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# 22 à 24


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Pawn Hearts (1972)
Van Der Graaf Generator
Charisma CHC 54
 

 De tous les groupes de rock progressif des années 70, c’est probablement Van Der Graaf Generator qui faisait la musique la moins accessible de toutes.  Une musique complexe, étrange, noire, sépulcrale et absolument anti-commerciale.  Souvent, il fallait écouter un album de Van Der Graaf Generator trois ou quatre fois avant de commencer à se familiariser avec lui.  Toutefois, une fois que c’était chose faite, on devenait accroché à cet album pour le reste de sa vie.

 Ma première expérience avec Pawn Hearts fut très différente puisque j’ai accroché dès la première écoute.  Des albums comme Still Life  ou Godbluff  étaient excellents, mais ils étaient cependant plus difficiles à aborder que ce quatrième disque de la formation britannique.  Il reste néanmoins que Pawn Hearts n’est pas pour tout le monde, bien que Van Der Graaf Generator aient connu beaucoup de succès au Québec dans les années 70.  Ils faisaient le tour du Québec et remplissaient des arénas à chacun de leurs concerts.  C’est donc dire qu’il y a un public pour la musique complexe.

 Le chanteur guitariste Peter Hammill était le cerveau de la formation qui comprenait Hugh Banton à l’orgue et au piano, David Jackson au saxophone et Guy Evans à la batterie.  Ils ont beaucoup influencé la new wave et la cold wave de la fin des années 70.

 Pawn Hearts ne contient que trois longues pièces et une petite instrumentale de deux minutes.  Le disque s’ouvre avec la pièce Lemmings (Including Cog).  Tout de suite en partant on a une bonne idée de ce qui va suivre pour le reste de l’album.  Un climat oppressant mais curieusement aérien.  La partie de basse frappe en particulier par son étrangeté.  Le saxophone de Jackson est bien en évidence tout le long de la pièce qui fait la moitié de la face un.  Theme One, composée par l’ancien producteur des Beatles, George Martin, était sortie quelque temps auparavant en 45 tours.  Il s’agit d’une petite pièce instrumentale très agréable.  Man-Erg est un morceau qui passe tour à tour de la ballade douce à l’orgue et au piano, à la défonce rock la plus totale.  La composition se termine par un crescendo magistral.

 Sur la face deux, on ne retrouve qu’une seule chanson, A Plague Of The Lighthouse Keepers.  Il s’agit ici du chef-d’œuvre de Van Der Graaf Generator.  Un long morceau qui fait plus de 23 minutes.  Il serait ici inutile de tenter de décrire cette pièce grandiose, puisqu’il faut vraiment l’entendre pour en saisir toute la majesté.  Mentionnons seulement que A Plague  se termine par un solo de guitare monumental de Robert Fripp de King Crimson.  Juste pour ce moment-là, l’achat de Pawn Hearts  en vaut amplement la peine.


#23

Salisbury (1971)
Uriah Heep
Castle ESMCD 317
 

 La plupart du temps, les tentatives de fusion entre le rock et la musique classique se sont soldées par des échecs.  Il y a eu peu de réussites dans le genre.  Quand venait le temps de jumeler un orchestre symphonique avec une formation rock on obtenait soit des résultats ringards, soit un exercice prétentieux et ennuyant.  Il y a bien eu les albums Days Of Future Passed  des Moody Blues et In Concert With The Edmonton Symphony Orchestra  de Procol Harum, mais il s’agissait vraiment d’exceptions.
 Autre exception, Salisbury, du groupe culte Uriah Heep.  Nous avons ici affaire à une réussite totale de la part du quintette anglais.

