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tolstoi

TOLSTOI

Référence pour les citations #1 à #39 :

Auteur : Tolstoï
Titre : Anna Karénine (1e Partie)
Année de la 1e parution : 1876

Année de l'édition présente : 1972
Éditeur : Le livre de poche classique



1- « eureux les romanciers qui vivent avant – ou quelque temps après – les révolutions. » -André Maurois- préface, p.viii


2- « Cela ne veut pas dire que les jeunes aient tort d’expérimenter. Cherchez, et vous retrouver. » -Maurois- préface, p.xiii


3- « [Stépan Arkadiévitch] s’imaginait vaguement que depuis longtemps sa femme soupçonnait ses infidélités et qu’elle y était indifférente. Il lui semblait même que Dolly, fatiguée, plus toute jeune, ni jolie ni remarquable en quoi que ce soit, tout simplement bonne mère de famille, devait en toute justice se montrer indulgente. » Partie I, chap.2, p.6


4- « Bien qu’il [Stépan Arkadiévitch] ne s’intéressât ni à la science, ni à l’art, ni à la politique proprement dite, il avait une opinion arrêtée sur tous ces sujets : celle de la majorité et de son journal, et il n’en changeait qu’avec la majorité ; pour mieux dire il n’en changeait point, mais c’étaient les opinions elles-mêmes qui se modifiaient insensiblement en lui. Stépan Arkadiévitch ne choisissait ni la direction ni les opinions, elles venaient à lui d’elles-mêmes, de même qu’il ne choisissait pas la forme d’un chapeau ou d’un vêtement mais se conformait à la mode. » Partie I, chap.3, p.10


5- « [Lévine] avait bien entendu dire que les femmes aiment parfois les hommes laids et communs ; mais il n’en croyait rien, parce qu’il jugeait d’après lui-même et que lui-même n’aurait pu aimer qu’une femme jolie, remarquable et distinguée. » Partie I, chap.6, p.31


6- [Serge Ivanovitch :] « Nous autres Russes, nous sommes toujours comme cela ; peut-être est-ce même là le meilleur trait de notre caractère, cette faculté de voir nos propres défauts. Mais nous exagérons et nous nous consolons par l’ironie qui est toujours au bout de notre langue. » Partie I, chap.8, p.35


7- [Lévine :] « Mais pour moi, c’est étrange. De même je trouve bizarre qu’alors que les habitants de la campagne s’efforcent de manger le plus vite possible, afin de se remettre à leur besogne, toi et moi nous tâchions de rester à table le plus longtemps possible sans nous rassasier. N’est-ce pas pour cela que nous mangeons des huîtres ?


[Stépan Arkadiévitch:] - Certes. Mais tel est justement le but de la civilisation : transformer tout en plaisir.


[Lévine :] – Eh bien, si c’est là le but de la civilisation, je préfère être un sauvage. » Partie I, chap.10, p.47


8- [Lévine :] « Les uns comprennent tel amour, ceux-là comprennent l’autre. Et c’est en vain que celui qui ne comprend pas l’amour platonique parle de drame. Avec l’autre amour aucun drame n’est possible : « Je vous remercie beaucoup du plaisir, au revoir. » Voilà tout le drame. » Partie I, chap.10, p.55


9- [Stépan Arkadiévitch :] « Vois-tu, tu as une âme simple, c’est ta qualité et aussi ton défaut. Tu es tout d’une pièce et tu veux que toute la vie se compose de phénomènes simples. Or, c’est impossible. Par exemple tu méprises le service public, parce que tu veux que l’œuvre corresponde toujours au but, et que dans l’administration il n’en est pas ainsi. Tu veux aussi que l’activité d’un homme ait toujours un but , que l’amour et la vie de famille soient inséparables. Mais il n’en est rien. Toute la variété, tout le charme, toute la beauté de la vie ne sont qu’un mélange de lumière et d’ombre. » Partie I, chap.11, p.55


10- « Bien qu’il [Vronskï] ne lui dît rien qu’il ne pût dire devant tout le monde, il la sentait de plus en plus attachée à lui ; et à mesure qu’il le constatait, il en éprouvait plus de plaisir et ses sentiments pour elle devenaient plus tendres. Il ne savait pas que sa façon d’agir envers Kitty avait un nom bien défini, que cela s’appelle séduire une jeune fille sans avoir l’intention de l’épouser [...] » Partie I, chap.16, p.74


11- « Ce qui est charmant, c’est précisément que [...] nous nous sommes compris par cette conversation insaisissable des regards et des intonations. Aujourd’hui, plus nettement que jamais, elle m’a dit qu’elle m’aimait. Et avec quel charme, quelle simplicité et surtout avec quelle confiance ! Je me sens moi-même meilleur, et comme purifié ; je sens que j’ai un cœur et qu’il y a au fond de moi beaucoup de bon. Quels jolis yeux quand elle disait : Et beaucoup... Eh bien alors, quoi ? Eh bien, rien ! ... C’est agréable pour moi et pour elle. » Partie I, chap.16, p.75


