La
Face de Feu
Incapable
de tenir plus longtemps ce trésor de ma vie, le lendemain matin, j’ai
réuni les manuscrits, et je suis descendu au camp de chasse, à une heure de
route de chez nous. Là, à 11h11 de la matinée, alors que le soleil plombait
de plomb, j’ai découpé les manuscrits par morceaux et, j’ai jeté ceux-ci
dans le feu, non sans me souvenir du verset suivant de Jérémie dans la bible :
Jr 36-23 Le roi les découpait
avec un canif de scribe et les jetait au feu du brasero, si bien que tout le
rouleau fini par disparaître dans le feu du brasero. Alors que tout était
dans le baril de feu, à l’extérieur du camp, je pris une verge de fer et
commença à faire virevolter les morceaux dans le fond du baril, pour être
certain que tout soit bien brûlé. Puis, c’est alors qu’un événement
extraordinaire arriva.
J’entendis
comme le grondement du tonnerre arrivé du nord et volant vers le sud. Ensuite,
j’ai vu dans ce tonnerre, la vengeance universelle, une espèce d’épée
volante qui venait s’abattre sur moi, et qui me coupait le cou. Je vis en
esprit ma tête virevolter, puis, j’allai m’écraser la face contre terre.
Mon sang s’était éclaboussé partout autour. Cette vision était terrible.
Je tournai alors ma tête vers la rivière, essayant de reprendre mes sens.
Alors que je revenais mettre mes yeux dans le baril pour continuer mon travail
de brûler mes manuscrits, je levai les yeux dans la haie devant moi, puis, ce
que je vis alors était réel et fantastique. Je voyais une figure d’apparence
humaine, mais, elle était de Feu. Il n’y avait que les yeux et la bouche.
Surpris
que j’en sois arrivé à avoir des imaginations qui paraissaient maintenant réelles,
j’ai regardé attentivement ce spectre et je le vis regarder vers la droite
avec ses yeux, sans tourner la tête. Sa bouche parlait, mais aucun son ne
parvenait à mes oreilles, et pourtant, nous étions à cinq pas de distance un
de l’autre. Croyant avoir affaire à une imagination très fertile, j’ai
tourné les yeux vers la rivière, question de laisser l’apparition disparaître
de ma vue pour environ dix secondes. Je fus estomaqué de la voir encore là
lorsque je décidai de remettre les yeux sur la haie. Toujours là, elle
continuait à me parler. Je pensais alors aux paroles de Moïse dans le livre de
l’Exode : Ex 3-2 L’Ange
du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson.
Ce
fut alors la fuite ; j’avais complètement perdu la raison ; au total cette
fois. Je n’étais plus capable de faire la différence entre la réalité et
le monde fantastique de l’imaginaire auquel Thinoce m’avait plongé avec ce
livre de Déozor.
Je
quittai alors en course ce camp de chasse maudit, mais, dans ma fuite, je
continuai à me sentir poursuivis par l’imaginaire. J’étais comme en
transe, et les versets de Déozor ne cessaient de sortir de ma tête les uns après
les autres, avec la petite voix. C’était comme si j’étais
poursuivis par sa présence. Il épiait tous mes gestes. Ses versets prophétiques
me dictaient à la seconde près tout ce que je faisais, voyais, entendais. Même
la météo dehors était dictée par ses prophéties. Je n’avais pas une
seconde à moi, je n’étais jamais tranquille d’esprit.
Le
soir même, ce sont de fantastiques visions qui m’accablaient ; j’étais
poursuivis par des spectres venus du ciel, qui entrèrent à quatre dans ma
maison en fracassant les vitrines, et là, ils s’en prenaient à ma famille,
directement dans mon logis.
Je
voyais, comme en transe, du sang partout sur les murs et le plancher.
J’entendais les bruits de cliquetis de leurs armes et de leurs ailes qu’ils
faisaient en se déplaçant rapidement. Les visions fuyaient et revenaient
rapidement. Je n’avais aucun repos d’un côté comme de l’autre. Je décidai
alors de retourner au camp pour me racheter.
