# 28 à 30
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#28
Boston
(1976)
Boston
Epic
EK-34188
La sortie du premier album de Boston marquait aussi les débuts de ce qu’on allait plus tard appeller le corporate rock . Ce genre musical, prisé par certains et maudit par d’autres, par lequel les programmateurs de stations allaient instaurer les normes radiophoniques pour les deux décennies suivantes. À l’époque, les gens appelaient ce genre musical aseptisé FM rock.. Ce genre de rock était moins violent et visait directement à plaire aux adultes (lire ici les baby boomers )
La première vague de groupes de FM rock était très intéressante. On n’a qu’à penser entre autres à Steely Dan, Styx, Journey et Kansas. On retrouvait de très bons albums dans le genre : les deux premiers Foreigner, The Grand Illusion et Pieces Of Eight de Styx, Pretzel Logic et The Royal Scam de Steely Dan... La liste est longue. Toutefois, ce genre musical qui s’est volontairement imposé des limites n’a pas tardé à tomber royalement sur les rognons des mélomanes.
Le premier album de Boston est le meilleur (et de loin) album corporate rock de tous les temps à avoir vu le jour. On a affaire ici à du vrai rock de laboratoire. La production est léchée au possible, les compositions sont impeccables, l’instrumentation et les harmonies vocales sont parfaites, rien ne dépasse. On sent qu’ils ont passé des mois en studio pour préparer leur disque. Le son des guitares en particulier est renversant. Ça sonne bien comme c’est pas possible. Il faut dire que Tom Scholz est un ingénieur diplômé du MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui construisait lui-même tous les gadgets électroniques du groupe afin de constamment améliorer leur sonorité.
Le disque déborde de classiques : More Than A Feeling, Peace Of Mind, Long Time, Smokin’, Hitch A Ride, Rock & Roll Band... Dans le fond, on pourrait toutes les citer.
Avec tous ces atouts en place les résultats ne se firent pas attendre. Boston fut l’album des débuts le plus vendu de l’histoire avec dix millions d’exemplaires écoulés. Toutefois, Boston n’était pas un vrai groupe en réalité. Ils firent bien quelques spectacles à la fin des années 70, mais tout se passait surtout dans le studio de Scholz. En fait, Scholz, c’était lui Boston. Les autres n’étaient que de simples figurants (quoique Brad Delp ait tenu un rôle plus important que les autres dans l’élaboration de la musique). Dans des entrevues, Scholz ne se gênait pas d’ailleurs pour se vanter d’être le cerveau du groupe, donnant l’impression que les autres n’étaient là que pour faire sa lessive.
Malgré tout cela, Boston est un des plus grands disques de rock à avoir jamais été enregistré. Un disque que tout amateur de rock devrait avoir dans sa collection.
La musique psychédélique a influencé à fond la fin des années 60. Qu’en était -il en réalité du psychédélisme? Pas grand chose! La plupart des groupes psychédéliques étaient mauvais et peu intéressants. On se rappelle seulement des grandes formations comme Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service et les Grateful Dead.
Pourtant,
Spirit fut probablement le plus grand représentant du genre psychédélique
des années 60. Tous les albums du groupes sont des classiques.
En tant que musiciens, ils surpassaient de loin leurs contemporains.
Randy California (guitare) brillait par son génie (n’oublions pas
qu’il a longtemps joué avec Jimi Hendrix!). Le reste du groupe
était aussi extraordinairement surdoué. La voix de
Jay Ferguson était d’une douceur appropriée pour le genre
Peace & Love allumé. Mais c’est surtout Ed Cassidy
(batterie) qui aida le groupe à se démarquer par son
côté jazz /rock révolutionnaire. Déjà
avec The Family That Plays Together (qui renfermait leur énorme
succès I Got A Line On You) on se doutait du talent exceptionnel
de la formation. Mais la surprise fut générale avec
la sortie de leur troisième disque.
The
12 Dreams of Doctor Sardonicus fut leur meilleur album et une des
œuvres majeures des années 60. Seule Nature’s Way eut beaucoup
de succès à la radio. Mais, somme toute, le disque
resta plutôt ignoré. Pourtant, l’album au complet est
génial. Les explorations techniques et musicales du groupe
nous laissent pantois encore aujourd’hui. L’album sonne comme s’il
venait de sortir cet été.
