Lomhs
Merci
Thinoce, je réfléchis à tout ça, et, je reviendrai te voir. Bye.
Comment
j’avais connu Thinoce ? C’est une drôle d’histoire. C’était environ
huit mois avant son premier discours sur la Sagesse. À l’époque, je
travaillais à la voirie.
Ce
jour-là, nous étions, moi et un autre fonctionnaire, à prendre les mesures de
la largeur du pavage sur la route qui longe le grand fleuve Fraber, en prévision
d’un contrat dont nous devions préparer les devis d’exécution.
Tout
à coup, des cris parvinrent à nous, du fleuve. Et, ce que redoute tous les
gens du Piramydox arriva. Un nouveau matelot, sans doute, n’avait pas pris
garde aux recommandations de ses supérieurs, et, avait été trompé par la
ruse du dragon des mers. En effet, les matelots, en général, connaissent bien
la ruse de ce serpent. Car, bien qu’il vit la majorité du temps dans la mer,
lors de la fraie, il remonte quelque peu le grand fleuve pour y pondre ses œufs.
Il choisit toujours une journée suivant un déluge. Ainsi, l’eau du fleuve
prend la couleur du sable, et est plus haute. Le serpent de mer s’aventure
alors tranquillement à remonter le courant du fleuve boueux. Sa ruse, c’est
de faire le billot de bois. En effet, le fleuve, à son embouchure, est encombré
de billots de bois provenant de l’intérieur des terres. Certains capitaines
de petits bateaux sont payés rondement par l’État pour nettoyer le fleuve de
ses dangereux corps nuisant gravement à la circulation sur le fleuve. Ces
draveurs de billots perdus connaissent bien le cheval de fleuve, et s’en méfient
toujours. Mais, ce jour-là, c’était un jeune matelot qui remplaçait son
capitaine, malade pour la journée, et qui commandait la drave. Or, il ne se méfia
pas des serpents de mer, et, il avait harponné un serpent qu’il avait pris
pour un billot. C’est simple, le serpent de mer adulte fait pas moins de
soixante pieds de long avec un diamètre de trois pieds de corps sur presque
toute sa longueur. Il peut nager droit comme un billot, grâce à ses quatre
petites pattes qui lui servent d’avirons, et qui sont situés sous son corps.
Donc, lorsqu’il fait le billot mort qui vogue au sein du fleuve, on peut le
reconnaître seulement en regardant bien si le billot monte le courant,
ou le descend. Parfois, il se laisse flotter, et seul un œil habitué peut le
différencier d’un billot, car il en est aussi sombre. Dans de très rares
moments, il sortira la tête hors de l’eau pour s’orienter. C’est alors
qu’on peut apercevoir sa tête de cheval, d’où son nom ; cheval de
fleuve.
Ce
jour-là, le nouveau matelot avait harponné par erreur une belle femelle qui
allait en route pour pondre ses œufs. Croyant avoir affaire à un billot
d’une soixantaine de pieds, et tout heureux de penser rentrer au port avec sa
prise, pour la vendre au moulin à scie, le matelot en herbe a vite perdu la
joie, lorsqu’il s’est vu aux prises avec un serpent de soixante deux pieds,
pesant près de 2 500 kilos, et agile comme une couleuvre.
C’est
de là, à une dizaine de mètres du bord du fleuve, que le combat eu lieu. Moi
et mon camarade, nous étions entrain de prendre des mesures sur la route,
lorsque nous avons vu ceci : Le serpent a sorti le devant de son corps
d’environ 5 mètres vers le haut. C’est alors que nous avons aperçu sa
belle tête de cheval, et ses deux petites pattes du devant qui sortait tout
juste de l’eau. Le serpent s’est arqué et a plongé vers l’avant, pour se
débarrasser du harpon qui s’était planté dans son côté droit, à environ
deux mètres à l’arrière de sa tête. Nous avons alors entendu les draveurs
crier de peur, et le bateau a avancé d’au moins dix mètres sous l’effet du
choc. Nous avons entendu au même moment, un disloquement des charpentes du
navire de dix mètres. Comme ce choc n’avait pas libéré la bête de son
emprise, celle-ci s’est mise à se tourner sur elle même, barbotant comme une
petite anguille, mais la puissance et la force de sa grandeur nous figeaient
tous sur place. C’est alors qu’un vieillard arriva à mes côtés, sur la
route, avec son bicycle à pédale. Il s’arrêta près de moi, et il me dit :
Ce bateau là en est à sa dernière heure !
Je
ne m’arrêtai pas à sa remarque, trop occupé à ne pas perdre une seconde du
combat qui se déroulait là, à quelques mètres seulement du rivage. Le
serpent avait arrêté son jeu de tournette, voyant qu’il ne pouvait s’échapper
ainsi. Puis, il s’enfonça dans les profondeurs de l’eau. Les marins, excités,
tentaient n’importe quoi pour se défaire de leur prise. Ils laissèrent le câble
se dérouler seul sur le treuil, et ils attendirent. La bête eu ainsi un plus
grand champ d’action, et s’enfonça encore plus vers le fond.
C’est
alors que je vis Thinoce s’avancer vers la rive du fleuve, puis, avec de
grands signes, il indiquait aux matelots de sauter par-dessus bord immédiatement.
