Étymologie : - « Psycho » du grec « psukhê » , l'âme, « para » (à côté) et « noecin » (penser, raisonner).
Définition :
C’est une maladie de l’adulte quadragénaire ou quinquagénaire,
caractérisée par l’apparition de délires de revendications
ou délires passionnels. Ces délires présentent la
particularité de donner l’apparence d’une construction logique.
Symptômes :
· Certains traits de caractères préexistes avant
le délire : l’orgueil, la méfiance, l’agressivité,
la psychorigidité, la fausseté du jugement, le dogmatisme.
· Sentiment d’être persécuté par autrui
; le malade garde la certitude de son bon droit.
· Dangerosité possible du paranoïaque pouvant aller
jusqu’au meurtre.
· Apparition de différentes formes de délires
Les formes de délires :
· Délire de revendication : se développe chez
des sujets méfiants, rancuniers, rigides, fanatiques. Sujet quérulent
procédurier, passant son temps à déjouer les complots
organisés contre lui et ses découvertes.
· Délire passionnel : délire de jalousie, érotomaniaque
(le sujet a l’illusion d’être aimé).
· Délire d’interprétation : le sujet tente de
tout expliquer, de tout interpréter.
· Délire sensitif de relation : se développe chez
des sujets moins agressifs, moins rigides, plutôt timide, anxieux
et sensible. Le délire éclate après une relation dans
laquelle le sujet se croit être le centre d’une malveillance générale.
Traitement :
Hospitalisation psychiatrique et médicamenteuse (neuroleptique)
d’urgence. Une relation psychothérapique est recommandée
pour permettre au patient d’exprimer ses conflits affectifs. Le thérapeute
doit moduler la distance avec le paranoïaque pour éviter un
sentiment de menace de réalisation homosexuelle, de menace de destruction,
ou encore éviter comme un rejet lors d’un éloignement
trop important d’avec le malade.
Évolution :
La période d’invasion peut être brutale, progressive (de
plusieurs mois à plusieurs années). La privation des symptômes
grâce à un traitement peut entraîner des épisodes
dépressifs, des raptus suicidaires. Des rebonds et résurgences
des manifestations interprétatives ou hallucinatoire sont encore
possible.
LA PSYCHOSE HALLUCINATOIRE CHRONIQUE (PHC)
Étymologie : -« Hallucination » du latin « halucinatio » qui désigne la méprise.
Définition :
Pathologie caractérisée par un délire chronique
où domine les hallucinations. Cette psychose s’étale dans
le temps et se rencontre essentiellement chez les hommes à partir
de 40 ans. L’hallucination est une perception sans objet.
Symptômes :
Le syndrome hallucinatoire :
- hallucinations psychosensorielles (visuelles, auditives, olfactives,
gustatives, tactiles, cénesthésiques et du schéma
corporel)
- hallucinations génitales qui s’exprimes par la sensation
d’orgasmes, d’attouchements, de viols directs ou
à distance.
- hallucinations psychomotrices
verbales.
· L’automatisme mentale : énonciation et commentaire des actes et de la pensée. Écho de la pensée et de la lecture, psittacisme (répétition mécanique de mots et de phrases. Le sujet a l’impression qu’on lui vole ou qu’on devine sa pensée. Sensation de mouvement imposé (automatisme psychomoteur).
Le délire : le délire de persécution est le plus fréquent. Il est organisé et vécu comme un roman, une fiction ou un complot.
Traitement :
Le plus souvent, on a recours à la chimiothérapie et
à la psychothérapie en parallèle.
Évolution :
Évolue avec une conservation de la lucidité, sans déficit
intellectuel et une ouverture sur le monde réel. L’évolution
est longue avec une alternance de phases aigus et de périodes de
rémissions. Elle peut évoluer vers une schizophrénie
paranoïde si aucun traitement n’est prescrit.
LA BOUFFÉE DÉLIRANTE
Étymologie : - « bouffée » du latin « buffare » (faire des grimaces, des farces) et« délirer » de « délirare » (d’écarter de la voie droite)
Définition :
Apparition soudaine d’un délire aigu, riche et polymorphe, dont
la résolution est plus ou moins rapide et totale. Elle peut faire
suite à un épisode traumatisant comme un deuil, un échec.
Symptômes :
L’apparition est brutale. Le sujet se présente comme à
la dérive, désintéressé de la réalité
présente.
· Les attitudes sont très variables : attitudes d’extase,
de fuite, d’agitation anxieuse, attitude euphorique.