Arrivé-là,
j’étendis du parfum sur le sol, je jetai mon argent au pied de la haie, et
j’offris l’or que j’avais sur moi en cadeau. Puis, je retournai à la
maison, à une heure de route. Mais, rien n’y a fait. Les visions continuèrent
atrocement toute la nuit. J’avais déjà entendu des histoires de fous qui
entendaient des sons dans leur tête. Je me demandaient si eux-aussi avaient
trop souvent lu les mêmes chapitres d’un livre, et que l’esprit de
l’auteur finissait par venir les hanter.
Le
lendemain, et pas besoin de vous dire que je n’avais pas dormi de la nuit, ni
mangé pour la deuxième journée consécutive, ce lendemain, dis-je, nous
devions aller à une fête d’ami. Je descendis d’abord chercher mon argent
et mon or au camp, comprenant que cela avait été un geste futile. Pas besoin
de vous dire que j’ai feint d’être malade à la fête, que je n’ai pas
mangé, et que les visions ne m’ont pas lâchées de la journée. Poursuivis
par une feuille qui tombe, j’étais complètement perdu. Je changeais ma route
usuelle pour de nouveaux chemins, pensant ainsi échapper à la vengeance du
ciel. Rien à faire.
De
retour chez nous, en ce dimanche, j’ai fait sortir ma famille dehors, après
souper, craignant qu’une boule de feu ne tombe du ciel sur la maison. Ensuite,
je les ai embarqué pour une fuite en voiture vers l’est. Les visions atroces
continuèrent à m’attaquer toute la nuit. Dans mon étourderie, je décidai
alors d’aller sur une haute montagne que j’avais visitée au loin, durant un
voyage dans ma jeunesse. Quelque chose m’y poussait. Vers 5 heures du matin,
sans dire un mot à ma femme, je pris la direction de l’aéroport, puis,
m’envoler vers la montagne. Les visions ne cessèrent de m’atteindre.
Pendant le voyage, je me voyais, en songe, déjà arrivé à destination, et là,
j’étais capturé par les spectres qui me suivaient depuis trois jours. Attaché
à un pilori, ils m’écorchaient alors toute la peau. Je n’étais que sang.
Des bêtes sauvages venaient me mordre dans les moments où les spectres s’éloignèrent
de moi, et finalement, la venue du chef des spectres en personne, devant moi,
pour finaliser mes souffrances et ma peur.
Je
voyais tout cela en vision, dans mon esprit. Puis, alors que j’étais encore
en vol, je décidai bravement de ne plus tenir compte des visions et de la petite
voix. L’avion avait une escale à faire à une heure de route. Je profitai
de cette escale pour sortir de l’avion, me rendre à la gare, et prendre la
direction du retour pour la maison. En chemin, alors que je roulais sur le
chemin de fer, accablé encore au plus profond de mon esprit, je me suis dit :
Suis-je en chemin de fer ou en enfer ? Alors, j’ai compris. Je vivais ce qu’étais
l’enfer, je vivais ce qu’étais la perte du Très-Haut, et la vie, sans le
Très-Haut. Dans ma faiblesse, j’avais délaissé ma destiné, et j’avais
fuit en croyant pouvoir échapper au destin. J’avais fuit devant la Face. Or,
je me suis dit que c’était cela l’enfer : un lieu où Dieu n’était
pas connu !
Lorsqu’on
meure, comme j’étais mort en perdant la tête devant le Feu, je
compris que, lorsque nous mourrions, nous mourrions à ce monde si paisible et
tranquille auquel on s’habitue tous les jours, et que, devant l’inconnu,
soit le monde de la mort, on en vient alors à s’auto-juger nous même, et
l’on se martyrise l’esprit, car, nous savons que nous ne connaissons pas
Dieu, et que, même si on le verrait, nous le perdrions, faute de connaissance.
