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“Ils ne pensent qu’à leurs privilèges. Ils ont l’esprit de caste. Ils ne sont pas vraiment au service de la nation. Ils cherchent à mettre la main sur les places.” Charles de Gaulle.

Dès 1989 , dans le numéro 110 de la Revue Autrement intitulé “Demain un emploi? Le chômage des jeunes : des solutions.” , Alain de Romefort , administrateur civil, posait la question :

“ Et si nous étions vraiment en train de revenir à la société d’avant la révolution , avec ses ordres de guerriers-travailleurs ( engagés dans les combats de l’économie mondiale et des hautes technologies ) , de prêtres-fonctionnaires et de serfs exclus ?”

André Safir et Dominique Michel complètent dans leur brillant ouvrage “Avantage France” : “… Depuis l’Ancien Régime jusqu’à l’aube du 21e siècle, la France est restée ce qu’elle a toujours été : une société de castes, -à l’intérieur desquelles on se sent libre de penser-, gouvernée par un monarque absolu…Les Français semblent intimement persuadés que le monarque est le meilleur garant de l’égalité, la valeur qu’ils mettent au-dessus de toutes les autres…le privilège est en France celui dont bénéficie une caste par rapport à une autre, tandis que l’égalité s’entend à l’intérieur même de la caste… Mais par-delà leurs différences statutaires, tous les Français se veulent égaux en dignité. C’est la fameuse logique de l’honneur parfaitement analysée par Philippe d’Iribarne…En France l’égalité en dignité est sacrée. L’honneur, c’est le respect de soi, de sa dignité…et le respect du respect de soi…Le Français moyen se montre rituellement d’une étonnante tolérance à l’égard de ceux qui le prennent en otage.Cela ne peut s’expliquer que par le respect de la dignité du cheminot… Tant que chaque caste respecte l’honneur de l’autre, et que chacun respecte la dignité de son frère à l’intérieur de chaque caste, la société reste à peu près paisible. Le souverain peut se contenter d’intervenir de loin en loin pour arbitrer le jeu des différentes castes et s’assurer qu’elles concourent à l’intérêt général. Mais qu’une caste se comporte de manière arrogante, ou soit perçue comme telle, et le système se dérègle…Que les hommes politiques ayant enfreint la loi sur le financement des partis politiques s’auto-amnistient, et la dignité de leur fonction ne sera plus reconnue.

L’actuelle stigmatisation de l’élite et le succès de slogans populistes (tous pourris) s’explique par le sentiment qu’ont les Français d’un non respect de leur dignité, la conviction que les élites elles-mêmes ont trahi la dignité de leur fonction.”

Aujourd’hui en France 27/2/05 p 10 : « Soupçons de malversations dans des associations d’insertion. Justice. L’affaire fait frémir le monde politico-syndical. Deux associations spécialisées dans l’insertion des jeunes sont au cœur d’investigations financières. Des enquêtes pour « emplois fictifs », « abus de confiance » et « détournements de fonds » sont ouvertes… deux associations financées intégralement par des fonds publics – la CGEP… et Diapason… devaient permettre aux moins de 25 ans en difficulté de trouver un emploi dans la cadre des emplois jeunes… Trois cents salariés ont été licenciés… les ex-salariés ont cité une demi-douzaine de noms d’élus ou cadres employés par la CGEP, dont l’assiduité au travail a été mise en cause… adjointe au maire (PS) de Paris… deux élus socialistes des Bouches-du-Rhône et une élue du Mouvement des citoyens… L’un deux était logé à l’hôtel du Louvre à raison de 1200 francs la nuit… des primes de départ conséquentes accordées à des cadres, qui ont fait des passages éphémères… 150 000 euros détournés chaque année… Les dirigeants du GIE bénéficient de rémunérations totalement démesurées pour une association dont la mission est d’aider à l’insertion des jeunes en difficulté. L’un d’eux perçoit 12 576 euros par mois, sans compter une voiture de fonction, un « golden parachute » en cas de départ. Il a aussi perçu une importante plus-value sur la revente d’actions effectuée dans des conditions totalement illégales… Les dirigeants du GIE sont tous issus de la CFDT… l’un des directeurs de la CGEP…ex-élu PS… a, lui, été condamné à deux reprises pour des faits d’escroquerie… » La France est bien soumise au pillage comme l’Argentine. La classe politico-syndicale est devenue amorale… à force de prêcher contre l’ordre moral. Françaises, Français, jusqu’à quand allez-vous vous laisser piller sans réagir ?

Citons à nouveau P.-P. Kaltenbach, conseiller à la Cour des Comptes et ancien président du FAS : “ Le raisonnement impeccable depuis quinze ans est le suivant : l’association de 1901 étant une institution privée, elle échappe à la critique libérale anti-étatiste . Mais, comme elle ne fait pas de profit et ne s’approprie pas la plus-value créée par les travailleurs, elle échappe également à la critique marxiste . Par ses statuts, l’institution associative sanctifie donc ses dirigeants et ses salariés en les exonérant idéologiquement de tout péché originel . Mieux, elle leur offre ce que les théologiens protestants du XVIIe siècle fustigeaient sous le terme de théologie de la justification par les œuvres ( et non par la foi ) . En langage laïc : “Je suis juste puisque je m’occupe des pauvres ; bon puisque je m’occupe des faibles; cultivé, progressiste puisque, etc.” Autrement dit, gagner 40 000 francs par mois dans la lessive c’est sordide, mais dans le “social associatif”, c’est de l’apostolat . Ainsi sanctifié par l’institution et justifié par ses œuvres, le peuple associatif est exposé à la plus classique des perversions cléricales . C’est une sorte de “clergé social” . sachant où est le bien, disant et faisant le bien, il entretient une ralation privilégiée avec les cries valeurs…Bref, le peuple associatif réclame, exige, revendique des “privilèges ecclesiastiques.”

Pour P.d'Iribarne dans " La logique de l'honneur " : " La place accordée au rang et à l'honneur dans la culture française n'a pas été remise en cause ...On "naît" toujours prédestiné à occuper un rang . Et le concours qui , idéalement , permet de prendre possession de ce rang de manière pleinement légitime est un simple révélateur de ce à quoi la nature vous avait destiné ... Et sans doute l'opposition du pur et de l'impur , proclamée au Moyen Age , s'est maintenant dissimulée ... l'opposition du pur et de l'impur est toujours à l'oeuvre dans ce qui sépare les divers groupes sociaux. S'éclipsant du discours que la société tient sur elle-même, elle inspire toujours les moeurs... En fin de compte on peut dire que, de manière générale, la hiérarchie sociale en France n'a jamais opposé seulement celui qui n'a pas à celui qui a, mais aussi celui qui est regardé comme vil à celui qui est regardé comme noble ... Une activité entreprise pour l'amour de l'art , ou pour répondre à ce dont on se sent responsable et non par appât du gain , ou par crainte , éloigne d'une condition vile ...chicaner a quelquechose de vulgaire ... pour un homme d'honneur , le souci du résultat ne doit pas être tel qu'il ternisse la beauté du geste ..."

ANDRE SAFIR ET DOMINIQUE MICHEL COMPLETENT DANS “AVANTAGE FRANCE” : “LE MARCHE DU TRAVAIL FONCTIONNE SUIVANT CE QUE PHILIPPE D’IRIBARNE APPELLE UNE LOGIQUE DE L’HONNEUR. CHACUN A SON NIVEAU, SECRETAIRE “DE DIRECTION”, “GRADE” DANS SA BANQUE, OUVRIER “QUALIFIE” OU CADRE “SUPERIEUR”, EST PARFAITEMENT CONSCIENT DE SON RANG. LE RANG DE CHACUN EST DETERMINE PAR SON NIVEAU DE FORMATION OU DE DIPLOME, ET ON NE LE QUITTE QUE POUR REJOINDRE UN RANG REVETU D’UNE DIGNITE SUPERIEURE. L’ESCALATOR EST A SENS UNIQUE : VERS LE HAUT. L’INTENSIFICATION DE LA CONCURRENCE, L’OUVERTURE DES MARCHES, LES NOUVEAUX MODES D’ORGANISATION N’ONT MIS QU’UNE QUINZAINE D’ANNEES A TOUT REMETTRE EN CAUSE. L’ENTREPRISE S’EST MISE A EXIGER DE L’ENGAGEMENT, DE L’AUTONOMIE, DE L’IMAGINATION, ET PLUS SEULEMENT DE L’OBEISSANCE. MAIS L’AUTRE TERME DE L’ECHANGE NE COMPORTE PAS D’ENGAGEMENT DE FIDELITE DE L’ENTREPRISE ENVERS SES LOYAUX SERVITEURS…EN FRANCE, L’EMBAUCHE EN CONTRAT A DUREE DETERMINEE EST MEME DEVENUE L’EXCEPTION POUR LES NON-CADRES (UN TIERS DES EMBAUCHES EN 1998). CE FAISANT, ON DENIE AUX SALARIES LA DIGNITE QUI LEUR EST DUE, TRANSGRESSANT LA LOGIQUE DE L’HONNEUR. DANS LA LUTTE DES PLACES, LE DROIT A LA DIGNITE PAR LE TRAVAIL NE VA PLUS DE SOI… LE DIRIGEANT DOIT VEILLER PAR DESSUS TOUT A RESPECTER L’HONNEUR PROFESSIONNEL…”

La logique économique de flexibilité, liée au fonctionnement en réseau est incompatible avec la logique de l’honneur. Nous verrons qu’elle entraîne une réaction nobiliaire analogue à celle qui a précédé 1789.

Selon José Rose, professeur de sociologie et docteur d’Etat en économie, directeur du Groupe de recherches sur l’éducation et l’emploi ( GREE-CNRS ) et directeur de l’école doctorale “Langages, Temps, Sociétés” de l’université de Nancy II, dans “Les jeunes face à l’emploi”, Sociologie Economique, Desclée de Brouwer, 1998 :

“les “mesures jeunes” apparaissent comme une façon de “raccorder sans trop le dire”, et en mettant en avant l’aspect formation, “une logique sociale qui oppose ce qui est digne à ce qui ne l’est pas et une logique de marché qui oppose ce qui est rentable et ce qui ne l’est pas.”

Pour François Chatagner dans " Les classes sociales . Pertinence et permanence " . Poche . Editions Le Monde . 1997 : " Le capital symbolique révèle à côté du capital social une autre dimension essentielle de l'identité d'une classe qui se veut hors du commun . Il repose sur la croyance que l'on est d'une essence supérieure ..." André Safir et Dominique Michel nuancent dans “Avantage France” : “Pour décrire la société française, le terme castes semble mieux convenir, même si ce n’est qu’imparfaitement, que celui de classes qui lui ne convient pas du tout.”

Denis Clerc dans “Condamnés au chômage ?” soutient que la société de castes, la position sociale, s’enracine sur la non participation à la production du gâteau. Pourquoi cette obsession du statut et de la position sociale qui a pour résultat bien au contraire de conforter la stigmatisation ?

Alorsque Edgar Morin liait la croissance de l'économie occidentale au contrepouvoir syndical, Jacques Lesourne dans " Le modèle français . grandeur et décadence " constate leur sclérose : " Lorsque l'on tente , ce qui est fort difficile , d'établir les comptes des syndicats , en incluant dans les dépenses le coût des permanents qu'ile emploient , on constate que les cotisations des membres couvrent de 5% à 10% de ces dépense , l'essentiel des ressources provenant de subventions et de mise à disposition de personnel par l'Etat et le secteur public . Ce mode de financement affaiblit le lien entre la base et le sommet , la survie de l'appareil syndical ne dépendant pas du soutien apporté par les travailleurs sous forme de cotisations . Ainsi les permanents passent-ils plus de temps à faire fonctionner les relations au sein de l'oligopole social ou des entreprises publiques qu'à comprendre les aspirations des travailleurs sur le terrain .

Dans la réalité , les syndicats sont devenus une machine institutionnelle financée par l'Etat afin qu'il dispose d'interlocuteurs . "…et par la CRI ! ... pour ne pas changer le système et son modèle ! Bernard Brunhes complète dans " Les habits neufs de l'emploi " : ... les professionnels des appareils syndicaux tournent constamment d'un conseil ou d'un groupe à l'autre - où ils retrouvent d'ailleurs toujours les mêmes interlocuteurs avec parfois des casquettes différentes." Charles Goldfinger dans “Travail et hors travail . Vers une société fluide”souligne la chute brutale et généralisée du taux de syndicalisation … En France, la baisse a été de 37,2% et les travailleurs syndiqués ne représentent que 9% du total.”

Il conclut en même temps :

“En France et en Allemagne, par exemple, le pourcentage de travailleurs couverts par les conventions collectives a augmenté entre 1980 et 1994 pour atteindre près de 90%. Selon Gilles Saint-Paul, chercheur au CNRS, l’évolution de la législation sur l’emploi en Europe depuis 1960 est déterminée par les intérêts de ceux qui ont du travail . Les politiques antichômage en Europe visent moins à résorber le chômage qu’à protéger les détenteurs d’emploi.”

