Site hosted by Angelfire.com: Build your free website today!
Psychologie Clinique
 

1 - Quelques définitions
 
2 - Deux aspects de la psychopathologie

3 - Un peu d’histoire

4 - 2 types de psychopathologie

5 - Description du trouble

6 - Étude de la personnalité pathologique

7 - Classification
 
 

1 - Quelques définitions

“La psychopathologie est à la psychiatrie ce que la physiologie est à la médecine”.
 

- Descriptif: nommer la maladie

- Analytique: explication psychanalytique spéculative

- Inférence: raisonnement hypothétique

- Psychopathologie: comprendre ce qui se passe dans la tête des gens.

- La psychologie est à l’origine la théorie psychologique des manifestations de souffrance quelles que soient leur(s) origine(s). (Psychologique ou somatique)
* Une maladie somatique peut causer des maladies, des souffrances psychologiques.
 

2 - Deux aspects de la psychopathologie

1) Discours théorique et spéculatif (sans obligation de preuve).

* Il existe plusieurs courants :
 - Lacan Tous deux s’opposent
 - Klein  sur la théorie des psychoses
 - ...

2) Une description, interprétation des mécanismes psychologiques d’une personne en     souffrance qui cherche à comprendre la personne et surtout à l’aider à se comprendre.

* Sert à se poser des questions sur la personne (sans se baser sur la théorie générale, pour bâtir et comprendre notre vision de la psychologie).

* Si on met une étiquette sur un patient, on l’aliène.
 

3- Un peu d’histoire

- La psychologie est née en marge de la psychiatrie au 19e siècle.
* la psychopathologie répond à la question de la compréhension des mécanismes qui produisent les symptômes ou bien à la description fine du vécu ou du ressenti du malade. ( car la physiologie ne répondait pas à cela).

- Psychiatrie:
* la maladie mentale a été décrite par Hippocrate
* Fin du Moyen-âge: 2 visions de la folie en même temps: fou = sage ou fou = bête noire

- En l’année 1656, le Roi Louis XIV crée les hôpitaux généraux qui petit à petit se sont transformés et est née la psychiatrie.

- Après 1838, une prise de conscience ambiguë :
On s’intéresse à la personne mais on l’isole. On pense que les malades mentaux doivent être traités à part:
* Un établissement par département
Cependant, le patient n’a aucun droit:
- Placement obligatoire par le préfet
- Placement par la famille

Pour l’individu, on peut estimer que la psychopathologie est un progrès par rapport à la psychiatrie

4- Deux types de psychopathologies

1) Comprendre comment l’individu a pu devenir malade
 * courant actif

2) On ne sait pas d’où vient la maladie mais la personne en est victime et il faut l’aider
 * courant réactif

5- La description des troubles

 * Les signes et la classification

- Le symptôme (côté du patient):
* ce qu’offre le sujet
 - plaintes, ce qu’il dit
 - ce qu’on observe chez lui

- Le signe (codage) : traduction en langage savant (donc transmissible) du symptôme.
Les signes sont en nombre fini, repérables de manière claire. Cette traduction équivaut à une sorte de codage. Le signe renvoie à la sémiologie (ensemble des signes) mais aussi à des tableaux cliniques (signes distinctifs d’une maladie).

ex: Patient: Je ne dors pas
      Psy: Souffre d’insomnie

- Syndrome: regroupement fréquent de signes qui peuvent appartenir à plusieurs maladies.

- Maladie : ens. de signes, distinct d’une autre maladie. (Maladie = entité = Trouble)

6 - Étude de la personnalité pathologique

- Personnalité pathologique: mode stable de comportement, c’est la communication et la résolution de problèmes qui amènent des difficultés de fonctionnement.

- Mécanismes de défense: procédés psychiques pour lutter contre l’angoisse. Ils sont efficaces mais réducteurs.

- Structure: ens. d’éléments finis dont la combinaison détermine la position consciente, les discours, les symptômes. Cette structure est inconsciente. (Lacan, Bergeret)
* Le Rorschak est très utile car c’est un test projectif.

7 - Classification

Manière dont sont définies les principales entités selon des principes qui peuvent être descriptifs ou théoriques

* selon 2 points de vue:

- Psychiatrique : Syndronomie et taxinomique;
 Dans la classification syndromique, les troubles sont classés en fonction de la liaison fréquente entre certains signes (CIM-10 : classification internationale des maladies ou ICD et DSM-IV).

Le DSM est multiaxial :
 1- Maladie
 2- Trouble de personnalité
 3- Maladie organique
 4- État de stress (avant la maladie)
 5- Évaluation globale du fonctionnement social- Psychopathologique: étio-   pathogénique et typologie

- La classification étio-pathologique a comme principe l’origine des mécanismes de maladies (causes psychologiques).


Psychoses et délires chroniques
 

Les psychoses

1. Symptomologie principale des psychoses

2. Les phénomènes d’altérations de la réalité

3. Les  critères psychopathologiques

Les délires chroniques
 

1. Description des délires chroniques

Autres

2. Psychose hallucinatoire chronique - PHC

3. Paraphrénie

 Critères distinctifs des psychoses

Psychose exclut névrose, état limite et perversion

Catégorie:
Psychose :  - Schizophrénies
  - Délires chroniques
  - Psychoses aiguës
  - Troubles psychotiques induit par des hallucinations, des substances ou      un problème médical
 

1. Symptomologie principale des psychoses : point de vue descriptif (non suffisant pour faire un diagnostique)

- Perte de contact avec la réalité (dépersonnalisation, perte de l’évidence naturelle, déréalisation).
- Perte de l’identité

N.B: Le sujet est sûr de ce qu’il dit : “ je suis le père de mes parents, j’en suis sûr et certain ! “

- La méconnaissance de l’état morbide (ne sont pas capable de reconnaître qu’ils sont malades)
- Troubles de rapports interpersonnels (gravité des troubles socio-secondaires)
- L’importance de l’angoisse (ça ne se voit pas, c’est un critère qui n’est pas évident à déceler, il faut inférer).
- La présence d’hallucination, de délire et passage à l’acte.

2. Les phénomènes d’altérations de la réalité

a) Les délires : Ensemble d’idées erronées qui sont en opposition avec la réalité auxquelles le sujet croit (en décalage avec sa culture à lui).

