| Si vous vous promenez sur la place de Kislev vous aurez peut être l'occasion d'écouter une des histoires les plus prisées du public. C'est celle de la légende de Sigmar, qui est connue de tous depuis que le prédicateur Zossima est venu apporter la Sainte parole. |
| La vie de Sigmar est une source inépuisable d'émerveillement et d'enseignement. Celui qu'on appela la Stupeur du Monde connut une vie terrestre édifiante qui changea la destinée de nos pays. Il est le Fondateur de l'Empire et son Dieu bienveillant. Ecoutez Son histoire et retenez Ses mérites, car il reviendra bientôt dans toute sa Splendeur pour redonner sa force à l'Empire et le purifier du Chaos qui le menace de l'intérieur. Ecoutez l'histoire de Sigmar Heldenhammer von Unberogen, qui changea la face du monde et règne à la destinée de l'Empire. |
Dès
sa naissance, la vie de Sigmar Heldenhammer von Unberogen se plaça sous
le signe de la divinité, et les Dieux marquèrent son existence des plus
hautes distinctions, lui augurant un chemin glorieux jusqu'au Panthéon où
se trouvait sa place. Au plus fort d'un hiver rigoureux, le convoi qui descendait
à marches forcées vers l'Ouest du pays de Kislev pour amener à Reikdorf
(future Altdorf la Superbe) Constancia de Altavila, épouse de Henrik VI
Rotenbart, chef du clan Unberogen, dut d'arrêter à Iesi, une petite ville
en plein cœur de la Grande Forêt le long de la rivière Talabec, bien indigne
d'héberger une personne de si haute lignée. Lorsque les essieux des chariots
cessèrent de grincer et que le calme fut revenu parmi les conducteurs, on
entendit des gémissements s'élever de la litière princière. Constancia,
qui était enceinte, commençait à ressentir les premières douleurs de l'enfantement.
La suspension de la voiture était dure et les cahots de la route avaient
dû précipiter sa délivrance. On l'installa, tant bien que mal, dans la grande
maison du maire de la ville, où nul ne l'attendait en plein hiver. Mais
la princesse, qui souffrait beaucoup, exigea - on ne sait pourquoi - que
la naissance de son enfant ait lieu en public. On chercha d'abord à l'en
dissuader en lui faisant valoir qu'il faisait très froid et que cela risquait
d'avoir des conséquences fâcheuses, pour elle comme pour son enfant. Mais
elle n'en voulut pas démordre. On dressa donc, en toute hâte, une tente
de brocard et de mousseline sur la place du marché, et l'on convia tous
les habitants de la ville et les seigneurs des environs à assister à l'événement,
afin qu'ils puissent en rendre témoignage. Constancia était une femme âgée,
et à quarante ans très faibles étaient les chances de donner naissance à
un enfant en bonne santé, surtout après neuf ans d'un mariage demeuré stérile.