Une société féodale , c'est le titre que donne B.Majnoni d'Intignano , professeur à Paris VIII , à un sous chapitre de son livre " L'usine à chômeurs " et François de Closets à un chapitre de “Tant et plus”, Grasset-Seuil,1992 . Il parle de syndrome de Fouquet à propos de la construction des Hôtels de Région ( coût 1,5 milliard ) . “…les Français retournent à leur condition sujette par la voie du gaspillage…Le gaspillage n’est pas une nouveauté . le monarque et sa cour dilapidaient le produit des impôts . Ils y mettaient même une certaine ostentation, comme s’ils voulaient prendre le peuple à témoin, à travers la mugnificence des palais et la splendeur des fêtes . C’était un acte de prestige et de souveraineté : une affirmation de pouvoir…”

Selon J.P.Fitoussi et P.Rosanvalon , professeur à Sciences Po et directeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales , dans " Le nouvel âge des inégalités " : " Les élites se sont peu à peu mises à ressembler à la noblesse d'Ancien Régime , cumulant trop de privilèges et pas assez de services . Il y a dans ce constat objectif un des points centraux du malaise français ."

L'ouvrage " ANPE,ASSEDIC, Missions Locales dirigé par Martine Hassun et Frédéric Rey dans la collection Panoramiques mentionne : " Jusqu'en juillet 1993 , les directeurs d'ASSEDIC étaient nommés par le conseil d'administration dont ils dépendaient , créant ainsi de véritables petites féodalités locales ...Jusqu'à un passé récent la cooptation syndicale , quelque soit le niveau , était la règle ... Le paradoxe ( mais n'est-ce pas humain ? ), c'est que cette institution à forte sensibilité syndicale se préoccupe davantage de son propre intérêt que du service qu'elle offre aux chômeurs."

Pour B.Majnoni d'Intignano : " Le conflit de demain opposera les détenteurs de statut et les autres . La société européenne d'âge actif se décompose en effet en quatre catégories .

1°) Tout d'abord , les travailleurs à la pointe de la compétence ... qui travaillent de plus en plus, ils touchent de hauts salaires mais leur revenu se trouve laminé par les prélèvements obligatoires . Ils participent peu aux profits de leur entreprise et leur salaire reste souvent inférieur à leur apport à la production . Leur situation relative se détériore en Europe .

2°) Ensuite , les travailleurs moyennement qualifiés ou âgés , protégés par un statut ou par leur ancienneté et qui travaillent de moins en moins , mais dont le revenu reste appréciable ...

3°) Puis les inactifs et ce sous-prolétariat de jeunes ...que le deuxième groupe empêche d'accéder au vrai marché du travail . 4°) Enfin les inactifs , de plus en plus nombreux qui renoncent à travailler ...

Ces quatre groupes constituent une société hiérarchisée et féodale , rigide et décourageante. Les privilèges et les statuts qui protègent encore une partie importante de ses membres ayant perdu toute raison d'être , un profond conflit d'intérêt en résulte."

Rappelons le point de vue de Gosta Esping-Andersen, professeur de sociologie à l’université de Trento, dans “Les trois mondes de l’Etat-providence”, Le lien social, Puf , 1999 : “ La Suède constitue un extrême, où les services sociaux et du bien-être dominent tout. En effet, les femmes constituent 87% de l’ensemble de la croissance de l’emploi dans les domaines de la santé, de l’éducation et du bien-être en Suède. Le résultat a été une féminisation de l’Etat-providence unique en son genre…En fait, la structure d’emploi de la Suède évolue vers deux types d’économies : l’une composée d’un fort secteur privé masculin, l’autre, d’un secteur public à dominante féminine…Les conflits les plus sérieux des années 1980 (grandes grèves notamment) dans le marché du travail suédois ont éclaté entre les syndicats des secteurs public et privé. Dans cette optique on peut facilement imaginer une guerre entre le secteur privé (majoritairement masculin) et le secteur public (majoritairement) féminin…”

Louis Chauvel, dans “ Le Destin des générations, structure sociale et cohorte en France au XXe siècle”, PUF, 1998, conduit à se demander si la France vit le prélude à une contre-révolution sociale, à une réaction nobiliaire. Selon Joseph Macé-Scaron commentant Chauvel : “…ce que fut vraiment Mai 68 : la prise de pouvoir d’une génération hédoniste et égotique , si soucieuse de sa propres jouissance qu’elle a allégrement sacrifié l’avenir des générations futures…En France, les générations nées avant 1920 ont subi un sort difficile. Les suivantes, nées jusqu’en 1950, qui connurent les Trentes Glorieuses, ont rencontré un destin collectif inespéré : multiplication des diplômes sans dévalorisation, forte mobilité sociale ascendante, salaires et revenus rapidement croissants, meilleure protection sociale… Avec la crise ( dont Généreux montre qu’elle n’existe pas en fait ), cette dynamique s’est arrêtée sans que la génération 68 s’en émeuve. Chauvel souligne ainsi l’existence d’une fracture générationnelle qui promet de s’amplifier au début du XXIe siècle. Comme le dit Emmanuel Todd avec son goût des formules : “L’effondrement du cours du jeune sur le marché du travail va de pair avec la hausse du CAC 40.” Pour les générations à venir, suréduquées et sous-employées, l’ascenseur social n’est pas en panne : il a amorcé sa descente …”

Guy Tchibozo présente dans " Economie du travail " , Dunod , 1998 , la théorie économique sur le sujet : " ... l'analyse dualiste du salaire s'inscrit , à partir des années soixante-dix , dans le cadre de la théorie contemporaine de la segmentation du marché du travail , autour des travaux institutionnalistes de Doeringer et Piore . Dans cette approche , le marché du travail cesse d'être homogène , et s'analyse plutôt en juxtaposition de segments , distincts les uns des autres par des modalités spécifiques d'accès à l'emploi et d'exercice de l'activité . Le modèle de base est le marché dual , composé de deux segments :

un secteur primaire qui propose des emplois à statut , et un secteur secondaire , sur lequel sont proposés les autres emplois , précaires , moins bien rémunérés , peu protégés , caractérisés par une faible syndicalisation et des conditions de travail moins avantageuses et sans perspectives de carrière .

Secteurs primaires et secondaires se distinguent donc par les caractéristiques des emplois offerts , mais non par les caractéristiques de l'offre de travail : les travailleurs de l'un et l'autre secteur présentent les mêmes aptitudes productives . La théorie rend compte de l'articulation entre ces segments . Elle montre que le secteur primaire fonctionne en marché interne : ce qui signifie que les emplois y sont pourvus par appel à une main-d'oeuvre déjà engagée dans le circuit primaire.

Les travailleurs du secteur primaire effectuent leur carrière par promotion interne, suivant des procédures qui ne s'assimilent pas à la logique concurrentielle néoclassique. D'où la juxtaposition et la complémentarité des deux segments. La juxtaposition est illustrée par le fait que les travailleurs du secteur secondaire, bien qu'identiques aux autres, n'ont pas accès au secteur primaire. La complémentarité consiste en ce que le secteur secondaire absorbe la main-d'oeuvre exclue du secteur primaire. Ce qui explique son mode de fonctionnement concurrentiel dont les caractéristiques des emplois secondaires ne sont que le corollaire. De cette segmentation, qui peut faire l'objet d'interprétations théoriques concurrentes néomarxistes, néokeynésiennes ou néoclassiques, résulte la hiérarchie des salaires.”

Jacques Freyssinet dans " Le chômage " , collection Repères , Editions La Découverte, évoque la théorie économique insiders-outsiders : " ... en situation de récession, les insiders négocient le taux de salaire le plus élevé compatible avec le maintien de leur propre emploi ; en cas de reprise, ils en profiteront pour obtenir des augmentations de salaire plutôt que de favoriser un accroissement de l'emploi. “Selon Frédéric Teulon dans “Le chômage et les politiques de l'emploi” mémo Seuil, 1996 : “Les salariés déjà embauchés dans une entreprise (les insiders) bénéficient d'une rente de situation que les chômeurs (les outsiders) ne peuvent pas remettrent en cause ... les entreprises cherchent à garder les salariés qui sont en place et a fortiori ceux qui ont une formation spécifique (adaptée aux besoins de l'entreprise) en leur versant des salaires qui n'obéissent pas à la loi du marché, alors que les chômeurs seraient prêts à accepter un salaire plus faible pour un travail identique.”

Frédéric Teulon expose très clairement le fonctionnement cette segmentation du marché du travail : “ On constate que pour mieux gérer leur personnel les entreprises placent leurs salariés soit sur un segment interne, soit sur un segment externe. Ces deux marchés – interne et externe – sont interconnectés par l’existence de certains emplois qui constituent des points d’entrée ou de sortie du marché interne.

Les autres postes du marché interne sont pourvus par promotion ou transfert de travailleurs ayant déjà obtenu un droit d’entrée (ce qui ressemble aux rites d’initiation). Sur le marché interne, les salariés sont protégés par un statut (c’est-à-dire des règles, des conventions collectives …) ; ils ont une rémunération qui progresse avec leur ancienneté et ils ont la possibilité d’obtenir des promotions (mobilité professionnelle ascendante). Le marché interne des entreprises représente un espace où la relation entre salariés et employeurs n’est pas négociée… Ainsi le marché interne est un espace de mobilité, constitué d’un ensemble de conventions non négociables au jour le jour. Les salaires sont donc totalement indépendants des fluctuations de la productivité marginale des salariés, ils sont fixés par des grilles de qualification et en fonction de l’ancienneté . En conséquence, sur le marché interne, l’avenir professionnel de chacun est largement balisé. Les marchés internes transforment les relations du travail au sein des grandes firmes en un univers clos dans lequel la logique du marché ne s’applique pas .

Sur le marché externe les salariés sont en concurrence avec l’ensemble des personnes extérieures à l’entreprise : ils n’ont pas de garantie d’emploi et leur rémunération résulte de la confrontation de l’offre et de la demande… Selon Piore, les emplois précaires permettent aux employeurs de maintenir les avantages acquis par les salariés du segment interne et en même temps de faire pression sur eux pour limiter leur esprit revendicatif.

Ensuite, comme l’a montré la théorie du capital humain, certains salariés possèdent des qualifications spécifiques (adaptées aux besoins précis de l’établissement où ils travaillent), leur départ entraînerait pour l’entreprise des coûts importants en terme d’embauche, de formation et d’immobilisation des machines. Le marché interne est un moyen destiné à éviter une trop forte rotation de la main-d’œuvre. Par ailleurs, les perspectives de promotion développent un sentiment d’attachement des salariés à leur entreprise, ce qui permet une plus grande implication dans le travail .

Une autre cause majeure de la segmentation du marché de travail provient de l’incertitude qui règne dans l’échange . Les entreprises utilisent les emplois secondaires pour amortir les fluctuations de l’activité économique : les derniers embauchés sur le marché externe de la firme sont les premiers licenciés .

Deux catégories de salariés ont été dissociées : d’un côté un personnel à statut (le “noyau dur”), dont les salaires progressent plus vite que l’inflation et dont l’emploi est considéré comme un facteur “quasi fixe” , de l’autre un personnel d’ajustement ayant des caractéristiques opposées … Dans les pays développés , une majorité des salariés est protégée au prix de l’instabilité du statut des autres travailleurs . A la fin des années 1960 , les économistes Doeringer et Priore affirment que près de 20% de la population active américaine n’était pas concernée par l’existence des marchés internes : le marché concurrentiel (externe) est donc un marché résiduel … C’est sans doute au Japon que le dualisme est le plus poussé …”

Selon Bernard Gazier, dans “L’exclusion . L’état des savoirs”, les salariés insiders du marché interne peuvent accroître les coûts de rotation et de rerutement supportés par la firme (en se montrant, par exemple, peu coopératifs avec de nouveaux arrivants) .