Critères clinique pour reconnaître un délire :

1° Les thèmes du délire (un ou plusieurs en même temps) :

Idées de :  - d’influence : idées, sensations imposées par l’extérieur, par la force      ( ses pensées ne sont pas les siennes )
 - persécution : les autres veulent me nuire, me faire mal (si le    persécuteur est identifié risque d’agression)
  - grandeur
  - somatique : transformations corporelles ( = hypocondriaque)
  - négation :  une partie du corps ou de la réalité à disparu ( nihiliste )
 - référence : tout le monde connaît le sujet, il est l’objet de l’intérêt des autres  ( se sent visé, pense que les autres parlent de lui avec des propos négatifs, péjoratifs)

2° Les mécanismes (embrayeurs du délire):
 - illusion : erreur sur la perception
 - intuition : idée délirante établie sans vérification; elle s’impose brutalement à la personne
 - interprétation : explication fausse d’un élément de la réalité avec un opérateur ( = c’est parce que, à cause de, ...)
 - imagination : le sujet construit et invente des réalités nouvelles
 - hallucination : perception sans objet à percevoir (qui entend des voix et guide ses actes).

3° structure :
 - systématisé Vs flou
 - systématisé Vs polymorphe (se présente sous des formes différentes)
 
4° L’humeur :
 - thèmes congruents ou non à l’humeur  (rire non approprié = non congruent)
 -> décalage entre émotions et idées.

5° forme:
 - Chronique (accompagne la vie) Vs aigu (transitoire)
 - Centrifuge (vers le centre, soi) Vs centripète (vers l’extérieur)

6° Organisation :
 - en secteur (seulement dans un domaine) Vs en réseau (chaîne)

b) Les hallucinations

* Deux types:

- Psychosensorielles: perçues  par les organes des sens et leur source est localisée dans l’espace à distance de la personne ( = à l’extérieur de la personne).
* auditives, visuelles, olfactives, gustatives, tactiles, cénesthésiques (sensibilité interne).

- Psychiques: localisées à l’intérieur du sujet (dans sa tête) comme des voix sans sensorialité, sans spatialité.
* souvent le sujet parle de télépathie.

* Automatisme mental: ensemble de pensées hallucinatoires qui se retrouvent souvent dans les psycho-schizophrénies.

3. Les  critères psychopathologiques

Psychose (Bergeret) :
- relation d’objet fusionnel insupportable (le sujet ne sait plus ce qui est lui ou  l’autre)
- angoisse de morcellement
- mise en place de mécanismes de défense altérant le rapport à la réalité (déni et clivage).

* ce schéma suppose donc une altération très précoce du moi (qui est, comme tel, très dure (voire impossible) à vérifier).

La plupart des théories psychopathologiques analytique postulent un premier temps pré-oedipien de troubles entraînant l’angoisse que le sujet va essayer de limiter par la mise en place de systèmes de défense. Ces systèmes efficaces le mettent en danger par rapport à la pulsion à l’objet, par rapport aux affects ce qui peut entraîner la rupture du système antérieur. Le sujet met alors en place d’autres mécanismes de défense, plus dangereux encore afin de protéger son équilibre.

ex: construction par projection et déni d’une nouvelle réalité qui lui permet de vivre mais l’entraîne dans une souffrance insupportable.
* La maladie ou le délire est une TENTATIVE de guérison.
 

Les délires chroniques

Délire chronique: ensemble de troubles caractérisés par un délire souvent systématisé (donc organisé) se développant avec le temps (chronique) et aussi parfois avec une personnalité spécifique (paranoïaque ou sensitive). Les délires chroniques se caractérisent par le clarté, l’ordre dans la pensée, le vouloir et l’action.

- Catégories des délires chroniques:

* en France:
 - Délire paranoïaque systématisé
 - Psychose hallucinatoire chronique ( PHC)
 - Paraphrénies

* DSM:
 - Troubles délirants de type:
  - Érotomaniaque
  - Mégalomaniaque
  - Persécution
  - jalousie
  - somatique
  - Folie à deux ( ex: père - fils quand un délire de l’un provoque un délire chez l’autre - on les sépare et ç a va mieux).

*** Sur le plan psychopathologique, les délires chroniques correspondent à la paranoïa.

1. Description des délires chroniques

1° Délire paranoïaque systématisé - DPS :
- délire passionnel - DP :
 - délire de jalousie (en fait désire tromper l’autre)
 - délire de revendication (faire des procès à tout le monde, désire agresser  l’autre)
 - érotomanie : illusion délirante d’être aimé ( je désire l’autre et je pense donc qu’il me désire) -> trois phases : espoir, répit et rancune.

- délire de relations des sensitifs (personnalité sensitive + délires) - DRS :
 - personnalité sensitive,
 - délire procédant par l’interprétation : référence, persécution,      érotomanie, hypocondrie
 - délire concentrique (s’étend doucement) qui fait suite é des événements    douloureusement vécu et s’accompagne de troubles thymiques.
- délire d’interprétation systématisé - DIS :
 - repose sur une succession de raisonnement faux ayant une basse réelle  produisant une suite d’explications qui sont en fait des associations.

2. Psychose hallucinatoire chronique - PHC

- Trouble apparaissant à la maturité (vers la trentaine) où les hallucinations et automatismes mentaux apparaissent d’abord; le délire étant temporellement secondaire. Elle se caractérise par un délire imaginatif avec une coexistence possible avec la réalité.
* une absence d’évolution déficitaire (il n’y a pas de problème neurologique)

3. Paraphrénie (très rare)

- délire imaginatif (donc très fantastique) avec une coexistence possible de la réalité, une absence d’évolution terminale (déficitaire) des fonctions supérieures.

- Se décomposent en fonction de ses thèmes en plusieurs groupes:
paraphrénie fantastique (relative adaptation à la réalité)
paraphrénie confabulante
paraphrénie systématique


Le cas du Président Schreber
 

1. Description du cas

2. Interprétation freudienne

3. Interprétation lacanienne
 

1. Description du cas

- Proportion non négligeable de malades mentaux dans sa famille
- Il n’arrive pas à avoir des enfants avec sa femme
- État dépressif majeur (hospitalisation avec le professeur F (Flechsig)
- Schreber croit que F l’a guéri = idéalisation et transfert
- Femme de Schreber garde reconnaissance éperdue à F
- Schreber est nommé président du tribunal
- Il se présente aux élections, pas élu, c’est dur!
- Un jour, il lui vient une idée: “il serait beau d’être une femme subissant l’accouplement”. *Il trouve ça ridicule

* Premier stade de la maladie (Freud attend)
* idée non habituelle qui, en plus, est non conforme au moi

- Quelques mois après: état d’abord dépressif
* réhospitalisé chez prof F où apparaît un vrai délire de persécution par F (personne aimé devient le persécuteur)
- Il a peur de devenir le femme de F et F ne veut pas le transformer (délire)
- Envisage un transfert dans un hôpital général (maladie de Cottard)
- Période de persécution : Je suis mort, le monde n’existe plus.
- Ensuite, Schreber commence a se reconstruire
- Reconstruction grandiose mégalomaniaque où il accepte d’être une femme, mais celle de Dieu.

 persécution * négation * mégalomanie

- Il demande d’être libéré
* plaide sa propre cause et gagne.
- Il publie son livre: Mémoires d’un névropathe
* Freud fait une étude de 100 p. à partir de ce livre et d’une expertise.