Il voulait que les gens s’éloignent du bateau. Mais, ceux-ci craignaient de
sauter à l’eau et se retrouver aux prises avec la bête. La conversation
entre Thinoce et les marins était difficile étant donné la distance. Thinoce
les priait de sauter, mais les marins avaient peur. Thinoce leur disait bien que
le serpent n’attaquait pas les hommes, mais s’en prendrait bientôt au
bateau qui était devenu hors contrôle. C’était le serpent qui le dravait
maintenant.
Tant
qu’à moi, je n’avais pas l’expérience nécessaire en mer pour pouvoir
venir en aide ou influencer les décisions dans un tel moment. Puis, tout à
coup, ce qui devait arriver arriva. Le serpent refis surface avec un élan tel
qu’il sauta par-dessus le bateau, s’enroula complètement d’un tour autour
de sa proie, et avec son poids et sa force, en moins de deux, le bateau coula
par le fond, fendu en deux droit au milieu. Deux des marins perdirent la vie
lors de l’assaut. Le troisième vola en l’air pour faire un beau plongeon,
et faire nage le plus rapidement possible vers la plage. Hors, la bête était
toujours attaché au câble d’acier, et se promenait avec la moitié du
bateau, ce qui restreignait de beaucoup ses gestes. C’est alors que je vis
Thinoce sortir une flûte traversière de son manteau. Il se mit à en jouer, et
la bête cessa de paniquer. Ce qui avait sûrement sauver la vie du nageur, car
la bête se dirigeait vers lui, non pas qu’elle voulait le tuer, mais dans son
énervement, ça aurait pu arriver par accident. Entre-temps, la garde côtière
arriva sur les lieux, et c’est devant aucun autre choix que les gardes côtes
ont sorti deux carabines, des 500 magnum, conçu pour la chasse aux serpents de
mer, et, ils abattirent la pauvre bête qui ne pouvait plus se dégager de son
harpon.
Bien
que ses animaux géants sont protégés par la loi, devant une situation comme
celle-là, on doit abattre l’animal, car le harpon finira tôt ou tard par
tuer l’animal. L’enquête démontra l’inexpérience des matelots, et le
seul survivant de l’accident ne prononça jamais le nom de Thinoce, qui lui
avait sauvé la vie avec sa flûte. Thinoce aurait aussi sauvé la vie des deux
autres matelots, s’ils avaient bien voulu l’écouter lorsqu’il leur
demanda de sauter par-dessus bord. Pour cela, Thinoce ne reçu aucun hommage,
bien que j’avais faite une demande express à mon député pour une médaille
de bravoure. Ma demande demeura nulle, et j’appris par la suite que cet homme
était catalogué par mes concitoyens comme étant assez spécial merci. On ne
lui remit jamais les honneurs qu’il méritait. Mais moi, je savais qu’il
avait fait son devoir de citoyen, et qu’il était un bon personnage, malgré
les préjugés de ma communauté envers lui.
C’est
suite à cette aventure peu commune, que je me mis à le jaser à chaque fois
que je le voyais. J’appris à le connaître, et je compris pourquoi les gens
ne l’aimait pas. Il parlait comme un philosophe ! Et comme les gens ont assez
avalé de sermons durant leur vie, ils détestent quiconque se présente pour en
former de nouveaux.
Comment
me persuader que ce que Thinoce prétend est faux ? Ce que je sais s’agence
avec ses dires, et je ne peux m’affronter à cela ! En effet, cinq ans avant
de connaître Thinoce, je m’étais déjà mis au travail en lisant toutes
sortes de livres sur l’histoire du monde. J’avais plongé alors dans les débuts
de la religion merlinoise, ensuite, dans les débuts de la religion pro-buther
pour finir avec les religions orientales. Non content de cela, j’ai lu aussi
les antiques religions et tous les livres apocryphes que je pouvais trouver.
Ensuite, j’ai fureté les livres ésotériques des siècles passés. En somme,
un jour, il ne me manquait plus que la politique ancienne, j’ai donc aussi
passé aux travers de ces livres, et, finalement, j’en faisais le constat
suivant.
Toutes
grandes religions avaient couché, plus ou moins selon chacune, très près des
pouvoirs politiques en place.
Ça
ne pouvait être autrement, car, prisent telles qu’à la lettre, les écritures
de la bible, du coran et des védas asiatiques ne donnent que la façon de bien
fonctionner en société. Il apparaissait par là raisonnable de croire que nos
ancêtres ont voulu insérer de près leurs religions d’avec les pouvoirs
politiques en place. Je compris alors que les Écrivains donnaient, par cette
action, une aide nécessaire aux peuples barbares de l’ancien temps, une aide
précieuse pour en faire des hommes remplis d’humanisme. De plus, en envoyant
leurs livres près du pouvoir, ils en garantissaient ainsi leurs survies
pour les futures générations, sauvant ainsi leurs âmes du feu. Encore,
dans mes lectures, je découvris aussi qu’il y avait un courant ésotérique
parallèle au courant commun. C’est comme s’il y avait une science de cachée
aux yeux des profanes, et cette science suivait parallèlement les sciences
religieuses des hommes.