12- « [À propos de Anna Karénine :] La légèreté de son allure offrait un singulier contraste avec ce qu’il y avait d’imposant dans toute sa personne. » Partie I, chap.18, p.82


13- [Dolly :] « Vivre avec lui [Stepan Arkadiévitch] sera maintenant une souffrance, précisément parce que j’aime l’amour que j’avais pour lui. » Partie I, chap.19, p.89


14- « [Kitty] n’était déjà plus la jeune fille qui paraît pour la première fois dans le monde et pour laquelle toutes les physionomies se confondent en une impression générale ; elle n’était pas encore non plus la jeune fille blasée, ennuyée de retrouver toujours, dans les bals, les mêmes têtes ; elle tenait le milieu entre les deux, si bien que tout en prenant du plaisir, elle observait avec calme. » Partie I, chap.22, p.100


15- « C’est que rien au monde n’existait plus pour Vronskï. Il se sentait héros. Non qu’il pensât avoir fait impression sur Anna ; il ne croyait pas encore en être là ; mais l’effet qu’elle avait produit sur lui le remplissait de joie et d’orgueil. » Partie I, chap.31, p.134


16- « [Anna Karénine] savait que dans le domaine de la politique, de la philosophie, de la théologie, Alexis Alexandrovitch doutait et cherchait ; mais qu’en art, en poésie et surtout en musique qu’il ne comprenait pas du tout, il avait les opinions les plus fermes et les plus arrêtées. » Partie I, chap.33, p.143


17- « La conversation commençait d’une façon charmante, mais précisément parce qu’elle l’était trop, elle cessa de nouveau. Il fallut avoir recours à un moyen infaillible, la médisance. » Partie II, chap.6, p.170


18- « L’effet produit par les paroles de la princesse Miagkaïa était toujours le même ; tout son secret consistait à dire, souvent hors de propos, des choses simples et sensées. Dans la société où elle vivait ces paroles produisaient le même effet que les mots les plus spirituels. » Partie II, chap.6, p.171


19- [Vronskï, à Anna Karénine :] « Nous ne serons pas amis, vous le savez vous-mêmes, mais nous serons les êtres les plus heureux ou les plus malheureux. » Partie II, chap.7, p.177 20- « Alexis Alexandrovitch ne trouvait rien de particulier ni d’inconvenant au fait que sa femme était assise avec Vronskï à une table à part, et lui parlait avec animation, mais il remarqua qu’aux autres personnes la chose avait paru inconvenante, c’est pourquoi lui aussi la jugea telle [...] » Partie II, chap.7, p.179


21- « Alexis Alexandrovitch avait toujours vécu et travaillé dans les sphères de l’administration, où l’on ne rencontre qu’une vie factice ; et chaque fois qu’il se heurtait à la vie elle-même, il s’en écartait. Maintenant il éprouvait un sentiment semblable à celui qu’éprouverait un homme qui, d’ordinaire, franchit un abîme sur un pont et, tout à coup, s’apercevrait que ce pont est détruit et que l’abîme est à ses pieds. L’abîme c’était la vie elle-même ; le pont, cette vie artificielle que vivait Alexis Alexandrovitch. » Partie II, chap.8, p.180


22- « [Alexis Alexandrovitch] commença à penser à sa femme, à ce qu’elle pouvait penser et sentir. Pour la première fois, il se représentait vivement la vie personnelle d’Anna, ses pensées, ses désirs ; et l’idée qu’elle pût avoir sa vie particulière lui sembla si terrible, qu’il se hâta de la chasser. C’était cet abîme qu’il avait peur de regarder. Imaginer les pensées et les sentiments d’un autre être était pour lui chose impossible, moralement nuisible et dangereuse. » Partie II, chap.8, p.182


23- « [Pour Alexis Alexandrovitch] qui connaissait toutes les joies, tous les plaisirs, toutes les peines d’Anna, dès qu’il vit qu’elle feignait de ne pas remarquer l’état où il se trouvait et qu’elle ne voulait pas dire un mot d’elle-même, il comprit qu’il se passait quelque chose. Le fond de l’âme d’Anna, qu’elle ne lui avait jamais caché jusqu’alors, était fermé à son mari. En outre, il comprenait, au ton qu’elle prenait, qu’elle n’éprouvait nulle gène et qu’elle paraissait lui dire carrément : « C’est ainsi, tu ne verras rien ! Et il en sera ainsi désormais. » Il était comme un homme qui, revenant à sa demeure, la trouverait fermée. » Partie II, chap.8, p.184