- il semblerait que Schreber soit mort de démence (dégénérescence)
* atteinte cérébrale organique
 

En 1907 - 1908 Freud va créer la théorie de la paranoïa et de la psychose à partir du cas Schreber (en 1911, la schizophrénie)

Bref, le cas Schreber, c’est le délire de quelqu’un qui veut être femme. Au début ça le dérange, ensuite il l’accepte -> le problème de Schreber, c’est de réussir à devenir une femme sans perdre son pénis !
 

2. Interprétation Freudienne

a) La maladie est un aménagement du désir inconscient insupportable pour le moi.
b) Le mécanisme central de la paranoïa est la projection (non spécifique car on le retrouve ailleurs).
c) La paranoïa a une origine infantile préœdipienne : première phase du stade anal.

* délire de Schreber est une tentative de guérison envers la pensée inacceptable qu’il a , mais cela ne suffit pas à contrer l’angoisse. (Le moi est en désaccord complet : homosexualité non acceptée).
 

* Idée fondamentale inconsciente qui produit le délire paranoïaque : “moi un homme, je l’aime, lui un homme”. Le système de défense, pour transformer cette phrase afin quelle soit acceptable, emploie les mécanismes suivants:

 “ je ne l’aime pas, je le hais” -> déni
 “ Il me hait” -> projection
 “Je ne l’aime pas, je le hais parce qu’il me persécute” -> délire de persécution

* Pour un paranoïaque, c’est horrible d’être soumis à quelqu’un ou à quelque chose. Aimer quelqu’un équivaut à un morcellement.
* Comme F l’a sauvé, il en dépend et il ne peut pas le supporter
* Aimer quelqu’un, c’est une destruction : amour -> haine -> l’autre me hait -> je le hais
* justifie l’agression

* délire érotomaniaque : quelqu’un qui ne peut pas supporter son amour
* Homme passe en femme
* ensuite, c’est pas moi qu’il aime, c’est elle.

* Jalousie paranoïaque:
 “ je l’aime, lui, un homme”
 “ Cet homme ne m’aime pas, il aime ma femme”
 “Il me trompe avec elle”
 “Elle me trompe”

* Délire mégalomaniaque :
 “Je n’aime personne, je n’aime que moi, je suis le meilleur”
* Mécanisme: déni - idéalisation (+ projection sur lui-même?)
 

* La projection (mécanisme principal de la paranoïa)

Deux conceptions:

- Expulser hors de soi et attribuer aux autres ce qui est insupportable pour le moi
* Dans la paranoïa, la projection porte sur des éléments qui sont essentiels à la constitution de l’identité ( ex: différenciation des sexes, le désir amoureux, etc)

- La projection concerne ce qui est détruit à l’intérieur (appelé forclusion chez Freud)

Note: La projection modifie la réalité et est donc extrêmement dangereuse ( car elle met en cause les autres: ils étouffent, ils emprisonnent, ...)

* Origine de la paranoïa

- Fixation à un moment du développement, celui  du  stade homosexuel (autoérotique = narcissique)
-> Développement sur le modèle de soi-même
=> si arrive avant le complexe d’oedipe, la personne ne fera pas la différenciation des sexes
=> c’est un problème de parler d’homosexualité
 

3. Interprétation lacanienne

- Le délire est un mode de relation au langage
* ce que dit l’inconscient à travers le délire

- Dans l’histoire de l’individu, il y a un moment où l’enfant à accès au symbolique. donc, le complexe d’Oedipe est structurant parce qu’il permet à l’enfant de se séparer du désir maternel et d’avoir accès à d’autres désirs.

1. L’enfant croit être tout pour sa mère
2. L’enfant s’aperçoit que sa mère à d’autres désirs
3. Il veut avoir ou être ce que désir sa mère

- Lacan donne un nom à l’oedipe
* il est le moment de l’accès à la métaphore “paternelle” et au signifiant du “Nom-du-Père”

- Entre l’enfant et sa mère, il y a une culture (la culture interdit l’inceste et pousse la mère et le fils à diminuer leur rapport pour évoluer)
* Pour qu’un enfant se développe, il doit renoncer à sa mère pour avoir accès à ses propres désirs.

- Chez le psychotique, la question se pose différemment, il est prisonnier d’une relation duelle et dans son univers, il ne réussit pas à passer du désir de la mère au symbole paternel. Le non accès à la métaphore paternelle entraîne une relation avec un Autre considéré comme n’étant soumis à rien et producteur de sa propre loi.

- Le grand Autre est différent de Autre

- Pour Schreber, son délire ne lui permet pas l’accès à une autre dimension

- L’effet de la métaphore paternelle, c’est l’accès à la castration:
* Pas de désire sans castration
* Pas d’amour sans castration
* Pas de relation sans castration
* Pas de ... sans castration

* refuse la castration pour avoir autre chose
* Chez les psychotiques, il y a forclusion du Nom-du-Père, cela signifie que quelque chose n’est pas advenu au bon moment
* confronté à des situations confrontant ce symbole, le sujet produit une théorie qui va permettre de répondre à la question laissée sans réponse par l’absence du signifiant. Cette réponse, c’est le délire.
- Dans Schreber, il y a plusieurs problèmes expliqués par Lacan:

* accès à la différenciation des sexes sont dépendant
* accès à la paternité    de l’accès au
* accès au désir       Nom-du-Père

- La forclusion chez Schreber implique qu’il ne puisse pas savoir ce qu’est une femme

- Le délire de Schreber est en grande partie une théorie pour répondre à la question: “qu’est-ce qu’une femme?”

- La forclusion du nom-du-Père implique la réapparition dans le réel de ce qui est forclos


La Schizophrénie
 

Introduction

I - Historique

II - Sémiologie

A) Dissociation
B) Le délire paranoide
C) L’autisme

III - Les formes cliniques

a) La forme paranoide
b) L’hébéphrénie
c) La forme catatonique
d) La forme dysthymique
e) Les autres formes

Introduction

- terme relativement jeune
- schizo = couper -> Dualité de la personnalité du schizophrène
- maladie mentale la plus grave

I - Historique

- apparition du concept en 1911
* Préludé par le regroupement de certaines notions comme
 - la démence précoce
 - le délire paranoide
 - les hébéphrénies (schizophrénie des gens jeunes)
 - la folie discordante

 -> ces différentes maladies seront regroupées par Bleuler sous le terme de    “SchizophrénieS” (Autisme vient aussi de Bleuler)

- Le coeur de la schizophrénie, c’est la discordance (en All= spaltung; en Fr= clivage; en ang= spliting)

- Après Bleuler, le concept de schizophrénie aura de grandes difficultés à entrer en France (raison nationale : c’est une théorie allemande). Il se développera en Angleterre.