· Le délire n’est pas organisé autour d’un thème
unique : thèmes de persécution, de possession, thèmes
mystiques, érotiques, d’influence.
· Hallucinations psychosensorielles et psychiques comme des
intuitions, des interprétations.
· L’humeur est variable, elle passe d’un état euphorique
à un état mélancolique.
· Dépersonnalisation s’exprimant par un sentiment de
dédoublement, de transformation affectant le corps ou l’esprit.
Risques physiques et biologiques : trouble du sommeil très fréquent ; anorexie, constipation, élévation thermique sont parfois présents.
Traitement :
Hospitalisation d’urgence. Thérapeutique à base de neuroleptiques.
Un traitement de fond est proposé (psychothérapie), qui favorise
la prise de conscience et le verbalisation des conflits refoulés.
Évolution :
La guérison peut être brusque, plus souvent progressive
s’étalant de quelques jours à quelques semaines. Il y 1 chance
sur 2 que cela reste un accident unique dans la vie du sujet. Plusieurs
accès aigus peuvent inaugurer une évolution vers la schizophrénie.
LA PSYCHOSE MANIACO-DÉPRESSIVE (PMD)
Étymologie : « maniaque » du latin « mania » (manie, folie) et « dépression » de « deprimere » (déprimer)
Définition :
La PMD comporte des états dépressifs que l’on nomme états
mélancoliques, et des épisodes maniaques au sens d’excitation.
Maladie a forme bipolaire avec alternance de deux pôles, parfois
forme unipolaire si l’on a que l’un ou l’autre des accès.
Symptômes de l’état mélancolique :
· Humeur dépressive : visage hypotonique, les traits
sont crispés et expriment l’angoisse. Vécu pessimiste avec
des sentiments d’insatisfaction, d’auto dépréciation, de
culpabilité qui peut aller jusqu’à des manifestations délirantes.
Perte des intérêts, vision négative de lui-même,
du monde extérieur et du futur.
· L’inhibition : ralentissement moteur et psychique, asthénie
(fatigue importante), monoïdéisme (toujours la même idée),
voire anidéisme (incapacité à penser).
· Les idées délirantes : peuvent parfois s’accompagner
d’hallucinations. Thème de préjudice, de persécution,
de ruine, de culpabilité, d’hypocondrie.
· Des idées de mort : la mort est redoutée et
en même temps désirée. Tentative de suicide.
· Syndrome général : anxiété, troubles
du sommeil, troubles du caractère, troubles alimentaires, troubles
somatiques.
Symptômes de l’état maniaque :
· Excitation motrice qui va de l’instabilité jusqu’à
une grande agitation.
· Malade turbulent, dort peu, chante, semble infatigable, peut
commettre des délits divers.
· Euphorique, versatile.
· Logorrhée (parle beaucoup).
· Attitudes ludiques, joviales.
· Exaltation de la sexualité et de l’oralité.
· Délire intuitif, d’interprétation mégalomaniaque
Traitement :
L’hospitalisation est souvent nécessaire. Surveillance en raison
du risque de suicide. Electro-chocs, anti-dépresseurs. Prise en
charge psychothérapeutique.
Évolution :
Un premier accès maniaque ou mélancolique peut rester
unique. Dans la moitié des cas, le sujet ayant fait un accès
subit une rechute. Quand la maladie devient chronique, les accès
vont se reproduire soit sous une seule forme, soit en alternance des deux
formes. Avec l’âge, les accès tendent à devenir moins
fréquents et plus durables
LA SCHIZOPHRÉNIE
Étymologie :- « schizo » du grec « skhizein » (fractionnement, fissure, division). et « phrene » du grec « phrèn » désignant l’esprit, l’intelligence, la pensée.
Définition :
Maladie appartenant aux psychoses chroniques non systématisées,
caractérisée par la dissociation, la discordance, et un trouble
profond de la personnalité. Perte du sentiment de sa propre unité.
Symptômes :
· Versant négatif constitué par un retrait progressif
de la réalité.
· Versant positif : il s’agit d’un versant reconstructif comme
le délire paranoïde.
· Syndrome de dissociation : phénomène de détachement
ou encore de discordance caractérisée par l’ambivalence,
la bizarrerie, l’hermétisme, la perte du contact avec la réalité.
Troubles de la pensée et du langage (dans la coordination des idées,
dans le cours de la pensée). Troubles de l’affectivité avec
ambivalence des sentiments,
désir de fusion, désir de séparation. Troubles
psychomoteurs (maniérisme, répétition du même
mouvement, immobilité, persévération des attitudes).