Nous comprenons, à la mort, que notre lâcheté nous l’a fait perdre quelque
part dans notre vie, et que, faute de Sagesse, maintenant mort, on agonise en
esprit, car ne sachant pas où nous allons, et quel compte devons nous rendre et
à qui. Tout cela devient clair lorsque nous nous rendons compte que nous
survivons en esprit à la mort. Oui, notre fantôme ne peut être que
semblable à celui de la Face !
Tranquille,
assis seul dans un coin du train, alors que j’avais 6 heures de route à
faire, route qui m’avait prise une demie heure en avion, je compris alors
quelques passages de la bible, tel celui-ci de l’Apocalypse : Ap 1-16
Son visage resplendissait tel le soleil dans tout son éclat, à sa vue,
je tombai comme mort à ses pieds.
Ou
encore Ézéchiel : Ez 1-1 Près
du fleuve Kébar, les cieux s’ouvrirent, et j’eus des visions divines.
Ez 1-13 Ils ressemblaient à
des êtres vivants, leur aspect était celui de brandons enflammés, c’était
comme une vision de torche. Ez 1-14 Une
vision de foudre. Voilà bien ce que j’avais vu près de la rivière de
mon camp. Et tout comme moi, Ézéchiel ajoute : Ez 1-27 Je vis comme
l’aspect d’un Feu Ez 1-28 Tel était l’aspect de la clarté environnante, c’était
l’aspect, la ressemblance de la gloire du Seigneur. Je regardai et me jetai
face contre terre. Je soupçonnai alors que lorsqu’il s’est jeté la
face contre terre, c’était comme ça c’était passé avec moi. En esprit,
j’avais perdu la tête qui était allée choir en pleine face sur le sol.
Et
les spectres de mes visions, ils avaient des ailes qui faisaient du bruit en
s’entrechoquant. Voilà ce que Ézéchiel avait vu lui : Ez 1-23
Leurs ailes étaient tendues l’une vers l’autre, chacun en avait deux
qui le couvraient…et j’entendis le bruit que faisaient leurs ailes quand ils
avançaient. Puis, Ézéchiel ajoute la même impression que moi lorsqu’il
a eu cette vision : Ez 3-14 J’allai
amer et l’esprit irrité, la main du Seigneur était sur moi, très dure. Je résidai
là sept jours auprès d’eux, hébété, au milieu d’eux. Je compris
qu’Ezéchiel aussi avait cherché la Sagesse, et, s’était vu rempli de
visions étonnantes, dont on ne se doute pas au départ.
Toujours
en réflexion profonde dans le train, je me rendis compte que je n’avais pas
bu d’eau depuis trois jours, ni mangé : Ez 7-19
Leurs gosiers ne seront pas rassasiés et leurs entrailles ne seront
pas remplies. De plus, j’étais
demeuré comme un muet, n’ayant prononcé que le minimum de mot en trois
jours. Ézéchiel avait aussi passé cette initiation, j’en étais sûr, car
voici ce qu’il écrit : Ez-3-26
Je collerai ta langue à ton palais, tu seras muet.
Je
me souvenu que mes genoux avaient failli le vendredi soir, je me souvenu aussi
que j’avais jeté mon argent et mon or pour me racheter, voilà ce qu’en
disait Ézéchiel : Ez 7-17 Tous
les genoux fondront en eau. Ez 7-19
Ils jetteront leur argent dans les rues.
Je
me souvenu du deuxième livre des Maccabées : 2Ma 3-24
Près du trésor, quand le Souverain des Esprits et de toute puissance
fit une grande apparition.
Pourtant,
on n’avait l’avertissement : Ez 14-7
Soit un homme membre de la maison d’Israël, il s’éloigne de moi,
porte ses idoles dans son cœur, met devant lui l’obstacle qui le fera pécher,
puis va vers le prophète pour le consulter ; eh bien ! Moi, le Seigneur, je lui
répondrai personnellement. Je tournerai mes regards vers cette homme, j’en
ferai un exemple proverbial.