- Chez Freud, le terme schizophrénie n’existe pas.

- La Schizophrénie a fait l’objet de fascination chez les surréalistes (Dali, etc)

- L’école systémique de Palo Alto a tenté de montrer que la schizophrénie pouvait avoir comme origine un trouble de la communication familiale.

- La psychanalyse a estimé que la schizophrénie correspond à des troubles précoces antérieur à ceux de la paranoïa (premiers mois de la vie)

- La psychiatrie biologique, après avoir mis en évidence le rôle de certains neuromédiateur (Dopamine) s’est intéressé à la génétique de la schizophrénie
-> biologie n’explique que la maladie, pas le patient.

- L’antipsychiatrie a fait du schizophrène, le modèle du poète, révolté, étranglé par la société.

- Le DSM (à partir du III) à réduit la portée de la schizophrénie.
 

II - Sémiologie

Trois groupes de signes (qui permettent de décrire la schizophrénie)
* ils ne sont pas obligatoires mais peuvent être additionnés

- En France:
 A) Discordance (dissociation)
     * pratiquement obligatoire pour être schizophrène
 B) Le délire paranoide * (Paranoïde est opposé à paranoïaque, il ne faut pas les       confondre).
     * ne se retrouve pas dans toutes les schizophrénies
 C) Autisme (=repli sur soi)
     * Presque toujours présent

- En Amérique:
* Désorganisation des comportements, des pensées et de la communication

A) Dissociation

elle désigne la perte de l’unité de la personne et se caractérise par quatre symptômes qui sont:
 
 1. la bizarrerie: illogisme, paradoxe, étrangeté (pourquoi riez-vous? Parce que je  suis triste! ) absence d’harmonie dans le corps (pas de grâce).
 2. l’hermétisme: ce qui est indéchiffrable
 3. l’ambivalence : Perte de sens, réaction de retrait, rétraction
 4. Détachement de la réalité : contradiction complète : affirmation de deux   choses contradictoires en même temps. (ex. rare: offrir un cercueil a Noël)

- La discordance se manifeste dans les sphères du langage, de la pensée, des émotions et du corps.

* Discordance de la sphère de la pensée:
 1. troubles du cours de la pensée
 2. Rupture
 3. Transformation du délire.

 * Trouble du langage :
 - langage incohérent avec trouble syntaxique et sémantique (voire création de   néologisme ou même d’un nouveau langage)
 - altération du langage :  tendance à l’abstraction voire incapacité à comprendre  les métaphores
 - altération de l’expression non verbale: réduire un individu à des symboles.
 - trouble du système logique : contradiction, paradoxe, ...
* Discordance affective:
C’est la non congruence entre les affects et les idées (= émotion et les pensées)
 - absence d’émotion  = froideur affective
 - émoussement affectif = diminution des affects
 - désintérêt
 - indifférence
 - négativisme : s’oppose à tous
 - contradiction entre les émotions est abolie.

* discordance de la sphère corporelle:
 - Manifestation énorme:
  - transformation de la mimique (expression faciale)
  * en décalage avec ce qu’il dit
  - Stéréotypie des gestes : gestes parasites répétés
  - écopraxie: fait la même chose que nous (imitation)
 - catatonie: immobilisation d’une partie ou de tout le corps
 - auto et hétéroagressif: meurtre immotivé

B) Le délire paranoide

- n’est pas présent chez tous les schizophrènes

- est enchevêtré, contradictoire, flou, donc non systématisé

- les mécanismes sont multiples mais l’intuition et l’hallucination dominent avec très fréquemment un automatisme mental.

- thèmes multiples: persécution et / ou influence, référence, négation et/ou mystique.

- Non congruence à l’humeur

( souvent les thématiques corporelles sont au premier plan)

C) L’autisme

- dans la pensée, dans l’action et l’affectivité, replis sur soi, coupure avec le monde extérieur et inefficience parce que l’activité est parasitée par des préoccupations strictement internes ( ex: rêverie incessante). confusion entre “penser et faire”

- multiples idées qui se contredisent et qui n’aboutissent à aucune direction.
 

III - Les formes cliniques

Il y a quelques formes de schizophrénies qui regroupent la plupart des maladies:
 a) Paranoïde
 b) Hébéphrénie
 c) Catatonie

Les formes spécifiques rares:
 - psychophrénie pseudo-névrotique
 - schizophrénie simple
 - Héboïdophrène (passage à l’acte)
 d) Dysthymique

a) La forme paranoide (discordance + délire)

- expérience délirante qui s’accompagne de discordance et de quelques particularités comme le signe du miroir (le sujet reste figé devant l’image qui lui reflète son miroir lorsqu’il se regarde)

- il n’y a pas vraiment de conviction délirante et l’expérience délirante est difficilement racontable pour un schizophrène.

- Le délire s’accompagne du trouble du cours de la pensée et du trouble du comportement:
 - négativisme (opposition)
 - maniérisme (capacité d’imiter de façon inappropriée (et pas très réussie)    certaines choses)

b) L’hébéphrénie ( = désorganisé)

- elle représente 1/5 des schizophrénie, c’est la forme actuelle de démence précoce.

- déficitaire : effondrement
* le début est progressif, insidieux avec fléchissement dans les activités scolaires
* puis apparaît les troubles de l’affectivité avec une indifférence, une perte d’intérêt, une aboulie (perte de volonté)

- Préoccupation brusque et bizarre pour des sujets ésotérique, abstrait, mystique

- Quelques idées délirantes peu exprimées.

- Évolution rapide (les premiers mois) se fait vers un replis sur soi, un désintérêt pour l’extérieur, un autisme pauvre (pas beaucoup d’idées), le désir n’est presque plus exprimé.

c) La forme catatonique

- Élément le plus visible concerne la psychomotricité ( donc discordance dans les gestes, les mouvements et du corps)
* immobilisme
* inertie
* stéréotypie
* immobilité complète appelée “stupeur catatonique” (rare)

d) La forme dysthymique (DSM IV: trouble schizo-affectif)

- pose un problème de classement et se caractérise par la survenue PÉRIODIQUE d’état dépressif ou maniaque avec un syndrome de discordance

- ces excès sont séparés par des intervalles libres avec retour à la normale.

e) Les autres formes

- formes atténués de la schizophrénie
* il existe des schizophrénies masquées par des symptômes appartenant à d’autres maladies: phobies, obsessions, ... qui coexistent avec un fonctionnement psychotique
* c’est l’expérience qui permet de poser un diagnostique de structure psychotique.