Pendant
cinq ans, ma recherche n’avait cessée, et tout cela devait me donner un
rapport me permettant de situer Thinoce avec le reste. J’avais hâte de
retourner le voir, mais cela devait être pour mon bien et celui des autres,
sinon, je m’abstiendrais de le rencontrer encore. Pour revenir à ma
recherche, elle m’a permise d’élaborer ceci, d’avec les dires de Thinoce :
Le Grand-Œuvre, l’Alliance, avait commencé à être Écrit depuis
environ 6000 ans pour se continuer jusqu’à nos jours, cela, Thinoce l’avait
entrevu de la même façon. Chaque région avait divinisé un ou des écrivains
prophétiques, et, formulé des dogmes de sagesses diverses. Ces dogmes fermèrent
la porte aux prophètes des pays rivaux, puis nouveaux écrivains vers
l’an 5800 de notre ère. En contrepartie, des courants ésotériques prirent
place parallèlement. Ils permettaient aux écrivains prophétiques
nombreux de se communiquer entre eux, et cela, aux yeux des profanes qui n’y
voyaient rien. Je me suis alors demandé si le Très-Haut pouvait prévoir que
les hommes, avec leurs jugements superficielles en écritures
arriveraient trop vite à tirer conclusion de ce qu’ils voyaient dans les
livres qui n’étaient que des parcelles du Grand-Œuvre. Et je me suis dis que
oui, le Très-Haut devait savoir, et voilà encore ce que j’ai compris :
Le Grand-Œuvre était immense à Écrire et seuls des milliers d’Écrivains
pouvaient en venir à bout. Or, puisque cette énorme masse d’écritures
devait être écrite sur des milliers d’années, il devenait clair en
mon esprit que ce qu’il contenait ne s’adressait pas à tous les hommes qui
ont passé sur la Planète, mais bien aux générations plus tardives, telle que
la nôtre. Donc, j’avais fait ce constat final suivant, bien avant que Thinoce
m’en parle. Mais, je lui avais caché ce que je savais. Comme quelqu’un qui
demande une question alors qu’il connaît déjà la réponse. C’est une
bonne façon de savoir si notre interlocuteur sait vraiment quelque chose :
Le Très-Haut a préparé le Grand-Œuvre pour la Civilisation réunie et
non pour les civilisations désunies. Je m’explique. Nous sommes à l’heure
de la mondialisation, et comme le commerce et les politiques démocrates se
mondialisent, il est aussi normale que la Sagesse se mondialise au même moment.
Pour l’instant, chaque pays garde fièrement sa culture ancestrale dans cette
matière, mais, c’est faute de comprendre le Grand-Œuvre dans sa réalité.
Le Très-Haut a commencé à faire Écrire le Grand-Oeuvre voilà six milles
ans. Ces écrivains devaient alors produire trois choses dans leurs Écritures.
D’abord, les rendre intéressantes, miraculeuses, pour qu’ils traversent les
âges et puissent se rendre presque intacts à l’âge de la Civilisation
Adulte. En effet, plusieurs Écrivains écrivirent alors que le monde étaient
à l’âge de la Civilisation de l’Enfance, ensuite, d’autres ont suivis
sous d’autres formes d’Écritures à l’âge de l’Adolescence de la
Civilisation. C’est à ce moment que le déluge d’Écrivains fut au plus
fort, mais, leurs Écritures étaient rejetés et eux-mêmes les auteurs y
payaient souvent de leurs vies, car, la Civilisation à peine sortie de l’Enfance
ne proférait que les Écritures de l’Enfance, qui elles, étaient pleinement
concentrées sur la façon de vivre des hommes entre eux.
Or,
en second lieu, il y avait plus dans ces Écritures. Il y avait aussi des prophéties
claires pour le monde Adulte, de plus, il y avait des parcelles de la Sagesse
camouflées à l’intérieur.
Et
quelles étaient ces parcelles de Sagesse ? Rien de moins que les paroles de
Dieu et de ses sains qui viendront eux-mêmes au rendez-vous du tournant de ce
siècle pour répondre aux questions des jeunes adultes sur la Sagesse. Leurs âmes
sont, en quelque sorte, insérées dans leurs écritures, et elles parleront
bientôt. Mais cela, j’en avais ouï dire dans les livres, mais je ne croyais
pas que ça puisse être possible.
Le
Monde s’est ainsi civilisé en grande partie avec ces écritures prophétiques,
mais, n’a jamais atteint la Sagesse, faute de connaissances nécessaires sur
le Grand-œuvre. Et, comme le dit si bien Esaïe dans la bible : Es 24-5
Ils ont transgressé les lois, ils ont tourné les préceptes, ils ont rompu
l’Alliance perpétuelle. C’est pourquoi la malédiction dévore la Terre,
ceux qui l’habitent en portent la peine. Le plan de Dieu était que des
milliers d’écrivains prophétiques participent au Grand Œuvre, appelé ici
par Esaïe d’Alliance perpétuelle. Or, n’attendant pas que des lois
viennent nous expliquer le fonctionnement du Grand Œuvre, les profanes ont
transgressé les lois qui donnent le discernement en écriture prophétique
et, ils ont tourné à leurs avantages des préceptes pris à même le Grand Œuvre.
Depuis, la malédiction dévore la terre et ceux qui s’y prélassent.
