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Psychologie clinique
 

 Introduction :

La psychopathologie est à l’origine de la psychologie des manifestations de souffrance quelle que soit leur origine.

La psychopathologie a deux aspects :

1°) Elle est un discours théorique et spéculatif (qui n’a pas forcément de preuve) se répartissant en plusieurs courants contradictoires.

2°) Elle est l’étude, la description, l’interprétation des mécanismes psychologiques d’une personne en souffrance.
 

Historique :

La psychopathologie est née de la psychiatrie vers la fin du 19ème siècle. Elle répond à la question de la compréhension des mécanismes qui produisent les symptômes ou à la description fine du vécu ou du ressenti du malade.
Il y a eu dans le temps description puis interprétation comme cela est le cas dans la psychopathologie.
Elle participe aussi des mêmes particularités de la psychiatrie.
En ce qui concerne la psychiatrie, celle-ci se ressent déjà chez Hypocrate, mais c’est au Moyen-Âge, que les fous sont considérés à la fois comme démoniaques et fascinants (sages, créateurs…).

En 1656, on crée un hôpital général ou tous les individus considérés comme dangereux y sont enfermés de même que les fous. Lors de la médicalisation des hôpitaux, les docteurs vont s’intéresser à la maladie mentale. Ainsi est née la psychiatrie.

C’est après la Révolution, après une certaine prise de conscience que l’on pense que les malades mentaux devraient être traités à part. On crée alors des établissements (un par département) où les malades peuvent y être internés soit par la famille soit par un placement d’office ordonné par le préfet.

La psychiatrie devient alors une sorte de rejet des malades, un isolement, une individualisation.
 

I. Description des troubles.

- Niveau du symptôme : ce qu’offre le sujet, ce qu’il dit (c’est là que se localise la demande).

- Niveau du signe : c’est la traduction en langage savant donc transmissible du symptôme (c’est ce qu’on apprend à voir). Les signes sont en nombre fini, repérables de manière claire. Cette traduction équivaut à une sorte de codage. Le signe renvoie à la sémiologie (ensemble des signes) mais aussi à des tableaux cliniques (signes distinctifs d’une maladie).

-  Niveau du syndrome :regroupements fréquents de signes qui peuvent appartenir à plusieurs maladies.

- Niveau de l’entité (maladie, trouble) : chaque maladie correspond à un ensemble de signes et est distincte d’une autre.
 

II. Niveaux complémentaires.

-  Etude de la personnalité pathologique : modes stables de comportements et de communication (résolution de problème) qui peuvent entraîner des difficultés pour le sujet.

- Mécanismes de défenses : procédés psychiques pour lutter contre l’angoisse. Ils sont efficaces mais réducteurs.

- Structure (ou organisation) : ensemble d’éléments dont la combinaison détermine les positions constantes, les discours, les symptômes. Cette structure est inconsciente.
 

III. Classifications .

Manière dont sont définies les principales entités (nommées et décrites) selon des principes qui peuvent être descriptifs ou bien théoriques.

On classe les maladies sous deux angles principaux :

- Angle syndromique et taxinomique.

Dans la classification syndromique, les troubles sont classés en fonction de la liaison fréquente entre certains signes (CIM-10 : classification internationale des maladies ou ICD et DSM-IV).

-  Angle étio-pathologique et typologique.

La classification étio-pathologique a comme principe l’origine des mécanismes de maladies (causes psychologiques).
 

IV. Critères distinctifs des psychoses.

Le terme psychose exclut névrose, états limites et perversions.

La psychose regroupe des termes différents tels que les schizophrénies, délires chroniques, psychoses aiguës, troubles psychotiques induits par des problèmes neurologiques ou de drogues entraînant des hallucinations.

1°) Symptomatologie principale des psychoses :

- Perte de contact avec la réalité (dépersonnalisation déréalisation, perte de l’évidence naturelle).
- Perte de l’identité.