Modèles de la schizophrénie

Introduction

1. Psychologie cognitive

* Atteintes de l’activité cognitive du schizophrène
* Étapes des recherches
* Travaux en recherche cognitive sur le langage et la schizophrénie

2. Modèle psychanalytique

* Les schizotypes
* Description du schizotype
* Différence entre déprivation et privation

3. Modèle Kleinnien
 

Introduction

- La schizophrénie est un trouble qu’on ne guérit pas.

1. Psychologie cognitive

* deux types de recherche

- les troubles cognitifs du schizophrène sont traités à travers le concept de vulnérabilité ( le terrain de base où germe le trouble est miné, déficitaire).

- les vulnérabilités engagent les facteurs neurobiologiques

* deux types de performances

- recherche des relations entre les symptômes du schizophrène et ses performances cognitives.

* Résultats :
1 - la schizophrénie est un trouble localisé (pour les neuropsychologues - souvent anglophones)

2- La schizophrénie est un trouble qui atteint la quasi totalité des fonctions essentielles (majorité des psychologues cognitif français).
 

* Atteintes de l’activité cognitive du schizophrène

Note: la connaissance est fondée sur la perception

a) Le schizophrène est atteint dans les processus cognitifs de la perception et de l’attention.

- dans toutes les tâches de discrimination de l’information, le schizophrène produit des performances altérées.
- troubles de catégorisation
- trouble de l’attention sélective
- le schizophrène est quelqu’un d’actif et produit des gammes mentales
- la manière dont le schizophrène utilise le contexte peut nous informer sur son état
 

b) Ralentissement mental

- organisation mentale de l’action
* on ne passe pas de la mentalisation à l’action sans filtrer certaines information
* le schizophrène est déficitaire du filtrage des informations nécessaires à l’action.
- atteint dans ses capacités antérieures d’apprentissage.
- toute nouveauté l’angoisse
- non exploitation de la redondance (chaque situation est nouvelle)
* le schizophrène ne peut pas mettre en relation l’ici et le maintenant avec ses expériences passées.
- un des problèmes majeurs :  le schizophrène est très gravement perturbé au niveau du traitement du contexte

* Étapes des recherches

1° Le schizophrène est passif
2° Le schizophrène est actif
3° Le schizophrène interagit et communique

Un schizophrène est quelqu’un qui est déficitaire à trois niveaux:
- mécanismes de base du traitement de l’information
- contextualisation de l’information
- organisation générale des représentations mentales.

* Travaux en recherche cognitive sur le langage et la schizophrénie

- Langage : extériorisation des processus mentaux
* le langage particulier du schizophrène: à chaque maladie correspond un prototype langagier.

- la structure du langage n’est pas atteinte chez les schizophrènes.
- les schizophrènes présentent des troubles très particulier du champ énonciatif.
- le schizophrène déforme la syntaxe : néologisme, barbarisme; il fabrique des interlocuteurs imaginaires.
- la pragmatique du langage : déformation du connecteur = trouble de planification du discours.
 

2. Modèle psychanalytique

* Pour Freud:
- présence de désorganisation du tout : trouble de la personnalité
- impossibilité de verbaliser les émotions
- déficit des interactions précoces

* Travaux de Litz :
- influence des contacts sociaux (manque d’amour)

* Les schizotypes

- terrain sensible :  maladie préformée par un type génético-social

* Description du schizotype
- Individu qui s’investit dans le monde, dans des choses qui nous font ni chaud ni froid.
- mode de fonctionnement à l’autre qui est très dépendant et sécuritaire

(Radot)
- le schizophrène est quelqu’un qui tente une adaptation au monde par des processus qui tendent à minimiser ses affects et ses désirs.
- dégradation secondaire par rapport au noyau existant du schizophrène (?)
- trouble du proprioceptif (trouble de la perception du corps)

En termes freudiens:
- schizophrène est:
 - désorganisation fonctionnelle du système de plaisir.
 - moi très désorganisé -> adaptation nulle
 - imaginaire fantasmatique est régressif
 - sexualité déviante (??? pas sûr)
 - recherche de structuration et d'évitement de stress
 - alexithymie : impossibilité de verbaliser des émotions
   ( une émotion est d’abord reconnue par l’éprouve psychologique. Si décodage    difficile, il ne peut pas verbaliser quelque chose qu’il n’arrive pas à interpréter)
 - sujet soumis à un stress chronique (car une situation anodine pour nous est un   stress pour lui)
 
 

* Différence entre déprivation et privation

- Privation : n’a pas ce qui est nécessaire à son développement
- Déprivation : a tout ce qu’il faut pour son développement, mais l’enfant s’en détourne, n’en veut pas.

* résultats sont différents selon le cas:
 - quand déprivation, schizophrénie

Note: le schizophrène propose une conduite protestataire à travers sa maladie

3. Modèle Kleinnien

* Il faut que le moi et l’autre soi distinct afin de pouvoir faire un couple.

Bref, c’est un équipement théorique spéculatif qui permet d’avoir des entrées en contact avec un schizophrène qui ne veut et/ou ne peut pas entrer en communication.


Les bouffées délirantes aiguës
et
les psychoses de l’enfant
 

Les bouffées délirantes aiguës

Définition
Les caractéristique des BDA
Présentation clinique de la BDA
Évolution de l’explication des BDA
Sémiologie
Facteurs étiologiques

Les psychoses de l’enfant

La schizophrénie de l’enfant
Troubles de l’humeur chez l’enfant
Troubles schizotypiques et schizoïde
Psychose organique
 
 

Les bouffées délirantes aiguës

Définition

Bouffée délirante aiguë (BDA) : état pathologique caractérisé par une installation brutale. (s’appelle aussi “état délirant aigu” )

Note: aigu s’oppose à chronique

Les caractéristique des BDA

- délires riches (beaucoup de délires)
- délires polymorphes
- trouble de l’humeur (exacerbé, dépressif, ...)

* Ne dure que quelques semaines, généralement un ou deux mois, mais ne peut pas excéder 6 mois.

- Au bout de quelques semaines, on en sort “naturellement” ( = autorémission). Ce n’est pas le traitement qui guérit.