Donc,
j’étais un homme de sagesse populaire, je portais mes statues de Merlin sur
moi et dans mon cœur, puis, je suis allé voir le prophète, Thinoce. J’eus
ensuite la réponse par le Souverain des Esprits.
Ézéchiel
ajoute, tout comme moi, que cela se passait en vision, et non dans une réalité
concrète : Ez 11-24 Cela
se passait en vision, sous l’effet de l’esprit de Dieu.
Je
compris alors ce que voulait dire le mot esprit : c’est le phénomène
qui fait que les versets d’un Livre prophétique Écrit par un initié de la
Sagesse, viennent à ta tête suite à une longue étude. D’abord cet esprit
te parle de façon mensongère, et si tu persévères dans ta quête, il finira
par te parler de façon réaliste. Du moins, je le croyais !
Je
compris aussi que, lorsqu’on est initié, la profanation la plus grande
est de détruire une Œuvre de la Sagesse. Ézéchiel écrivait : Ez
13-18 Vous voulez capturer la
vie des gens de mon peuple et sauvegarder votre propre vie ! Vous m’avez
profané !
Je
compris alors que je voulais voir la vie prophétisée par les prophètes, mais,
que je ne voulais pas donner ma propre vie prophétisée pour cela, risquant
ainsi ma vie corporelle si je le faisais. Or, tout initié appartient au Très-Haut,
et voilà son Peuple. En voulant détruire ma vie écrite pour sauvegarder ma
vie habituelle, j’ai profané la Sagesse qui appartient au Très-Haut. De là
la leçon que je vivais en route vers la maison, dans l’enfer du chemin de
fer. Je vivais l’Initiation, mais sans trop comprendre. J’étais très
confus, et je doutais de tout ce que je pensais.
J’avais
hâte de sortir de ce train d’enfer. Après 8 heures de route, j’arrivai
finalement à la maison. Mais là, imaginez l’obstacle. Votre mari part en
sourdine à 5 heures le matin sans dire où il va. À 7 heures, son patron vous
signale qu’il n’est pas au travail. À 10 heures, vous avez alerté toute la
famille pour savoir s’il a été vu. Vous recevez la visite de votre belle-mère
avec ses sœurs, toutes inquiètes, à 11 heures. À midi, le beau-père vous amène
à la banque pour couper les fonds et empêcher votre mari de sortir de
l’argent pour aller plus loin, non sans se faire dire que mille dollars sont
sortis du compte le matin. Vous renfrognez dans votre appartement toute la journée
à attendre une nouvelle qui ne vient pas. À 5 heures, vous n’avez que le
beau-père qui vous tient encore compagnie, et finalement, à 5h30, se présente
celui qui vous a fait vivre une telle journée. Comment le recevez-vous ? Oui,
cet obstacle, c’était ma femme !
À
vrai dire, j’avais assez de problèmes comme ça avec mon histoire, que je ne
m’en faisais pas vraiment. J’avais dû croire mourir au moins deux cents
fois durant les derniers trois jours. Alors, ce n’était pas les affres de ma
femme qui allait changer quelque chose à mon humeur. Mais tout de même, je
n’avais pas trop hâte d’affronter celle-ci, sachant ce que je venais de lui
faire vivre.
Lorsque
j’entrai dans la maison, la vue de mon père n’arrangeais rien. En effet,
comment lui dire que j’avais été enlevé par Déozor en esprit, et
que tout cela découlait de ma quête sur la Sagesse supérieure. Au moins, ma
femme, elle en savait un peu, et, elle en gardait heureusement le secret tous
les jours. Même durant cette journée, elle n’avait pas trahi mon secret, sa
seule petite trahison avait été de couper mon accès au compte de banque.