Au
temps du babomique, le monde a atteint l’âge de la Civilisation Adulte,
et, bien qu’étant une jeune Adulte encore, la Civilisation est partie
depuis à la recherche du Prince charmant, celui qui lui dicterait la Sagesse
supérieure. Or, délaissant les grands mouvements, la Princesse de tous les
bons contes d’histoires anciens, s’est intéressée aux mouvements du
Nouvel-Âge, de là la surmultiplication des sagesses de par le monde. Étant un
observateur comme vous, où dois-je donner de la tête parmi toutes ses sagesses
qui se présentent à moi, homme du 21e siècle ?
Je
veux savoir, je veux comprendre, j’ai la conviction que le Très-Haut a préparé
un plan pour sa Civilisation Adulte. Alors, je me dois d’essayer la
seule avenue qui se présente à moi, et c’est celle d’accorder raison à
Thinoce et de retourner le voir en lui disant que j’avais moi-même entrevue
sa dernière explication lors de ma recherche personnelle sur le passé du
monde. Et de plus, je devrai lui demander le Livre du Ciel. Peut-être
qu’avec ce Livre, j’obtiendrai la Sagesse plus rapidement. Je me sentais
maintenant assez fort pour affronter ma quête.
Le
rayon de lune
Lomhs
Bonjour Thinoce ! Bien non, je n’étais pas mort, et je ne t’avais
pas oublié.
Thinoce
Je
sais, et qu’est-ce que t’a révélé ton étude secrète ?
Lomhs
Comment,
tu es au courant ? Pourtant, je n’en avais parlé à personne !
Thinoce
Tu
dois comprendre qu’il m’est facile de savoir, puisque le chemin par lequel
j’ai passé, tu dois aussi le passer si tu veux atteindre le but de ta quête.
Sache que j’ai commencé comme toi, dans le doute et dans la recherche.
C’est pour ça que je suis patient, te sachant à la réflexion profonde avec
ce que tu possèdes comme jugement de tes ancêtres. Écoute bien, Lomhs ;
ce que tu as lu en plusieurs années, viendra un jour où tu le
recommenceras, mais avec l’esprit sain de la Sagesse véritable en ton cœur
et, ce que tu as lu n’aura plus les mêmes significations. Tu aimeras
certaines révélations, et d’autres te seront atroces à apprendre. Du moins,
si tu as décidé de continuer ta quête.
Lomhs
Jusqu’ici, ça va bien. Personne soupçonne que je te rencontre et que
j’étudie en ce sens, alors j’ai la paix.
Thinoce
Tu
as la paix de ton monde, mais ton cœur est en doute, et là, cette paix est
loin de toi. Tu viens aujourd’hui me voir pour me demander le Livre du Ciel,
n’est-ce pas ?
Lomhs
Je
vois que tu as tout compris, Thinoce, et que je n’ai rien à t’apprendre.
Oui, si tu veux bien, j’aimerais jeter un coup d’œil sur ce Livre, S.V.P.
Thinoce
Il faudra que tu trouves d’abord ton rayon de lune. As-tu trouvé
cette lumière qui pouvait éclairer ta sortie du tunnel, cette nuit profonde
dans laquelle le Monde t’a inséré depuis ta naissance ?
Lomhs
Oui, Thinoce, je l’ai trouvé.
Thinoce
Tu dois donc me la révéler, et si tu as raison, je te remettrai le
Livre du Ciel.
Lomhs
Cette
lumière de lune, Thinoce, c’est toi ! Nul autre que toi n’est mon rayon
de lune si nécessaire pour que je trouve la porte de sortie et aller vers
le soleil.
Thinoce
Tu
as dû t’humilier beaucoup pour arriver à me dire cela, Lomhs ! Mais je te
crois sincère, et oui, tu as raison : je suis ton rayon de lune qui
t’indiquera la seule sortie possible du tunnel.
Lomhs
Je
sais maintenant que tu y étais destiné par plus Grand que toi, Thinoce. Je
sais que tu t’humilies devant son Ordre et que tout ce que tu fais, c’est
pour ton bien et celui des autres. Tu es courageux car, devant l’adversité,
tu n’as pas hésité à demeurer celui que tu es, et ce, jusqu’au moment de
mon arrivée. Tu savais, ou tu doutais, que je viendrais à toi pour connaître
la Sagesse. Et dès que tu m’as vu au bord du fleuve, tu as su que ton heure
pour accomplir ton œuvre était arrivée. Tu es vraiment mon frère
maintenant. Donne-moi le Livre, s’il te plait, et je tenterai d’être aussi
fort que toi. Je tenterai réellement d’accomplir mon œuvre, moi aussi.
Thinoce
Ton
jugement commence à s’élargir, Lomhs. Tu juges maintenant de toutes choses,
en adulte. Le temps vient où tu recevras ton baptême en esprit. Tiens !
