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Septembre 1989. Des manifestations contre l'intégration scolaire des gargouilles organisées à Paris par les syndicats unis de l'éducation furent le théâtre d'affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre. Le bilan fit état de 17 morts et 84 blessés, parmi lesquels des hommes, des ombres, de vampires et des elfes. Quelques mois plus tôt, l'Assemblée Nationale, emboîtant le pas du Bundestag allemand et de l'assemblée italienne des députés et entérinant la directive européenne du 16 février 1989 relative à l'enseignement aux minorités ethniques, avait voté une loi assurant une éducation obligatoire aux gargouilles en âge d'être scolarisées au sein d'écoles mixtes. Menée de front par l'extrême droite et l'extrême gauche, une vague de contestation dans plusieurs pays européens aboutit à des affrontements multiples, qui culminèrent lors des événements de septembre 1989. Les conséquences dramatiques de ces rixes et, le mois qui suivit, la chute du Mur de Berlin, occultèrent totalement l'importance de l'enjeu politique et social que représentait cette loi, et surtout le caractère outrageusement raciste et antidémocratique affiché ouvertement par une large partie des populations européennes. Dans la foulée, et dans le consensus apparemment le plus total, les parlements français, allemand et italien firent en partie marche arrière, en modifiant le texte de loi dans la partie portant sur les écoles mixtes. D'une ségrégation totale, on passa donc à une semi-ségrégation en assurant une éducation obligatoire jusqu'à 16 ans aux enfants gargouilles, mais seulement dans le cadre d'écoles spécialisées, à l'instar des enfants handicapés mentaux ou physiques. Les ONG liées à la surveillance des Droits des Méta-races, comme Méta-Human Rights Watch, dénoncèrent vigoureusement ces lois et les manifestations qui y étaient liées, mais dans le tumulte de la chute du communisme, leur message ne fut pas entendu. Douze ans après, que reste-t-il de ces douloureux événements, et quelle trace les sociétés occidentales ont-elles gardé de ce qui reste comme une des grandes crispations de l'histoire contemporaine des relations raciales ? Cent-cinquante ans après l'abolition de l'esclavage, quarante ans après les premières lois américaines contre la ségrégation raciale humaine, la situation des gargouilles a-t-elle vraiment évolué, ou bien sont-elles aujourd'hui encore considérées comme un état intermédiaire entre l'animal |