Elle
devait m’affirmer plus tard que c’était sous la pression des autres
qu’elle avait agi de la sorte, surtout de la pression de la police, qui avait
été contacté à deux ou trois reprise durant la journée. Eux ne s’inquiètent
pas avant 48 heures, mais, avaient fortement insisté sur ce fait. Donc, je
pouvais très bien me débrouiller devant ma femme pour lui expliquer un peu ce
qui m’était arrivé, mais à mon père, quoi lui dire.
Je
n’étais pas préparé à cela et, la seule phrase que j’ai trouvé à dire
en arrivant, c’est quelque chose dans le genre : « Écoute, j’ai
29 ans, et je peux me permettre de prendre une journée à moi sans que le monde
arrête de tourner. » Il ne la pas trouvé drôle et ma demandé si je
voulais son poing sur la gueule, et, a commencé à m’expliquer
qu’effectivement, son monde avait arrêter de tourner en ce jour là, ainsi
qu’à bien d’autres.
En
fureur, il quitta la maison dans la minute suivante, après que je lui aie dit
que j’avais eu besoin d’une journée de réflexion profonde. Vous n’êtes
pas sans savoir qu’en réalité, il me croyait devenu fou et, s’attendait au
pire pour l’avenir. Mon patron, tant qu’à lui, est arrivé à la maison
quelques minutes après. Il se montra compréhensif, car une histoire récente
de trahison au travail m’avait empêché d’obtenir un poste bien rémunéré.
Il
a bu mon mensonge sans problème, et me donna une semaine de repos. Restait ma
femme, qui, à vue d’œil, on pouvait bien voir la journée de souffrance que
je lui avais fait passer. Mais encore une fois, elle se montra compréhensive.
Je lui promis quand même un grand voyage pour l’été, question de remettre
le change un peu.
Tant
qu’à ma mère, elle me téléphona, et pendant une heure, on se parla de
choses et d’autres.
Elle
m’écoutait, mais au fond de son cœur, elle cherchait la cause de tous ses événements
et tentait de ne rien laisser voir. Elle savait, qu’avec le temps, je lui
ouvrirais mon cœur, c’était une question de patience.
Ensuite,
j’ai bu la première gorgée d’eau depuis les trois derniers jours passés,
il était 20h00, et, j’ai grignoté mes premières bouchées par la suite.
J’ai tranquillisé l’esprit de ma femme, et nous nous sommes ensuite couchés.
Je combattais encore mes ennemis en esprit, mais là, ils ne m’imposèrent
plus la peur, et je ne croyais en rien de ce qu’ils me prophétisaient en
esprit. J’avais décidé que Déozor était le diable, et qu’il n’y avait
rien à faire avec un tel homme, sinon que de vouloir s’enfoncer dans la misère
et dans l’égarement. Il y avait plus, j’avais désormais très peur de lui.
Dès le matin, à l’aéroport, avant de m’embarquer dans l’avion,
j’avais jeté le Livre du Ciel dans la poubelle en le maudissant. Au soir, je
me répétais que jamais plus je n’y toucherais. La Face de Feu que j’avais
vue ne pouvais être autre que celle du Diable lui-même. J’étais très
confus.
Je
pris ma semaine de vacance, et tranquillement, les versets prophétiques que
j’avais en mémoire s’estompaient peu à peu. Dix jours après, il ne m’en
revenait que très peu à l’esprit. La petite voix s’estompait. Je
compris alors que la période prophétisée était passée. Déozor avait prophétisé
environ 15 jours de ma vie, très intensément, comprenant les trois jours où
il avait réussi à me descendre en enfer, puisque chaque minute de ma vie avait
été prophétisée par ce diable qui jouait avec une magie peu commune. Je le détestais
de m’avoir traité de la sorte. Cette haine voilait alors tout le bénéfique
que m’avait montré cette descente au enfer. Ce n’est que bien plus tard que
j’ai commencé à douter de mes premières conclusions.