· L’autisme : perte du contact vital avec la réalité,
repli sur soi, refuge dans un monde fermé, se crée un monde
propre, impénétrable et aliéné.
· Le délire : absence de systématisation, inorganisé,
flou, thème persécutif, mystique, érotomaniaque, de
filiation illustre.
· Dépersonnalisation : perte du sentiment d’unité.
Angoisse de néantisation, de morcellement du corps qui peut se traduire
par la contemplation prolongée des mains, du visage. Troubles de
la conduite : apragmatisme, désintérêt, inertie, passage
à l’acte, gestes suicidaires et automutilation.
Traitement :
Chimiothérapies associées aux techniques psychothérapiques
et sociothérapiques.
Évolution :
Baisse du rendement intellectuel avec modification du caractère,
renoncement à des loisirs. Possibilité d’évolution
vers certains troubles d’allure névrotique
Psychose
La différence entre psychose et névrose est sans doute la première approche indispensable pour percevoir avec clarté les maladies psychiatriques.
Le sujet atteint de psychose n’est pas conscient du désordre de sa personnalité, alors que celui qui souffre de névrose perçoit le caractère maladif de ses troubles.
La personnalité est ce qui caractérise une personne, et les troubles de la personnalité chez les psychotiques s’accompagnent de troubles du comportement associés à une perte intermittente du contact avec la réalité.
Au cours du siècle dernier, le terme de psychose regroupait toutes les atteintes cérébrales comme, entre autres, les démences ou les intoxications à l’alcool, qui étaient particulièrement graves (on se souvient des empoisonnements par l’absinthe).
Peu à peu, le terme de psychose a été écarté
de ce fourre-tout de maladies mentales
regroupant les atteintes graves du psychisme.
Aujourd’hui, il correspond aux maladies mentales ne s’accompagnant pas
de lésions
cérébrales évidentes (c’est-à-dire d’un
fonctionnement défectueux du système nerveux), mais plutôt
d’une modification de la perception des faits quotidiens.
La notion psychiatrique de psychose n’a rien avoir le sens commun du
terme, qui
correspond en quelque sorte à la peur d’événements
(comme la psychose de la guerre).
La psychose dans son acception psychiatrique équivaut à la notion familière de folie.
La psychose, c’est aussi des symptômes psychologiques tels que
les bouffées délirantes
(accès de délires qui surviennent et disparaissent brusquement).
La paraphrénie, la schizophrénie (voir plus loin), exemple
de psychose qui apparaît le plus souvent sous forme de délires
chroniques paranoïdes (voir plus loin) et la psychose
maniacodépressive font partie de la famille des psychoses.
Paraphrénie
La paraphrénie est une psychose, c’est-à-dire une maladie mentale dont le malade n’est pas conscient (contrairement à la névrose) et caractérisée par la perte du contact avec la réalité et par des troubles plus ou moins graves de la personnalité.
Elle se caractérise par un délire imaginatif chronique ne s’accompagnant pas de trouble des fonctions mentales.
Le délire peut se définir comme le fait de capter les perceptions provenant de l’extérieur anormalement, en désordre, en percevant les choses telles qu’elles ne sont pas en réalité. On dit alors que les facultés intellectuelles de l’individu atteint sont caractérisées par une perception erronée de la réalité. D’autre part, ce délire s’organise toujours autour du même thème (de la grandeur, de la persécution, de la mélancolie, du mysticisme, etc.…)
Ce délire est qualifié d’imaginatif, c’est-à-dire créatif, non pas au sens constructif du terme mais plutôt malsain, voire nocif. L’imagination maladive du paraphrène est débordante et le plus souvent, il lui est impossible de différencier l'imaginaire du réel.
En résumé, un sujet qui souffre de paraphrénie semble vivre dans deux mondes différents. D’un côté, le monde tel que nous le connaissons et de l’autre, celui du délire dans lequel il se situe. D’autre part, il ne cesse d’enrichir ce délire grâce à son imagination.
On distingue 2 types de paraphrénies :
- la paraphrénie systématique où le malade se
voit au centre de son délire,
- et la paraphrénie fantasmatique et confabulante, dans laquelle
la réalité est vécue de façon purement imaginaire
(à la manière des enfants, chez qui elle est très
fréquente et normale). Cet égarement, mieux perçu
par l’entourage médical que par le milieu familial, donne l’impression
au malade paraphrène d’assister à un film ou de vivre dans
un conte merveilleux.
Cette maladie n’empêche pas d’avoir une vie normale et son traitement repose sur celui de ses accès délirants.
