II- DONNEES DU PROBLEME
Les chiffres:
Selon un rapport du B.I.T en 95,
80 millions d'enfants dans le monde
exercent une activité professionelle. Mais leur nombre est en
réalité beaucoup
plus élevé et atteint les 250 millions. Il ont entre
5 et 14 ans, vivent pour la ma-
jorité dans les pays du Tiers Monde, d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique
du Sud,
mais aussi en Europe où, près de 2 millions de jeunes
de moins de 15 ans
travaillent :
Plus de 30% au R.Uni , 15% en Allemagne, 13% en Italie… Pas
moins de
40 millions en Inde malgré les récents progrès,
5 millions aux Philippines, ect…
Les conditions de travail:
Les secteurs qui emploient
les jeunes sont tres variés mais les conditions
de travail sont presque partout les mêmes; Citons à titre
d'exemples :
- Un mineur de fond en Colombie âgé de 14 ans passe la
journée à
100 mètres sous terre dans une atmosphère irrespirable
pour l'équivalent de
450 francs par semaine.
- En Tanzanie la norme est de 11 heures pour les jeunes qui travaillent
dans
les plantations.
- En Thailande certains passent plus de 15 heures assis par terre à
écailler des
crevettes.
- En Malaisie, des enfants sont forcés de travailler 17 heures
par jour dans
des plantations de caoutchouc, exposés aux piqûres
des serpents et insectes.
- En Inde, les fabriques de verre où la température des
fourneaux varie entre
1400 et 1600 degrés Celsus, ne sont pas aérées.
L'agriculture est le secteur qui
emploie le plus d'enfants. Ceux-ci sont
misérablement rémunérés. Ils reçoivent
la moitié de la paye d'un adulte pour
la même quantité de travail effectué. Souvent,
ils ne sont même pas payés
(lorsqu'ils aident l'entreprise familiale).
On distingue également le cas
des enfants esclaves.
Cette pratique touche surtout les paysans et le système peut
se perpétuer sur
plusieurs genérations. L'esclavage persiste sous une forme traditionelle
en
Asie du Sud et dans l'est de l'Afrique. Les enfants ne sont pas rémunérés
et
deviennent propriété temporaire ou définitive
de leur employeur, jusqu'à ce
que la dette contractée par leurs parents ne soit remboursée.
Il est difficile de
les dénombrer car ils sont rarement déclarés
par celui qui les emploie. Ils
sont souvent physiquement et sexuellement maltraités. Certains,
kidnappés,
travail lent dans les mines d'or de la jungle péruvienne, d'autres,
comme per-
sonnels de maison.
Le travail des enfants dans le textile:
Les enfants en servitude dans les
usines de tapis en Inde, au Pakistan ou
au Nepal travaillent parfois jusqu'a 20 heures par jour, 7 jours par
semaine.
Souvent, ils dorment, mangent et travaillent dans la même petite
chambre obs-
cure ou ils sont enfermés durant la nuit. Forcés de travailler
dans des positions
inconfortables pour de longues périodes de temps dans des hangars
non aérés
remplis de particules de laine et de poussière, plusieurs d'entre
eux souffrent
de problèmes de respiration, de vue, ou d'une déformation
de la colonne ver-
tèbrale. Le travail forcé est courant dans les plantations
de coton, ainsi que
pour les tapis cousus main en Asie du Sud. A Amarante, au Portugal,
on fa-
brique chaque jour 500 paires de chaussures pour de grandes marques
eu-
ropéennes. Ce sont des enfants qui font le travail pour 6 francs
l'heure. A
Naples, en Italie, des petite filles de 12-13 ans passent la journée
derrière
leur machine à coudre. A Manchester, en Grande Bretagne, un
enfant de
8 ans aide sa mère qui travaille à domicile pour une
usine : 6 heures de tra-
vail par jour pour 160 francs par semaine.
Ces enfants sont sous-payés,
donc rentables. Poutant, le prix affiché sur
une écharpe de soie ne reflète pas le fait que
des fillettes de 5 ans attrapent
des ulcères à cause de la teinture qu'elles avalent en
coupant les fils de soie
avec leurs dents. Dans les magasins chics de Paris, Rome ou Berlin,
ou l'on
vend de jolis tissus, des sacs ou des chaussures de luxe, la mention
"cousu
main" n'est pas seulement un label de qualité; il y a peut-être
derrière une jour-
née de travail d'un enfant d'une dizaine d'années. La
Fédération internationale
du textile, de l'habillement et du cuir propose un code de bonne conduite
aux
sociétés importatrices: "les entreprises doivent cesser
de justifier la délocalisa-
tion par l'apparition de nouveaux marchés dont elles
prétendent accompagner
le développement, alors qu'elles ne font que profiter de conditions
de travail
scandaleuses". Les entreprises françaises importatrices de textile
seraient qua-
siment toutes concernées par l'exploitation directe ou indirecte
d'une main-
d'oeuvre enfantine.
Des entreprises concernees:
Ikea a présenté des
excuses à la télévision suédoise pour avoir
acheté des
tapis fabriqués par des enfants. Elle a dû interrompre
ses achats et certifier do-
rénavant leur provenance.
La société américaine
Levis a introduit des clauses sociales dans ses con-
trats de sous-traitance avant de fermer pûrement et simplement
ses unités de
productions chinoises.
Les conséquences néfastes du travail des enfants sont
révelées par
l'apparition de perturbations physiques et mentales, telles les maladies
chroni-
ques, les problèmes de croissance, les troubles psychiques
et un taux de mort-
alité infantile élevé ( 40 pour 1000 aux Philippines
).
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