Bernard Brunhes nuance dans “Eurothérapies de l’emploi”, Presses de Sciences Po , 1999 : “Le modèle antérieur , celui du “marché du travail interne” ne subsiste plus que dans un nombre limité de secteurs : une partie de l’administration des services publics . Dans certains pays européens , il a complètement disparu . C’est le cas du Royaume-Uni , où seuls les agents des administrations détentrices d’un pouvoir régalien bénéficient de la sécurité de l’emploi et de la carrière . C’est le cas aussi de la Suède , où l’administration elle-même est organisée sous forme d’agences autonomes qui concluent des contrats de travail de droit privé , et où les services publics sont gérés , au plan des ressources humaines comme des entreprise privées, quel que soit leur statut . Les traditions de l’administration bismarckienne ralentissent le mouvement en Allemagne , mais elle y vient . La France maintient un secteur public aux statuts protecteurs et où l’on peut encore bénéficier d’un emploi à vie . Les grandes entreprises privées ne sont plus des havres …Le dynamisme économique et la création d’emplois viennent des petites et moyennes entreprises , solitaires , en réseau , ou filles des grands groupes . Elles naissent , croissent , vivent et meurent ou se transforment par scission ou par fusion . Leur biologie induit chez les salariés qu’elles recrutent une mobilité et une fragilité inhérentes à cette forme d’économie …”

Jacques Freyssinet, Directeur de L’Institut de recherches économiques et sociales, dans “Les Jeunes et l’Emploi”, DARES-DIIJ, La Documentation Française, 1996, présente les stratégies et les comportements des employeurs:

“Les travaux développés sur les modèles de gestion de l’emploi par les firmes convergent, au-delà des différences observées à des niveaux plus fins de leurs typologies, vers une division fondamentale entre deux logiques dominantes de recrutement des jeunes. D’une part , des entreprises, généralement de grandes dimensions, ressentent la nécessité et disposent de la capacité d’une gestion prévisionnelle à moyen-long terme de l’emploi. L’embauche des jeunes reflète des objectifs d’équilibrage de la pyramide des âges et de renouvellement des qualifications. Le recrutement est sélectif ; il comporte une période d’évaluation et de formation complémentaire précédant l’entrée dans un marché interne du travail, avec les perspectives de carrière professionnelle qui s’y attachent. D’autre part, des entreprises, souvent moyennes ou petites, privilégient la flexibilité quantitative de court terme dans la gestion de l’emploi . Elles tirent un parti maximum de la diversification des formes d’emploi et des dispositifs d’abaissement du coût salarial . L’embauche des jeunes se réalise sur des statuts précaires et s’adapte aux fluctuations des besoins . Les critères de recrutement valorisent des variables de comportement ; le faible contenu en qualification des emplois n’exclut pas des recrutements “surqualifiés” associés à de médiocres perspectives de promotion .

José Rose, professeur de sociologie et docteur d’Etat en économie, directeur du Groupe de recherches sur l’éducation et l’emploi ( GREE-CNRS ) et directeur de l’école doctorale “Langages, Temps, Sociétés” de l’université de Nancy II, confirme dans “Les jeunes face à l’emploi”, Sociologie Economique, Desclée de Brouwer, 1998 :

“Enfin, les entreprises clientes des dispositifs publics d’aide à l’insertion ne sont pas n’importe lesquelles . On note une nette prédominance des entreprises de petite taille, particulièrement sensibles aux mesures réduisant le coût du travail, appartenant à des secteurs particuliers, de main-d’œuvre notamment, et proposant des emplois peu ou pas qualifiés .”

Jacques Freyssinet poursuit : “Ce dualisme élémentaire doit être nuancé par la prise en compte de catégories moins typées . On tiendra compte par exemple du fait que la même entreprise peut recourir simultanément aux deux modèles…Il faut tenir compte aussi…de l’inflexion qui peut être introduite par l’influence exercée par une logique “civique” (reconnaissance d’une responsabilité sociale de l’entreprise à l’égard de l’insertion des jeunes) ou par une logique “domestique” (recrutements canalisés par des réseaux de parenté ou de socialisation locale).

Il importe enfin de ne plus identifier ces deux modèles avec le recours privilégié aux contrats de travail à durée indéterminée ou déterminée (Lochet, Podevin, Saunier, 1993). L’intégration dans les marchés internes implique souvent une phase transitoire en CDD ; l’assouplissement des CDI (temps partiel, modulation, intermittence) les rend compatibles avec une logique de marché externe.

L’accent mis sur les modèles d’entreprise ne doit pas faire négliger le rôle qu’occupe le secteur non-marchand dans l’insertion des jeunes.

D’une part, les emplois à statut des fonctions publiques apparaissent, pour des raisons de sécurité d’emploi, hautement attractifs pour les jeunes diplômés.

D’autre part, les autres emplois, généralement aidés, du secteur non-marchand fournissent souvent l’ultime solution pour les jeunes les plus défavorisés. Ils mêlent, dans des proportions difficilement discernables, une logique civique d’aide à l’insertion et une logique marchande d’abaissement du coût du travail au bénéfices des administrations ou des entreprises qui y ont indirectement recours par des pratiques d’extériorisation.”

Selon B. Majnoni d'Intignano : " Un conflit ...oppose aujourd'hui les groupes 1,3 et 4 , exposés ou exclus , au groupe 2 protégé ...Un nombre de moins en moins important de personnes travaillent ainsi de plus en plus , pour qu'un nombre de plus en plus important de citoyens travaillent de moins en moins ou rongent leur frein. On ne cherche plus un travail source de revenu, mais un statut rémunérateur qui protège.

Le nombre des adultes vivant de l'Etat-Providence et de l'Etat tout court dépasse aujourd'hui celui des actifs soumis à l'impératif de concurrence et de rentabilité: 22 millions d'une part contre 17,5 de l'autre ...

Dans ce nouveau conflit, les propriétaires sont les titulaires de statut et les prolétaires les exclus et les jeunes ...Le XXIe siècle verra-t-il se révolter les travailleurs exposés aux exigences de la concurrence contre les titulaires de statut?" Selon N.Baverez: "...aux quelques 25% de la population active qui appartiennent ou sont assimilés à la fonction publique, parce qu'ils bénéficient de la garantie de l'emploi, s'opposent les 15% d'actifs occupant des emplois précaires."

L'Etat bloque, pour ce qui le concerne, le système de "destruction créatrice" décrit par l'économiste autrichien Joseph Schumpeter.

En effet selon le rapport de la commission du Commissariat au Plan " Le travail dans 20 ans ":

"Cet ensemble de changements dans les entreprises et en particulier la recherche de "flexibilité " se traduit aussi par un " taux de rotation " des emplois élevé ; la France apparaît comme un pays où plus d'un emploi sur cinq est ainsi renouvelé chaque année par suite des créations et suppressions . Le taux moyen annuel entre 1984 et 1992 s'élève à plus de 27%, contre 23,4% aux USA !, 23% en Italie, 16,5% en Allemagne et 15% au Royaume-Uni ( source OCDE , 1994 )." En 92 , selon O.Mazel, 10 millions de personnes sont entrées ou sorties de l'ANPE .

Fin 95 la Fonction Publique employait elle-même 962 900 contractuels, vacataires, saisonniers et 250 416 Contrats Emploi Solidarité .

Les non titulaires représentent 60,8% de l'effectif total dans les établissements publics, entre 40% et 76% de l’effectif aux Journaux officiels, aux Affaires étrangères et à la Monnaie selon la Cour des comptes. Le recours aux contrats de moins de 122 jours sur 8 mois, l'embauche de CLD, le recours massif aux CES, évitent de payer l'Allocation Unique Dégressive en fin de contrat. Le recours aux 350 000 Emplois-Jeunes vient compléter la panoplie. Comme le décrit F.de Closets dans son ouvrage " Toujours plus ", il y a bien une sous-Fonction Publique précaire. Le GRETA de Rennes s'est séparé de 50 salariés précaires (employés de longue date pour certains ) sans réaction autre qu'un article dans Ouest France. Patrick Bruneteaux du CNRS Paris 1-Sorbonne et Corinne Lanzarini, docteur en sociologie, auteur d’une thèse sur les sous-prolétaires de la rue, chercheuse au RESSCOM, dans “Les nouvelles figures du sous-prolétariat”, collection “Le travail du social”, L’harmattan, 1999, complètent: “Le plus extraordinaire processus de sous-prolétarisation est dirigé par l’Etat démocratique lui-même qui à travers ces multiples petits contrats et stages, s’accapare une main-d’œuvre bon marché livrée aux divers “services publics”.”

Les effectifs de la fonction publique devaient augmenter de 16 000 personnes en 1998 pour dépasser le chiffre global de 5 100 000 fonctionnaires : 25% de la population active travaille dans le secteur public contre 15% en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne . Selon le Point du 13 février 1999, il y a 2,2 millions de fonctionnaires d’Etat, 1,5 million de fonctionnaires des collectivités territoriales (communes , départements , régions …) , 840000 dans la fonction hospitalière, 450000 à la Poste et à France Télécom (où 100000 fonctionnaires sont actionnaires avec garantie de l’emploi et avec une plus-value estimée à 4 milliards), 450 000 salariés dans les entreprises publiques (SNCF, EDF, RATP, Crédit Foncier…) , 225 000 salariés dans les organismes vivant de cotisations obligatoires (Sécurité sociale, chambres de commerce, ANPE , Assedic…), 210 000 dans les établissements publics nationaux ( CNRS , Caisse des dépôts , CNES , CEA , Ifremer,ONF…). Selon Louis Bériot : “ Ils sont un peu plus de 5 millions ; sans compter, on les oublie toujours, les 1,3 millions de salariés des entreprises publiques ; sans compter, non plus, on se garde bien d’en parler, les salariés des “faux-nez”, c’est-à-dire des associations subventionnées par l’Etat, les collectivités et la Sécurité Sociale, pas loin de 500 000 personnes, sans compter les employés des organismes paritaires ( Sécurité sociale , caisses de retraites , etc .).

Total : plus de 7 millions de personnes, soit le même nombre que les personnes touchées directement par les difficultés de l’emploi, selon le Rapport au Premier ministre “Chômage: le cas français”.

Depuis 1945 le nombre des fonctionnaires a été multiplié par trois pour une population qui a augmenté de 40%. Selon le ministre de la Fonction Publique cité par Le Point du13 février1999: “ En matière d’effectifs , les besoins du service public sont quasiment illimités”! Dans “ Abus de bien public”, éditions Plon , 1998 , Louis Bériot précise: “Entre les fonctionnaires de l’Etat et ceux des collectivités nous arrivons à un accroissement en un quart de siècle de plus de 2 millions de fonctionnaires …”

IL MET EN PARALLELE, COMME B.ZIMMERN, ENARQUE-POLYTECHNICIEN, LES COURBES DU NOMBRE DES CHOMEURS ET DES FONCTIONNAIRES. LA PREMIERE ETANT PARALLELE A CELLE DU NOMBRE DES SUICIDES, SELON LE COMMISSARIAT AU PLAN, IL EST PERMIS DE SE POSER DES QUESTIONS SUR LA CASSE SOCIALE LIEE A LA RENTE DE SITUATION.

Pour André Safir et Dominique Michel, dans “Avantage France”: “Au jeu des chaises musicales ce sont toujours les mêmes qui gagnent la partie. Un français sur cinq en âge de travailler est au chômage. Mais cette proportion purement mathématique ne rend pas compte de la réalité sociologique. En effet, notre pays se distingue par l’importance de son secteur public (entendu ici au sens larges des administrations, organismes publics et entreprises publiques). En tout, les travailleurs à statut représentent quelque 6 millions de personnes. Qui ne participent pas au jeu de chaises musicales qu’est le marché de l’emploi, puisqu’elles sont assurées de garder leur poste jusqu’à l’âge de la retraite. Le dénominateur sur lequel il faut calculer le taux de chômage des personnes qui y sont réellement exposées n’est donc pas 25 millions mais moins de 20 millions. Et cinq millions de chômeurs sur vingt millions d’emplois disponibles dans le secteur privé, cela fait un sur quatre. On ne peut pas comprendre le sentiment de précarité et d’angoisse qui a envahi la société française si on perd de vue cette réalité. Il ne s’agit pas ici de crier haro sur les planqués de la guerre économique. Mais de comprendre dans quel infernal paradoxe nous sommes enfermés. On peut l’énoncer ainsi : plus le marché du travail semble risqué, et plus chacun désire que ses proches échappent à cette précarité. La création des emplois-jeunes pour répondre à l’anxiété des classes moyennes entre dans cette logique. Mais plus l’Etat embauche, et plus le dénominateur diminue. D’où une nouvelle augmentation du risque et de l’anxiété, et une nouvelle demande d’embauches de fonctionnaires.”

N.Baverez souligne que le Royaume-Uni a diminué ses fonctionnaires de 30% de 79 à 94 et selon Philippe Manière : " 60 000 départs supplémentaires sont programmés. Bill Clinton a décidé de son côté de diminuer le nombre des fédéraux de 13% entre 1996 et la fin de 1998 - ce qui représente 273 000 emplois de moins . Entre 1991 et 1997 , 550 000 emplois publics ont été supprimés en Allemagne. Sur la seule année 1997, l'Australie s'est allégée de 10 000 postes de fonctionnaires - soit une diminution de 7%. Aux Pays-Bas la coalition au pouvoir depuis 1994 a réduit de plus de 3% le nombre des fonctionnaires - et leur salaire a été gelé. En Espagne , le pouvoir d'achat des fonctionnaires a chuté de 11% en six ans ". Pour Le Point du 13 février 1999, la Suisse envisage de supprimer le statut de fonctionnaire en 2001. Il en serait de même du Brésil pour éviter l’asphyxie budgétaire . Selon Michel Godet : " Chez nous, la part de l'emploi public dans l'emploi total est passée de 20% en 1980 à 25% en 1995 alors que dans le même temps, aux Etats-Unis, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, elle a baissé pour devenir inférieure à 16%. “Dans les secteurs clés de l'enseignement ou de la police les fonctionnaires français sont proportionnellement plus nombreux que leurs collègues européens mais leurs horaires de travail sont nettement plus faibles.”

