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Nouvelles du Petit Paradis en Equateur

La vie quotidienne dans le nord des Andes équatoriennes


L'album de photos du Petit Paradis

Environs du Petit Paradis : Les gens et les bêtes

 

(Le Petit Paradis est situé à San Antonio de Ibarra, Imbabura, Equateur.)

Il y a longtemps que je pensais compléter les deux premiers albums, "Paysages" et "Maisons et églises" par un troisième volet consacré aux êtres vivants autour de nous. Au moins deux obstacles se sont mis sur mon chemin : ma difficulté à photographier les gens d'ici, sachant que certains ont conservé une forte réticence vis-à-vis de la photographie et des photographes, et la mise hors service de mon premier appareil digital à la suite d'une chute malencontreuse - sans conséquence pour moi, mais fatale pour lui -, et le temps que j'ai mis à le remplacer.

Un heureux hasard a voulu que le mari d'une des filles de Lunita, un photographe amateur qui vaut bien des professionnels, nous remette un CD avec toutes les photos qu'il a faites lors de sa visite au Petit Paradis, il y a quelques mois. J'en ai extrait les photos qui suivent et qui constituent la première partie de cet album. Ces photos ont été prises à Ibarra, à Otavalo, ville siège d'un célèbre marché indien et à Zuleta, un village situé de l'autre côté du volcan Imbabura, où l'on trouve de magnifiques ouvrages brodés, dont voici un échantillon. J'utilise donc cette fois le terme "environs" d'une manière extensive, puisque Otavalo est à 20 minutes de chez nous et Zuleta, malgré sa proximité à vol d'oiseau, est à une bonne heure de voiture, sur l'ancienne route pavée qui va d'Ibarra à Quito.

1. PHOTOS D'IBARRA, OTAVALO ET ZULETA

Les gens photographiés sont uniquement des indiens, ou plutôt des indiennes, peut-être à cause de la préférence sexuelle du photographe, mais surtout pour le pittoresque. En effet, rares sont les hommes qui portent encore le costume traditionnel en ville. Les autres, au moins ceux qui témoignent encore un attachement à leurs origines ethniques, n'ont maintenu que les cheveux longs réunis en une tresse et le port d'un chapeau de feutre, vissé sur la tête en toutes circonstances.

Le costume d'Otavalo est universellement connu, car les otavaléniens sont de redoutables commerçants que l'on trouve dans toutes les grandes villes du monde. Il fait penser à celui de certaines religieuses, surtout quand les femmes - d'un certain âge -, portent une coiffe, que les jeunes filles ont, elles, abandonnée. La blouse blanche brodée est accompagnée des traditionnelles huallcas (plusieurs rangs de boules de métal doré). Le costume de Zuleta comprend une jupe finement plissée de couleur vert, bleu ou rouge foncé et également une blouse brodée, mais plus colorée. De nombreuses variations familiales ou individuelles viennent enrichir le thème principal.

IBARRA

Du fait qu'Ibarra est la capitale de la province, on y trouve des personnes de toute provenance qui viennent acheter ou vendre des produits ou régler des problèmes administratifs. Mais rien n'interdit de penser que les femmes qui vaquent à leurs occupations en costume n'y vivent pas, du fait de l'importante émigration rurale vers les centres urbains. A noter sur la 4e photo, la manière traditionnelle d'emballer les bébés sur le dos, qui permet de marcher ou de travailler les mains libres. Je crois bien n'avoir jamais vu un enfant protester contre ce mode de transport, qui paraît particulièrement confortable. Comme on le voit sur la première photo, c'est aussi pratique pour transporter des charges lourdes. Un des accessoires importants du costume sont les espadrilles, que l'on voit bien sur la 5e photo, qui ne se fabriquent malheureusement plus en fibres de cabuya.

(Cliquez sur la vignette pour agrandir la photo)

Femme de Zuleta portant une charge sur le dos - DV Groupe d'Otavaléniennes - DV Discussion sur le gazon du parc de La Merced- DV Femme portant un enfant sur le dos - DV
Femme d'Otavalo avec espadrilles et tablier -DV Deux générations - DV Vieille femme aux pieds nus - DV

OTAVALO

La première photo montre une sculpture en ciment peint, typique de la Sierra, souvent située à l'entrée d'une ville ou d'un village, sur un rond-point. Dans le cas d'Otavalo, il s'agit d'un groupe de danseurs. Ce qui m'a toujours intrigué est le fait que, même s'ils ont le type indien, les personnages ont la peau blanche ! Les photos 2 à 9 ont été prises sur le marché, un jour de semaine où il y a plus de vendeurs que de clients. Photo 9, remarquez l'accumulation sur la tête de la même personne d'une coiffe et d'un chapeau de feutre.

Groupe de danseurs - DV Sur le marché - DV Sur le marché - DV Sur le marché - DV
Sur le marché - DV Sur le marché - DV Sur le marché, enfin un homme ! - DV Sur le marché - DV
Sur le marché - DV Groupe d'enfants dont une seule porte le costume - DV Sur un banc - DV

ZULETA

Zuleta a peu l'air d'un village. Ses maisons s'étirent sur plusieurs kilomètres le long du chemin. Les fins de semaine, il y a de l'animation autour du local de la coopérative des artisanes. Mais la véritable attraction touristique est la Hacienda Zuleta, du nom du premier propriétaire après les Jésuites (expulsés d'Equateur en 1767), le chanoine Gabriel Zuleta. Les propriétaires actuels sont les descendants du général Leonidas Plaza, qui fut, en son temps (1901-04, 1912-14), président de la République. Malheureusement, l'accès de cette hacienda est réservé à ceux qui sont disposés à y passer au minimum deux nuits, à un prix indéterminé, et sur réservation.