C’était la première fois qu’on jumelait un groupe heavy à un orchestre de cuivres et d’instruments à vent de 22 musiciens.  Le morceau fait plus de 16 minutes.  Tous ceux à qui j’ai fait entendre cette pièce ont été frappés de stupeur par la puissance de cette composition.  Salisbury  ne sonne absolument pas comme de la musique d’ascenseur.  La chanson sonne plutôt comme une tonne de briques sur la tête.  Il faut vraiment l’entendre pour se faire une idée des résultats auxquels Uriah Heep sont arrivés.  Le solo de Wah-Wah  de Mick Box est tout à fait hallucinant.  Le groupe a vraiment fait sa marque pour la première fois avec ce morceau.

 Toutefois, on ne retrouve pas seulement que cette pièce - qui occupe la face deux au complet - sur l’album.  Le disque s’ouvre avec la très heavy   Bird Of Prey qui risque certainement de vous décaper les oreilles dès le départ.  Le riff  de guitare est carrément dévastateur.  Il s’agit certainement d’une des meilleures pièces du répertoire de Heep.

 Par la suite, on retrouve The Park, une pièce douce qui nous permet de relaxer, ce qui est rare sur un disque de Uriah Heep.  il s’agit d’une des chansons préférée de Ken Hensley, le claviériste et leader du groupe.  Time To Live est un bon rock punché  au tempo lent.  Lady In Black, la chanson suivante, est devenue un des premiers grands succès de Uriah Heep.  Il s’agit d’une balade dans le genre guitare sur le bord d’un feu de camp.  Apparemment qu’on se sert de cette chanson dans des écoles allemandes afin d’enseigner l’anglais aux enfants.  High Priestess est un autre petit rock bien conventionnel.  Malheureusement il fait bien pitié comparativement au reste du disque.

 Salisbury est sorti sous deux différentes pochettes.  Celle que l’on peut admirer ci-dessus ornait la copie américaine.  La copie britannique montrait plutôt un char d’assaut en train d’écraser une fleur.  Sur disques compacts, les chansons sont les mêmes.  Pour ce qui est des copies de vinyle, on a remplacé Bird Of Prey sur le pressage nord-américain par Simon the Bullet Freak.  Je vous conseille fortement de vous procurer plutôt la version britannique du disque qui est bien meilleure.


#24

In Rock (1970)
Deep Purple
Warner CD1877
 

 À leurs débuts, Deep Purple faisait un genre de pop musclée qui nous a donné des succès comme Hush  et Kentucky Woman, une reprise d’un succès de Neil Diamond.  À ce moment-là la musique de Purple faisait un peu penser à celle de Vanilla Fudge, mais en moins brutale.  L’organiste Jon Lord était à la tête du groupe à cette époque.  Par la suite ils s’essayèrent à la fusion de la musique classique et du rock.  Cette tentative s’avéra être un échec.  L’album Concerto For Group And Orchestra  fut un flop  commercial.  C’est à partir de là que le guitariste Ritchie Blackmore prit les commandes du groupe.  Deep Purple amorce alors un virage à 360 degrés et se lancent dans le heavy metal..

 Le premier microsillon qui rendait compte de la nouvelle orientation du groupe fut In Rock..  Cet album reste encore aujourd’hui le plus réussi de Deep Purple, quoiqu’il n’ait pas nécessairement été le plus populaire.  Sur ce point, les disques Machine Head  et Made In Japan  le dépassent largement.

 Néanmoins, il s’agit de leur ouvrage le plus égal, le plus achevé et le plus enthousiaste en carrière.  On y retrouve entre autres les classiques Speed King, Flight Of The Rat, Hard Lovin’ Man et, par dessus tout, Child In Time.  Jamais on ne sent qu’une des chansons a été mise là afin de boucher un trou.  L’ensemble est inspiré et respire la fraîcheur.  On retrouve beaucoup de solos d’orgue et de guitare sur le disque, mais rien n’est déplacé ou ennuyeux.  Même que souvent c’est le moment le plus attendu de chaque morceau.  Il faut mentionner en passant que Ian Gillan avait toute une voix dans ce temps-là.

 In Rock  nous permet de faire un beau voyage dans le temps, à l’époque où le métal était encore jeune.  Un beau moment.
 



 

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