Prends le Livre du Ciel. Je le tenais près pour toi. Étudie le bien,
et, oublie ce que le monde a pu en dire, et en penser depuis longtemps. Tu dois
laver ton esprit de tout ce que tu as appris, sauf peut-être de ce que tu as
appris depuis cinq ans dans ton étude personnelle. Cette première étude que
tu as faite seul t’a préparé à recevoir ce Livre. Mais, sache que tu
traînes encore beaucoup de poussières, et que, comme le dit si bien la bible :
Luc 5-37 Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres,
sinon, le vin nouveau fera éclater les outres et le vin se répandra, et les
outres seront perdus. Mais, il faut mettre le vin nouveau dans des outres
neuves. Quiconque boit du vin vieux n’en désire pas du nouveau, car il dit :
Le vieux est meilleur. Donc, tu devras faire de toi une outre neuve, c’est
ce qui s’appelle mourir en sagesse. Puis, ayant perdu ta vieille outre, tu
pourras alors contenir en toi la Révélation.
Lomhs
T’en
fais pas, Thinoce, j’ai la couenne dure. Puis, mes cinq ans d’étude m’ont
préparé à cela. Bye, et merci pour le Livre.
Thinoce
Que
le Très-Haut marche sur tes pas, jeune homme. Reviens me voir quand tu
l’auras compris.
Lomhs
Promis.
Le
Livre du Ciel
J’avais
hâte d’ouvrir le Livre du Ciel, mais, je fus étonné lorsque je l’ai fait
; j’avais déjà lu ce Livre voilà environ cinq ans ; au départ de mon étude
personnelle. Ce livre contenait 1500 quatrains et des centaines d’exégètes
avaient lancé sur lui leurs élucubrations les plus sottes pendant longtemps,
tentant ainsi de révéler au monde le vrai contenu de ce Livre. Cela me faisait
penser tout à coup à tout ce beau monde qui avait aussi tenté de révéler
aux hommes ce que contenait la bible, le coran ou les védas.
Je
commençai donc mon travail d’exégète. Je me suis demandé alors, quelle
pourcentage de chance j’avais de le lire et de le comprendre mieux qu’un
autre, pour ensuite en faire la vraie démonstration. Je n’en trouvais pas
beaucoup. Je commençai donc la lecture, et là, le souffle m’en a coupé en
moins d’une heure. Imaginez :
je voyais écrit ce que j’étais entrain de faire et dans le lieu où
je le faisais. Tout était écrit de façon prophétique, et, je
n’avais que quatre pages de lues ! Le vertige me pris, je dus fermer le Livre
et aller dehors prendre de l’air. Je n’en croyais pas mes yeux ; je croyais
rêver.
Jusqu’ici,
les exégètes qui s’étaient essayés à décortiquer ce Livre, tenaient
toujours les quatrains attachés de façon originale. Ils interprétaient le
quatrain, c’est-à-dire, les quatre versets ensemble. Mais moi, je voyais ce
que j’étais entrain de faire, et le lieu où j’étais, non pas avec les
quatrains, mais avec un verset ici, et un verset là. Reliant ensemble une
dizaine de versets, je voyais ainsi un chapitre complet où l’Auteur avait
tout simplement prophétisé mon début d’enquête sur son Livre.
L’Auteur
savait ce que j’y ferais, et il l’avait écrit prophétiquement. Il avait
prophétisé sur moi, et je me souvenu des paroles de Thinoce qui disait que les
écrivains sacrés m’accompagneraient dans ma quête. Voilà cinq ans,
j’avais lu le Livre du Ciel sans savoir qu’il était cela, et sans
avoir compris son contenu. Quand j’y pense, c’est certain que je n’y avais
rien vu, car les prophéties qui devaient me réveiller de ma nuit n’étaient
pas arrivées à terme. Mais là, ce soir-là, elles y étaient. Quelle stupéfaction
et quelle démonstration de force prophétique que j’avais là devant mes
yeux. Mais, il s’agissait d’une dizaine de versets sur environ 10 000. Donc,
mon enthousiasme pouvait très bien me leurrer. Tout de même, je refermai le
Livre et remis au lendemain la suite de ma recherche.
L’auteur
du Livre était connu mondialement. Il était juif et avait vécu dans le Drope
voilà 450 ans, et, il s’était déclaré prophète à l’époque. Bien sûr,
il avait failli perdre corps et âme dans le feu des merlinois, et, avait
eu plus d’une démêlées avec eux. De nos jours, le monde rappelle ses écrits
que lorsque tout va mal pour eux. Pour le monde, en général, il n’est
qu’un prophète de malheur. Comment Thinoce peut-il le tenir pour le
possesseur de l’instruction primordiale en matière de Sagesse ? Je n’en
sais rien, mais chose certaine, il a réussi à attirer mon attention.
J’ai
alors retenu cette phrase d’Esaïe : Es 17-7
Ce jour-là, l’homme portera ses regards sur celui qui l’a fait et
ses yeux verront le saint d’Israël. Il ne regardera plus les autels qui sont
l’œuvre de ses mains, il ne verra plus ce que ses doigts ont fait : les
poteaux sacrés. Cette prophétie d’Esaïe ressemblait étrangement à ce
qui se passait avec moi. Si vraiment l’auteur du Livre du Ciel, Déozor,
d’origine israélienne, si vraiment celui-ci était un sain venu d’une
famille d’Israël, alors, il se pourrait bien que bientôt, moi aussi je ne
porte guère mes regards sur les poteaux sacrés de ma religion merlinoise. Ce
pourrait-il qu’Esaïe ait prophétisé cela : Es 22-11
Vous n’avez pas regardé vers celui qui agit en tout cela, vous
n’avez pas vu celui qui est à l’œuvre depuis longtemps.