3 questions se posent:

- Que faire pour contenir les débordements de ces malades?
- Est-ce que ce sont des sortes “hypersoft” d’une maladie ou bien est-ce une sorte exacerbée du comportement normal?
 

Présentation clinique de la BDA

- Début brutal : 1-2 jours à une semaine.
* Ce signe n’est pas nécessaire ni suffisant au diagnostique de la maladie car il existe dans d’autres maladies.

Au début, le sujet est inquiet, se sent vaguement menacé ou euphorique et ensuite, rapidement, il arrive dans un état délirant extrême qui amène une rupture avec ce qu’il était avant; le sujet n’a plus les comportements qu’il avait habituellement. Bref, tout change tout d’un coup et pour l’entourage, c’est comme s’ils vivaient avec un inconnu.

- Beaucoup de délires
- Délires polymorphes ( les thèmes et mécanismes)
- Illusions perceptives
- Hallucination
- Dominance de l’automatisme mentale
- Adhésion du sujet à ses délires : il croit totalement ce qu’il raconte au moment même où il le dit.
- Les repères temporels et spatiaux ne sont pas atteints
- Il pense que son corps n’est pas le sien, qu’il est possédé : rapport insolite au corps (comme dans les psychoses)
- Le sujet est toujours en train de bouger (grande activité motrice) et parle beaucoup (activité verbale) = logorrhée intarissable qui est entrecoupée de mutisme total (qui peut durer de 1h à un jour).

Note : il existe une sorte de BDA associée à de la mélancolie (état dépressif).

Évolution de l’explication des BDA

1° idées d’êtres délirants
2° névrose hystérique de Freud
3° multifactoriel

Sémiologie

* Mêmes signes que les autres états délirants mais il faut déterminer si:
- durable alors c’est un état délirant autre ( exemple :  la schizophrénie)
- court alors BDA

* donc il n’y a pas vraiment de signes, il faut se fier à l’information que nous donne la famille. Cependant, ce ne sont pas des informations très fiable.
- Tout ce qu’on peut déterminer c’est si le trouble à une origine somatique ou psychologique.

Facteurs étiologiques

* Freud
- lorsqu’on a une BDA, on a une partie dégénérée en nous
* Le modèle de Freud ne convient pas à tous les patients, il faut connaître plusieurs paradigmes.

Note: - on ne sait pas comment éviter les rechutes
 - dans 25 à 40 % des cas, un sujet ayant une BDA ne rechute pas ( 1 cas sur 2)
 - Autres formes: Quelques épisodes de BDA dans la vie ( 1 cas sur 3 restera des  BDA et ne deviendra pas une schizophrénie, dans 20 % des cas, la BDA est une   entrée dans la schizophrénie).
 - Le médication est précieuse pour soutenir la BDA.
 

Les psychoses de l’enfant

- Les psychoses sont très très rares dans l’enfance et on peut intervenir de manière efficiente.

La schizophrénie de l’enfant

Avis opposés :
- continuum (évolution de l’enfant à l’adulte)
- schizophrénie enfant est complètement différentes de celle de l’adulte.
- Schizophrénie enfant : on pense que ce n’est pas la même chose que la schizophrénie adulte.

On ne sait pas trop distinguer les psychoses “vraies” des troubles envahissant du développement.

Kanner dit:
- que les schizophrénies rassemblent les psychoses de l’enfant et l’autisme (1940)
- 1970-1980, il fait la distinction entre autisme et schizophrénie sous la poussée des connaissances en psychologie cognitive.
- 1995 - 2000 : Carole Tardif
 

- Les questions du développement sont fondamentale dans l’expression de la maladie.
- Les enfants n’ont pas les attitudes cognitives des adultes : on ne peut pas vraiment fonder des vérifications en questionnant les enfants.

- Plus le sujet parle, plus on connaît une maladie, mais les psychotiques ne parlent pas très intelligiblement: donc, on n’est sait pas beaucoup sur les psychoses.

- 0,2% de la population infantile en est atteint (le taux est plus haut dans les pays industrialisé)
- 0,2 % jusqu’à 7 ans mais environs 17,6 % à l’adolescence.
- Plus de garçons que de filles sont atteints

Troubles de l’humeur chez l’enfant

Signes positifs: illusions, hallucination, trouble du corps et de la pensée.
Signe négatifs: anhédonie

* symptôme de passivité est rare chez l’enfant.

Note : existe-t-il quelque chose avant trois ans? avant le langage?
 

Les psychoses de l’enfant n’ont rien à voir avec l’autisme.
 

Troubles schizotypiques et schizoïde
- Qualitativement semblable : trouble de la personnalité

Psychose organique

Étiologie : détermination génétique


Théories neuro-cognitives des schizophrénies
 

Introduction

A - Continuité des niveaux d’observation
B - Problèmes posés par le diagnostic et la définition de “ la “ schizophrénie.
C - L’intérêt d’une approche centrée sur les symptômes plutôt que sur la schizophrénie

Approches neuropsychologiques des troubles schizophréniques

A - Approche neuropsychologique classique
B - L’approche neuropsychologique cognitive

Approches actuelles intégrées

A - Symptômes négatifs et troubles des actions spontanées auto-initiées
B - Symptômes positifs et troubles du self-monitoring et du monitoring des intentions d’autrui
C - Différence entre autisme et schizophrénie

Introduction

A - Continuité des niveaux d’observation

Maintenant, les individus sont abordés sur différents niveaux ( neurologique, physiologique, psychologique, social, etc.), ce qui n’était pas le cas précédemment.

B - Problèmes posés par le diagnostic et la définition de “ la “ schizophrénie.

- Problème causé par le diagnostic

* Problème de causalité : la cause des problèmes mentaux est encore très discutée car elle est multifactorielle : facteurs psychosociaux, viraux et environnementaux.

* Problème de la non-homogénéité de la schizophrénie : il existe beaucoup de schizophrénies et surtout de schizophrènes différents.

Note : le diagnostic avec une grille d’analyse, le DSM, ... permet de reproduire un diagnostic car tout le monde se base sur les mêmes critères.

- La définition de “ la “ schizophrénie

LA schizophrénie n’existe pas, on devrait dire LES schizophrénies car il existe beaucoup de variabilité et de développement (évolution) différentes.

C - L’intérêt d’une approche centrée sur les symptômes plutôt que sur la schizophrénie

Travailler sur les symptômes
* exemple de Eve Johnstone : travaux sur les neuroleptiques -> mécanismes communs quel que soit le type de schizophrénie.

- Quels sont les mécanismes neuro-cognitif à la base des symptômes de la schizophrénie?