Si vous avez l'intention d'acheter des ouvrages brodés, il est probablement préférable d'y aller la semaine, en vous rendant chez les artisanes, dont la maison est signalée par un écriteau. Vous perdrez plus de temps, mais vous ferez plus ample connaissance avec elles et vous trouverez peut-être votre bonheur.

En gardant les vaches au bord du chemin - DV Artisane et vendeuse d'ouvrages brodés - DV En costume, avec une veste pour se protéger de la fraîcheur - DV Paysanne suivie de petits cochons noirs et roses - DV

2. PHOTOS DES ENVIRONS DU PETIT PARADIS

Il s'agit d'un début qui sera complété au fur et à mesure de mes promenades.

Il y a peu d'animaux dans les photos qui précèdent. Voici d'abord un représentant d'une espèce utile, bien qu'en voie de disparition dans les environs du Petit Paradis, comme du reste les chevaux. Pendant quelques semaines, nous avons été réveillé à 5 heures du matin par les braiments d'un confrère, qui prenait pension pas loin de chez nous.

Encore plus utile, le cochon, que l'on va trouver dans presque chaque famille des environs. Nous n'achetons du porc que quand l'un ou l'autre de nos voisins en sacrifie un, à deux dollars le kilo.

Bien que l'on ne puisse pas distinguer ses yeux sur la photo, ce cochon-là est profondément intéressé par mon activité photographique. Un pays où les cochons sont noirs et sont élevés en semi-liberté le long des chemins, me paraît beaucoup plus civilisé que ceux qui enferment des centaines de monstres roses dans des fabriques à viande malodorantes. J'ai découvert les cochons noirs au bord des routes en Bolivie, avant de les retrouver en Colombie et en Equateur. A l'intention des amateurs de porc, j'ajouterai que leur chair est plus savoureuse que celle des autres, mais le respect de la vérité m'oblige à dire que les élevages intensifs existent aussi en Amérique latine.

Parmi les hôtes du Petit Paradis, il y a une demi-douzaine de grenouilles (ou plus probablement de crapauds) qui enchantent nos nuits depuis quelques semaines par leurs mélopées, je suppose amoureuses, car il n'a pas plu depuis longtemps. Elles sont en général invisibles, mais, en tentant de sortir une branche morte d'un pot en terre du jardin, j'en ai dérangé une, qui a été assez sympa pour attendre que j'aille chercher mon appareil photo.

Quoi de plus écologique qu'un attelage de boeufs pour tracer les sillons, puis pour éliminer les mauvaises herbes, tant que le maïs n'a pas atteint sa taille normale ? Et quand vient l'heure d'aller déjeuner chez soi, on parque les animaux au bord du chemin et on emporte la charrue en bois sur son épaule.

Lors des fêtes de la Toussaint, la tradition veut que l'on mange des "guaguas de pan" avec de la "colada morada", des pains de taille variable en forme de petit enfant (guagua), accompagnés avec une boisson à base de mûres.

Quelques semaines plus tard, le 31 décembre, la "quema del año viejo" (le brûlage de l'an vieux) constitue une autre tradition. Certains artisans se spécialisent dans la fabrication des pantins de taille humaine, que l'on peut acheter, mais beaucoup de familles préfèrent le fabriquer elles-mêmes avec des vieux habits et des chiffons, puis on le bourre de pétards, en principe interdits à la vente. Selon les comptes que l'on a à régler, le pantin représente le maire, le président, le patron, la belle-mère, Bin Laden ou Bush, et un peu avant minuit, on y met le feu. C'est une manière symbolique et bruyante, parfois dangereuse, de se débarrasser de tout ce qu'il y a eu de mauvais dans l'année qui se termine. Le matin du premier janvier, les rues des quartiers sont remplis des débris des pantins explosés.

Mes voisins sont souvent des gens âgés et de petite taille. Je suis toujours impressionné par la charge qu'ils sont capables de transporter, parfois sur des kilomètres. Il s'agit le plus souvent de ballots d'herbe pour les cuyes ou de tiges de maïs pour les vaches. Lorsqu'on les voit marcher de derrière, on a l'impression que c'est ballot qui se déplace sans intervention humaine, comme les arbres de la forêt de Birnam dans "Macbeth". Vu de devant, l'effet hallucinatoire est moins évident !

L'eau est abondante sur les flancs du volcan et elle ne sert pas seulement à irriguer les champs. Les mères de famille pauvres lavent leur linge dans les ruisseaux ou les canaux d'irrigation. L'eau de ville, à notre arrivée il y a trois ans, ne coûtait que 4,5 cents le mètre cube, elle a exactement doublé aujourd'hui, soit 9 cents. Mais il n'y a pas de petites économies. Les femmes s'immergent souvent jusqu'à mi-cuisses pendant les une ou deux heures que dure la lessive. J'ai beau me dire que c'est excellent pour les varices et que l'eau n'est pas si froide que ça, cela me réfrigère à chaque fois.

Cependant, les femmes indiennes savent aussi se reposer parfois : une voisine de Natabuela.

Ane face au volcan Cochon noir au bord du chemin Une scène digne de Millet "Guaguas" de pan avec une tasse de boisson aux mûres
Monigote del año viejo (Pantin de l'an vieux) Femme maïs de nuit - DV Lavandière en action Indienne au repos
Grenouille


28 janvier 2005

Voir également

"Environs du Petit Paradis : Paysages"

"Environs du Petit Paradis : Maisons et églises"

"Environs du Petit Paradis : Un pont qui se fait attendre"

"Environs du Petit Paradis : Le "Cortège de la joie" des fêtes patronales de San Antonio de Ibarra"

"Environs du Petit Paradis : Le mendiant de San Antonio de Ibarra"


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