L'accouchement de la princesse prit donc un caractère miraculeux, aux enjeux
politiques par ailleurs énormes, car si le nouveau-né était un garçon, il
devait hériter d'une situation politique forte grâce à son père, Henrik
Rotenbart, qui avait su imposer son aura et sa force jusqu'à se faire écouter
respectueusement par l'ensemble des clans humains de l'Ouest des Montagnes
du Bord du Monde. |
L'enfant
se présentait mal. L'accouchement, long et douloureux, risquait d'entraîner
la mort de la mère. Il fallut toute l'habileté de deux médecins Arabes,
appelés d'urgence à son chevet, pour éviter cette issue. Les deux hommes
appliquèrent toute leur science à provoquer l'accouchement sans mettre en
danger Constancia, mettant en pratique des connaissances qui étaient alors
plus élevées que chez les plus érudits des occidentaux d'alors, héritées
des Elfes qui étaient revenus dans le Sud après la Grande Migration. Le
travail se prolongea toute la journée qui suivit, et le premier signe de
l'importance divine de l'événement fit son apparition au firmament : une
comète à double queue traversa le ciel de ce jour et pendant les quatre
jours qui suivirent. Le phénomène céleste provoqua une vive émotion et resta
figé dans les mémoires, associé aux événements qui suivirent. En effet,
à l'heure de la naissance de Sigmar, au matin du troisième jour, se levèrent
tout autour de l'horizon des orages gigantesques qui épargnèrent cependant
la petite ville de Iesi. Partout les flots incessants provoquèrent des crues
du Talabec, dans toute la région des inondations se répandirent sur les
grandes étendues de champs et de forêts ; mais la petite ville d'Iesi fut
miraculeusement épargnée. La nouvelle ayant parcouru toute la région qu'un
homme saint allait naître, et les pluies diluviennes ayant poussé les hommes
et les femmes hors de leurs maisons à la recherche d'un endroit sec et loin
du danger, une foule immense se retrouva bientôt à Iesi pour assister dévotement
à la naissance de Sigmar. La présence de deux médecins étrangers à la peau
sombre autour de la princesse Constancia provoquait l'émerveillement de
tous les paysans amassés sur la place du marché, qui n'avaient encore jamais
vu un tel déploiement d'étrangetés, et sur leurs terres en plus. La plupart
ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait, mais tous avaient le pressentiment
d'assister à un événement d'une importance capitale pour leurs vies. La
région était depuis toujours soumise, outre les guerres inter-tribales,
aux attaques des hordes de Gobelins qui gagnaient chaque jour un peu plus
de terrain et détruisaient des pans plus grands de la forêt sacrée. Les
milliers d'hommes et femmes rassemblés pendant ces quatre jours sentirent
souffler sur leurs vies un immense vent d'espoir, provoqué par la naissance
de ce petit être qu'ils vénéraient déjà comme un futur roi. Les enfants
étaient étrangers à ces sentiments, mais leurs jeux virevoltants partout
dans le village apportaient un air de fête qui ajoutait au tableau déjà
surréaliste d'une naissance royale dans un village entouré par le déluge,
sous les yeux d'un peuple entier et sous la bienveillance d'une comète à
deux queues. Ces quatre jours devaient marquer durablement les esprits,
et contribuèrent grandement à la popularité de Celui qui allait les délivrer,
après qu'ils L'eussent vu naître. |
Né
sous le double signe de l'orage et de la double comète, Celui qu'on devait
surnommer plus tard Heldenhammer était incontestablement amené à incarner
la plus haute destinée. Cette naissance étrange et fabuleuse souleva dans
toutes les régions humaines du Vieux-monde une immense vague d'émotion,
d'intérêt et d'espoir. Ces sentiments se traduisirent par une foule de prédictions
et de prophéties, comme si l'on eût partout pressenti que l'avenir lui préparait
une destinée exceptionnelle. Geoffroy de Virtenne salua la naissance de
Sigmar en termes exaltés : « Voici », déclara-t-il en reprenant les mots
de la Sibylle de Tibur, « le Sauveur tant attendu et le Monarque des mondes,
celui qui réunira entre ses mains les destinées des tribus humaines et les
délivrera du joug des Gobelins ». En revanche, les prédictions de Gioacchino
di Fiorisangre, un clerc adepte de Solkan, furent plus inquiétantes. A l'entendre,
le nouveau-né n'était rien de moins qu'un fils de démon, « délégué par Solkan
pour régir toutes les nations avec une verge de fer, avant de les plonger
dans un océan de sang et de larmes ». Il appuyait ses dires sur une prophétie
du culte de Solkan, qui affirme que le Juge des Temps derniers naîtrait
d'une vieille femme. C'est sur les bases de cette tradition de Fiorisangre
que se fonde l'hérésie sigmarienne du culte d'Ulric, méprisée à la fois
par les adeptes de Sigmar et les adeptes d'Ulric, ulcérés par tant de haîne
déployée injustement envers une divinité majeure. Quoi qu'il en fut, entre
la joie de Geoffroy de Virtenne et les visions démoniaques de Gioacchino
di Fiorisangre le Maudit, une lourde tâche attendait Sigmar, et il prit
conscience de ce fait dès ses plus jeunes années. |