Le
droit d’accès
Depuis
ma fuite, j’avais cessé d’écrire en tout point. J’avais cessé de lire
et je ne voulais plus rien savoir de la Sagesse Supérieure ; préférant
laisser cela aux autres, à ceux qui me semblaient plus en moyens, ou, plus en
position d’y faire face. Pendant 19 mois, je n’ai rien touché, je ne
faisais que méditer les événements que j’avais vécus. Bien sûr, je devais
endurer la risée de certains de mon entourage qui me renvoyaient en avion
aussitôt qu’ils pouvaient, mais, en général, les gens furent assez compréhensifs
face à moi ; par derrière, je n’en sais rien. À l’été, comme promis,
j’ai emmené ma femme au Paradis, en voyage.
Deux
semaines durant, soit en avion, soit en auto louée, nous avons vécu le grand
luxe autour du pays Dourapel parmi les splendides vallées et le fleuve géant.
Par la suite, de retour au Piramydox, je faisais tout ce que je n’avais pas
fait depuis cinq ans. Je me suis amusé de la vie comme je voyais les autres le
faire depuis cinq longues années, alors que moi j’en étais privé par mes études
sur la Sagesse. Je passai comme ça environ 16 mois. Je fis le tour du Wineland,
puis, un beau jour, je compris que je devais faire un rapport final et personnel
de ce qui m’était arrivé et de ce que j’allais faire de mon avenir ; c’était
question d’avoir bonne conscience.
Vous
direz : «Voilà, il y revient. » C’est vrai ! Vous ne me
croirez pas, mais, un an après la fin de mes travaux, je m’ennuyais de la
Sagesse. J’avais beau faire ce que tout le monde fait à tous les jours,
participer à ceci, aller vers cela, hélas ! Mon esprit était toujours triste,
et je n’arrivais pas à croire que je me laisserais retomber dans ça. C’était
à croire que j’aimais le démon. Mais, voici ce qui est arrivé alors que je
voulais produire mon rapport des événements passés : Plus je réfléchissais,
plus la réalité des événements semblait tourner sur 360 degrés.
En
effet, plus d’une chose expliquait que ma traversée spectaculaire n’était
autre que les premiers pas vers une Sagesse qui demandait à son auteur d’être
neutre envers son entourage et d’être obéissant au Supérieur en tout et
partout. Je commençais à comprendre que sa volonté seule comptait, sinon, je
resterais loin derrière cette Sagesse. Je pensai à l’aveugle de naissance à
qui l’on rend la vue : il voit tellement de vilenies sur la Planète,
qu’il maudit son guérisseur. Alors, je fis un retour en arrière de ma vie et
des événements peu ordinaires que j’avais vécus voilà plus d’un an, et,
je m’aidai de la bible pour y voir plus clair.
D’abord,
j’étais un orphelin, non un conventionnel, mais un nouveau spécimen des années
6960. En effet, mes parents divorcèrent en 6965, on peut presque les qualifier
de pionniers en la matière. Donc, à l’école, j’étais l’exception, car
je ne demeurais pas avec mes parents, mais bien chez mon oncle, le frère de mon
père. Certains penseurs diront tout de suite que mes penchants pour la Sagesse
partent de là, et que, seul le pouvoir de celle-ci me permettrait peut-être de
faire payer à la société ce que j’y ai subi étant jeune dans une société
où le divorce était très mal vu à l’époque, et, où les enfants du
divorce n’étaient autres que des bâtards, si on peut dire. Je dois dire que
ceux qui penseront de cette façon, oublient certainement que la recherche de la
Sagesse Supérieure doit demeurer l’unique but à atteindre pour toute
personne qui se respecte un tant soit peu, à moins qu’on préfère s’en
remettre à de supposés experts si nombreux en ce domaine dans notre société.