Eléments complémentaires :

- Méconnaissance de l’état morbide.
- Troubles relationnels.
- Angoisse (sourire discordant).
- Hallucinations (perception sans objet), délires (néo-réalité) et passage à l’acte.

2°) Les phénomènes d’altération de la réalité.

a) Le délire : ensemble d’idées erronées qui sont en opposition avec la réalité  et auxquelles le sujet croit (décalage avec la culture du patient). « Le délire est la théorie d’un seul, la théorie est le délire de plusieurs).

Pour reconnaître un délire, il y a plusieurs critères :
- les thèmes,
- les mécanismes,
- la congruence ou non à l’humeur (décalage entre émotions et idées).
- délire aigu ou chronique,
- délire systématisé ou non (organisé ou non)
- ( délire en réseau passant d’un truc à l’autre ou délire en secteur ayant un seul thème ou délire concentrique partant d’un point et allant à un autre).

- Les thèmes :
 
- thèmes d’influence (imposés de l’extérieur par la force),
- délire de persécution (mais risque de passage à l’acte du persécuté),
- mégalomanie
- idées somatiques ou hypocondriaques (transformations corporelles),
- idées de négation (une partie du corps ou de la réalité disparaît),
- idées délirantes de référence (il est la référence, tout le monde en parle).

- Mécanismes, embrayeurs du délire:

- l’illusion (erreur sur la perception),
- l’intuition (idée délirante admise sans vérification, elle s’impose brutalement à la personne),
- interprétation (explication fausse d’un élément de la réalité avec un opérateur : c’est à cause de…),
- imagination (invention),
- hallucination (perception sans objet).
 

b) Les hallucinations :

2 types :

- Hallucinations psychosensorielles : perçues par les organes des sens et leur source est localisée dans l’espace à distance de la personne.
- Hallucinations psychiques : localisées à l’intérieur du sujet sans sensorialité, sans spatialité (télépathie).
- Cas particulier, l’automatisme mental : ensemble de pensées et d’hallucinations qui se retrouvent fréquemment dans les psychoses schizophréniques (sensations et actes imposés).

 3°) Critères psychopathologiques.

La psychose se définie selon 3 critères selon Bergeret :

- Relation fusionnelle insupportable,
- Angoisse de morcellement lorsque le sujet essaie de s’affirmer,
- Mise en place de mécanismes de défense qui altèrent le rapport à la réalité .

Ce schéma suppose des altérations très précoces du moi (mais, supposition impossible à vérifier).

La plupart des théories psychanalytiques postulent un premier temps (préœdipien) de troubles entraînant l’angoisse que le sujet va essayer de limiter par la mise en place de systèmes de défense. Ces systèmes efficaces le mettent en danger par rapport à la pulsion, par rapport à l’objet et par rapport aux affects ce qui peut entraîner la rupture du système antérieur (affect à l’adolescence par exemple). Le sujet met alors en place d’autres mécanismes de défense plus dangereux encore pour protéger son équilibre (ex. : construction par la projection et le déni d’une nouvelle réalité : le délire lui permettant de vivre mais l’entraînant dans une souffrance insupportable. Le délire est une tentative de guérison).
 

V. Les délires chroniques.

Ensemble de troubles caractérisés par un délire souvent systématisé se développant avec le temps et parfois en rapport avec une personnalité spécifique (paranoïaque ou sensitive).Ces délires se caractérisent par la clarté, l’ordre dans la pensée, le vouloir et l’action.

On met sous ce terme les catégories : délires paranoïaques systématisés, les psychoses hallucinatoires chroniques (PHC) et les paraphrénies.
Le DSM a réduit ces troubles à la notion de troubles délirants définis par types :
- troubles érotomaniaques,
- troubles mégalomaniaques ,
- troubles de persécution,
- troubles de jalousie,
- troubles somatiques
- + la folie à deux (originalité) délire induit (lorsqu’on sépare les deux personnes, le délire cesse).

Sur le plan psychopathologique, les délires chroniques correspondent à la paranoïa.

1°) Description des délires chroniques.

a) Délires paranoïaques systématisés : ils se décomposent eux-mêmes en plusieurs entrées.