Approches neuropsychologiques des troubles schizophréniques

A - Approche neuropsychologique classique

L’approche neuropsychologique classique à pour but de comprendre la relation entre comportements et lésions cérébrales. Appliqué à la schizophrénie cela signifie mettre en relation les données cliniques avec les atteintes cérébrales.

ex: lésion à l’hyppocampe = troubles de la mémoire à long terme
* Similitudes entre symptôme d’Alzheimer (symptôme frontal) et schizophrénie
- Persévérassions
- Stéréotypie
- Troubles attentionnels

* Similitudes entre Parkinson (troubles de la dopamine) et schizophrénie
- troubles moteurs

* Similitudes entre amnésie et schizophrénie
-Troubles de la mémoire

* Les tests neuropsychologiques classiques
* tests à valeur localisationniste.

- Wisconsin (papier-crayon) : évalue les fonctions du cortex pré-frontal
- épreuve de motricité: évalue les fonctions du ganglion de la base.
 

* Les études neuropsychologiques classiques ont montré que les fonctions sous-tendues par:
- le cortex pré-frontal
- le ganglion de la base     sont perturbés chez les schizophrènes
- le système scepto-hyppocampique
 

* La neuro-imagerie : IRM, PET scan rendent compte d’anomalies dans ces 3 mêmes structures MAIS, ce ne sont pas des lésions, le problème est fonctionnel (c’est le fonctionnement des structures qui est altéré).
* Hypo-activité frontale ou hyper-activité meso-lymbique (??)

Note : avec l’aide de la pharmacologie, on peut donner des neuroleptiques (augmentent la dopamine) aux schizophrènes ce qui améliore le fonctionnement des structures dopaminergiques.

* Limites de l’approche neuropsychologique classique

- Problème du multifactoriel (plusieurs fonctions sont altérées): on n’a pas trouvé une seule perturbation, mais plusieurs. Alors, il faudrait étudier à un niveau supérieur et étudier l’instance qui gère ces fonctions déficientes et non étudier les troubles directement.
 

B - L’approche neuropsychologique cognitive

Cette approche étudie la schizophrénie au niveau des fonctions cognitives: essaye de comprendre comment se fait le traitement de l’information entre les lésions et les troubles

* Bref, les fonctions cognitives (traitement) ne seraient pas atteintes, ce serait plutôt ce qui les coordonne ou les contrôle (fonctions supérieures) qui causerait problème.

Approches actuelles intégrées

- Symptômes positifs : manifestations anormales par leurs présences.
ex: hallucination, idées délirantes, incohérence du discours, automatisme mental, ...

- Symptômes négatifs : absence anormale de manifestations.
ex: apragmatisme, pauvreté du discours, etc.

* Qu’est-ce qui sous-tend les symptômes positifs et négatifs?

Toutes les manifestations de la schizophrénie pourraient être expliquées par 3 anomalies principales

a) Symptômes négatifs et troubles des actions spontanées auto-initiées
b) Symptômes positifs et troubles du self-monitoring et du monitoring des intentions d’autrui
c) Troubles généraux de la métareprésentation

Ces 3 anomalies sont des cas particuliers d’un mécanisme plus général: la métareprésentation.

- La métareprésentation : est à la base de la prise de conscience de soi (de nos états mentaux et de ceux des autres).
* Theory of mind : étudie la capacité à se représenter les états mentaux.

* L’hypothèse de Frith, C s’appuie sur le modèle du contrôle de l’action (Shallice)

* Les schizophrènes ont une perturbation des actions volontaires auto-initiées

A - Symptômes négatifs et troubles des actions spontanées auto-initiées
 


 
 
 

* le SOC tourne à vide car il fonctionne sans le SAS : réponse au stimulus, diminution de l’action, persévérassions de l’action
ex: pauvreté du langage, persévérance, stimulus induit, émoussement des affects (émotions aplanies -> appauvrissement des gestes = absence des comportements auto-initiés).

* À cette difficulté à initier des actions volontaires s’ajoute la difficulté à comprendre les expressions d’autrui.
 

B - Symptômes positifs et troubles du self-monitoring et du monitoring des intentions d’autrui

La théorie de l’hallucination fondée sur “output”
- quand un patient entend des voix, ce serait en fait sa propre voix intérieure qu’il perçoit comme venant de l’extérieur.
* le problème est que ces patients sont alors incapables de reconnaître ces voix auto-initiées = déficit du self-monitoring

Bref:
- troubles des actions auto-initiées
- trouble du selfmonitoring
- trouble de la “theory of mind”

C - Différence entre autisme et schizophrénie

Il existerait un mécanisme déficitaire commun à l’autisme et à la schizophrénie (par rapport aux symptômes négatifs) mais l’autisme et la schizophrénie ne se présentent pas au même âge.
* Autiste a de gros problèmes avec la “theory of mind” par contre, le schizophrène a une expérience passée et savent que c’est pratique d’inférer des états mentaux aux personnes (mais ce système est déficitaire chez eux).

* Autiste : pas de “theory of mind”
* Schizophrène : dysfonction de la “théory of mind”


Les psychoses : schizophrénies et paranoïas

Les psychoses

- La notion de structure
- Mélanie Klein
- Wilfried Bion
- Lacan
- La différenciation de psychose en crise  ou chonicisée.

La schizophrénie

1 - Les mécanismes de défense
2 - Types d’angoisse
3 - Type de relation d’objet
4 - Stade libidinal

La paranoïa

1 - Mécanisme de défense
2 - Type d’angoisse
3 - Relation d’objet
4 - Stade libidinal
Les psychoses

La notion de structure

Notre psychisme est construit comme un cristal et quand il y a une crise, le cristal se bise: on saura qui on est vraiment.
* structure = fixe, ne change pas

Mélanie Klein

Les modes de fonctionnement ne sont pas stables:
a - Position schizo-paranoïde (les premiers mois de la vie)
b - Position dépressive

   P. Schizo-dépressive       P. dépressive
#----------------#-----------------------#---------->

a) Début de la vie psychique: on entre en contact avec le monde extérieur et il n’est pas unifié (= plusieurs morceaux)
* renvoi à la position psychotique

b) Intégration des parts agréables et désagréables: on se rend compte qu’on est face à une seule personne qui a plusieurs facettes.
* capacité à perdre l’objet et à le retrouver (tolérer l’absence fait souffrir = deuil de l’illusion, mais on survit).

Note: On peut basculer d’un moment à l’autre entre la position schizoparanoïde et la position dépressive -> intéressant car dynamique.

Wilfried Bion

On a une partie de notre personnalité psychotique et une autre non psychotique. Il y aurait un noyau psychotique chez tout le monde.