Or,
je ne crois pas que notre société, avec leur aide, ait atteint le niveau nécessaire
pour qu’une paix sociale soit définitive. De plus, d’autres grands
chercheurs de la Sagesse furent laissés orphelins comme moi, on n’a qu’à
se rappeler Moïse dans la bible : Ex 2-3
Ne pouvant le cacher plus longtemps, elle lui trouva une caisse en
papyrus, l’enduisit de bitume et de poix, y mit l’enfant et la déposa dans
les joncs sur le bord du fleuve. Nous savons que par la suite, Moïse fut élevé
par la fille du Pharaon.
Ensuite,
il y a Samuel qui fut remis dès son jeune âge aux mains du grand prêtre Eli :
1S 1-23 Elle allaita son fils
jusqu’à ce qu’elle l’eut sevré. Lorsqu’elle l’eut sevré…elle le
fit entrer dans la Maison du Seigneur à Silo et l’enfant devint servant. 1S
2-11 Elqana (le père de Samuel) s’en alla chez lui à
Rama. Quand à l’enfant, il servait le Seigneur en présence du prêtre Eli. Donc,
dès son tout jeune âge, Samuel devint orphelin, et fut élevé par un prêtre.
Sur tous les prophètes de la bible, au moins ces deux-là furent orphelins
assez tôt dans la vie. Sur presque cent prophètes dans la bible, ces 2% représentaient
bien la situation des orphelins en l’année 6965. Oui, la Sagesse était
accessible même aux orphelins, et cela, sans rien à voir avec les supposés révoltes
qui amènent un homme à se pencher sur la Sagesse, car 98% des autres prophètes
de la bible qui l’ont recherché n’étaient pas orphelins. Alors eux,
c’est parce qu’une mouche les a piqué qu’ils s’y sont dirigés ?
J’espère que vous comprendrez l’absurde de certains ! En tout cas, pour
moi, j’étais dans la moyenne biblique, et j’avais un droit d’accès à la
Sagesse, moi-aussi.
Vous
savez, de nos jours, la situation a tellement virée de bord, que ma fille, en
classe, c’est elle qui est en minorité comme moi je l’étais, exception
que, pour elle, c’est elle qui vit encore avec ses deux parents, alors que
plus de la moitié des enfants de sa classe vivent orphelins ou avec un seul
parent. Donc, si on leur refuse le droit à la Sagesse, prétextant qu’ils
s’en serviront que pour s’acquérir des pouvoirs et pour se venger de cette
société qui les a laissé orphelins, y’en a un maudit lot qui n’auront pas
la chance de la vivre cette Sagesse. Donc, comme première article de mon
rapport des événements, malgré ce qu’en penseront sûrement certains penseurs,
je me croyais, moi Lomhs, en droit
de recevoir la Sagesse.
J’avais
trois ans lorsque j’ai atterris sur la ferme de mon oncle. On y faisait de la
production de biquettes sauvages, et, dès l’âge de cinq ans, le travail
journalier de faire boire les veaux était devenu une discipline à observer à
la lettre. Je devais travailler sur cette ferme jusqu’à l’âge de dix sept
ans. Pouvais-je alors me dire qu’un serviteur si jeune, et hors des royautés,
pouvait toucher à la Sagesse ? Regardons ce qu’en disent les Psaumes : Ps
88-16 Malheureux, exténué
dès l’enfance, j’ai subi tes épouvantes et je suis hébété. Tes fureurs
ont passé sur moi, tes terreurs m’ont anéantis. Donc, le prophète qui
écrivit ce psaume fut, lui aussi, exténué dès l’enfance, probablement de
travaux et de malheurs sans nombre. De plus, il est hébété comme on l’a vu
d’Ezéchiel 3-14 et, il semble avoir lui aussi traversé les épouvantes et
les fureurs spirituelles du Très-Haut. Donc, ce n’était pas ma qualité de
serviteur qui pouvait m’empêcher d’atteindre la Sagesse. Il y a aussi Amos
qui dit : Am 7-14 Amos répondit
à Amacya : «Je n’étais pas prophète, je n’étais pas fils de
prophète, j’étais bouvier, je traitais les sycomores, mais, le Seigneur
m’a pris de derrière le bétail et le Seigneur m’a dit : Va, prophétise
!