Différents types de délires chroniques :

- délires passionnels,
- délires de relation des sensitifs (paranoïa sensitive),
- délires d’interprétation systématisés,
- délires d’autopunition,
- délires d’involution.

- Délires passionnels :

- délire de jalousie,
- délire de revendication,
- délire érotomaniaque (phase de d’espoir, de dépit et de rancune).

Il y a inversion pour chacun de ces délires, i.e. que le jaloux désire tromper, le revendicateur désire agresser et l’érotomaniaque désire être aimé car il aime.

- Délires de relation des sensitifs : il s’agit d’un délire basé sur une personnalité sensitive et procédant par interprétation à thèmes.

- persécution,
- érotomanie,
- référence,
- hypocondrie,
- délire concentrique (qui s’étend petit à petit à l’ensemble de la réalité),

Ils font généralement suite à des événements douloureusement vécus et qui s’accompagnent de troubles thymiques (dépression).

- Délires d’interprétation systématisés : repose sur une succession de raisonnements faux ayant une base réelle et produisant une suite d’explications qui sont en fait des associations.

2°) Les PHC.

Il s’agit de troubles apparaissant à la maturité (environ 30 ans) où des hallucinations avec automatisme mental apparaissant d’abord, le délire étant secondaire temporellement.
Elle se caractérise par un délire imaginatif avec une coexistence possible avec la réalité, une absence d’évolution déficitaire (affaiblissement terminal).

Il existe plusieurs groupes de paraphrénies :
- paraphrénies fantastiques (termes enchevêtrés, délires imaginatifs).
- Paraphrénie systématisée (PHC).
 

VI. L’analyse psychopathologique :

On considère qu’il y a un seul trouble : la paranoïa ou bien on applique à l’ensemble des troubles un seul trouble (bien que la paranoïa ne rende pas compte des différences).

LE CAS SCHREBER.

1° Historique :
- Rigorisme non négligeable de malades mentaux dans sa famille.
- Juriste puis président de tribunal.
- Pas d’enfant.
- Etat dépressif majeur mélancolique : hospitalisation chez le professeur Flechsig. Guérison spontanée d’où grande croyance en Flechsig (transfert). La femme de Schreber garde une grande reconnaissance pour le médecin (1884).
- Homme qui a le sens des responsabilités, une grande ambition mais qui échoue aux élections.

Un jour entre la veille et le sommeil, apparition d’un songe : « il serait beau d’être une femme subissant l’accouchement ».
Quelques mois après l’état dépressif réapparaît.

- Réhospitalisation chez Flechsig et apparition d’un délire de persécution, Flechsig qui était aimé devient le persécuteur qui voudrait le transformer en femme subissant l’accouplement.
- Selon Freud, Schreber voudrait être une femme mais son moi s’y refuse.
- Après une période où tout le monde est mort et où tout a été détruit, il y a une période de reconstruction. Schreber se réorganise, Flechsig disparaît mais Schreber pense qu’il peut être une femme mais la femme de Dieu. Délire mégalomaniaque : il est un intermédiaire entre Dieu et les hommes.

Persécution     négation                  mégalomanie.

- Ecriture du livre. Schreber veut témoigner pour la science. Ainsi, Freud va avoir un de ses livres et en faire l’étude.
- A la fin de sa vie, Schreber présente des troubles cérébraux (atteinte organique) et on pourrait se demander si ce n’est pas cela qui aurait pu causer le délire.

Freud va fonder sa théorie de la paranoïa et des psychoses sur le cas Schreber, ce dernier étant un homosexuel selon Freud mais, ceci dit avant la seconde topique. Il ne peut pas être un homosexuel s’il ne connaît pas la différence entre les sexes.
La femme pour Schreber est ce qui a subi une castration, il ne sait donc pas véritablement ce qu’est une femme.