Et
si Déozor était celui qui agit sur toutes écritures prophétiques en révélant
l’instruction pour les comprendre, et si c’était le Dénominateur commun,
serait-ce bien alors de dire que les merlinois n’auraient pas vu celui qui écrivit
la Loi voilà déjà 450 ans ?
Le
lendemain soir, encore seul dans mon local de surveillance, je voyais un oiseau
rare devant ma fenêtre, c’était un harfang des neiges. Quelle ne fut pas ma
surprise de le voir détaillé lui-aussi dans le Livre de Déozor, ainsi que ses
faits et gestes. Je compris clairement que le Livre dictait ma vie au moment même
où elle se déroulait. Comme si un spectateur me disait ce que je faisais et ce
que je voyais, au moment même que ça se passait. Je pris une semaine à
comprendre, ou plus, à admettre réellement que le Livre détenait vraiment
tous les gestes que je faisais. Et vers la fin de la semaine, je compris qu’il
détenait plusieurs événements de ma vie que j’avais vécus depuis les 28
années passées.
C’était
un casse-tête, dont les morceaux n’étaient autres que des versets expliquant
ma vie et ce qui m’entourait. Pendant neuf mois, jour et nuit, le Livre
m’accompagnait partout au travail et à la maison. Je retirais une à une les
prophéties écrites sur mon compte. Puis, plus rien ; le Livre ne donnait plus
! La source était tarie, cela devenait le désert comme on le disait pour la
bible. Je décidai alors de laisser tomber, car ; le Livre ne me parlait plus !
Pendant
des mois, par la suite, je réfléchissais à ce que je devais faire de ce
Livre. Puis, ne sachant trop, je décidai d’écrire de façon claire les prophéties
sur mon compte, et, de donner cela à mes proches, comme Thinoce me l’avait
demandé. Je pris alors trois mois pour Écrire de façon claire les prophéties
se rapportant sur moi. Toute ma vie s’y défilait sur de petits versets de dix
syllabes, qui produisaient ensemble de beaux chapitres de ma vie. Très heureux
d’avoir accompli mon premier manuscrit que je devais remettre à ma famille,
je réalisai vraiment l’ampleur du contenu que lorsqu’il fut terminé. Ah
oui, j’oubliais, j’avais aussi écrit toutes ses prophéties sur la seconde
rixe mondiale et sur notre science moderne, qui, ces deux histoires, elles aussi
étaient prophétisées de tout en long et que j’avais réussi à décortiquer
de façon claire. Je me disais que cela appuierait en vérité la révélation
prophétique de ma vie, si j’accompagnerais la rixe et la science, avec ma
biographie. De plus, j’avais aussi écrit ; la Loi des prophéties.
Puis,
le moment venu de remettre mes manuscrits à tous, alors même que je devais
leur remettre ce que des centaines d’hommes avaient essayé de trouver, ce que
des centaines de savants avaient tenté de décortiquer en groupe et avaient échoués,
voilà que je me rendais tout à coup compte que, moi, simple petit paysan,
j’avais réussi où tous avaient échoués. Pour la première fois, j’ai eu
peur de qui j’étais.
Voilà,
j’avais ici, devant moi, la preuve formelle que je ne me connaissais pas ! Et
pire, il apparaissait claire que d’autres me connaissaient mieux que moi, et, écrivaient
sur moi tous ce que j’avais fait et ce que je faisais. Comment remettre alors
un tel trésor à ma famille ? Que diraient-ils de moi ? En riraient-ils
? Mais, c’était beaucoup trop clair pour qu’ils en rient. Alors, me
craindraient-ils ? Mais craindre quoi, je ne savais même pas moi-même qui j’étais
dans cette histoire, et, je n’avais qu’environ deux milles versets de décortiqués
sur les 10 000 contenus dans ce casse-tête du Livre du Ciel. Alors, que
leur répondrais-je à leurs questions ? Et, lorsqu’ils apprendraient que
j’ai mis mon amitié envers Thinoce, qu’ils connaissent bien, ils ne
manqueraient sans doute pas de penser qu’il est le diable en personne et,
qu’il m’a envoûté pour leur destruction et leur envoie en enfer !
La
descente aux enfers
Pour
la première fois, la crainte qui attaque quiconque s’avance pour la quête de
la Sagesse m’atteignais. J’avais peur de passer pour un démon. J’avais
aussi peur de passer pour un homme du Très-Haut. Car, selon l’esprit et le
jugement de mes contemporains merlinois, seul un homme du Très-Haut peut se
voir accréditer de prophéties sur sa propre vie. Donc, où devais-je alors me
situer ? Retourner voir Thinoce dans sa cabane, ou bien donner mon manuscrit à
des hommes qui me jugeraient sûrement sévèrement ? Je compris ce que Thinoce
disais lorsqu’il parlait qu’il m’avait sorti du monde, pour me faire accéder
à ce nouveau-monde. Je compris, alors, qu’étant hors du monde, le
monde rejetterait ce qu’il ne comprendrait pas, car eux, sont restés dans le
monde, c’est à dire, dans l’esprit de leur monde. Jamais ils ne pourraient
me comprendre, moi, qui était désormais jeté dans le nouvel esprit d’un
autre monde. Alors, que faire et quoi penser ?
