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Van Halen (1978)
Van Halen
Warner CD 3075
 

 Bien qu’il soit sorti en 1978, cet album fut enregistré en 77.  Il s’agit de l’album qui eut le plus d’impact sur la génération de guitaristes des années 80 avec Alive!  de Kiss.  En fait, Eddie Van Halen est le guitariste rock américain le plus influent depuis Jimi Hendrix.

 Son style flamboyant, ses innovations techniques et la sonorité singulière et unique de sa guitare en ont fait la référence de tous les gratteux de guitare des années 80.  À un moment donné au milieu des eighties, on retrouvait un petit clone d’Eddie dans à peu près tous les bars d’Amérique du nord.  Sa technique du tapping a été reprise par à peu près tout le monde (trop en fait!) pendant la décennie suivante.  Toutefois, Eddie n’en fut pas l’inventeur en réalité.  Steve Hackett s’en servait dans Genesis bien avant que Van Halen n’arrive sur la scène.  Le premier enregistrement de rock connu sur lequel on pouvait entendre du tapping fut la pièce Street Worm de l’album The 12 Dreams Of Doctor Sardonicus  (1970) du groupe Spirit, dans lequel oeuvrait le guitariste Randy California (qui avait lui-même joué avec Jimi Hendrix).
 Néanmoins, tout ceci n’a aucune importance quand on écoute ce premier effort studio de Van Halen.  La bonne humeur du groupe sur leur premier effort discographique est contagieuse.  La fougue et la jeunesse du quatuor sont tout à fait irrésistibles.

 La reprise de You Really Got Me des Kinks est absolument explosive.  il s’agit peut-être du meilleur moment du disque (qui pourtant n’en manque pas!).  Chacune des onze chansons de l’album est devenue un classique.  On n’a qu’à penser à Running With The Devil, Ain’t Talkin’ ‘Bout Love, Jamie’s Cryin’, Feel Your Love Tonight et On Fire.  Un feu d’artifice permanent!  La complicité qui existait entre David Lee Roth et Eddie Van Halen était réjouissante.  La voix chaleureuse de Roth est un des éléments qui ont fait tant défaut à Van Halen après son départ du groupe.

 Le premier disque de Van Halen était le point de départ d’un grand groupe américain qui a laissé une marque indélébile sur la musique des années 80 et 90.  Ils ont par la suite enregsitré de bons albums, mais jamais ils n’ont pu recréer l’esprit de fête qui règnait sur celui-ci.  Vraiment un achat à conseiller aux grands déprimés...



#26

Rumours (1977)
Fleetwood Mac
Warner W2-3010
 

 L’album de 1977.  Il s’en vendit des millions d’exemplaires cette année-là, dont un million de copies écoulées au Canada seulement (du jamais vu à l’époque).  Évidemment il faut apprécier le rock aux sonorités un peu plus pop pour aimer ce disque très léger, mais extrêmement bien fait.

 À l’origine, Fleetwood Mac était un groupe britannique de blues dirigé par le guitariste Peter Green.  En fait, Mick Fleetwood (batterie), John McVie (basse) et Peter Green ont décidé de fonder ce groupe en 1967 après qu’ils eurent quitté tous les trois les Bluesbreakers, le prestigieux groupe de John Mayall.  La musique que faisait Fleetwood Mac à cette période n’avait absolument rien à voir avec celle de Rumours .  Il s’agissait de blues tout ce qu’il y a de plus traditionnel.  C’est après le départ de Green en 1970 que la musique du groupe va prendre une orientation plus pop.  C’est aussi à ce moment-là que Christine Perfect (ex-Chicken Shack) va se joindre au groupe.  Dans les mois qui suivent, elle va épouser McVie et prendre son nom.  Le groupe galère pendant plusieurs années, produisant régulièrement des albums moyens qui ne font rien pour relancer leur carrière.  Tout va changer le jour où les américains Lindsay Buckingham (guitare) et sa compagne Stevie Nicks (chant) se joignent au groupe.  Avec les deux nouveaux venus ils enregistrent un album éponyme qui va connaître beaucoup de succès, notamment grâce à la chanson Rhiannon  de Nicks.  À partir de là, tout se mit à bien aller.  L’argent se mit à rentrer dans les coffres du groupe et la gloire était là.

 Toutefois, au moment de commencer le disque suivant, les choses étaient loin d’être roses pour le quintette.  Les deux couples du groupe (McVie-Perfect et Buckingham-Nicks) se préparaient à rompre.  Difficile d’enregistrer un album quand le divorce est dans l’air et qu’on s’échange des lettres d’avocats.