Certains auteurs pensent que l’explication de la maladie de Schreber se situerait au sein même de son enfance et de sa relation avec ses parents qui seraient des « meurtriers d’âmes » lui ayant cassé toute spontanéité.
2° L’interprétation de Freud :

a) La maladie est un aménagement du désir inconscient insupportable pour le moi.
b) Le mécanisme central de la paranoïa est la projection (qui ne lui est pas spécifique).
c) La paranoïa a une origine infantile préœdipienne : première phase du stade anal.
 

a) L’idée fondamentale inconsciente qui produit le délire paranoïaque : pour Schreber, « moi un homme, je l’aime lui un homme. » Selon Freud, Schreber aurait un désir homosexuel egodystonique (pas conforme au moi). Ainsi, ce fantasme va être transformé.

Le mécanisme serait le suivant :
- 1er temps : « je ne l’aime pas, je le hais ».
- 2ème temps : PROJECTION « il me hait ».
- 3ème temps : « je ne l’aime pas, je le hais parce qu’il me persécute ».

Pour un paranoïaque, ce qui est insupportable c’est être soumis à quelqu’un, être dépendant de quelqu’un, de s’abandonner. Aimer quelqu’un équivaut à un morcellement.

(Pour un érotomane, passage de l’objet homme à femme, projection : c’est pas moi qui aime mais elle. Pour un jaloux, ce n’est pas moi qui aime mais lui qui aime elle, je suis trompé).

b) La projection : c’est expulser hors de soi et attribuer aux autres ce qui est insupportable pour le moi. Elle porte dans la paranoïa sur des éléments à la constitution de l’identité (ex. : la différence des sexes, le désir amoureux).
2ème conception de la projection : elle concerne ce qui est détruit à l’intérieur (on expulse quelque chose qui n’existe même pas). FORCLUSION chez Lacan.
Cette projection modifie la réalité (ce qui est projeté est modifié).

c) Freud dit : « l’origine de la paranoïa consiste en une fixation à un moment du développement celui du stade homosexuel (auto-érotique ou narcissique) ou stade où l’objet est choisi sur le modèle de soi, mais problème dans l’explication de Freud… En effet, le stade préœdipien ne permet pas à l’enfant de faire la différence entre les sexes d’où non homosexualité.
 

3° Lacan :

Lacan considère que le délire est un mode de relation au langage (énoncé, énonciation).
Il estime que dans l’histoire de l’individu il y a un moment où l’enfant a accès au symbolique,
le complexe d’Œdipe est structurant car il permet à l’enfant de se séparer du désir maternel et d’avoir accès à autre chose, à d’autres désirs (au début l’enfant a les mêmes désirs que sa mère, il s’aperçoit ensuite que la mère a d’autres désirs et veut avoir ou être ce que désire sa mère).

Lacan donne un nom à l’Œdipe : c’est le moment de l’accès à la « métaphore paternelle » et au signifiant du Nom du Père (3 niveaux : réalité ou père biologique ; imaginaire ou celui qu’on s’invente ; symbolique ou autorité).

Chez le paranoïaque, la question se pose différemment. Il est prisonnier d’une relation duale et dans son univers, il ne réussit pas à passer du désir de la mère au symbole paternel. Le non accès à la métaphore paternelle entraîne une relation avec un Autre considéré comme étant soumis à rien et producteur de sa propre loi (un Autre non barré chez Lacan).
Schreber selon Lacan n’aurait pas eu accès à la castration, à des moments, il dépendrait de Dieu et à d’autres moments il serait Dieu (identification à la mère toute puissante).

L’effet de la métaphore paternelle c’est l’accès à la castration, or pas de désir ni d’amour sans castration, pas de relation ni de création. Le psychotique ne renonce à rien (seul l’enfant castré renonce à quelque chose pour obtenir autre chose).
Il y a forclusion du Nom du Père chez le psychotique, quelque chose n’est pas advenu au bon moment.
Le sujet va construire une théorie qui va permettre de répondre à la question laissée sans réponse par l’absence du signifiant : le délire.