Nothing to Hide qui ouvre l’album était une pièce ambitieuse agrémentée de cuivres et d’un solo de guitare slide bourré d’effets de réverbération. Cette chanson augure très bien du reste qui va suivre. Par la suite on retrouve la merveilleuse Nature’s Way, une chanson acoustique accompagnée d’une partie de timbales. Cet extrait du disque continue encore aujourd’hui de jouer régulièrement sur les ondes des stations de rock classique américaines. À part I Got A Line On You, Nature’s Way fut le plus grand succès de Spirit.
Love Has Found A Way utilise intelligemment comme base rythmique plusieurs
bandes passées à l’envers. L’effet est, on ne peut
plus intéressant. On se demande encore où ils ont été
chercher un concept aussi révolutionnaire. Bien sûr,
les Beatles et Hendrix avaient déjà exploité l’idée,
mais aucun des deux n’avaient été aussi loin.
Mr.
Skin aurait pu être un succès. Mais peut-être
que cette chanson funky ainsi que le reste de l’album étaient
beaucoup trop en avance sur l’époque pour avoir eu un impact immédiat.
On réalise ce fait quand on écoute les chansons suivantes,
Space Child et When I Touch You. Cette dernière en particulier
nous rappelle la formation de Seattle Soundgarden. Tout cela
en 1970! C’est dire à quel point 12 dreams était
visionnaire.
Street
Worm est un des sommets de l’album. Pour la première fois
dans l’histoire du rock, un guitariste avait recours au tapping.
La partition de guitare et l’interaction avec le piano sont tout à
fait brillantes.
Comment
cet album a-t-il pu passer à côté du succès?
Voilà un autre des mystères de la vie. Aucune idée!
Mais il serait injuste de passer une autre fois à côté...
Non?
On
a souvent entendu parler des groupes psychédéliques de San
Francisco. Le Jefferson Airplane fut le plus glorieux de tous ces groupes.
Mais la plupart des trucs issus de Haight -Ashbury ne se sont jamais rendus
bien loin. L’époque était très particulière.
Les groupes pouvaient se permettre d’improviser en concert pendant de longues
heures, tout en étant acclamés par le public et la critique.
Tout cela, sans jamais avoir à se soucier d’avoir à
produire des succès sur 45 tours.
Un
des groupes les plus importants de la Bay Area à l’époque
(1967-1970) fut Quicksilver Messenger Service. Au moins aussi importants
que les Grateful Dead, It’s A Beautiful Day, Country Joe & The Fish
et le Big Brother & The Holding Company de Janis Joplin.
Quicksilver était dirigé par le guitariste John Cippolina. Un musicien réputé pour son jeu nerveux, son bon goût et son vibrato exacerbé qui a fait de nombreux petits par la suite.
Le
groupe fut signé en 1968 par Capitol Records et enregistra un premier
album éponyme en 1968. L’effort était fort louable
mais n’égalait en rien les prouesses musicales dont le groupe faisait
preuve sur scène. Pour le deuxième disque, la formation
eut l’idée brillante d’enregistrer là où elle excellait
le plus : en spectacle sur la scène des Fillmore East et West.
Le résultat est on ne peut plus intéressant.
Le
disque débute avec une version de 25 minutes de Who Do You Love
de Bo Diddley qui nous permet d’apprécier les talents de chacun
des musiciens du groupe. Il s’agit là du meilleur moment du
disque.
Les quatre autres pièces du disque sont intéressantes (surtout Maiden Of the Cancer Moon) par leur approches instrumentales atmosphériques, mais restent néanmoins marginales. Mais, dans le fond, il s’agit tout de même de rock psychédélique... Un genre plutôt inaccessible pour le commun des mortels. Pour les initiés, il s’agit-là d’un véritable orgasme musical qu’il faut déguster avec une avidité vorace.
Un incontournable d’une époque fascinante qu’il fait toujours bon de revisiter ne serait-ce que pour son incroyable candeur...
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