Le budget de l'Etat est consacré à hauteur de 39,4% ( contre 28% en 1975 ) , soit 640 milliards (691 en 1999 selon Le Point du 13 février 1999 ), à payer des fonctionnaires avec des traitements dont le niveau moyen dépasse aujourd'hui de 10 à 15% celui du secteur privé. Selon Liaisons Sociales Magazine du 1er avril 1999, les prélèvements représentaient en 1996 16% du salaire brut des fonctionnaires contre 21% pour le privé. Dans “Abus de bien public”, éditions Plon, 1998, Louis Bériot précise : “Rappelons qu’un fonctionnaire coûte près de 380 000 F par an, salaires, indemnité, avantages, bureau, formation , etc …” En 1996, selon l'INSEE, le salaire net moyen était de 11 830 F par mois dans la fonction publique, contre 10 685 F dans le privé. La moitié des fonctionnaires gagnaient plus de 11 300 F par mois - tandis que la moitié des salariés du privé vivaient avec moins de 8 600 F (source INSEE selon Le Point du 14/3/98 et Philippe Manière dans " L'aveuglement français " ). Selon la note de synthèse de l’Inspection des Finances, citée par Le Monde du 3/2/99: “Le salaire net médian des fonctionnaires de l’Etat est , quant à lui , supérieur de près de 32% à celui des salariés du secteur privé”! Selon Sophie Coignard et Alexandre Wickham, dans « L’omerta française », les salaires des responsables des nouvelles agences régionales d’hospitalisation vont de 50 KF à 100 KF. Selon Liaisons Sociales Magazine du 1er avril 1999, entre 1990 et 1996 le pouvoir d’achat des fonctionnaires a progressé de 5,9% alors que celui des salariés du privé diminuait de 1,3%.

Pour Louis Bériot en ce qui concerne la garantie de l’emploi : “Selon les assureurs, qui couvrent les risques chômage lors des opérations de prêts bancaires, cet avantage devrait être assimilé à une augmentation de revenu se situant entre 20 et 30% sur vingt ans et davantage au fur et à mesure que les années passent .” Il chiffre à 100% l’avantage total du salarié public sur le salarié privé : salaire, temps de travail, retraite, avantages divers, garantie de l’emploi, fiscalité. Par ailleurs, selon Jean-Christophe Le Duigou, responsable des études économiques de la CGT, et Roland Le Bris, chargé de cours à l’Université de Provence dans “Demain l’emploi”, les Editions de l’Atelier, 1998: “La disponibilité ou le détachement constituent deux options assez fréquemment utilisées (de l’ordre de 80 000 fonctionnaires concernés en 1995).”

Selon Philippe Manière dans "L'aveuglement français": "D'un côté, les aptes au marché , qui bénéficient doublement de la mondialisation - les prix baissent et leurs salaires augmentent -, de l'autre, les inaptes ( fût-ce temporairement ), qui ont peu ou pas de revenu et, donc, ne peuvent pas jouir de la baisse des prix " .

Victor Scherrer dans " La France paresseuse ", Seuil 1987, mentionne: "l'avis des magistrats de la Cour des Comptes : " L'organisation d'un service public devient impossible lorsque les intérêts exprimés par chacune des catégories d'agents l'emporte sur l'intérêt général qui doit guider l'action des directions des établissements . L'efficacité de celles-ci sera jugée dans les années à venir, sur leurs aptitudes à mettre fin aux avantages irrégulièrement accordés, à faire respecter la durée légale du travail et à imposer les mutations nécessaires au bon fonctionnement des services." ( A l'INRP) 1,06 ouvrage catalogué par documentaliste et par jour ouvrable ...( Au centre de Vanves du CNEC) sur 124 professeurs affectés à la direction des enseignements supérieurs, 82 ont un rendement inférieur à 6 heures de travail par semaine ... (Au CNEC ) les personnels administratifs, techniques et ouvriers bénéficient contrairement à la règlementation de 9 à 11 semaines de congés par an selon les centres ... ... le postier américain arrive à traiter 175000 objets par an contre 50000 pour son collègue français ... 22 heures de travail par semaine ... moins il y a d'heures de travail plus il y a d'absenteisme ... D'après la commission sénatoriale, on peut estimer à plus d'un millier le nombre d'agents des P et T qui travaillent dans les entreprises de routage de la région parisienne ( ... des sortes de " vacations " poétiquement dénommées " californies " ...) ...(Aux services centraux d'EDF ) le temps de travail hebdomadaire effectif n'est pas plus élevé que 23 heures ...( Pour les conducteurs de la SNCF ) 200 jours de travail effectif par an, 3 heures 20 minutes de conduite (moyenne ) par jour, retraite à 50 ans ... ( A l'ANPE ) moins de 25 heures hebdomadaire de service effectif de la “clientèle” ...Selon le Nouvel Obs du 2 au 8 décembre 1999 : “Joxe a été jusqu’à suspendre le traitement d’un membre de la Cour (des Comptes) qui “oubliait d’y travailler”.

Et si l'administration commençait par s'administrer elle-même ?"

Le Point du 13 février 1999 cite Yves Cannac ( livre collectif “L’Etat moderne” chez Plon ) : “Administrations et services publics n’ont pris part que tardivement et mollement, voire pas du tout, à la bataille de la productivité …il est urgent que l’Etat admette qu’il doit être géré comme une entreprise, c’est-à-dire par une combinaison de contraintes financières acceptées et de choix assumés .”

Selon Le Monde du 3/2/99, le rapport de Jacques Roché, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, de janvier 1998 sur le temps de travail dans la fonction publique, est complété par une note de l’Inspection Générale des Finances “laissant entendre que le laxisme prévaut dans de nombreuses administrations de l’Etat, la note propose une potion amère. Elle suggère d’annualiser le temps de travail dans la fonction publique, de remonter à 35 heures la durée hebdomadaire du travail pour les services qui sont sous cette barre et, surtout, de profiter de cette réforme pour adopter une politique salariale beaucoup plus restrictive .” Elle propose d’“accélérer la démarche de modernisation de l’administration”! Selon Le Point du 13 février 1999, les hôpitaux travaillent de 35 heures à 38 heures 29, l’Etat de 35 à 37 heures, les collectivités locales de 31 heures 17 à 37 heures 53. Nombre de communes sont déjà passées aux 35 heures, dont Bordeaux avec Alain Juppé .

Dans “Abus de bien public”, éditions Plon, 1998 , Louis Bériot précise : “N’est-ce pas la Cour des Comptes qui a relevé que les trente-trois membres de la direction des ressources humaines du Centre national de la fonction publique territoriale ont été chacun absent en moyenne 33 jours dans l’année…pour maladie. Il serait d’ailleurs intéressant que les administrations de la Sécurité sociale nous fasse le point sur les milliers de journées de congé maladie de la fonction publique française…le rapport de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique indique que les deux tiers des fonctionnaires civils de l’Etat sont couverts par des régimes dérogatoires aux 39 heures légales… Le rapport de la Direction générale de l’administration dit clairement que “la plupart de ces dérogations ou dépassement ont été institués en marge du dispositif de droit commun et en méconnaissance du pouvoir réglementaire du Premier ministre . En vertu des articles 20 et 21 de la Constitution , ce dernier , titulaire du pouvoir réglementaire en la matière , dispose seul de la compétence nécessaire pour attribuer des congés supplémentaires aux agents de l’Etat … Si j’ai bien compris, nous sommes en pleine illégalité.”

Pour Pierre Morin , maître de conférence à l'IEP de Paris et professeur à l'IAE :

" La modernisation de l'Administration consiste souvent pour elle à s'accepter comme une authentique activité de service public au service du public. A ne plus considérer le citoyen comme un assujetti ".

Victor Scherrer complète dans le sens de B.Majnoni d'Intignano en étendant le constat à l'industrie : "Savez-vous que, dans le secteur agro-alimentaire , " le pétrole vert de la France", on travaille , en moyenne , 330 heures de moins que dans l'agrifood business américain ? Soit environ 2 mois! ...Savez-vous que dans l'électronique grand public , des usines françaises battaient, en 1985 et 1986 , des records de temps réduit ...? ... Savez-vous que dans la chimie française , on trouve des durées annuelles inférieures à 1250 heures , soit 27 heures effectives par semaine ?..." Selon un rapport de l’ANACT le temps de travail des roulants de la SNCF était de 29,1 heures par semaine , en réalité 25 heures après absences maladie , syndicales et visites médicales . A Paris-Nord les agents de maintenance de la SNCF font 10 heures de pauses hebdomadaires. Un audit interne de 1998 sur les 10000 contrôleurs estime leur temps de travail réel à trente heures par semaine : la direction de la SNCF n’a donné aucune suite à ce rapport .

Rosine Klatzmann dans le “Que sais-je?” “Le travail noir” n°2013, PUF, 1989, mentionne que: “les personnels du secteur public – gendarmerie, police, douane, enseignement, SNCF, PTT, etc – constituent, avec les travailleurs postés en usine, la majorité des cumulards clandestins”.

Dans une note remise en septembre 1997, au ministre des Finances, un haut fonctionnaire, inspecteur des Finances, aujourd’hui décédé, J.Choussat estimait à 500000 le nombre de fonctionnaires en trop. Selon André Safir et Dominique Michel dans “Avantage France”, il proposait de ne remplacer que 3 départs en retraite sur 4.

Pour Le Point du 13 février 1999 cela représente un coût de 150 milliards pour un déficit 1999 prévu de 235 milliards . Selon François de Closets dans “Le compte à rebours”, J.Choussat " proche collaborateur de Pierre Béregovoy " mentionne dans son rapport que "tous les ajustements économiques et sociaux rendus nécessaires par l'aggravation de la crise ... ont pesé exclusivement sur le secteur privé."

Au lieu de 173900 salariés , la SNCF pourrait se contenter de 130000 à 135000 . Selon Le Point du 13 février 1999 , citant l’Ifrap , laboratoire de recherche : le réseau d’ambassades et de consulats du Quai d’Orsay ( ce sont les fonctionnaires parmi les mieux payés ) est le plus dense du monde après celui des Etats-Unis. En 1994, le ministère de l’Economie et des Finances employait deux fois plus de personnel que celui de Grande-Bretagne, pays de dimensions comparables. Les Transports et le Logement, cinq fois plus ! Le nombre de fonctionnaires du ministère de l’Agriculture a pratiquement doublé en trente ans – ils sont aujourd’hui 33000. Dans le même temps, près de 500000 exploitations disparaissaient. Le personnel de l’Industrie a gonflé ses effectifs de 25% en dix ans , alors que ses prérogatives, avec les privatisations, ne cessaient de diminuer. Les effectifs du ministère de la Culture (15000 personnes) ont explosé, augmentant de 20% en 10 ans, sans que l’on puisse constater dans le pays un grand regain pour les choses de l’esprit. Les postes françaises emploient pratiquement autant d’agents que les postes japonaises , qui desservent pourtant deux fois plus de clients. L’Insee , avec près de 7000 fonctionnaires, est l’institut de statistiques d’Europe le plus fourni en personnel. Selon l’Ifrap, aux Affaires maritimes, on compterait un fonctionnaire pour trois marins .

Toujours selon Le Point du 13 février 1999, le fossé grandissant entre le privé et le public est une injustice criante qui n’émeut même pas. Comme si rien ne pouvait changer. Un coup d’œil à l’étranger montre qu’il n’en est rien . Les pays scandinaves ont négocié avec leurs syndicats un alignement progressif des conditions du public sur le privé. La Suisse, aujourd’hui, s’engage sur cette voie, toujours par la négociation ( via la Hochschule de St Gall et l’Institut des Hautes Etudes en Administration Publique de Chavannes ). Avant eux, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais cette fois contre les syndicats, la fonction publique avait été révolutionnée. Dans tous ces pays, auxquels il faut ajouter l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, mais aussi le Canada, l’Etat a été placé au cœur des réformes …

Les fonctionnaires ne cotisent que 37,5 années contre 40 ans pour le privé (le Plan propose , en février 1999, 42,5 années de cotisation pour tous). Leur retraite est calculée sur les six derniers mois contre les 25 meilleures années pour le privé et leur taux de cotisation est de 7,85% contre 8,39 à 10,35% pour le privé (dans “Abus de bien public”, Louis Bériot mentionne respectivement 8,5% et 25% du salaire ). Les suppléments familiaux n'ont pas été supprimés comme dans le privé. Toujours pour Louis Bériot : “ Et pour couronner le tout, il faut savoir que les fonctionnaires ont la possibilité de cotiser à la Préfon, une assurance-vie qui n’est pas autre chose qu’un fonds de pension, l’une des solutions pour nos retraites mais contre le dévéloppement de laquelle l’ensemble de la classe syndicalo-politique se ligue aujourd’hui.”

