#7-9
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#7
The
Beatles (The White Album) (1968)
The
Beatles
EMI
C2 46443
Après les aventures psychédéliques de Sgt. Pepper’s et de Magical Mystery Tour, période riche en couleurs pour les Beatles, ce disque parut un peu fade à sa sortie en novembre 1968. Bien à tort d’ailleurs puisque jamais auparavant le groupe n’avait été aussi inspiré et polyvalent. Il faut dire que c’était en plein le temps d’enregistrer un album double puisque le groupe avait composé un grand nombre de chansons lors de leur séjour en Inde au début de l’année chez le Maharashi. Ce fut probablement le seul côté positif de ce voyage d’ailleurs. Les Beatles avaient un peu le moral à zéro quand ils se sont rendus à Rishikesh. Ils avaient été fortement éprouvés quelque temps auparavant par le décès de leur gérant et ami, Brian Epstein. Les quatre copains se retrouvaient seuls pour la première fois pour diriger leur carrière. Leur premier geste fut de mettre sur pied l’organisation Apple afin de gérer leurs avoirs. Malheureusement pour eux, aucun des quatre garçons n’avait la bosse des affaires. Les Beatles vont donc se retrouver rapidement avec des problèmes financiers importants. C’est dans ces conditions que fut enregistré l’Album blanc.
Avec ce disque, le quatuor voulait montrer sa grande diversité musicale. On retrouve de tout sur cet album : des chansons acoustiques, du rock aux limites du métal, du blues, des ballades et du country. C’est cette variété qui fait d’ailleurs la richesse de l’album. Toutefois, c’est cette même variété qui a tant déplu à certaines personnes. Il est vrai qu’à ce moment-là chacun des musiciens avait commencé à prendre ses distances vis-à-vis des autres. Sur l’Album blanc, chaque Beatle agit comme s’il enregistrait en solo et que les trois autres étaient servaient seulement d’accompagnateurs. Cette atmosphère n’était évidemment pas idéale pour enregistrer. Néanmoins, elle a permit au groupe de nous offrir un des plus grands albums de la fin des années 60.
L’album blanc renferme des titres incontournables comme : Helter Skelter, While My Guitar Gently Weeps, Blackbird, Birthday, Yer Blues, Cry Baby Cry, Mother Nature’s Son, Back In The U.S.S.R. et Dear Prudence. Évidemment le disque renferme aussi des trucs aussi insipides que Ob-La-Di, Ob-La-Da (probablement la pire chanson jamais enregistrée par le Fab Four) ou des horreurs expérimentales comme Revlolution 9, mais l’ensemble reste trop intéressant pour qu’on fasse grand cas de ces quelques faux pas.
Comme tous les disques précédents des Beatles, l’Album blanc remporta beaucoup de succès. Avec le recul, il faut avouer que cet album (pourtant accueilli avec réserve en 68) demeure une de leurs plus brillantes réalisations.
A
Night At The Opera (1975)
Queen
Hollywood
Records HR6 1065-2
A
Night At The Opera fut un des albums les plus dispendieux à
avoir jamais été enregistré. Quand on entends
le résultat, on comprend vite pourquoi. Les membres du quatuor
ont littéralement passé des mois à peaufiner cet album
qui se voulait destiné à faire éclater véritablement
Queen sur la scène mondiale.
Les
critiques avaient été acerbes pour les trois premiers albums
du groupe britannique. Les scribes ne voyaient en eux que des petits
clones de Led Zeppelin dénués de talent et d’originalité
qui s’évertuaient à enregistrer des albums de hard rock fades.
Après A Night At The Opera, plus aucun critique n’eut la témérité
ou la bêtise de comparer Queen à quiconque.
Le disque, fortement influencé par l’époque victorienne, brillait par son atmosphère majestueuse mais un côté néanmoins bon enfant. L’humour y est présent d’un bout à l’autre. Aucun synthétiseur ne fût utilisé pour l’enregistrement. Seuls des instruments qui sont traditionnellement associé au rock (c’est-à-dire : batterie, basse, guitare et piano) servirent à la construction du disque. C’est sûrement à cause de cela que l’album est aussi remarquable. Par moment on croit entendre des trompettes ou autres cuivres, alors que le tout est recréé par la seule guitare de Brian May qui s’amuse comme un fou avec les différentes tonalités de son instrument. Et c’est d’ailleurs là que réside le génie de May : un son d’une originalité jamais entendu avant et depuis dans l’histoire du Rock. Pour un guitariste, A Night At The Opera est essentiel à sa collection. Mais il n’y a pas que les guitaristes qui devraient avoir une copie de ce disque. Les prouesses vocales sont tout aussi incontournables pour tout chanteur ou chanteuse digne de ce nom. Freddie Mercury brille tout autant que May sur l’album. On peut aisément dire que Mercury fut un des plus grands chanteurs rock de son époque. Tout le long de l’album, il nous déconcerte par son talent extraordinaire.
