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# 16 à 18


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#16

Strange Days (1967)
The Doors
Electra CD 74014
 

 Il est évident aujourd’hui que Jim Morrison a contribué à rendre le rock intelligent et à en faire une forme d’art légitime.  Avant que les Doors ne débarquent en 1967, le rock était très peu cérébral.  Les textes étaient insipides et ne parlaient que de relations amoureuses superficielles entre les garçons et les filles.  Le rock était incroyablement juvénile, ne s’adressant qu’à un public d’enfants et d’adolescents.  Morrison va lui donner une nouvelle orientation théâtrale avec sa poésie noire, inspirée par les drogues et les philosophes du 20ème siècle comme Aldous Huxley et des écrivains comme Antonin Artaud.

 Le premier album éponyme des Doors, sorti au début de 67, avait été un énorme succès.  Ceci était surtout dû à la présence sur le disque de la chanson Light My Fire, une composition du guitariste Robbie Krieger.  Le 45 tours se rendit jusqu’à la première position des palmarès américains, ce qui leur assura une participation au Ed Sullivan Show.  Avec autant de visibilité, le groupe avait de bonnes chances que leur deuxième album ne passe pas inaperçu, surtout avec une personnalité aussi forte que Morrison à la barre du groupe.

 Le groupe avait déjà commencé à développer leur imagerie singulière sur le premier disque (notamment avec la chanson The End, un long poème œdipien qui fit scandale à sa sortie), mais il explosa littéralement avec le deuxième.  Strange Days  reprenait un peu le concept du disque éponyme, mais en mieux.  L’album regorge littéralement de classiques : Love Me Two Times, People Are Strange, Moonlight Drive, You’re Lost Little Girl, Strange Days et, surtout, When The Music’s Over, que Robbie Krieger continue à considérer comme la pièce maîtresse du groupe.

 La production de l’album est impeccable.  On dirait que l’album a été enregistré l’année dernière tellement le son est actuel.  Côté musical, comme pour tous les albums des Doors, l’ensemble est solide. La voix de Morrison y est puissante et excellente d’un bout à l’autre, contrairement aux albums qui suivront par la suite.

 Strange Days  est l’album des Doors à se procurer parce qu’il nous montre le groupe à son apogée.  Un groupe incontournable du vingtième siècle.


#17


Tommy (1969)
The Who
MCA CMCAD2 10005-552513T
 

 Comme je le mentionnais auparavant, Tommy fut le premier opéra rock de tous les temps.  Avec cet album The Who vont devenir des superstars planétaire et leur assurer la fortune.  C’est d’ailleurs cet album double qui venait sauver le groupe de la faillite.  Il faut dire que la manie du groupe de détruire tous leurs instruments et équipement de scène à tous les spectacles depuis leurs débuts leur avait coûté extrêmement cher, au point où ils étaient presque ruinés à la fin des années 60.  L’album n’obtint pas un succès immédiat à sa sortie, mais il se mit à vendre de plus en plus au cours des mois et des années qui suivirent, au point de devenir un des plus grands vendeurs de l’histoire du rock.

 Tommy raconte l’histoire d’un jeune garçon sourd, muet et aveugle qui est champion de pinball..  Inutile de dire qu’il s’agissait d’un concept très surréaliste.  Tout le long de l’album, Tommy rencontre divers personnages : le méchant cousin Kevin, une prostituée surnommée l’Acid Queen, le vieil oncle Ernie qui abuse de lui et Sally Simpson, une riche groupie qui est littéralement défigurée par des fans de Tommy en délire.  Toutefois, il faut savoir que le récit est difficile à suivre et que la finale est tout à fait incompréhensible (après avoir fondé une secte, les disciples de Tommy se révoltent contre lui et détruisent son camp de vacances!!!).

 Néanmoins, si l’histoire de Tommy est difficile à comprendre, il en est tout autrement de la musique qui est très accessible.  Pas besoin d’être un mélomane érudit pour pouvoir apprécier cet opéra rock.  Le nombre de classiques des Who qu’on retrouve sur Tommy est là pour en témoigner : Pinball Wizard, I’m Free, The Acid Queen et We’re Not Gonna Take It, qui reprend le fameux thème See Me, Feel Me à la fin de l’album.

 Avec tous ces atouts, il n’est pas surprenant que Tommy ait toujours été un des albums préférés de la génération des Baby boomers.  La preuve de cela, lorsqu’on a décidé de reprendre le spectacle sur Broadway il y a quelques années, il est devenu un des plus gros succès de la saison.  Tommy vaut vraiment le détour.


#18

Paranoid (1970)
Black Sabbath
Warner W2 3104
 

 Tout comme les deux premiers disques de Led Zeppelin, Paranoid va établir les bases définitives du heavy metal.  Tous les ingrédients sont là : véritable mur de son monstrueux créé par le guitariste Tony Iommi, tempos à la fois lourds et lents de la section rythmique composée de Geezer Butler à la basse et de Bill Ward à la batterie, ainsi qu’une voix d’outre-tombe hurlée par un certain Ozzy Ozbourne.  Le nom de cet étrange mélange venu des ténèbres? Black Sabbath.

 Paranoid  était le deuxième album de ce groupe de Birmingham en Angleterre.  Le premier disque éponyme était sorti l’année précédente et avait remporté beaucoup de succès malgré les critiques qui se mirent dès le départ à s’acharner sur le groupe.  Le succès est arrivé d’une façon relativement rapide pour la formation britannique.  Ces quatre jeunes, maniaques de films d’horreur, avaient commencé par former ensemble un groupe de blues à la fin des années 60 appelé Earth.  Cette formation n’est jamais allée loin.  Après un court séjour avec Jethro Tull, Tony Iommi revint au bercail au début de 69 et le groupe se rebaptisa alors Black Sabbath.

 En prenant ce nom ils savaient exactement ce à quoi ils s’exposaient.  Mais l’idée de se démarquer des autres groupes qui chantaient la paix et l’amour en adoptant une image noire et satanique était trop tentante.  Pendant des années ils vont avoir à faire face à des prédicateurs hallucinés qui croient fermement que les quatre pauvres fils d’ouvriers étaient des rejetons de Lucifer directement importés de l’enfer.  On parlait même du groupe aux nouvelles du soir lorsqu’ils se produisaient dans différente ville américaines : «Ne vous rendez pas à ce spectacle.  Mais, si vous le faites, ne les regardez surtout pas dans les yeux!»  Personnellement, je me rappelle qu’au milieu des années 80 je m’étais rendu au Colisée de Québec pour assister à un spectacle de Ozzy Ozbourne et qu’une bande d’hurluberlus avaient passé le spectacle en entier dans le stationnement de l’amphithéâtre afin de prier pour nos âmes, à 30 degrés sous zéro!

 Pourtant, les gars de Black Sabbath étaient pas mal plus intéressés à boire leurs caisses de bières et à rencontrer des femmes qu’à courir tout nus à la pleine lune pour sacrifier des vierges.  C’est ainsi qu’il faut aborder la musique de Black Sabbath.  Avec humour et détachement.  De la même façon qu’on écoute un film d’horreur.

 Paranoid contient certains des plus grands classiques de Sabbath : War Pigs, Iron Man, Electric Funeral, Fairies Wear Boots et la chanson titre.  Ce disque devrait obligatoirement faire partie de la collection de chaque amateur de métal puisqu’il définit parfaitement ce style de musique toujours populaire de nos jours.


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