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Trois Petits Chats
par François Guay


- Enweille arrête d’avoir la chienne, esti de fefi.
- J’suis pas fefi, c’est juste que...
Inutile d’essayer de convaincre Luc, Dany le savait. Il savait aussi que suivre Luc était une façon d’enfin être accepté des autres. Être à l’école primaire n’est pas facile pour tout le monde, ce l’est encore moins lorsqu’on est continuellement harcelé, victime des moqueries des autres. Et être l’ami de Luc signifiait mettre un terme à cet enfer.
Les deux enfants arrivèrent bientôt près de la cabane. C’était la maison de Rodrigue. Si quelqu’un était encore plus méprisé que Dany, c’était bien lui. Vivant en ermite avec sa vieille mère, Rodrigue était un handicappé mental. Il était grand et maigre, dôté d’un visage effroyablement tordu. Il n’était pas très propore non plus, ni très intelligent. La risée du village.
Luc et Dany se dirigèrent vers l’espèce de petite remise juste à côté de l’habitation. Ils y virent la silhouette de Rodrigue. Il était accroupi près d’une petite boîte en carton sur laquelle était grossièrement dessiné une série de coeurs. Lorsque Rodrigue quitta la remise, les enfants s’approchèrent de la boîte. À l’intérieure, une mère chatte allaitait ses trois petits. Elle ne sembla pas importunée par l’arrivée des deux intrus, et ne miaula même pas lorsqu’ils s’emparèrent de la boîte.
Luc et Dany coururent jusque dans la forêt, bien à l’abris, avant de déposé la boîte par terre. Luc souriait comme un dément lorsqu’il sortit la hache. Une jolie petite hache bleu qu’il avait piqué à son père. Il souleva un des chatons et le plaça à côté de la boite. D’un coup sec il lui trancha la tête. Luc s’empara ensuite d’un autre chaton, méprisant le sifflement de la mère, et donna la hache à Dany.
- C’est ton tout.
Dany souleva la hache. Au loin, il entendit une longue plainte. Une plainte signalant que Rodrigue avait reamrqué l’absence de sa chatte. Dany hésita, regardant la pauvre créature gisant sur la terre humide, ignorant le sort qui l’attendait. Est-ce que ce qu’il s’apprêtait à faire valait vraiment le coup? Est-ce que tuer les innofensifs amis d’un attardé allait lui valoir le respect de ses camarades? Et lui, serait-il capable de se respecter?
- Je peux pas... faire ça...
Dany laissa tomber la hache sur le sol. Luc le poussa, le traitant d’homo une fois de plus et s’empara de l’arme. Dany recula et détourna le regard alros que Luc démembrait les deux chatons restant.
Le reste se passa très rapidement. Dany entendit un cri terrible et vit Rodrigue foncer sur eux à une vitesse incroyable. Il se jetta sur les deux enfants, les étouffat avec son odeur fétide difficilement supportable. Dany parvint à se dégager et courut le plus vitet possible hors de ce boisé, laissant derrière lui Luc.


La mère de Dany rentra dans sa chambre et fut étonnée de voir que son fils ne dormait pas encore. Elle lui demanda ce qui n’allait pas et il lui assura que tout allait bien. Elle l’embrassa avant de quitter la pièce et de fermer la lumière.
Dany, en fait, n’allait pas bien. Remplis de remords et d’inquiétudes pour ce pauvre Rodrigue (mais pas pour cet idiot de Luc qui méritait bien de se faire prendre), il ne trouva le sommeil que très tard, et ce fut un sommeil troublé par des rêves horribles, remettant en scène les événement de l,après-midi.
Ce ne fut pas ces cauchemards qui l’éveillèrent cependant, mais bien un bruit bizarre provennant du couloir, près de sa chambre. Dany se leva, dans l’obscurité lla plu stotale et tentat d’allumer la lumière. Visiblement, il y avait une panne de courant car la pièce resta très sombre. Il sortit de sa chambre et se dirigea tranquillement vers celle d’à côté, celle de ses parents. Il faisait étonnamenet froid dans le couloir, Dany pressa donc le pas.
Il ouvrit la porte et fut immédiatement frappé par l’odeur, et la chaleur de la pièce. Une odeur légèrement cuivré mêlé à une autre, beaucoup plus rance.
- Maman? Papa?
Alors que Dany approchait du lit de ses parents, les quelques rayons de lumière de la lune qui pénétrait par la fenêtre éclairait quelques détails du lit. Il semblait particulièrement défait et comme...
- Maman?
...mouillée. Plus Dany s’approchait, plus l’odeur de cuivre lui amplissiat les narines. C’est alors qu’il remarqua un objet...
- Papa?
...un objet faiblement éclairé, planté au milieu d’une masse sombre au milieu des couvertures. Un objet qu’il mit trop de temps à reconnaître...
-Maman...
Une jolie petite hache bleu.