24- [Anna Karénine, à propos d’Alexis Alexandrovitch :] « S’il me tuait, s’il tuait Vronskï, je le respecterais. Mais non, il ne connaît que le mensonge et les convenances ! » Partie II, chap.28, p.262


25- « [Varenka] rappelait une belle fleur qui a gardé ses pétales, mais déjà fanée et sans parfum. Son manque d’attrait venait de ce qu’elle était privée de ce dont Kitty était pourvue avec excès : la flamme concentrée de la vie et la conscience de son charme. » Partie II, chap.28, p.271


26- « [Kitty] ne renonçait pas à tout ce qu’elle avait appris, mais elle comprenait qu’elle se trompait en pensant qu’elle pouvait devenir ce qu’elle avait rêvé d’être. Elle croyait s’éveiller. Elle mesurait toute la difficulté qu’il y a à se tenir sincèrement, sans vanité, à la hauteur où elle voulait s’élever. » Partie II, chap.35, p.297


27- [À propos de Serge Ivanovitch] « [...] il aimait et vantait la vie rurale par opposition à la vie urbaine qu’il n’aimait pas, éprouvait de l’amitié pour les paysans par opposition à cette classe de gens du monde qu’il avait en antipathie. Pareillement, sa connaissance du peuple se fondait sur ce principe que la classe populaire est différente des autres. » Partie III, chap.1, p.300-301


28- « Stepan Arkadiévitch avait beau faire, il ne pouvait jamais se rappeler qu’il était père de famille. Il avait des goûts de célibataire et il suivait ses goûts. » Partie III, chap.7, p.328


29- « L’hypocrisie, quelle qu’elle soit, peut quelquefois échapper à l’homme le plus intelligent et le plus perspicace ; mais l’enfant le plus borné la reconnaît sans peine, si habilement dissimulée qu’elle soit, et s’en détourne. » Partie III, chap.9, p.338


30- Alexis Alexandrovitch, à propos d’Anna Karénine : « Qu’elle soit malheureuse, c’est dans l’ordre des choses. Mais moi, qui ne suis pas coupable, je ne dois pas souffrir. » Partie III, chap.13, p.358


31- Serpoukhovskoï, à Vronskï : « Il est difficile de mener de front une entreprise quelconque et l’amour d’une femme. Le seul moyen d’éviter cela est le mariage [...] Il est impossible, si l’on porte un fardeau, de faire usage de ses mains, à moins qu’on ait le fardeau lié sur le dos ; il en est ainsi du mariage [...] » Partie III, chap.21, p.397


32- « Mais souviens-toi de ce que je te dis. Sache encore que toutes les femmes sans exception sont plus matérielles que les hommes. La conception que nous avons de l’amour est grandiose, la leur au contraire est terre à terre. » Partie III, chap.21, p.397


33- « C’était une de ces natures d’hommes [Sviajskï] qui déconcertaient toujours Lévine ; ceux dont les raisonnements reflètent une logique ferme, bien qu’empruntée, et dont la vie, nettement définie d’après des principes fermement arrêtés, s’écoule cependant dans l’indépendance la plus complète, souvent même la plus opposées à ces principes. » Partie III, chap.26, p.417


34- « Lévine acquérait de plus en plus la conviction qu’il ne saisirait jamais le lien qui unissait la vie de cet homme [Sviajskï] à ses idées. Visiblement il discutait pour le seul plaisir de discuter ; peu lui importait la conclusion où l’amenait son raisonnement, mais il lui était désagréable de se voir enfermé dans une impasse. C’était la seule chose qu’il redoutait. Pour l’éviter, il n’hésitait pas à orienter la conversation vers quelque autre sujet [...] » Partie III, chap.28, p.433


35- Stepan Arkadiévitch : « Ne sommes-nous pas tous des hommes, tous des pêcheurs ? Alors, à quoi bon se fâcher et se quereller ? » Partie III, chap.7, p.483


36- « Vronskï se leva aussi, courbé en deux, et, sans se redresser, il regarda l’homme qui venait de parler. Vronskï ne comprenait pas les sentiments d’Alexis Alexandrovitch, mais il sentait en eux quelque chose de supérieur et, pour lui, d’inaccessible. » Partie IV, chap.13, p.534


37- Anna Karénine : « J’ai entendu dire qu’il y a des femmes qui aiment certains hommes pour leurs vices. Eh bien, moi, je le hais [Alexis Alexandrovitch] pour sa vertu ! » Partie IV, chap.21, p.548-549


38- « [Alexis Alexandrovitch] était affligé, honteux ; mais, en même temps que cette affliction et cette honte, il éprouvait de la joie, à cause de la profondeur de son humiliation. » Partie IV, chap.22, p.555


39- Vronskï : « Si notre amour était susceptible d’augmenter, il grandirait du fait qu’il y a en lui quelque chose d’horrible ! » Partie IV, chap.23, p.558


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