 D’une façon surprenante, ces événements qui auraient dû avoir des effets néfastes sur le groupe eurent tout l’effet contraire.  Ils stimulèrent l’inspiration des musiciens qui pondirent un album exceptionnelllement sophistiqué et intéressant.  De plus on retrouvait pas moins de quatre 45 tours à succès sur cet album.  Des titres comme Dreams, Don’t Stop, Go Your Own Way, The Chain et You Make Loving Fun sont tout à fait inoubliables.

 Cet album incroyablement bien fait a certainement marqué les musiciens de la fin des années 70, puisque la tendance générale après ce succès fut de se diriger vers un son plus léger.  Cependant, aucun des album de cette période n’arriva à égaler Rumours.



#27

Frampton comes Alive (1976)
Peter Frampton
A & M CD 506505
 

 Si Rumours fut l’album de 1977, Frampton Comes Alive fut celui de 1976.  La popularité de Frampton cette année-là était incroyable; des millions d’albums écoulés partout dans le monde, ce qui en a fait à l’époque le disque le plus vendu de tous les temps; des concerts à guichets fermés dans des stades immenses; des fans hystériques qui appelaient chaque soir les stations de radio afin d’entendre Do You Feel Like We Do, une pièce qui fait presque 15 minutes!  Pas si mal pour un type à peu près inconnu l’année précédente.

 Frampton s’était fait une toute petite réputation à l’époque où il était guitariste pour Humble Pie.  Toutefois, sa carrière solo n’avait pas suscité beaucoup d’intérêt.  Ses quatre premiers albums ne s’étaient pas du tout vendus. Tout ceci amena beaucoup de gens à se demander en 76 : «Qui sont donc tous ces gens que l’on peut entendre applaudir sur le disque en spectacle de Frampton, si c’est un parfait inconnu?»  Il faut croire que s’il était inconnu du grand public il avait tout de même une poignée de fans prêts à payer pour aller le voir en spectacle.  Un peu comme Kiss avant 75, Frampton avait un petit public de fidèles qui le suivait depuis des années.  Un public assez important pour remplir des petits arénas dans certaines grandes villes.  Heureusement qu’il avait des fans d’ailleurs, puisque Frampton a été en mesure de nous offrir tout un album.  On pourrait même dire dire qu’il s’agit d’un Greatest Hits  en spectacle.  On y retrouve toutes les meilleures chansons de tous les albums solo de Frampton : Something’s Happening, Wind Of Change, It’s A Plain Shame, (I’ll Give You) Money, Shine On, Lines On My Face, ainsi qu’une reprise intéressante de Jumping Jack Flash des Rolling Stones.

 Trois 45 tours à succès seront tirés de l’album double : Show Me The Way, Baby I Love Your Way, ainsi qu’une version écourtée de Do You Feel Like We Do.
 Cependant, ce succès aura des répercussions importantes sur l’industrie de la musique.  Le fait que Frampton Comes Alive  ait été le premier disque à être certifié multi-platine a fait réaliser à l’industrie qu’il y avait une clientèle beaucoup plus importante qu’on ne l’avait estimé auparavant.  Les dirigeants des compagnies de disques ont tout de suite vu le potentiel commercial qui s’offrait à eux quand ils ont compris à quel point la vente de disques pouvait rapporter.  Ce potentiel commercial a alors attiré des compagnies de l’extérieur qui ne s’intéressaient pas à la musique, seulement aux profits.  Ces compagnies ont pris des actions dans les sociétés de disques qui ont commencé à serrer la vis afin qu’il y ait de plus en plus de bénéfices.  C’est à ce moment-là que les comptables ont pris la tête des compagnies de disques.  Ces dernières se sont alors totalement désintéressées des artistes marginaux au profit d’artistes commerciaux.  C’est ce qui explique un peu le fait que les majors  ne prennent plus de risques aujourd’hui et que tant d’artistes fades dominent la scène musicale depuis quelques années.

Le côté artistique qui dominait au début des années 70 avait foutu le camp puisque tout n’était plus que question de ventes et de profits. Le pire dans tout ça, c’est que Frampton fut probablement une des premières victimes de cette nouvelle façon de faire.  Quand il s’est mis à vendre moins de disques, les compagnie de disques l’ont laissé choir comme un vieux kleenex de la veille.  Frampton avait été trop associé à une image de teen idol   et ça lui a considérablement nuit par la suite.  De plus, il prit des mauvaises décisions artistiques qui ont fini par avoir raison de sa carrière (comme celle notamment de tenir la vedette aux côtés des Bee Gees dans le film musical Sgt. Pepper’s, un navet risible qui a achevé ce qui restait de sa crédibilité).
 Néanmoins, Frampton Comes Alive est un grand album qu’il vaut vraiment la peine de connaître, ne serait-ce que pour l’importance historique qu’il a.





 

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