La schizophrénie
La schizophrénie est une psychose, c’est-à-dire une maladie mentale dont le malade n’est pas conscient (contrairement à la névrose) et caractérisée par la perte du contact avec la réalité et par des troubles plus ou moins graves de la personnalité.
Le terme proprement dit a été créé par Eugen Bleuler et a remplacé celui de démence précoce. Une des caractéristiques de la schizophrénie est qu’elle touche le plus souvent l’adolescent ou l’adulte avant l’âge de 40 ans environ.
Elle se caractérise par :
- des hallucinations (la personne a l’intime conviction que ce qu’elle
perçoit correspond à la réalité alors que rien
ne justifie sa sensation. L’hallucination peut être visuelle ou auditive).
- un délire (perception erronée de la réalité)
- une désorganisation de la pensée et du comportement.
- La catatonie, qui se caractérise par une inertie, s’accompagnant
d'une absence d'activité et de pensée.
Comme toutes les psychoses, la schizophrénie est un trouble mental caractérisé par une désorganisation de la personnalité.
Ce qui la caractérise, c’est la dissociation des fonctions psychiques
et mentales,
accompagnée d’une perte de contact avec la réalité
et d’un repli sur soi.
Il existe plusieurs sortes de schizophrénie :
- La schizophrénie simple associe une bizarrerie du comportement
avec une marginalité.
- La schizophrénie paranoïaque comporte des peurs insolites,
le malade revenant toujours sur les mêmes thèmes (peurs de
certains gestes, de certaines couleurs, voire de certains sons). D’autre
part, il ressent l’impression d’être une marionnette et de se faire
manipuler par l’extérieur, par une puissance surnaturelle contre
laquelle il ne peut lutter.
Les causes mêmes de la schizophrénie sont complexes et
controversées. Les chercheurs
avancent une perturbation de la relation entre la mère et l’enfant,
un blocage mental qui semble être la règle dans les familles
à schizophrènes, dans lesquelles la communication est particulièrement
perturbée, voire impossible.
Les études qui ont été faites chez les vrais jumeaux dans des familles d’adoption, montrent que la schizophrénie à une composante génétique importante. L’utilisation de produits hallucinogènes comme le LSD peut favoriser la survenue de troubles psychotiques.
Plus récemment a été avancée la théorie
des neurotransmetteurs et des neuropeptides
(molécules utilisées par le cerveau pour permettre le
passage de l’influx nerveux et donc l’activation de l’idéation,
qui est le processus de la formation des idées). Cette théorie
est basée sur l’efficacité de certains neuroleptiques dont
le mode d’action de consiste à bloquer la dopamine (qui est un neurotransmetteur
utilisé par le cerveau). On sait que la dopamine mésolimbique
(c’est-à-dire située dans une partie du cerveau dévolue
à l'affectivité) joue un rôle important dans les phénomènes
d’attention et de filtration des stimuli (éléments susceptibles
de provoquer une réaction).
Quand le système de filtration des stimuli extérieurs est défaillant, on observe une chute des capacités de traitement de l’information d’un individu. Les sujets sont noyés dans les informations qu’il captent, ce qui entraîne une fragmentation de leurs pensées et des troubles de celle-ci.
Tous les suivis thérapeutiques effectués jusqu’à présent montrent qu’environ 50 à 60 % des malades schizophrènes peuvent être intégrés socialement et que la moitié de ceux-ci sont insérés professionnellement. Environ 30 % des schizophrènes sont sérieusement et durablement handicapés et 10 % sont hospitalisés de façon chronique.
L’utilisation des neuroleptiques a complètement bouleversé
cette maladie.
Malheureusement ces médicaments présentent des effets
secondaires importants qui
nécessitent quelques précautions d’usage.
Mise à jour mai 2000
La schizophrénie est en grande partie héréditaire.
C’est ce que montrent les études portant sur 22 familles et sur
le rôle des antécédents familiaux (adoption gémellité),
qui ont montré :
- L’existence de plusieurs gènes (1q21-q22 sur le chromosome
1)
- L’espoir de parvenir maintenant au clonage du gène sous-jacent,
ce qui ne paraît pas
déraisonnable
- Que la thérapie génique de la schizophrénie
n’est pas encore au point…
Paranoïa
La paranoïa est une psychose, c’est-à-dire une maladie mentale
dont le malade n’est pas
conscient (contrairement à la névrose) et caractérisée
par la perte du contact avec la réalité et par des troubles
plus ou moins graves de la personnalité.
