Ténèbres, nuit, obscurité, peu importe le nom par lequel on le désigne, le noir reste noir, et dans le plus profond de chaque être humain, dans l'inconscience de son esprit, vit cette peur ancestrale de la nuit, du noir et de l'inconnu.
Même l'homme le plus courageux deviendra fou si il est capturé par les ténèbres. Dans sa tête, les sons les plus insignifiants engendrons une folie ténébreuse, il sentira la démence tranquillement prendre possession de son esprit, et si la lumière n'apparaît pas très rapidement, il mourra d'un sombre délire, son âme disparaissant au plus profond de l'enfer.
C'est un peu ce qui m'arrive depuis les 20 dernières années. Chaque nuit, je me retrouve dans ce lieu opaque, vide de toute lumière blanche et emplit d'une lueur obscure. Tout autour de moi, la nuit règne, une nuit sans étoiles et sans clair de lune, juste cette lumière noire et vivante. Les ténèbres ont une vie propre ici, je peux voir la pulsation de ce cœur chaotique qui vibre en moi. A travers mon corps je sens les pensées maléfiques de cet endroit pousser mon esprit vers les abysses de l'aliénation. Je me suis quelques peu habitué à cet endroit maudit avec le temps, ou mes rêve sont attirés chaque nuit sans que je sache pourquoi. La peur qui m'envahissait au début diminue quelque peu maintenant, mais l'effet moindre de l'effroi ne peut qu'indiquer que de pire souffrances a venir.
Les ondes démoniaques qui naviguent en cette mer de noirceur m'alertent sur ce qui s'annonce pour moi. Ils se sont nourris de ma peur depuis si longtemps qu'elles ne leurs suffisent plus maintenant, elles veulent plus, elles veulent le don ultime, la peur la plus pure, la mort et ce qui s'ensuit.
Comme à toutes les nuit de ma vie, ce soir, je me retrouve dans cet endroit sombre, ou la nuit me rend aveugle par l'éblouissante noirceur, et ou je ne suis qu'un être minable qui sert de nourriture psychique à des créatures inconnus. Contrairement aux autres nuits, cette fois quelque chose est différent, le noir est plus obscur, les pulsation sont maintenant inaudible, et les pensées hideuses donnent l'impression de s'être désintégré a travers les courants ténébreux emplissant ce lieu.
Je suis seul dans le noir et j'ai peur. Je deviens fou, l'aliénation attaque mon cerveau et je sens ma raison me quitter comme les rats fuyant un navire avant le naufrage. La folie ou la mort, laquelle de ces dames fatales me séduira la première. Peut-être les deux, qui sait.
J'ai connu la peur en ce lieu déjà, lors de chacun de mes rêves, mais les règles ont changé cette fois. Avant j'avais une raison d'avoir peur, ces terrible battements d'un coeur indéfinissable, ces pensées si horribles et dégoûtantes et cette obscurité plus aveuglante que mille soleil, que plus d'une fois j'ai vu ma vie se terminer aussi rapidement et stupide que la fin d'un mauvais film.
Logiquement je n'ai plus aucune raison d'avoir peur maintenant. Je suis
seul, sans toutes ces abominables atrocités qui m'entouraient, je ne devrais
plus être effrayé puisque je suis seul, je sais, mais cette sombre solitude
me tue. J'aimerais me réveiller, sortir de cet isolement mortelle mais
je ne peux pas. Je ne suis qu'un jouet parmi tant d'autre dans les griffes
de créatures venues d'ailleurs et vivant sur le seuil de notre conscience
et au cœur de notre inconscience.
Je ne peux pas les voir (je ne les ai jamais vu) et ne peux plus sentir
leur présence comme auparavant mais je sais qu'ils se nourrissent de la
nouvelle angoisse qu'un nouveau rêve m'apporte de la même façon qu'ils
le faisaient avant.
Jamais je n'aurais cru que de sentir la présence de ces choses me manqueraient à ce point. Il est moins terribles d'avoir peur de quelque chose que d'être effrayé du néant, le manque d'appui de cette peur sur ma raison me tue a petit feu, une torture mentale pire que toutes celles qu'on pourrait exercé sur mon corps physique.
Mais qu'il se passe ? Quelque chose change. Tout à coup, je sens un bruit inconnu, une curieuse vibration bouleverse le silence de cette noirceur. Des formes éthérés traversent l'opacité de cet endroit.
Ils sont partout autour de moi, ils veulent le peu de peur et de raison que je possède toujours. Ma fin est proche, la mort est la et la folie la suis de très près.
Je ne suis plus rien et jamais plus je me réveillerais, et si je le fais je ne serais qu'un simple fou perdu sans raison dans un monde dont il a oublié l'existence. Jamais plus je reverrais le soleil et je serais sans doute pris dans cet endroit comme celui-ci pour l'éternité.
Et voilà, ils arrivent, des milliers de sphères minuscules, remplit de haine, et bougeant d'une façon si obscur et répugnante que mon esprit perd de plus en plus le contact avec ma raison. Ils ont décidé de m'achever, faisant sentir leurs présence ténébreuse, en m'éclairant de leur luminosité noire comme la nuit. Je sens le globe de leur présence sur ma peau et l'effet de leur infâme nature à l'intérieur de mon moi-même. Je sens mes organes se liquéfier, mon cerveau se ramollir en une masse grisâtre et couler par mes oreilles et mon nez comme un torrent en pleine brousse. Mon âme me quitte, elle me déserte pour aller nourrir ces choses.
Je suis seul, j'ai peur, ils sont content, je suis mort.
J'avais raison. Je serais ici, dans cette dimension de cauchemar, pour
l'éternité. Je suis content, j'adore cela, j'aime me nourrir de la peur
des malheureux dont l'inconscient à été capturé ici. La peur dont je me
nourris me rend plus fort que je ne l'ai jamais été, et je sais que je
leur rend services en les tuant de cette manière, car une fois mort ils
feront parties de nous.