Citons Irène Inschauspé, dans Le Point du 1à décembre 1999 : “En France, parler de fonds de pension, c’est encore agiter le chiffon rouge. Impossible, aujourd’hui, même si l’idée fait son chemin, d’offrir aux salariés ce système de retraite par capitalisation. Pourtant, quelques catégories privilégiées peuvent en bénéficier, et comme par hasard, ce sont… les fonctionnaires et les élus locaux ! Les politiques, longtemps unis aux syndicats pour défendre bec et ongles la retraite par répartition, ont donc fait preuve d’une belle hypocrisie. Les uns et les autres se sont, en fait, mis d’accord dès 1968 pour créer un fonds de pension réservé aux seuls fonctionnaires! La Préfon, c’est ainsi qu’on l’appelle, est un système de retraite complémentaire volontaire extrêmement avantageux. Il suffit d’avoir travaillé quelques jours au service de l’Etat pour avoir droit d’y adhérer et d’y faire inscrire son conjoint. La simple détention d’une feuille de paie de l’Etat tient lieu de sésame…Or la Préfon ouvre les portes d’une défiscalisation à grande échelle. Les cotisations sont déductibles du revenu imposable dans une limite de 19494 francs par an. Ce n’est déjà pas mal ! Mais il y a mieux encore. Cet ancien fonctionnaire, qui, à 50 ans décide d’adhérer à la Préfon alors qu’il officie dans le privé, peut aussi racheter, avec le même avantage fiscal, jusqu’à trente-quatre années de cotisations ! Ainsi, même si le système peut bénéficier aux petits fonctionnaires qui y adhèrent dès le début de leur activité, il est sutout favorable aux privilégiés qui disposent de revenus élevés. C’est-à-dire à une minorité de hauts-fonctionnaires ou de “pantouflards”, qui se jettent sur le système pour réaliser de substantielles économies d’impôt. Cela explique sans doute pourquoi ce fonds de pension, pourtant attractif, ne compte aujourd’hui “que” 220000 adhérents, alors que 6 millions de personnes pourraient en bénéficier. “Depuis quelques années, nous doublons chaque année le nombre de nos adhérents”, indique-t-on cependant à la Préfon. Même croissance dynamique pour les fonds de pension réservés aux élus locaux, qu’il s’agisse de Fonpel (5600 adhérents), une émanation de l’Association des maires de France, ou de la Carel, dont les adhérents (5400) sont plutôt des conseillers généraux ou régionaux. Dans les deux cas, seuls peuvent cotiser au régime les élus locaux ayant abandonné leur activité professionnelle pour exercer leur mandat. Ici, point d’économie d’impôts sur les cotisations, ni de possibilité de rachats de points en dehors des périodes où le maire a siégé. Mais les heureux élus, si l’on peut dire, bénéficient d’un “abondement record”. La cotisation du maire est volontaire, mais, s’il se décide, la collectivité locale qui l’emploie doit verser la même somme. “Ce système offre une grande souplesse et, compte tenu de l’avantage procuré par l’abondement, il pourrait servir de modèle aux fonds de pension à la française”, explique Daniel Escola,, directeur du département Carel à la Mutualité française…”

Pour François de Closets dans " Le compte à rebours " : "les cotisations supportées par les fonctionnaires financent 17% des pensions (contre un tiers chez les salariés du privé ! ) mais le chiffre tombe à 11% chez les électriciens (selon Liaisons Sociales Magazine du 1er avril 1999, EDF consacre 55% de sa masse salariale pour permettre à ses agents de partir plus tôt à la retraite). En chiffres bruts, les pensions sont nettement plus élevées dans le public que dans le privé : 11 134 francs par mois d'un côté, 8 459 francs de l'autre ... Si les régimes spéciaux sont maintenus en l'état, ils seront déficitaires de 65 milliards par an dès l'an 2000." Selon Liaisons Sociales Magazine du 1er avril 1999, 80% des salariés du privé estiment que les dispositifs de retraite du public doivent être alignés sur ceux du privé selon un sondage CSA-Espace social européen. C’est l’inverse qui est à négocier.

Selon Le Point du 21/2/98, 70% des 1,8 million de fonctionnaires civils de l'Etat travaillent déjà moins de 39 heures par semaine et selon celui du 14/3/98 vont coûter 15 milliards de plus sur deux ans au simple titre de l'accord Zuccarelli. Pour François de Closets , dans "Le compte à rebours": " Le gouvernement, qui avait vainement fouillé ses poches pour les minima sociaux , a trouvé 15 milliards de francs pour les traitements des fonctionnaires ... Et ce au moment où l'on apprend qu'en 1996 le salaire moyen a diminué de 1,3% dans le privé alors qu'il augmentait de 0,6% dans le public."

Dans “ Abus de bien public “ , éditions Plon , 1998 , Louis Bériot précise : “ …en France , le service public n’est pas une conception du service que la Nation doit à son peuple . Il est la conséquence de l’appropriation de l’Etat par “ses serviteurs…à quoi sert un service public qui n’est pas au service du public ? ”. Pour François de Closets dans " Le compte à rebours " : " Parlons clair , le discours sur " le service public à la française " repose sur une mystification ...un énorme mensonge : le lien indissoluble entre le statut des agents et les missions de service public ... Laisserons-nous British Airways et autre Lufthansa chasser de notre ciel Air France et ses pilotes de luxe ?... Qu'on cesse donc de nous rebattre les oreilles avec ce "modèle français" , fossile caricatural hérité du XIXe siècle et certifié non viable au XXIe ! Nos services publics , parce qu'ils représentent une richesse nationale, doivent se moderniser tout comme nos entreprises ...

Dans quel pays civilisé les usagers des services publics sont-ils traités avec autant de mépris, avec une telle morgue, par un personnel si bien protégé , jouissant de telles garanties , bénéficiant de tels avantages ?... Dans la pratique la grève ne protège que les protégés ; elle est devenue l'apanage de la France statutaire , un privilège dont l'abus crée le plus grand tort au service public." Dans “ Abus de bien public “ , éditions Plon , 1998 , Louis Bériot précise : “ Les fonctionnaires allemands ( 40% des effectifs du secteur public ) ne bénéficient pas du droit de grève . Pour les autres salariés du secteur public , le droit de grève existe , mais uniquement pour conclure ou faire appliquer les conventions collectives . Il est donc très restreint et , s’il porte atteinte à l’intérêt général , c’est un juge qui détermine si la grève est licite ou non . Effet dissuasif garanti !” Selon Le Point du 13 février 1999 . Avec 1% des salariés , la SNCF représente 40% des journées de grève de 1998 : même les journées de grève sont payées , la retenue de 10% est souvent gommée .

Bruno Jarosson et Michel Zarka soulignent dans “De la défaite du travail à la conquête du choix”: "Dans une organisation , on peut faire l'exercice suivant : demander à chaque personne ce qu'elle produit , pour le client et pour d'autres personnes de l'organisation, et ce dont elle a besoin pour produire. On s'aperçoit alors que beaucoup de gens dépensent une énergie considérable à produire des choses qui ne servent à rien et que beaucoup de besoins ne sont pas satisfaits. Chacun ayant tendance à faire ce qu'il sait faire plutôt que ce qu'attendent les autres, il faut beaucoup d'échanges d'informations et parfois de la coercition pour que l'organisation se concentre sur ce qui est utile et délaisse ce qui est inutile. Or ces échanges d'informations et cette coercition ont un coût élevé : le coût de transaction. Nous voulons montrer ici que le fonctionnement bureaucratique, la tendance à faire beaucoup de choses inutiles , n'est pas une perversité des organisations, mais un fonctionnement conforme à la rationalité des acteurs ...

Tous les succès obtenus pour augmenter l'efficacité des administrations publiques, comme par exemple au Royaume-Uni, se sont fondés sur l'idée de réintroduire un lien client-fournisseur.

Depuis 1991, les prix des services publics augmentent plus vite que l'indice général et leurs déficits augmentent. Des gains de productivité restent à faire. Ce n'est un secret pour personne que les services publics à la française ne réagissent pas à la concurrence par une augmentation nette de leur performance ." Louis Bériot complète : “ le déficit actuel de notre budget – 235 milliards de francs ( en 1998 ) – est égal à la seule différence d’augmentations de salaires accordées aux fonctionnaires par rapport aux employés du privé pendant treize ans.”

Pour B.Majnoni d'Intignano : " Au total le secteur public a accaparé 37 milliards de dotations diverses en 1996 ...On y joue avec un grand art la pièce classique du chantage à l'emploi "...pour le prix du minimum vital pour le million de Français en grande difficulté ..." et la France est "un pays, où 55% de la production passe entre les mains de l'Etat, des collectivités locales ou de la sécurité sociale ..."

Selon Le Point du 13 février 1999 , 22 ministres du gouvernement Jospin sur 29 sont fonctionnaires , 295 députés sur 577 appartiennent , à un titre ou à un autre , au service public, 113 sur 322 au Sénat , 57% des Français sont fonctionnaires ou assimilés ou bien ont un parent fonctionnaire selon un sondage Ipsos du Revenu français du 3 avril 1998 .

Pour André Safir et Dominique Michel dans “Avantage France”: “Si l’on aditionne les salariés du secteur public (le quart de la population active), ceux des associations et satellites divers qui en dépendent, les retraités, les chômeurs et les exclus, bref, tous les obligés de la puissance publique, on obtient au bas mot 60% de la population.”

Pour Christian Morrisson , professeur à Paris I : " ...plus il y a de jeunes exclus dans les banlieues, plus on augmente les prélèvements ; ce faisant , on incite de plus en plus de jeunes diplômés à quitter un pays où ils devront payer toujours plus et recevoir toujours moins . Dès lors que plus de la moitié de la population est employée par le secteur public ou vit de prestations sociales, il n'y a pas de raison pour que ce processus cumulatif de dislocation d'une société s'arrête. Une majorité démocratique de 51% peut imposer un modèle qui éloigne la France de ses voisins avec plus d'impôts et plus de transferts , justifiés par un nombre croissant d'exclus. En ayant accru fortement le coût du travail depuis 1981 et en ayant ouvert les frontières à l'immigration d'une main-d'oeuvre non qualifiée, on a fait ce qu'il fallait pour qu'il y ait de plus en plus d'exclus et par conséquent de plus en plus de fonctionnaires prenant en charge les cas sociaux . Il y a cinquante ou quarante ans , un instituteur préparait avec succès une classe de 35 élèves au certificat d'études dans les quartiers populaires . Aujourd'hui , dans les banlieues déshéritées , il faut deux " professeurs d'école " , ayant fait trois ans d'études supplémentaires et donc mieux rémunérés , pour des résultats beaucoup moins satisfaisants . En un mot , on doit dépenser de plus en plus pour obtenir de moins en moins ..."

POUR ANDRE SAFIR ET DOMINIQUE MICHEL, DANS “AVANTAGE FRANCE” : “SEUL LE DEVELOPPEMENT DES ACTIVITES EXPOSEES PEUT PERMETTRE LE DEVELOPPEMENT DES SERVICES PROTEGES. MAIS COMMENT CONCEVOIR ET VENDRE DU SERVICE INTELLIGENT A DES ENTREPRISES ETRANGERES SANS BASE DOMESTIQUE POUR LES METTRE AU POINT ET LES AMORTIR. LES FAMEUX SERVICES DE PROXIMITE (DONT TOUT LE MONDE SOUHAITE LE DEVELOPPEMENT, Y COMPRIS LES AUTEURS DE CE LIVRE) QUI SERONT ACHETES PAR DES PERSONNES PHYSIQUES, NE POURRONT SE DEVELOPPER QUE SI LE SECTEUR COMPETITIF DE L’ECONOMIE, QU’IL SOIT INDUSTRIEL OU TERTIAIRE, VERSE SUFFISAMMENT DE REVENUS, SOUS FORME DE SALAIRES, AUX CLIENTS POTENTIELS. FAIRE RENDRE CES SERVICES PAR LE SECTEUR PUBLIC REVIENT D’AILLEURS AU MEME SUR LE PLAN MACRO-ECONOMIQUE PUISQUE CE SONT ALORS LES IMPOTS VERSES PAR LES COMPETITIFS QUI LES FINANCENT. LA BOUCLE EST BOUCLEE. SANS PROGRES DE PRODUCTIVITE DANS LE SECTEUR CONCURRENTIEL, C’EST PLUTOT LA QUADRATURE DU CERCLE. LE SECTEUR COMPETITIF EXPOSE RESTE BIEN LE MOTEUR DES ECONOMIES DEVELOPPEES. IL EST LE LIEU DU PROCESSUS DE CREATION DES GAINS DE PRODUCTIVITE, A L’ORIGINE DES INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES OU D’ORGANISATION QUI SE DIFFUSENT A L’ENSEMBLE DU TISSU ECONOMIQUE. ET SURTOUT IL PERMET DE FINANCER LE DEVELOPPEMENT DE L’EMPLOI DANS LES AUTRES SECTEURS. TOUTE LA QUESTION, POUR UN GOUVERNEMENT, EST DE SUSCITER, D’ENTRETENIR ET DEVELOPPER CETTE DYNAMIQUE. DEPUIS QUARANTE ANS, LES FRANÇAIS, QUI NE FONT PAS CONFIANCE AU MARCHE, ONT SU DEVELOPPER UNE MANIERE PARTICULIERE, MELANGE INIMITABLE DE PLANIFICATION CONCERTEE, DE COLBERTISME TECHNOCRATIQUE ET DE CHAUVINISME TECHNOLOGIQUE POUR DEVELOPPER UN APPAREIL DE PRODUCTION COMPETITIF. MAIS LA CONSTRUCTION EUROPEENNE, LA REVOLUTION TECHNOLOGIQUE ET LA MONDIALISATION ONT PEU A PEU RENDU OBSOLETE CE MODE DE REGULATION. LA POLITIQUE INDUSTRIELLE NE FONCTIONNE PLUS. ELLE EST A REINVENTER.”