Imaginez
que je donne mon manuscrit prophétique à ma mère, lequel lui dicte toute ma
vie de façon claire. Que penserait-elle ? Elle pourrait me demander d’autres
preuves, mais le livre de la seconde rixe et celui de la science viendraient
facilement combler cette preuve. Donc, arrivée devant le fait, quelle serait sa
réaction ? À quoi me relierait-elle, ou à qui ? Voudra-t-elle en savoir plus
? Je n’en savais pas plus moi-même. M’accuserait-elle de jouer avec le
diable, car, de son appartenance merlinoise, seuls Merlin et Elie avaient été
vaguement prophétisés. Puis, pourquoi devrais-je remettre en question ce
qu’elle croyait de la sagesse ? Ne valait-il pas mieux me taire ? La tête
commença à me tourner encore une fois.
J’imaginai
encore si je disais à ma femme que ma vie était toute prophétisée par un
vieux fou, et si je lui montrais mes études ; n’allait-elle pas mettre en
doute mon raisonnement ? Peut-être, mais pas longtemps, puisque la prophétie
est trop claire. Alors, aurait-elle peur de vivre avec un homme dont un autre
s’amuse à écrire sa vie avant qu’elle ne s’y produise, voire même
toute sa vie de A à Z ? Pire, me demanderait-elle de laisser tomber cette précieuse
recherche sur la Sagesse ? En aucun cas je ne pourrais accepter, et voilà que
mon mariage serait foutu en l’air. Je serais donc devant deux choix ; ou
abandonner l’étude, ou perdre mon mariage et ma fille de 6 ans ! Allait-elle
craindre l’homme qui couche à côté d’elle, ne sachant qui il est ? Moi-même
je ne me connaissais plus !
J’imaginai
si je disais à mon père la même chose, ne dirait-il pas qu’il en a rien à
foutre, et que je serais mieux de laisser tomber ces foutaises et de m’occuper
de ma famille ? Pour bien comprendre la prophétie de ma vie, il faut la lire
entièrement, ainsi que la seconde rixe, la science et la Loi des prophéties.
Après, seulement, on est convaincu à 100% du résultat. Mais, si mon père ne
se donnerait pas la peine de lire au complet mes manuscrits, comme tel que je le
connaissais, alors, à coup sûr, il me traiterait d’aliéné et de jeune
gourou qui recherche toujours à s’approprier plus de pouvoir par le billet
d’intrigues. À coup sûr, il me renierait comme son fils pour ne pas montrer
à sa communauté qu’il absous un tel comportement, surtout de la part d’un
maire, comme il en était un.
J’imaginai
aussi la réaction de ma belle-famille. Avec les mêmes données que ci-haute,
le beau-père se révolterait sûrement et, essayerait de convaincre sa fille
que je suis au bord de la folie, et que, mieux vaudrait pour elle et notre fille
de s’éloigner d’un homme de cette sorte. Il n’oublierais pas de
rassembler autour de lui mes beaux frères et mes belles sœurs, et, eux aussi
agiraient de façons diverses, mais semblables, devant une telle situation.
J’imaginai
la réaction de mes collègues de travail. Comment réagiraient-ils de savoir
que l’ouvrier qu’ils côtoient tous les jours se prend pour un écrivain
et un homme auquel on se serait donné la peine d’écrire sa vie en
prophéties. À coup sûr, ils m’éviteraient et se paieraient une bonne part
de risée, en me nommant par exemple : Le p’tit fils de Thinoce ! ah ! ah
! Car, déclarer que sa vie est prophétisée de A à Z, c’est se déclarer…Ouf
! J’aime autant ne pas y penser !
Pendant
trois semaines, alors, mon cerveau ne cessa de spéculer sur la réaction
qu’auraient tous ces gens si je leur révélais que ma vie était prophétisée
au complet et mise sur papier 450 ans avant qu’elle ne se réalise ? J’y
pensais tellement que j’en devenais fou, dans le sens d’être très
lunatique dans tous ce que je faisais, et d’avoir l’esprit contracté, tel
avoir de la difficulté à dire mes mots ou mes phrases en parlant. Je ne
pouvais arrêter mon choix sur celui de leur révéler mon étude, car je
craignais la suite. Mais, d’un autre côté, il s’agissait d’un livre écrit
depuis plusieurs années, qui avait fait couler beaucoup d’encre et, fait
parler bien des mauvaises langues. Comment, alors, ne pas leur donner ce trésor
et mettre fin aux discussions sur ce livre mystérieux ?
Pensez-y :
« Hé, les amis ! Cessez de spéculer sur ce livre, il s’agit en fait de
rien de plus que de ma vie qui est là dans ce livre. C’est ma vie prophétisée
d’un bout à l’autre, voilà ce beau trésor, c’est tout ! » Vous
vous imaginez déclarer ça ? Pensez aussi à ce qu’en dirais le Temple de
savoir qu’un autre que leur Merlin voit sa vie prophétisée ? Je devenais de
plus en plus muet, retiré dans mes pensés, bousculé entre la perte de ce
monde, et le bien que je ferais au gens si je leur disais tout, du moins, à
ceux qui me croiraient. Je pensais alors aux psaumes suivants de la bible :
Ps
79-4 Nous voici outragés
par nos voisins, la moquerie et la risée de ceux qui nous
entourent.