La paranoïa se caractérise par :
- la surestimation du Moi (orgueil et mégalomanie)
- des erreurs de jugement liées à un raisonnement logique
sur des bases fausses reposant sur des a-priori purement subjectifs
- une rigidité psychique
- une méfiance allant jusqu’au délire de persécution
(la mal vient toujours de l’Autre)
- le dogmatisme (attitude intellectuelle affirmant des idées
sans les discuter).
Le paranoïaque finit par s’enfermer dans un cercle vicieux persécuté-persécuteur. Son credo consiste à convertir les autres à ses propres idées.
Le traitement du paranoïaque nécessite généralement
l’hospitalisation, et parfois même
l’internement du malade. Les autorités médicales sont
souvent obligées d’intervenir avec résolution et de décider
un placement d’office.
Les médicaments employés sont les neuroleptiques et parfois
la psychothérapie à la
recherche de contenus émotionnels apparaissant à travers
le délire.
La psychose maniacodépressive
Elle porte également le nom de psychose circulaire ou psychose périodique.
Cette affection cyclique se caractérise par des accès d’excitation mentale (appelés manies) qui alternent avec des accès de dépression (appelés mélancolie).
Habituellement, le malade retrouve son état normal entre les accès.
On distingue :
- La psychose bipolaire constituée d’une alternance d’accès
maniaques et d’accès mélancoliques.
- La psychose unipolaire qui est une succession d’accès du même
type, habituellement dépressifs.
Il existe ici aussi une prédisposition génétique.
La crise de manie se traduit par une fuite des idées s’accompagnant d’une incohérence de celles-ci. Cette crise d’euphorie peut aboutir à l’extravagance la plus totale. Le patient se trouve en état d’excitation extrême pendant lequel il est très désinhibé : par exemple, il est capable de déchirer ses vêtements, de hurler, de faire des achats inutiles et extrêmement onéreux, etc.. Habituellement, ces crises s’accompagnent de ce que l’on appelle une logorrhée (le patient se met à parler de façon continue et intarissable). Le discours contient des jeux de mots et des obscénités. Généralement, le tout est accompagné d’insomnie.
La crise de mélancolie, quant à elle, correspond à
une dépression profonde qui se
caractérise par une tristesse permanente sans relation avec
les circonstances extérieures. Le malade ressent des sensations
internes de malaise et une angoisse assez intense. Il existe parfois un
délire s’accompagnant de culpabilité et d’un refus d’alimentation
assez fréquent. Le danger le plus grave de ces épisodes est
le suicide. Ceci nécessite une surveillance étroite et attentive.
La crise de mélancolie, d’autre part, s’accompagne de ce que l’on
appelle une inhibition intellectuelle avec manque de concentration et fabrication
d’idées lente. Les gestes sont ralentis, l’indécision est
habituelle avec un sentiment d’impuissance et une absence de volonté
(aboulie).
Le traitement, autant dans la crise de manie que dans la crise de mélancolie, nécessite une hospitalisation, surtout dans les formes graves (généralement contre l’avis du malade). L’utilisation de certains antidépresseurs de la famille de l’Amitriptyline ou Imipramine ainsi que de ses dérivés sont souvent efficaces. Les inhibiteurs de la monoamineoxydase (appelées IMAO) restent d’un maniement assez délicat. Certains ont proposé l’électrochoc (appelé également sismothérapie) sous anesthésie générale et avec prise de curare. Ces techniques sont réservées aux formes anxieuses ou délirantes avec risque de suicide, ou en cas d’échec des médicaments antidépresseurs.
Traitement
Les neuroleptiques sont des médicaments qui agissent sur le psychisme
et qui sont plus
particulièrement utilisés dans le traitement des psychoses.
Ils sont classés d’après leurs structures chimiques ainsi
que d’après le type d’effet psychique qui prédomine chez
eux. La classification chimique est particulièrement impénétrable,
nous parlerons donc de la classification fondée sur le type d’effet
psychique prédominant.
Les neuroleptiques sont classés en :
- Sédatifs : ils diminuent l’agitation et l’agressivité
du malade
- Anti-délirants : ils suppriment ou diminuent les idées
délirantes ainsi que les hallucinations
- Désinhibiteurs : ils combattent une certaine passivité
du malade.
Les neuroleptiques sont particulièrement indiqués en cas de psychoses schizophréniques mais également dans les psychoses maniaco-dépressives, surtout en cas de dépression accompagnée d’agitation et de confusion mentale, de délire et d’anxiété.
Les neuroleptiques sont également employés contre l’insomnie
rebelle, dans certaines
douleurs intenses, les vomissements et parfois la préparation
à l’anesthésie.