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# 19 à 21


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#19

Sticky Fingers (1971)
The Rolling Stones
Virgin V2 7243 8 39525 2 6
 

 Ce disque studio des Stones fut le premier à paraître sur leur propre étiquette, Rolling Stones Records.  Sticky Fingers, qui représente une de leurs plus belles réussites discographique, faisait suite à Let It Bleed sorti deux ans plus tôt.  Le climat relaxe de l’album et les paroles empreintes de volutes de fumées interdites ont tout de suite séduit les fans du groupe.  Mick Jagger faisait constamment référence à la drogue dans ses textes (Sister Morphine, Brown Sugar), ce qui donnait à penser que tout l’entourage des Stones était constitué de junkies.

 Néanmoins, malgré ce message d’une moralité douteuse, Sticky Fingers  est à classer parmi le meilleurs albums du genre.  On y retrouve des classiques comme Bitch, You Gotta Move, Can’t You Hear Me Knocking, Wild Horses et, bien sûr, Brown Sugar.  Tout comme sur les deux derniers albums, les influences sur Sticky Fingers  sont diverses : blues, country, folk et rock pur à 100%.  Ce qui est exceptionnel avec les Stones, c’est qu’ils se servent de ces influences afin de se concocter un style personnel tout à fait unique.  Ce fut probablement la force des Stones qui essayaient toujours de faire évoluer leur musique en allant puiser à d’autres sources.
 L’année suivante, les Stones sortirent Exile On Main Street  qui était un peu un retour aux sources pour eux.  Bien que l’album fut excellent, il n’avait pas le même aspect expérimental que ses prédécesseurs avaient.  Sticky Fingers  fut véritablement le dernier album audacieux des Stones.
 



#20

The Lamb Lies Down On Broadway (1973)
Genesis
Atco 2SDS 401 C

 Disons-le d’emblée, les quatre premiers albums de Genesis (Trespass, Nursery Cryme, Foxtrot et Selling England By The Pound) sont tous des chefs-d’œuvre.  Il est impossible de contredire ce fait.  Toutefois, The Lamb Lies Down On Broadway était leur album le plus travaillé et le plus élaboré.  Il s’agissait du premier album concept pour la formation britannique.  Concept d’ailleurs fort compliqué.  Si le concept de Tommy était difficile à saisir, celui de The Lamb est à peu près insaisissable.

On peut passer des heures à essayer de décortiquer le sens du texte imprimé à l’intérieur de la pochette et n’être pas plus avancé à la fin qu’on ne l’était au début.
 Sur cet ambitieux album double, on retrouve des incontournables de Genesis comme Back In New York City, The Carper Crawlers, In The Cage et Cuckoo Cocoon.  Le disque est conçu sans temps morts, les pièces s’enchaînant presque toutes les unes à la suite des autres.  Musicalement, le disque est un peu moins facile d’approche que les quatre premiers albums du groupe parce qu’on dirait qu’on a affaire à une longue pièce qui fait les quatre côtés du disque tellement l’ensemble est indissociable.  C’est cet aspect qui rebute certaines personnes à The Lamb..  Néanmoins, si on réussit à passer par dessus ce détail, l’écoute de ce disque s’avérera être une véritable jouissance pour les oreilles.

 The Lamb  fut le dernier album que Genesis enregistra avec Peter Gabriel qui entreprit par la suite une carrière solo.  La musique du groupe changea énormément après le départ de Gabriel.  Phil Collins remplaça Gabriel à la voix et le groupe emprunta une orientation extrêmement commerciale qui n’avait plus grand chose à voir avec leurs premiers efforts discographiques, bien que Trick Of The Tail,  Wind And Wuthering  et And Then There Were Three  aient tous été très bons. Le virage commercial de Genesis conduisit Steve Hackett à quitter le groupe à son tour à la fin des années 70.  Le succès fut au rendez-vous pour Genesis dans les années 80, mais les fans de la première heure les avaient désertés depuis longtemps.



#21

Crime Of The Century (1974)
Supertramp
A & M CCD-3647
 

 Qui donc au Québec dans les années 70 ne possédait pas une copie de cet album?  Sûrement pas grand monde.  On avait l’impression que tout le monde et son chien possédait un exemplaire de Crime Of The Century   et de First Base  de Babe Ruth.  Quand on écoute l’album pour la première fois on comprend le pourquoi d’un tel succès.

 Crime  était le troisième album de Supertramp.  Beaucoup de gens pourtant pensaient qu’il s’agissait du premier disque du groupe britannique tellement les deux premiers étaient passés inaperçus (malheureusement d’ailleurs puisque le premier album éponyme était très bon).  Crime Of The Century  renfermait le succès School qui a fait danser une génération au complet de Québécois.  La pièce, qui commence avec une partie d’harmonica qui rappelle le film Il était une fois dans l’Ouest. de Sergio Leone, a une mélodie irrésistible.

 C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès de Supertramp : des airs accrocheurs, de la musique de qualité très  accessible, remplie d’imagination et d’humour sans jamais tomber dans la dérision ou la prétention.  L’album contient des pièces comme Bloody Well Right, Hide in Your Shell, Dreamer, Rudy et If Everyone Was Listening.  Seulement des classiques. Quoi de mieux pour vendre un album?  L’instrumentation est impeccable et les compositions parfaites.

 C’est au Québec que Supertramp obtint pour la première fois la reconnaissance du public.  Les québécois avaient le don à cette époque de découvrir en premier les talents de groupes qui sont devenus par la suite des mégastars.  On n’a qu’à penser à Styx et à Gentle Giant.  Au moment où Breakfast In America  sortit en 1979, Supertramp étaient devenus de grandes vedettes en France et aux États-Unis.  Toutefois, ils n’avaient pas oublié que c’était au Québec qu’ils avaient connu leurs premiers succès.

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