence entre G, D et ambidextres.
En ce qui concerne la colonne des individus manquants, on s’aperçoit qu’ils sont au nombre de 1,8%. Il s’agit d’une information peu importante car il n’y a pas de grandes différences entre les D, G et ambidextres d’où pas de biais possible.

Tableau 3 : on ne constate pas une grande différence entre G et D pour les décès, mais les ambidextres meurent plus jeunes (83,5 ans). Mais, on constate aussi que les sujets ambidextres sont plus jeunes dès le départ.

Question 4 :

- Biais méthodologique.

Ce biais a été contrôlé plus tard, mais on constate tout de même ces différences entre D et ambidextres et G et ambidextres.

Autre problème : il faudrait faire une étude plus longue.

Conclusion : on ne peut pas vraiment conclure car l’hypothèse de départ n’est pas validée, sans compter les biais méthodologiques. Il faudrait réaliser une expérience plus rigoureuse pour être sûr que l’hypothèse peut ou non être validée.
 

Question 5 :

Discussion :
Pas vraiment de différence entre les G et les D en ce qui concerne l’espérance de vie.

Résumé des faiblesses de l’étude :
- problème de mesure de la latéralité : auto-évaluation,
- il faudrait s’intéresser aux causes de la mortalité,
- on ne sait pas s’il y a de la pression sociale (personnes âgées d’où possibilité que parmi les D il y ait des G qui ne se souviendraient pas d’avoir été contrariés) : biais dû à la reconstruction du souvenir (mais on ne peut savoir si cela renverserait les résultats).

Il faudrait faire une étude sur une étude sur toute une vie (de la naissance à la mort) pour avoir des données fiables, ou bien faire une méta-analyse, i.e. recueillir l’ensemble des données brutes sur ce thème et en faire une analyse (mais s’il y a déjà eu des biais méthodologiques dans les expériences alors il y aura un biais dans cette méta-analyse).

La conclusion reste donc en suspend.
 

La mesure de la latéralité chez les enfants.
 

A. Un exemple d’épreuve de latéralité.

Les items :

* Items bimanuels : main dominante plus active pendant que l’autre maintient (allumettes, découpage, bobine, cartes, gommer).

* Items différenciateurs : unimanuels, l’autre main peut intervenir après que l’action est commencée ( se brosser, boire, cuillère, enfiler, dévisser, taping i.e. faire des trous avec aiguille sur un cercle dessiné).

* Items mixtes : la main non dominante peut intervenir pour faciliter le geste mais elle n’est pas nécessaire (transvaser, épingle-bouchon, fermeture à glissière, compte-gouttes).
 

Calcul du quotient de latéralité :

(Nombre d’items MD ? nombre d’items MG)/ totalité des items X 100/

Les items sont variés et ce sont des actions faites par les enfants tous les jours ou presque (sauf allumettes).

Tableau 4 : la majeure partie des items sont supérieurs ou égaux à 90%  chez les D sauf bobiner, les cartes et dévisser. Pour les G, 10/20 sont supérieurs ou égaux à 90% d’où les G sont moins latéralisés.

On constate que les items les plus différenciateurs sont les 10 premiers (jusqu’à transvaser) pour les gauchers.

L’auteur calcule un quotient de latéralité : variable continue (avantage : on peut comparer les sujets entre eux plus facilement, calculer la force de latéralité).

Pour pouvoir obtenir des scores, il a fallu s’assurer que les items mesuraient bien la même chose mais on constate que ce n’est pas le cas. Il aurait fallu faire des catégories différentes.
Par contre, on sait que si quelqu’un effectue un item différenciateur avec une main, cette main est la main dominante.

* Fidélité d’un test : mesure des réponses à 2 temps donnés avec un même test.

Un test est considéré comme fidèle si les résultats au deux temps sont fortement corrélés.

Tableau 4 : Evolution des réponses avec l’âge.
On constate très peu de variation entre les 5 et les 11 ans (forte stabilité de la latéralité) en ce qui concerne les actions faciles (fortement ancrées dès l’âge de 5 ans) Cela est moins évident pour les autres actions et surtout pour les gauchers (ex. : boire passe de 52% à 69%).

Plus les sujets vieillissent et plus ils ont tendance à utiliser leur main dominante (certaines actions pouvant demander une motricité plus fine, plus d’organisation).

Tableau 6 : On mesure ici la fidélité en terme de % de désaccord test- retest.

On constate que la fidélité est plus importante chez les D que chez les G que chez les ambidextres (la fidélité augmente avec l’âge).

Remarque : il y a 83% des enfants qui ont un quotient de latéralité de G et qui sont des gauchers graphiques et 91% au quotient de D étant des D graphiques d’où une assez bonne concordance entre le quotient de latéralité et la main d’écriture.
 

B. Deux cas cliniques choisis dans l’ouvrage d’Auzias.
 

Le cas de Carole :

Indices :
- pas d’antécédents familiaux de gaucherie,
- elle utilise ses deux mains alternativement pour écrire (vraie ambidextre),
- quotient de latéralité négatif (plutôt G),
- mais, sur 3/6 items différenciateurs utilise MD,
- pour épreuves motrices D=G,
- épreuves graphiques : meilleure MD,
- pas de problème de personnalité,
- plutôt D au niveau tonique.

Autant la faire écrire de la MD.