Ensuite,
le Très-haut n’avait-il pas introduit Adam, tout comme mon oncle avait fait
avec moi, dans un jardin pour le cultiver. Regardons ce qu’en dit la Genèse :
Gn 2-15 Le Seigneur Dieu
prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour cultiver le sol et
le garder. Ici, il ne s’agit pas de garder le sol, mais Dieu était bel et
bien le tuteur d’Adam. Dieu garde Adam sur sa ferme, et Adam cultive le sol.
J’avais vécu une semblable situation, voilà tout.
Si
je vous dis tout ça, c’est que dans ma réflexion profonde, un an après les
événements prodigieux, je me devais d’établir un constat clair de ma
situation. En premier lieu, il convenait de me demander si un être aussi râpé
par la vie dès son enfance pouvait quand même avoir accès à la Sagesse. La réponse,
je l’ai trouvée là.
Ensuite,
tout comme Job, j’ai eu bien des difficultés financières. Je n’ai jamais
eu de « job » permanente.
Le
plus clair de ma vie s’est passée comme saisonnier à la voirie, ou, comme déneigeur
de nuit l’hiver. Pourtant, on lit dans Job : Jb 7-1
N’est-ce pas un temps de corvée que le mortel vit sur terre, et comme
jours de saisonniers que passent ses jours ? Comme un esclave soupire après
l’ombre et comme un saisonnier attend sa paye, ainsi des mois de néant sont
mon partage, et l’on m’a assigné des nuits harassantes. Donc, il était
clair pour moi que si la Sagesse avait été donnée à Job, elle pouvait aussi
m’être donnée. Il faut bien comprendre qu’avant de vouloir atteindre
quelque chose, il faut savoir si on n’a les qualités pour l’atteindre. Cela
était nécessaire à mes réflexions. Es
53-2 Il n’avait ni
aspect ni prestance tels que nous le remarquions, ni apparence telle que nous le
remarquions, ni apparence telle nous le recherchions. Il était méprisé, laissé
de côté par les hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, oui, méprisé,
nous ne l’estimions nullement.
Et
finalement, pour l’enveloppe globale de ce que j’étais à l’époque de
l’apparition, j’étais marié avec la femme de ma vie. Est-ce que cela
pouvait être un obstacle à la Sagesse ? Salomon fut reconnu comme un des plus
puissants possesseurs de sagesse. Or, il est écrit dans la bible au Cantique
des cantiques : Ct 3-11 Sortez admirer, filles de Sion, le roi Salomon avec la
couronne dont le couronne sa mère au jour de son mariage : au jour où son
être est dans la joie. Si la Sagesse pouvait coucher avec un Salomon possédant
une corde au cou, elle pouvant sûrement coucher aussi avec moi.
Donc,
premier exposé de mon rapport : Oui, la Sagesse peut atteindre un homme de
mon rang !
Ensuite,
je me devais de décortiquer ce qui s’était passé. Comment j’en étais
venu à recevoir les épouvantes du Très-Haut. Il me fallait revoir mon chemin
dès le début et le disséquer pour mieux comprendre. La première question était :
Pourquoi un homme tel que moi, un merlinois de souche qui avait pratiqué
pendant plus de 25 ans, sans arrêt, cette religion transmise du fond des âges
par mes parents, et que personne ne mettait en doute dans le pays Piramydox,
pourquoi avais-je demandé la Sagesse à Thinoce ? Comment en étais-je arrivé
là ? Des lacunes de mon éducation à la maison, ou, des lacunes de
l’enseignement religieuse que j’ai reçu ? Comment avais-je espéré
recevoir la Sagesse d’une source autre que celle de mes parents ? Il a
bien fallu que je réponde à ces questions pour bien comprendre la poussée
intellectuelle qui m’avait amené là.
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