Le disque s’ouvre avec un rock au tempo lent : Death On Two Legs (Dedicated To...). Pour ceux qui se demandent qui peut bien être l’individu dont Mercury parle dans cette chanson (le fameux trois petits points!), il s’agit tout simplement de l’ancien agent du groupe qui ne devait définitivement pas être un type très recommandable. Pendant des années le groupe va inclure cette pièce sombre dans son répertoire de concert. Lazing On A Sunday Afternoon est une courte pièce de Mercury qui fait très music hall. Suit I’m In Love With My Car, composition très rock du batteur Roger Taylor qui en est également l’interprète. You’re My Best Friend fut le premier succès de l’album. Cette chanson du bassiste John Deacon continue toujours de nos jours à jouer beaucoup à la radio. Les trois autres chansons qui constituent la face A du disque sont tout aussi agréables que ne l’a été l’album jusqu’ici.
Le côté B s’ouvre avec la pièce la plus étrange de l’album : The Prophet’s Song. Cette chanson de May renferme une partie vocale au centre de la pièce qui va rester à jamais un des trucs les plus bizarroïdes jamais enregistré. Un véritable cauchemar pour les mères d’ados du milieu des années 70. Les gars de Queen venaient de découvrir l’effet delay et ils s’amusent avec les différentes possibilités offertes par ce gadget.
Love Of My Life est une des pièces qui fut les plus appréciées et demandées en concert par les fans de Queen dans les années 70. Il faut avouer avec le recul que cette ballade avait des qualités musicales certaines. Dans la pièce Good Company, Brian May réussit à recréer seul avec sa guitare et un ukulélé une authentique section de cuivres et d’instruments à vent. Musicalement, il s’agit d’un des moments forts du disque.
La pièce de résistance du disque arrive à la fin de l’album : Bohemian Rhapsody. À l’aide de plus d’une centaine d’overdubs, May, Mercury et Taylor réussissaient l’exploit de recréer à trois une chorale d’opéra au complet! Ce titre remporta un succès immédiat en Angleterre. Il resta neuf semaine à la première position du palmarès national. De plus, il demeure toujours quatrième plus grand vendeur de tous les temps de 45 tours en Grande-Bretagne. Bohemian Rhapsody eut également l’honneur de faire l’objet du premier vidéo-clip de l’histoire. La sortie du film Wayne’s World dans les années 90 a suscité à nouveau de l’intérêt pour cette pièce, une des plus belles réalisations de tous les temps, toute à l’image de cet album au grand complet.
#9
Let
It Bleed (1969)
The
Rolling Stones
Abkco
80042
Entre 1966 et 1972, les Rolling Stones ont connu une période d’inspiration et de créativité intense. On peut considérer aujourd’hui que cette partie de leur carrière (de l’album Between The Buttons à Exile On Main Street ) a été la plus intéressante. Ils ont d’abord touché au psychédélisme avec Between The Buttons et Their Satanic Majesty’s Request (mon album favori des Stones) avant de retourner à leurs racines et au blues avec Beggar’s Banquet.
Let
It Bleed était le successeur de Beggar’s. Ces deux disques
furent enregistrés dans des conditions difficiles puisque le groupe
se préparait à mettre à la porte Brian Jones, un des
membres fondateur des Stones. Il était devenu impossible pour
le groupe de continuer à travailler avec Jones qui avait un comportement
singulier et déplaisant dû à ses problèmes de
drogues grandissants. Parfois, Jones refusait même de donner
des concerts avec eux. Sur les deux derniers albums des Stones, Jones
ne jouait à peu près pas, laissant toute la place à
Keith Richards qui nous offrait là son meilleur travail. Pour
le huitième album des Stones, on fit appel à Mick Taylor,
un guitariste exceptionnel qui avait auparavant joué avec John Mayall.
Le
résultat fut Let It Bleed, un des albums les plus réussis
des Stones. Même la pochette était particulière
et donnait le goût aux gens d’acheter le disque. On pourrait
passer des heures à tenter de saisir le sens de la photo et ne pas
être plus avancé qu’au début sur la signification de
cet étrange plat.
Le disque contient certaines des chansons les plus connues des Stones comme : Gimme Shelter, Midnight Rambler, Monkey Man, la pièce titre et la magistrale You Can’t Always Get What You Want qui termine l’album. Mais on y retrouve aussi des petits bijoux comme Live With Me et You Got The Silver, chantée par Keith Richards. Une fois de plus, il s’agissait d’un album aventureux pour les Rolling Stones qui mettaient à nouveau la main à la pâte afin de redéfinir le rock de la fin des années 60. Un des grands crus de 1969, année souvent considérée par les amateurs de musique comme la plus riche de l’histoire du rock.
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