Explications de Lacan concernant Schreber :

- l’accès à la différence des sexes, à la paternité, au désir sont dépendants du Nom du Père (symbolique).
- La forclusion chez Schreber implique qu’il ne puisse pas savoir ce qu’est une femme. Le délire est en grande partie une théorie pour répondre à la question « qu’est-ce qu’une femme ? »
- C’est le désir activé par Flechsig et l’absence d’enfant qui a entraîné le délire. La forclusion du Nom du Père implique la réapparition dans le réel du symbole forclos.
 
 

LA SCHIZOPHRENIE.

Dualité de la personnalité du schizophrène. Il s’agit de la maladie mentale la plus grave.
 

I. Historique.

Apparition du concept vers 1911 qui a été préludée par le regroupement de certaines notions comme la démence précoce, les délires paranoïdes, l’hébéphrénie (schizophrénie des gens jeunes), la folie discordante. Ces différentes maladies isolées seront regroupées par Bleuler sous le terme de Schizophrénies.
Le cœur de la schizophrénie est la discordance ou SPALTUNG (clivage, fente).
Après Bleuler, le concept de schizophrénies aura du mal à pénétrer en France et se développera dans les pays anglophones. Chez Freud, le terme schizophrénie n’apparaît pas. La schizophrénie a fait l’objet de fascination chez les surréalistes.

- L’école systémique de Palo-alto a tenté de montrer que la schizophrénie pouvait avoir comme origine des troubles des communications familiales (un schizophrène à des accusations paradoxales dont il est l’objet).
- La psychanalyse a estimé que la schizophrénie correspondait à des troubles précoces antérieurs à la paranoïa (avant le stade anal).
- La psychiatrie biologique après avoir mis en évidence le rôle de certains neuromédiateurs (la dopamine) s’est intéressée à la génétique de la schizophrénie.
- L’antipsychiatrie a fait du schizophrène le modèle du révolté, poète étranglé par la société.

Le DSM a réduit la portée de la schizophrénie.
 

II. Sémiologie.

3 groupes de signes (cumulables ou non) :
- Discordance ou dissociation (pratiquement obligatoire),
- Délire paranoïde (différent du délire paranoïaque),
- Autisme (repli sur soi).

Ailleurs qu’en France, on prête surtout attention à la désorganisation des comportements, des pensées et de la communication (cela correspond en gros à la discordance).

1°) La dissociation .

Désigne la perte de l’unité de la personne et se caractérise par 4 symptômes :
- la bizarrerie : ce qui est illogique, paradoxal, étrange (étrangeté d’allure, dans la manière de s’exprimer…)
- l’hermétisme : ce qui est indéchiffrable.
- l’ambivalence : contradiction complète, affirmation de deux choses contradictoires en même temps.
- le détachement de la réalité : rétraction, retrait, perte du sens.

La discordance se manifeste dans la sphère de la pensée, du langage, de l’affectivité et du corps.

- Discordance de la pensée et du langage : troubles du cours de la pensée, barrages, ruptures, transformation du débit, troubles sémantiques, langage incohérent avec troubles syntaxiques, créations de néologismes, voire création d’un langage (codage dans une autre langue), altération dans l’expression, tendance à l’abstrait, incapacité à comprendre les métaphores, réductions des individus à des symboles, troubles du système logique (paralogismes).
- Discordance affective : non congruence entre les affects et les idées, absence d’émotion ou froideur affective, émoussement affectif, désintérêt, indifférence ou négativisme, contradiction entre émotion, aboulie.
- Discordance de la sphère corporelle : transformation de la mimique (attitude du visage en décalage), stéréotypie (gestes parasites répétés), échopraxie (répétition du geste vu), écholalie (répétition du dernier mot entendu), immobilisation du corps (catatonie), gestes auto et hétéro-agressifs.
 

2°) Le délire paranoïde.

Délire enchevêtré, contradictoire, flou donc non systématisé. Les mécanismes sont multiples mais l’intuition et l’hallucination dominent avec très fréquemment un automatisme mental.