Selon N.Baverez dans " Les trentes piteuses " : " L'Etat , en France , s'apprête à connaître le sort des grands sauriens en succombant à son gigantisme ... le secteur public a donc absorbé l'essentiel des gains de productivité réalisés par l'économie française depuis 1983 , à travers la hausse continue des prélèvements ...”

Pour Philippe Ménage , dans " L'aveuglement français " : " Utiliser le marché est autrement plus compliqué . Mais c'est la seule voie à explorer pour la France si elle veut sortir de l'impasse . Elle peut le faire : la Nouvelle-Zélande , la Suède , les Pays-Bas , la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, pays qui s'étaient enfoncés dans la paralysie étatiste et le chômage , y sont parvenus."

Selon Bernard Brunhes dans " Les habits neufs de l'emploi " :

" Les méthodes de gestion qui réussissent dans le secteur marchand réussissent tout aussi bien dans le secteur public : là comme ailleurs, réactivité et fexibilité, individualisation et recherche de la solution la moins onéreuse, productivité et compétitivité s'imposent.

Il ne faudrait donc pas confondre service public et organisation bureaucratique , entreprise publique et rigidité."

Pour Bernard Diridollou et Charles Vincent de la CEGOS, dans “Le client au coeur de l’organisation. Le management par les processus”, Les Editions d’Organisation, 1998 :

“Le 360° Feed-Back établit un diagnostic en croisant l’auto-évaluation de chaque manager et l’évaluation de son environnement professionnel sur ses pratiques managériales réelles.” Ce système devrait être étendu aux enseignants, éducateurs et travailleurs sociaux et à l’ensemble du secteur public, par rapport à ses clients, assujettis, usagers ou administrés .

Selon J.P.Fitoussi et P.Rosanvalon , professeur à Sciences Po et directeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, dans "Le nouvel âge des inégalités" : "Quand plus aucune représentation positive du progrès n'apparaît , le maintien du statu quo et la défense des “avantages acquis” l'emporte. Il n'y a d'ailleurs même plus de véritable action collective au sens propre du terme, c'est-à-dire d'action productrice de solidarité et de changement social."

Or selon B.Majnoni d'Intignano, dans " L'usine à chômeurs " : " Le travail ne disparaît pas et le volume d'emploi n'est pas limité ...Une économie pouvant employer librement et qui laisse s'ajuster les salaires sur le marché du travail semble créer des emplois à long terme , nonobstant le progrès technique et la mondialisation ...

Les travaux récents de l'OCDE, depuis l'“Etude sur l'emploi” de 1994 , renversent complètement la vision traditionnelle, et surtout française, du chômage et de l'emploi. Ils démentent ce courant de pensée malthusien pour qui le volume de travail serait déterminé à court terme et diminuerait à long terme sous l'effet du progrès technique ...Le travail ne disparaît pas et le volume d'emploi n'est pas limité.

La comparaison internationale suggère , au contraire , que l'emploi potentiel serait important dans nos économies et en constitue l'élément dynamique ...

En effet, dans les pays ayant créé beaucoup d'emplois - Amérique du Nord -, le taux d'activité se révèle non seulement élevé , mais il augmente , alors que le taux de chômage structurel reste stable et faible ...Les créations d'emploi pousse les populations à travailler ...Ce sont les créations d'entreprise répondant aux besoins nouveaux qui augmentent l'emploi, pas les sauvetages artificiels d'entreprises condamnées à terme ni le partage des emplois existants ...

Le continent nord américain ...a créé plus de 44 millions d'emplois , surtout privés , et l'Europe moins de 11 , plutôt publics . ( Pour les Etats-Unis ) dans un cas sur trois , il s'agit d'un travail qualifié , ou encore d'un premier pas vers un emploi stable ...dans le cas des immigrés ces salaires sont bien supérieurs à ceux de leur pays d'origine et donc attractifs ...Enfin , beaucoup de travailleurs pauvres montent l'échelle des qualifications en moins de dix ans ... Depuis 1991 les PME américaines compensent , en créant 10,5 millions d'emplois, les pertes des entreprises de plus de 500 travailleurs , soit 3 millions de licenciements ...les emplois industriels américains et japonais ( +13 et +17% en vingt ans ), infirment des thèses pessimistes et fausses sur la " fin du travail " , en particulier dans l'industrie ."

Pour Charles Goldfinger dans “Travail et hors travail . Vers une société fluide”: “D’une part, ce sont bien les pays, comme les Etats-Unis, l’Irlande, Taiwan ou Singapour, ayant adopté les nouvelles technologies le plus rapidement et le plus massivement, qui connaissent la croissance la plus forte ; d’autre part ce sont les secteurs les plus avancés – les télécommunications et l’informatique – qui constituent la source principale de nouveaux emplois . Toutefois, la création des emplois ne se limite pas à ces secteurs . Ceux-ci ont un fort effet d’entraînement qui touche d’autres domaines très variés, comme l’audiovisuel, la grande distribution ou la restauration collective.”

Il complète :

“ La technologie de l’information ( infotechnologie ), qui comprend l’informatique (ordinateurs, logiciels et services), les télécommunications ( la transmission à distance de la voix et des données ) et les produits associés ( les semi-conducteurs et autres composants), est considérée comme une force structurante de toutes les activités économiques d’aujourd’hui .

Les investissements en infotechnologie sont désormais supérieurs aux investissements en machinerie et équipements traditionnels…le développement de l’infotechnologie a généré un énorme ensemble économique . Sa taille globale est estimée entre 650 et 1 100 milliards de dollars en chiffre d’affaires et entre 60 et 120 millions d’emplois . Son taux de croissance annuel est de 20% en volume et de 10% en valeur . Pour l’essentiel, il s’agit d’activités nouvelles qui n’existaient pas il y a encore 20 ans ...Les secteurs qui constituent son domaine …génèrent déjà 10% du produit intérieur brut des pays avancés …la clé de la création d’emplois par l’infotechnologie est une forte croissance de la productivité, sans laquelle il n’y a pas de création de richesse additionnelle…Ainsi, aux Etats-Unis, le nombre de personnes employées dans le logiciel pour mille habitants est de 56% supérieur à celui de la France, et de 80% à celui de l’Allemagne . Et cette plus forte intensité de travail ne se traduit pas par une plus faible productivité, bien au contraire, puisque la valeur ajoutée unitaire dans ce secteur aux Etats-Unis est supérieure de 80% à la valeur ajoutée en France…Le résultat en est une dématérialisation croissante de l’économie. Ainsi les facteurs immatériels représentent 70% du coût total d’une automobile . D’une manière peut-être plus surprenante, plus des deux tiers des coûts du beurre sont aussi de nature immatérielle .”

Selon N.Baverez dans “Les trentes piteuses” : “Le recul de l'emploi industriel français a été à l'inverse particulièrement accusé : avec 4,2 millions d'emplois industriels, la France n'occupe que le neuvième rang mondial , très loin des Etats-Unis (20 millions), du Japon (15 millions) et de l'Allemagne (8,4 millions), mais aussi du Royaume-Uni (6,5 millions), de l'Italie ( 4,8 millions) et de la Corée ( 4,7 millions ). Selon Philippe Manière dans “L'aveuglement français” : “Des colonies d'ingénieurs indiens, chinois ou vietnamiens sont également apparues en Californie. Et les Français , qui seraient aujourd'hui une cinquantaine de milliers rien que dans la Silicon Valley , ne sont pas en reste”.

Jean-Christophe Le Duigou,responsable des Etudes économiques de la CGT, membre du Conseil Economique et Social et Roland Le Bris, consultant du groupe Alpha, conseil aux comités d’entreprise, soulignent dans “Demain l’Emploi”, Editions de l’Atelier, 1998: “Mais force est de constater que la renaissance américaine, à partir du milieu des années 1980, s’est appuyée sur une reconquête industrielle, valorisant les nouveaux secteurs de l’information et instillant à forte dose de l’innovation dans les secteurs traditionnels…Quant à l’Italie, elle a construit son développement industriel sur l’articulation et la densification de ses PMI. Si l’on change seulement d’approche statistique, la vision s’éclaircit comme souligne Jean-Louis Levet: “En agrégeant la valeur ajoutée de l’industrie et la valeur ajoutée tertiaire directement engendrée par l’achat de services par l’industrie ou les dépenses des revenus distribuées par l’industrie, l’emprise de l’industrie française sur l’ensemble des activités économiques est supérieure à 50%”. Avec deux tiers de la Recherche et Développement exécutée, elle est le principal lieu de création de technologies et de produits nouveaux qui se diffusent dans le tissu économique par la fourniture d’approvisionnements ou de biens d’équipement aux autres secteurs. Responsable de 70% des exportations françaises de biens et services, dont 60% pour l’industrie manufacturière, elle est de loin la principale source de recettes extérieures stables.

Si dans le paysage européen, la Grande-Bretagne et la France d’une façon moindre font figure d’exception, c’est avant tout pour avoir cédé au mythe de la fin de l’industrie et ne pas avoir été capables de penser l’articulation entre les dimensions productives et de services”.

B.Majnoni d'Intignano poursuit : " Les services aux ménages représentent la moitié des emplois nouveaux ...100 nouveaux emplois pour 1000 habitants en Amérique entre 1970 et 1990 contre 55 en France . Curieusement , l'Europe , particulièrement la France , pourtant le premier pays d'accueil de touristes au monde , pèche par l'infériorité des emplois dans le bâtiment et les travaux publics , le petit commerce , l'hôtellerie et la restauration ". Pour François de Closets dans " Le compte à rebours " : " Avec 67 millions de visiteurs en 1997 , la France est devenu le premier pays touristique du monde . Une activité qui laisse un excédent de 65 milliards de francs , notre première source de devises ..., crée des emplois ( 30 000 de plus chaque année ) ."

Pour la France on retrouve là la logique de l'honneur mise en valeur par Philippe d'Iribarne : "mépris des nobles pour l'honnêteté marchande" , pour le travail "mercenaire" qui "évoque l'appartenance à une basse condition , à quelquechose de vil, d'impur". Selon Philippe d'Iribarne dans la logique française de l'honneur le laquai est fondamentalement l'inférieur . Selon José Rose, dans “Les jeunes face à l’emploi”, citant Philippe d’Iribarne: “les résistances à une déchéance à la fois salariale et symbolique ont freiné le développement d’un tertiaire peu qualifié, du type de celui que connaissent les Etats-Unis.”

Dans " Le chômage paradoxal " , PUF , août 1990 , Philippe d’Iribarne précise : " Il semble bien que de son côté la partie de l'appareil productif qui relève du secteur tertiaire se trouve affectée par des résistances au " déclassement " . Et , en la matière , ce ne sont pas seulement les déclassement de salaire qui entrent en jeu , mais aussi l'opposition entre états plus ou moins " nobles " et les conceptions françaises de la déchéance associée aux emplois insuffisamment nobles . On a noté qu'aux Etats-Unis le maintien à un bas niveau du chômage de longue durée est allé de pair avec un large développement d'emplois très peu qualifiés , à très bas salaires , dans les services et qu'il en est de même au Japon .Or la France peut difficilement suivre la même voie, et pas seulement à cause du rôle joué par le SMIC .

Pour la société française , de nombreuses activités de service ( et pas seulement les services domestiques ou le ramassage des poubelles ) évoquent volontiers une position “servile” , contraire à l'honneur . Cela paraît vrai , en particulier , pour les activités qui mettent de façon très directe “au service” des utilisateurs , sans que ceux-ci puissent être ramenés à la position inférieure d'“usager” d'un service public face à un agent paré d'une responsabilité publique ; ou encore , sans que les prestataires de service aient accès à une position noble de gardiens d'un savoir ésotérique (médecins , hommes de loi , etc ... auquels on pourrait ajouter les correspondants des Missions Locales , les conseillers des ANPE , les services sociaux en particulier ceux en charge du RMI ) ; toutes les fois que l'activité est bien vécue comme une activité de "service".