Chez les psychotiques, il y aurait une partie névrotique.
Il n’y aurait pas de différence significative entre psychotique et névrosé

* Quand le noyau psychotique est grand: psychotique
* Quand grande présence de la partie névrotique: névrosé
 

Lacan

Il parle de structure et il développe la forclusion du Nom-du-Père.

1° - Le bébé est en interaction avec une autre personne
2° - Cette autre personne fait partie du bébé : l’autre est mon prolongement
3° - Ce prolongement va être rompu par l’intervention d’un tiers: Non, tu n’as pas le droit d’être en relation fusionnel, non tu ne peux plus faire un avec l’autre. Celui qui émet l’opposition représente l’autorité, dans le modèle, le Père.
4° Le bébé passe de la fusion à la triangulation.

La différenciation de psychose en crise  ou chonicisée.

Dans la théorie psychanalytique:
- La psychose se passe en deux temps : la psychose est ce qui est sous-jacent aux symptôme et non les symptômes eux-mêmes.

1° temps: l’individu tente de se débarrasser de ce qui lui ose conflit:
  - Déni : rejet de la représentation qu’il aurait du avoir de cette réalité.    et rejet de l’affect que j’aurais du ressentir face à cette réalité.

2° temps: Lorsque l’événement est supprimé, il le remplace par autres choses:
  - Délires : reconstruction appréhendée comme des pensées
  - Hallucinations: reconstruction appréhendée comme une perception

Ces reconstructions sont crées dans l’omnipotence (toute puissance): perte de l’expression métaphorique -> sa pensée = événements réels
* Rupture avec la réalité: non soumission au principe de réalité = soumission au principe de plaisir.

* Ce productions délirantes et hallucinatoires sont produites à partir de l’expérience  traumatique transformée par le travail de l’hallucination et du délire: ce qui a été traumatisant revient du dehors après transformation par le travail de l’hallucination et celui du délire.

“ L’hallucination est le mode de fonctionnement du psychotique autant que le rêve est le mode de fonctionnement névrotique.

Les mécanismes des hallucinations:
- la démétaphorisation : perte de la métaphorisation d’une expression (très présent chez les schizophrènes)
- la déscénarisation: destruction d’un scénario ( S/V/C):
 1° Transformation d’un scénario en une représentation de l’action ( S/ V)
 2° Représentation de la sensation
La schizophrénie

1 - Les mécanismes de défense

a) Le morcellement

Note: il y a deux types de morcellement différents:
 - Celui de l’état du moi au tout début du développement (Klein)
 - Le morcellement qui détruit ce qui existe comme mécanisme de défense    (Schizophrénie)

- Morcellement du moi dans la schizophrénie est un morcellement actif car il détruit les choses déjà présentes. C’est pour cela que le délire d’un schizophrène est en morceaux

* La dissociation (morcellement) a pour effet la discordance

b) Le rejet: destruction d’une représentation en train de se construire. Ce mécanisme sous-tend le mécanisme de l’hallucination négative ( gommage de la perception).

c) Le déni: ignorer un fragment de la réalité

d) la forclusion du signifiant (synonyme de b) rejet): non accès à la triangulation.

e) le clivage: il est instable parce qu’il ne fonctionne pas bien -> fausse ambivalence.

Le clivage instable du moi et de l’objet parce qu’on est encore à l’étape où le moi n’est pas unifié car le moi et l’objet ne sont pas différenciés (on voit des figures opposées qui peuvent se retourner tout a coup: ange/démon). Le moi est divisé en deux parties distinctes: les expériences agréables, les expériences désagréables.

* Dans la schizophrénie le moi est morcelé et clivé.

f) La projection: est instable. Le schizophrène est “victime” de la “machine à influencer”:
 - projection à l’extérieur d’une part de moi (tyrannique) que je ne peux pas    tolérer. Ceci revient du dehors comme persécuteur : excorporation.

* Projection spécifique de la schizophrénie: projection à l’intérieur de l’objet (identification projective) en vue de détruire ou de nuire.

g) Idéalisation: chez le schizophrène, elle est narcissique. elle fonctionne de manière tyrannique sur le sujet lui-même et sur l’objet (l’autre).

2 - Types d’angoisses
a) de morcellement: grande inquiétude d’un éclatement en mille morceaux et de partir dans le néant.
b) de vidage: angoisse de perdre sa substance sans rien y pouvoir.
c) d’innanité: angoisse de vide, de perdre son sens et sa signification (l’univers n’a plus de sens, je ne suis plus rien, ...).
- Bion dit: angoisse sans nom
- Winicott: angoisse dissécante primitive (= agonie)
d) de désintégration: angoisse de ne plus pouvoir se porter soi-même.
e) de dépersonnalisation: angoisse de ne plus être soi-même dans son corps.
f) de perte la capacité d’être en relation avec les autres (objet)
g) de néantisation: angoisse d’être face au néant.

3 - Type de relation d’objet

Fusionnel: 1 + 1 = 1

* indifférenciation:  - inversion soi-l’autre
    - confusion dedans/dehors
    - relation avec l’autre comme double indifférenciation
      (être deux dans la même peau)

- Freud l’appelle: le pseudo-pôle narcissique
- Winicott: les extension du moi

- la relation d’objet est partielle car l’individu est en contact avec nous mais seulement avec la partie de nous qui l’intéresse.
- la relation est fondée sur une fausse ambivalence.

4 - Stade libidinal:
Fixation au stade oral: il y a interpénétration entre le sujet (bébé) et l’objet (sein).
La paranoïa

1 - Mécanisme de défense:

a) Clivage stable:
- Le moi est clivé car l’ensemble des instances agréables se regroupent dans une partie et l’ensemble des instances désagréables dans une autre.

* Univers bipartitionné: les bons et les mauvais objets.
Le paranoïaque clive parce qu’il veut être dans un univers parfait, comme lui.

b) Projection: consiste à ne  pas connaître ou à méconnaître quelque chose en soi et de le localiser à l’extérieur sur un objet (personne ou chose).
* Le schizophrène projette la partie mauvaise clivée à l’extérieur (et devient donc persécuté)

2 - Type d’angoisse
a) Angoisse d’intrusion : impression que malgré mon contrôle, quelque chose va entrer à l’intérieur de moi

Bergeret dit: angoisse de morcellement par intrusion.

3 - Relation d’objet:

Besoin de contrôle omnipotent: l’autre doit toujours être contrôlé pour ne pas être dangereux: hyperliaison paranoïaque.

4 - Stade libidinal:
Fixation (ou régression) au stade anal: besoin de contrôle (hyperliaison sous-jacente).