A thèmes multiples :
- de persécution,
- d’influence,
- de référence,
- de négation (je suis mort…),
- mystique,
- tous les thèmes sont présents…
- non congruence à l’humeur,
- thématiques corporelles au premier plan.
 

3°) L’autisme.

Automatisme dans la pensée, dans l’action ou dans l’affectivité, repli sur soi, coupure avec le monde extérieur et inefficience car l’activité est parasitée par des préoccupations strictement internes (ex. : rêveries incessantes, confusion entre pensée et action), multiples idées se contredisant et n’aboutissant à aucune production.
 
 

III. Formes cliniques.

Il y a quelques formes de schizophrénies qui regroupent la plupart des maladies :

- schizophrénies paranoïdes,
- schizophrénies hébéphréniques,
- schizophrénies catatoniques.

Quelques formes spécifiques rares : schizophrénie pseudo-névrotique, simple, héboïdophrénique, dysthymique (une des schizophrénies où il y a guérison).
 

1°) Forme paranoïde.

Expérience délirante qui s’accompagne de discordances et de quelques particularités comme le signe du miroir (la plupart des schizophrènes peuvent passer d’un délire à l’autre).
L’expérience délirante est difficilement racontable. Troubles du cours de la pensée et du comportement souvent spectaculaires (maniérisme ou capacité d’imiter de manière inappropriée, négativisme).

2°) L’hébéphrénie.
1/5 des schizophrénies. C’est la forme actuelle de la démence précoce.
Le sujet est déficitaire (tout s’effondre autour de lui). Le début de l’hébéphrénie est insidieux, progressif avec un fléchissement dans les activités par exemple scolaire, puis apparaissent des troubles de l’affectivité avec une indifférence, une perte des intérêts ou aboulie, des préoccupations brusques et bizarres pour des sujets ésotériques, abstraits, mystiques, on note quelques idées délirantes mais assez peu exprimées. L’évolution assez rapide se fait vers un repli sur soi, un désintérêt, un autisme pauvre (assez peu nourri par des idées) et le délire n’est pratiquement pas exprimé.
 
 

3°) Forme catatonique.
Troubles de la psychomotricité, discordance dans les gestes, les mouvements, le corps : immobilisme, inertie, stéréotypie et parfois un état d’immobilité complète (stupeur catatonique).

4°) La schizophrénie dysthymique.
Même trouble dans le DSMIV : trouble schizoaffectif. Le sujet dysthymique pose un problème de classement et se caractérise par la survenue périodique d’états dépressifs ou maniaque avec un syndrome de discordance. Les accès sont séparés par des intervalles libres avec retour à la normale.

5°) Les autres formes.
Héboïdophrénie et autres…
On imagine qu’il existe des schizophrénies masquées par des symptômes appartenant à une autre pathologie telle que la phobie, l’obsession atypique coexistant avec la schizophrénie. On peut vérifier cela grâce à des tests projectifs.
 
 

LES MODELES DESCRIPTIFS ET EXPLICATIFS DE LA SCHIZOPHRENIE.
 

I. Les modèles cognitifs.

1°) Travaux.

Les approches cognitives se sont penchées sur la schizophrénie avec un intérêt sur l’articulation cerveau et fonction de représentation.
Les troubles cognitifs de la schizophrénie sont pensés en terme de vulnérabilité. Quelque chose de structural s’effondre et le sujet tombe dans la schizophrénie (terrain déficitaire). Les vulnérabilités engagent les facteurs et les composants neurobiologiques.

Autre voie de recherche cognitive : consiste à mettre en relation les symptômes de la schizophrénie d’un côté et les performances cognitives de l’autre. On va donc étudier la façon dont fonctionne la schizophrénie. On a crée grâce à cela des modèles spéculatifs appliqués aux sujets.

2 grands résultats :
- la schizophrénie est un trouble cognitif « localisé » (quelque chose de sectoriel mais atteignant d’autres systèmes)
- la schizophrénie est un trouble ayant atteint la quasi totalité des fonctions mentales essentielles (atteintes générales).