On sait combien sont vifs les combats de ceux qui se trouvent dans des positions limites pour défendre les statuts qui leur permettent d'éviter la déchéance d'une position où la relation de service s'exprime dans sa nudité . Et il paraît difficile de trouver des Français qui s'adonnent avec conscience et avec zèle , et donc avec efficacité , à des activités correspondant à pareille position.

Par ailleurs , outre les questions de rentabilité , tous les employeurs ne sont sans doute pas indifférents au fait qu'exercer ces activités en faisant travailler une main-d'oeuvre déqualifiée n'est guère honorable . Comment s'étonner , dès lors , que beaucoup soit fait pour éliminer (et, en tout cas éviter de développer) ces activités peu "nobles", en poussant très loin le “self-service” et l'automatisation (cf. l'élimination progressive des pompistes et maintenant des péages manuels sur les autoroutes, le rôle de leader de la France dans la monnaie électronique, l’épicerie automatique à barillet lancée par Casino, etc ...). Pareille manière de faire paraît être une conséquence directe d'une situation où les employés n'ont guère tendance à se montrer efficaces et prévenants avec des clients dont ils refusent d'être les "larbins", où les clients sont à la fois peu satisfaits et quelque peu gênés de la situation où ils se trouvent et où changer radicalement de mode d'organisation paraît alors la meilleure issue. On est loin des situations japonaise ou américaine .

En fin de compte, à travers leurs effets sur la manière d'organiser certaines activités , les facteurs sociaux qui régissent les caractéristiques des positions auxquelles il est “normal” d'accéder n'influencent pas seulement les choix qui s'opèrent à l'embauche, l'offre d'emploi étant donnée. Ils influencent la structure de l'offre d'emploi elle-même.”

Pour Charles Goldfinger dans “Travail et hors travail. Vers une société fluide.”: “ Les services personnels, les emplois de loisir ou de la grande distribution – dont le potentiel a pourtant été démontré en dehors de la France mais aussi en France – sont dénigrés comme subalternes, précaires et s’apparentant à une forme moderne d’esclavage. On les traite comme des cas exceptionnels, on les cantonne dans le secteur administratif ou non marchand, on les cloisonne de peur qu’ils ne contaminent les emplois “nobles”.

On leur impose des cadres règlementaires restrictifs, on entrave les activités des entreprises susceptibles de créer de tels emplois . Ainsi, la grande distribution est soumise en France aux attaques permanentes de l’ensemble de la classe politique, qui lui a imposé un cadre règlementaire contraignant . Le résultat est parlant : alors qu’aux Etats-Unis entre 1974 et 1994, la grande distribution a créé huit nouveaux emplois pour mille personnes en âge de travailler, en France, elle a supprimé quatre emplois pour mille.

La différence de traitement entre les emplois industriels et ceux de services est frappante . On accorde un accueil princier, avec une annonce faite par le Premier ministre Jospin lui-même, et des subventions plus que conséquentes, à la nouvelle usine Toyota dans le Nord, dont l’impact net sur l’emploi dans l’automobile sera en toute probabilité négatif l’arrivée de Toyota obligeant d’autres constructeurs comme Peugeot ou Renault à rationaliser leur production et réduire leur effectif ), en même temps que l’on supprime les allègements fiscaux sur les bas salaires accordés aux entreprises de propreté, ce qui, selon la Fédération des entreprises de propreté, risque de provoquer 10 000 licenciements et de nombreux dépôts de bilan en 1998…

Le dénigrement quasi systématique des “petits métiers” que l’on entend très souvent en France et dans d’autres pays du continent européen vise à les séparer de je ne sais quel métiers “nobles” de peur qu’il ne les contaminent . Mais ce cantonnement aboutit à un effet pervers puisqu’il pénalise les jeunes et les gens de faible qualification, qui du coup ont plus de mal à trouver des portes d’accès au monde du travail .”

De façon paradoxale, Denis Clerc, dans sa remarquable synthèse “Condamnés au chômage ? Travail et emploi : faux débats et vraies questions.”, Syros, Alternatives Economiques, 1999, conclut son chapitre sur le sens du travail ainsi : “Dans la réalité, les entreprises ne contribuent pas seulement à créer de la richesse, elles procurent aussi à ceux qu’elles emploient des rôles sociaux, des places, des revenus, une position sociale, une image…” Pour lui le revenu d’activité, ce serait “absoudre la société de castes…croît-on une seule minute que ceux qui n’ont pas participé à la production du gâteau auront la même position sociale que ceux qui y ont participé ?”

Ainsi, sous le prétexte du malheur des sans statut, il leur refuse des opportunités. C’est le ressort de la critique du système américain jeté aux orties par la morgue franco-française qui est de fait l’expression d’une idéologie au sens de Bourdieu, c’est-à-dire la légitimation d’un rapport de classe : tout pour les insiders parce qu’il est anormal que les outsiders soient outsiders. Paradoxe complet que décode d’Iribarne : supprimons les métiers de service, ce sont des métiers de servitude dégradants ! Ceci alors que l’Allocation d’Adulte Handicapé ou le Minimum Vieillesse ou les rentiers présentés à longueur d’année dans Ola, Voici, France Dimanche, Paris Match, ne posent de problème à personne.

Denis Clerc cite lui-même d’Iribarne : “Dans une sorte de motion de synthèse, Philippe d’Iribarne montre comment le cumul de ces deux obstacles ( le niveau du coût salarial et la position servile ) explique les difficultés de l’emploi non qualifié en France : “ Une logique sociale et une logique de marché interfèrent. Pour la première de ces logiques, il est essentiel, à quelque niveau de la société que l’on se situe, de traiter chacun avec les égards dus à sa condition. Mais quand ces égards paraissent trop coûteux, la logique de marché incite l’éventuel employeur à s’abstenir. Lorsqu’une embauche déclassée suscite des résistances dans une logique sociale pendant qu’une embauche “normale” en suscite dans une logique de marché, ne pas embaucher du tout (…) fournit une solution de synthèse acceptable pour les deux logiques.”Ainsi, employeurs potentiels feraient, ensemble, la “grève” de ce type d’emplois, pour des raisons différentes, mais dans un refus commun.”

Le véritable problème c’est la logique française de statut, de rigidification et la flexibilité renvoyée sur les autres, les outsiders. Pour Bruno Jarosson, dans “100 ans de management”: “Michel Crozier…affirme que le pouvoir, dans l’organisation, est entre les mains de ceux qui contrôlent les facteurs d’incertitude…Le client constitue pour l’organisation un facteur d’incertitude réel s’il peut changer de fournisseur…l’organisation peut dysfonctionner – du point de vue de son client – de façon raisonnable et intelligente…Dans la mesure où le client fait peser sur l’organisation l’incertitude de son acte d’achat, il possède un pouvoir que l’acteur peut contester. Pour cela deux solutions :

- Faire en sorte que le client n’ait pas le choix, qu’il soit captif…

- Mettre en péril la survie de l’entreprise pour préserver son intérêt personnel dans l’organisation.

Ces deux solutions sont également vraisemblables parce qu’elles sont également bureaucratiques. Mais elles menacent la survie de l’organisation. Voici pourquoi et comment les bureaucraties finissent. Si les bureaucraties nous tourmentent et risquent de disparaître, c’est paradoxalement parce qu’elles abritent des acteurs intelligents.”

Bernard Brunhes complète dans " Les habits neufs de l'emploi " : " De récents travaux du Département du travail des Etats-Unis ainsi que de l'OCDE ont fait apparaître de façon spectaculaire que les seuls métiers qui se développent sont les métiers de service . Pour l'essentiel , ces métiers mettent leurs titulaires en face de leurs "clients" : métiers commerciaux , métiers de conseil , d'accueil , de soins , d'assistance psychologique ou sociale , métiers de sécurité ... il faut rencontrer le client , être disponible à toute heure - et justement pas seulement aux heures traditionnelles de travail , auxquelles le " client" est indisponible ... Est-ce la raison pour la quelle les services aux particuliers traînent les pieds en France , ou, plus précisément , la raison pour laquelle on tente de plus en plus de les faire rendre par des robots , donc avec le minimum de création d'emploi ... Une chaîne de supermarchés expérimente actuellement des caisses sans caissière ."

Le point de vue de l'économiste Thomas Piketty , paru dans une "note de la Fondation Saint Simon, selon lequel, il serait possible, en France, en s'inspirant de l'exemple américain , de créer deux à trois millions d'emplois dans le commerce et l'hôtellerie-restauration, est cependant contesté par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice professeur d'économie et maître de conférence à l'université Lille-I et signataires de l'"Appel des économistes pour sortir de la pensée unique" : niveau de vie et volume de vente plus élevé aux USA , durée annuelle moyenne du travail inférieure d'environ 12%, production de services plus importante autour de la vente des biens , salaire horaire inférieur ... François de Closets dans " Le compte à rebours "met en valeur le point de vue de Pierre-Noël Giraud ("L'inégalité du monde" Gallimard, 1996) selon lequel “Le chômage ne peut être évité (dans les pays riches) que par l'accroissement des inégalités de revenus” . Phillipe Manière module ce point de vue dans "L'aveuglement français" : "... on oublie trop souvent que tout est moins cher aux Etats-Unis . Les biens de consommation: courante ne sont frappés que par une sales tax modique de 3 % à 7% - et non, comme en France par une TVA généralement de 20,6%. L'essence revient généralement à environ 2,50 francs le litre (là aussi la fiscalité est beaucoup plus faible) au lieu de 6,50 francs en France".

En Europe , cependant , l'ancienne Lotharingie - à cheval sur l'Allemagne du Sud (Bavière, Hesse et Bade-Wurtemberg ) , l'Autriche , la Suisse , la France (Alsace ) et l'Italie du Nord (Lombardie ) - a échappé au chômage depuis 1973 ...Un capitalisme puissant et familial y a créé une industrie moderne , qui fournit le tiers des emplois , distribue des salaires élevés , et développe les services induits autour d'elle ."

Selon M.Godet , professeur de Prospective industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers , la Vendée , comme l'Alsace , a un taux de chômage des jeunes beaucoup plus faible : " la Vendée ... est le département qui , en proportion de sa population , a créé le plus d'entreprises pendant les trentes dernières années ... Je recommande à tous ceux qui entendent développer leur bassin de vie d'aller découvrir ces gros bourgs ruraux gonflés par des zones industrielles pleines à craquer d'entreprises rutilantes ..."Toujours selon Dominique Gambier et Michel Vernières , dans " L'emploi en France " , le taux d'activité des moins de 25 ans varie de 25% en Aquitaine à 34,6% en Alsace .

Selon N.Baverez : " la France s'est engagée depuis 1973 dans une profonde restructuration de la main-d'oeuvre , qui conjugue la concentration de l'emploi sur la main-d'oeuvre la plus qualifiée et la baisse de la durée du travail ; les Etats-Unis à l'inverse connaissent une situation de plein emploi , en dépit de la hausse simultanée de la population active et des heures travaillées . Cela démontre les limites des approches mécanistes du partage du travail , qui misent sur une forte réduction de la vie active et de la durée hebdomadaire du travail pour obtenir une réduction équivalente du chômage ."

Toujours selon B.Majnoni d'Intignano : "Si la France s'était montré aussi dynamique que le Canada ou les Etats-Unis en matière d'emploi et compte tenu de sa population , nous bénéficierions de 9 millions d'emplois de plus depuis 1970 , surtout des emplois productifs , de quoi résorber largement notre chômage . Au lieu de cela , nous n'avons créé qu'un petit million d'emploi , surtout publics. Si nous avions imité les Pays-Bas , le Japon ou encore la Nouvelle-Zélande , cela ferait entre 4,4 et 6 millions d'emplois supplémentaires , un nombre encore bien supérieur à notre chômage actuel ." alors que : " cinq millions d'emplois disparaissent en France chaque année sur 22 millions et presque autant se crèent ...

Les pays à fort taux d'activité - de 75 à 82% sont le Japon , les Etats-Unis , le Danemark , la Norvège , la Finlande , la Suède et la Suisse .En France, Allemagne, Pays-Bas , Italie et en Espagne seulement 58 à 67% de la population en âge detravailler travaille ... Plus il se crèe d'emplois , plus un nombre élevé de personnes souhaitent travailler ...et plus la population active augmente ...l'Europe doit remettre sa population au travail pour résorber son chômage plutôt que l'inciter à s'en retirer ... il faudrait donc remettre au travail 15% de la population d'âge actif ... les entreprises françaises et leurs travailleurs font preuve d'une extraordinaire productivité puisque , avec aussi peu de travail, nous sommes quatrième exportateur au monde , deuxième en ce qui concerne les services et même premier pour l'exportation par travailleur..."