Ps
88-9 Tu as éloigné de moi
mes intimes, à leurs yeux, tu as fait de moi une horreur. Enfermé,
je n’ai pas d’issue.
Ps
69-5 Ils sont plus nombreux
que les cheveux de ma tête ceux qui me détestent sans motif,
ils sont puissants ces destructeurs qui m’en veulent injustement. Ce
que je n’ai pas
volé, puis-je le rendre ?
Était-ce
vraiment ce qui m’attendait ? Le vrai chercheur de la Sagesse devait-il la
recevoir en échange de donner de l’écriture qui provoquerait à coup sûr
des affrontements ? Le Très-Haut pouvait-il demander cela à des hommes, soit
de combattre sur le sentier de la Sagesse, c’est-à-dire, pour qu’elle
arrive enfin à maturation dans les âges par les sacrifices de ses écrivains
? Si ce que je viens d’énoncer est vrai, alors, lorsque Moïse disait qu’il
fallait faire des sacrifices pour se rendre agréable au Très-haut, il
signifiait donc par-là d’offrir des écritures fortes qui amèneraient
l’affrontement et la haine, pour qu’à travers les âges, la
Civilisation puisse un jour devenir une vraie Adulte en Sagesse grâce
aux sacrifices des écrivains ? Moïse disait : Lv 7-18
La chair du sacrifice de paix, celui qui l’a présenté ne saurait être
agréé. N’est-ce pas là une belle prophétie qui dit clairement au futur
chercheur de Sagesse, que celui qui donnera de son sacrifice une lecture au
monde d’une parcelle du Grand Œuvre, celui-là ne saurait en
aucun temps être agréé de son vivant par sa communauté ?
Mais,
Dieu n’a sûrement pas voulu ça, voyons ! Ce serait beaucoup trop difficile.
Alors même que je commençais à faire germer l’idée de détruire mon
manuscrit, voilà qu’un événement bizarre m’arrivait.
En
plus des interminables questions à savoir ce que je devais faire, voilà que
tout à coup, les versets du Livre du Ciel que j’avais appris par cœur
durant mon étude de neuf mois, voilà que ces versets sortaient dans ma tête
au fur et à mesure que les événements journaliers de ma vie s’y déroulaient.
Par exemple, si j’étais au bord d’un gouffre près du fleuve, le verset
suivant sortait de ma tête, en petite voix : Auprès du grand fleuve,
grand fosse, terre egeste.
C’était
comme ça à la journée longue. Nous étions au printemps, et les champs étaient
couverts d’eau, alors le verset suivant faisait mention dans ma tête : Qu’on
ne verra que d’eau les champs couvert. Je n’arrivais pas à faire un
geste sans que, dans ma tête, ne ressorte un verset du Livre du Ciel par une petite
voix, et cela, à la journée longue. Je me rappelai alors les paroles
suivantes de la bible : Ce qui était, est, et sera. Donc, j’avais
vu ma vie au passé, je l’avais écrite avec ses versets, et maintenant,
j’entendais encore ma vie avec les mêmes versets, mais au présent cette
fois. Une semaine passa, puis, les phrases se précipitaient de plus en plus
rapidement. J’en étais venu à ne plus faire un pas sans qu’une phrase
vienne me dire dans ma tête exactement ce que j’y faisais ou voyais au moment
même. C’était comme si Déozor, l’Auteur du Livre, était constamment avec
moi pour me dire avec cette petite voix, ce que je voyais ou ce que je
faisais. Cela, sans compter les ordres qu’il me semblait recevoir, et dont
j’obéissais ; mais, cela ne me menait jamais à nul part de bon.
Es
30-21 Tes oreilles
entendront la voix qui dira derrière toi quand tu devras aller ou à droite
ou à gauche.
Mélangez
aux voix les interminables réflexions à savoir ce que je ferais du manuscrit
de ma vie et de ceux de la seconde rixe, de la science moderne et de la Loi, et,
imaginez combien mon esprit était perturbé. Comprenez que cette situation ne
pouvait plus durer et, que je ne savais toujours pas quoi faire. Le vendredi, 6
avril au soir, je n’avais pas encore mangé de la journée, quand, vers 19h00
heures, je suis sorti dans le jardin derrière la maison, et là, accroupi,
replié sur moi même, j’étais comme une femme enceinte. J’avais mal dans
le bas du ventre, j’avais des hauts le cœur. Les idées mêlées, complètement
abattu, et toujours visité par les versets du Livre sans cesse. Je suis devenu
tout étourdi, je manquais presque de m’évanouir. J’étais dans les
douleurs d’une femme enceinte.
Je
devais accoucher de mon manuscrit, mais, je décelais plutôt la présence
d’un avorton. Sur ce, je me rappelai ceci du livre des Maccabées, dans la
bible : 2Ma 3-16 À voir l’aspect du grand prêtre, on ne pouvait
manquer de sentir une blessure dans le cœur, tant son air et l’altération de
son teint faisaient apparaître l’angoisse de son âme. La frayeur et le
tremblement dont cet homme était saisi dans tout son corps rendaient visible à
ceux qui le regardaient la souffrance que lui étreignait le cœur.
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