Pour JJ.Rosa dirigeant du MBA de Siences Po Paris , dans " L'erreur européenne " : " ...il existe un lien solide entre la croissance de la production et la réduction du chômage. C'est ce que les macroéconomistes baptisent "loi d'Okun", du nom de l'ancien président du "Conseil économique" de la Maison Blanche qui a le premier signalé cette régularité empirique ..."

Selon N.Baverez dans "Les trentes piteuses" la nature structurelle du chômage français est unique parmi les grands pays développés (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni) avec 5,3% de chômage de longue durée, 25,9% de chômage des 15-24 ans et 14,2% de chômage des femmes. Ceci dans un contexte qui est pour lui le suivant : "des travailleurs plus rares dont la durée de vie professionnelle se concentre entre 30 et 50 ans, dont le chômage augmente et les revenus stagnent, devront en effet transférer des ressources sans cesse plus élevées vers des rentiers plus nombreux, à l'espérance de vie en hausse... Le viellissement accéléré de la population, les mécanismes redistributifs de l'Etat providence et les enchaînements déflationnistes conjuguent en effet leur action pour provoquer l'euthanasie des actifs et enfermer une part croissante des jeunes dans des situations d'exclusion et de précarité... En 1993, le revenu net moyen des retraités a dépassé celui des actifs... Alors qu'ils représentent 20% de la population, les plus de 60 ans possèdent plus de 50% des actifs immobiliers et des valeurs mobilières, dont les revenus ont progressé nettement plus vite que les salaires depuis les années quatre-vingt. "En 1986 selon F.de Singly et C.Thélot dans "Gens du privé, gens du public" 36,4% des professeurs et assimilés, 50% des cadres de l'Etat possédaient des valeurs mobilières (51% pour les cadres des entreprises).

Michel Godet , professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la chaire de prospective industrielle, écrit dans "Emploi: le grand mensonge" :

"Dans l'administration comme dans les entreprises, l'avenir est aux structures souples, décentralisées par projet, à taille humaine et autonomes. Qui dit autonomie dit responsabilité et par conséquent sanction du marché ou analyse des performances par rapport aux objectifs, c'est-à-dire, aussi, évaluation régulière des compétences à tous les niveaux... Il n'y a pas de vie sans un minimum d'incertitude et de risque. Le rempart des rigidités finira par s'effondrer comme le mur de Berlin ..."

Bernard Zimmern polytechnicien-énarque, commenté par Octave Gélinier, ancien responsable de la CEGOS, va plus loin : il met directement en cause le rapport secteur public-chômage dans " A tout fonctionnaire son chômeur " , éditions Odilon-Média, 1998 : un fonctionnaire de plus ne signifie pas un chômeur de moins mais un chômeur de plus. Selon lui cette règle est doublement validée : par les comparaisons internationales montrant une certaine corrélation inverse entre taux de fonctionnarisation et taux de chômage ; et par une étude statistique de l'OFCE faisant apparaître que la surcharge fiscale nécessaire pour payer 20 000 fonctionnaires entraînait une réduction d'emploi de 16 000 ou de 27 000 suivant que l'impôt modifié était la TVA ou la taxe professionnelle .

Bernard Brunhes , polytechnicien , ancien membre du cabinet de Pierre Mauroy , conclut : "On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre . Or , c'est ce que paraissent trop souvent exiger les personnels des grands services publics ou de l'Administration .

Si l'on refuse et la flexibilité interne et la flexibilité externe , c'est-à-dire si l'on veut à la fois la sécurité de l'emploi et des règles internes rigides en matière de parcours professionnel , de lieu de travail , de temps de travail, d'avancement ou de promotion , de mobilité , on ne fait que reporter sur d'autres catégories la flexibilité nécessaire ."

Pour Denis Clerc : “…il semble que la protection de l’emploi engendrerait dans la plupart des cas une “ossification” du chômage : ceux qui ne trouvent pas d’emploi stagneraient longtemps dans le chômage, et deviendraient donc victimes d’un processus d’exclusion durable.”

Charles Goldfinger complète dans “Travail et hors travail . Vers une société fluide.” : “Selon Jean-Louis Dayan de l’INSEE, le CDD est devenu un mode d’embauche dominant et est utilisé dans 70% des cas .

Dans ce contexte, la précarité apparaît comme le coût à payer par les nouveaux entrants pour protéger les emplois existants. Plus la protection est forte et plus la précarité est répandue et durable. La puissance publique donne souvent un très mauvais exemple dans ce domaine, en pratiquant elle-même, pour les emplois qu’elle gère en direct, la précarité à grande échelle et- qui plus est- de longue durée.

C’est le cas de l’Education Nationale en France…La fluidité est nécessaire non seulement pour des raisons d’efficacité économique et de satisfaction personnelle, mais aussi parce qu’elle constitue une arme de choix dans le combat contre l’inégalité sociale . Elle fournit un ensemble de moyens pour empêcher que celle-ci ne se stratifie et ne se transforme en exclusion...

Accablant. Le rapport de la Dares [Premières informations et premières synthèses de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 2005.01-N°04.1 « Accroître l’emploi des seniors : entre volontés et difficultés »] publié ces jours-ci par le ministère du Travail établit non seulement que la France est l’absolu mauvais élève européen en matière d’emploi des seniors, mais, qu’en plus, notre pays, s’avoue incapable de corriger le tir. Selon cette étude, seuls 36,8% des 55-64 ans hexagonaux occuperaient un emploi. Un chiffre inférieur de cinq points par rapport à la moyenne européenne. Dans notre beau pays, l’âge moyen de sortie du marché du travail n’a pas cessé de baisser depuis 37 ans. Il était de 62 ans en 1968 et de 58 ans en 2002. Les français sont vieux de plus en plus jeune, sûrement une exception culturelle. Evidemment, le ministère propose quelques explications à ces scores lamentables. Si les quinquas sont chômeurs, ce serait d’abord de leur faute : 70% d’entre eux n’ont pas le niveau bac. «Et les formations qu’ils ont suivies tout au long de leur vie ne compensent pas la faiblesse de leur formation initiale» ont constaté les auteurs de l’étude, en ajoutant que «face aux innovations technologiques et organisationnelles, c’est plutôt handicapant». Les seniors seraient mal formés mais ils seraient également patraques : 25% d’entre eux déclarent connaître un problème de santé limitant leur capacité de travail. En égrainant ces chiffres on se dit que rien n’est perdu, que les départs massifs à la retraite des baby-boomers vont libérer des postes, que le nombre des seniors augmentant, chacun va s’habituer à leur présence dans l’entreprise. Que nenni. Les enquêteurs de la Dares ne se contentent pas d’être de redoutables analystes, ce sont également de remarquables rabat-joie. Et d’expliquer que ni le recul de l’âge de fin de carrière pour cause d’allongement de la durée de cotisation, ni les postes libérés par les générations d’après-guerre ne pourront inverser la tendance. Il paraîtrait que chacun s’habituerait d’ailleurs parfaitement à cette situation. «Dans une société ou le chômage est important, de nombreux seniors, comme les employeurs et une partie du corps social semble s’accommoder de leur retrait de l’activité» notent les chercheurs. Sachant qu’un employeur sur deux déclare ne pas vouloir embaucher une personne de plus de 50 ans, même s'il éprouve des difficultés à recruter, on se demande s’il ne faut pas voir du fatalisme plutôt que de l’accommodement. Toujours est-il que le ministère du Travail ne voit pas le bout du tunnel pour nos seniors exclus de l’emploi. La Dares se contente de réclamer «une politique volontariste». Le Medef et les syndicats se sont réunis vendredi pour une première réunion et des idées d’aides au retour à l’emploi des seniors commencent à germer. En attendant des mesures concrètes, des chômeurs quinquas en fin de droit connaissent toujours de graves difficultés. Et il est peu probable que, comme le prétend la Dares, ils s’accommodent si bien de leur retrait de l’activité.

Pourquoi payons-nous des impôts pour les prébendiers planqués de la DARES pour qu'ils nous serinent façon sadomaso : "Vae victis" ?

Chirac au Japon le 28/3/05 : il faut "sauvegarder le modèle social français." Zimmern "Les Profiteurs de l'Etat" p 41-42 : "... La vérité est que l'excès de fonction publique et des charges financières qu'il fait perser sur la société n'a aucune justification ni économique ni sociale. Cet excès n'apporte pas un meilleur servuce public, au contraire, il le dégrade. et ceux qui sont les premiers à en souffrir sont les pauvres... La vérité est que l'excès de fonction publique et des prélèvements obligatoires n'a aucune justification sauf la création d'une classe de riches [le summum étant les salariés de la Banque de France] et de privilégiés, qui a conquis le pouvoir et entend bien le garder à son seul profit... Même si certains services n'hésitent plus à maintenir les pauvres en pauvreté pour justifier leurs traitements, leur sécurité et leurs privilèges..." C'est un énarque polytechnicien créateur d'entreprise qui l'écrit.

Figaro 16/3/05 p8 : "... un groupe UMP ulcéré par le recul du gouvernement [moi aussi, j'ai voté UMP après avoir lu "Pour une nouvelle gouvernance" de Raffarin-Louis XVI où il fixait à 600 milliards les économies incontournables du secteur public !]... le manque de "courage" du gouvernement [mais non c'est Chirac-Edgard Faure "Ce n'est pas la girouette qui change de sens, c'est le vent."]... "A force de prendre notre électorat à rebrousse-poli en lui donnant le sentiment qu'on recule, on va finir par avoir de sérieux ennuis aux prochaines élections [oui, je ne voterai plus jamais UMPS]... Le ministre de la Fonction publique a commencé par affirmer que "céder à la rue serait un mauvais scénario"... et s'est arrêté net sous les rires et les lazzis du groupe, déchaîné. "Tout le monde criait : c'est déjà fait !"

Thierry Desjardins dans "Assz" page 363 : "... l'Education nationale qui sur 1310000 salariés n'a que 887000 enseignants... Sur les 915000 salariés de la Fonction hospitalière, il n'y a... que...500000 personnes qui s'occupent des malades et 415000 "administratifs"..."

Françaises, Français, choississons Eric de Montgolfier ou Christian Boitel comme Président de la République avec Jacques Marseille comme Premier Ministre (son sourire réconforte à C dans l'air).

29 mai 2005 55% de NON.

Jeambar L'Express 30/5/05 p8 : "... L'heure des comptes est là, terrible, qui pousserait un vrai gaulliste au départ immédiat... Dix années de pouvoir, dix années de perdues... l'équivalent dans les urnes, d'un Mai 58 ou 68. Tout le système politique est, de fait, remis en cause : ses hommes, son organisation, ses valeurs... La vérité leur éclate à la figure : la majorité des électeurs les met tous dans le même sac pour les condamner collectivement..."
Baverez Le Point 2/6/05 : "... un vote insurrectionnel, une "intifada" démocratique... Impasse de dix ans de pouvoir de Chirac... discrédité... Chirac est à la présidence de la République ce que fut Derrida à la philosophie : le héraut de la déconstruction. Déconstruction morale et civique... il paraît hautement improbable que Chirac puisse se risquer à une cinquième candidature présidentielle... un pays en situation prérévolutionnaire... L'accélération de la descente aux enfers reste l'hypothèse la plus plausible..."
CHIRAC EST-IL CHARLES X OU RECOIT-IL DEPUIS LA SUISSE L'ORDRE DE GERER UN SCENARIO TOTALITAIRE DE "DESOLATION" DU TYPE DEFINI PAR ARENDT ?

Capital n°200 mai 2008 page 90 : "... sept ou huit régions...6 000 municipalités élargies...[suppression des 36 000 communes et des départements et cantons]...L'économiste Christian Saint-Etienne a calculé que cette réorganisation permettrait d'économiser, à terme, plus de 30% de personnel, soit 14 milliards d'euros par an..."

Notre Région Provence-Alpes-Côte d'Azur-199 La lettre de la Région Mai 2008 TER : la SNCF rate le train Michel Vauzelle Président de Région : "... La Région a dépensé des centaines de millions d'euros... elle donne chaque année près de 200 M€ à la SNCF pour un service qu'elle ne rend pas. Cela a un nom. La Région est déshonorée et volée..."

La "désolation", au sens de Hannah ARENDT, va très loin : voir Guillaume PRACHE "Les scandales de l'épargne retraite Prefon Cref-Corem". Les prébendiers se spolient entre eux.

C dans l’air 29/9/09 sur le surendettement de la France par SARKOZY: il y a trois fois plus de généraux en France que dans le Royaume-Uni, Bercy ne dégage que 1% de gains de productivité par an, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux n’est qu’un affichage. En clair, SARKOZY, l’homme lige des prébendiers, continue à rouler son cœur d’électorat.

"Delenda est Carthago" ou Moscovici "Psychosociologie des minorités actives" : il faut larguer la Corse par référendum national http://www.angelfire.com/wizard2/solidaires/Corse.html
1905 séparation de l'église et de l'état, 2005 séparation de l'état et de la franc-maçonnerie sur le modèle italien.
http://www.angelfire.com/wizard2/solidaires/1905.html

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