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Le Monde de Aan | Histoire
 

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Fondation

Le Monde en 400Le Retour

Fríðar Fríðríksson aurait dû logiquement être dévoré par les lions, et son nom tomber dans l'oubli; mais l'Histoire emprunte parfois des chemins tortueux pour parvenir à ses fins. Comment il échappa à son sort et vécût pour aller séjourner à Trouvère est une histoire qui a plusieurs versions: la plus courante veut qu'il aie été secouru par des chasseurs de lion; il est possible toutefois que les lieutenants de Harðvart aie décidé de lui désobéir et simplement laissé l'enfant à une famille de paysans. Toujours est-il qu'il vécût pendant plus de trente années chez les Elfes, où il prépara son retour. Il y apprît à lire et écrire, bien entendu, mais de plus découvrît de nombreuses sciences et techniques, comme l'architecture, les lois et notamment la construction navale.

 

En -31 il revînt à Strömby toujours occupée par le Vínurland, et reprît son héritage: trois ans plus tard il mena les Strömlings à la libération; la même année il prît Hárvind à son tour. Ces victoires furent remportées de façon fort décisive: Fríðar avait appris l'usage de l'étrier, et était devenu le premier général à utiliser la cavalerie. En -29 Ostvind tomba à son tour; puis finalement Norvindby en -28; en moins de trois ans Fríðar avait ainsi conquis le Vínurland, le plus puissant royaume du monde. Mais son élan devait s'arrêter là: le siège de Norvindby avait pris fin au prix d'un ultime effort. Après être parvenu à la tête des Strömlings et des Vínur, il se mît à la tâche de rebâtir son royaume, ruiné par des décennies de guerre. Il établît un nouveau code de lois, reconstruisit les routes, et ramena progressivement l'ordre dans les affaires publiques.

 

 


L'Unificateur

La renommée de Fríðar se mit à se répandre à travers les Royaumes, et à partir de -20 on se mit de plus en plus à le considérer comme l'Unificateur de la prophétie: âgé de plus de 60 ans il conservait toute la vigueur et l'apparence de la vingtaine; il possédait une science et une sagesse qui était bien au-delà de son époque.

 

Sa popularité croissante ne faisait tout de même pas l'unanimité: le Míkland et le Vestland, qui jusqu'alors s'étaient tenus à l'écart des différents conflits entre les royaumes, ressentaient peu d'enthousiasme à l'idée s'abandonner leur indépendance. De leur côté, les habitants du Strömland étaient de plus en plus scandalisés de voir leur souverain, un de leur concitoyens, régner dans une ville étrangère; dans les palais et les rues de Strömby, l'on chuhotait de plus en plus fort que loin d'avoir mis fin à l'hégémonie du Vínurland, Fríðar l'avait tout simplement perpétué sous une autre appellation.

 

En -7 les nobles de Álingborg, qui avait déclaré serment d'allégeance à Fríðar, tentèrent de profiter du mécontentement des Strömlings et de provoquer un soulèvement; mais ceux-ci choisirent finalement de demeurer loyaux envers leur leader. En -2, la révolte fût matée; de leur côté les royaumes de Míkland et Vestland acceptèrent finalement d'accorder leur allégeance à Fríðar. À présent plus rien ne pourrait empêcher l'unification du peuple fyling; le Régaltière était né.

 

 


La fondation

En l'an 0, le Royaume de Régaltière fût officiellement fondé, et Fríðar en devenait le premier souverain. Il décréta immédiatement l'elfique comme langue officielle de la nouvelle nation, et changea son nom pour Eirené. Il conserva les frontières des anciens royaumes, et divisa ainsi le Régaltière en dix Duchés, chacun dirigé par leur roi respectif (qui toutefois verrait leur titre changer pour celui de Duc, c'est-à-dire 'chef'). Il établit ensuite sa capitale à Fárfólk (qu'il rebaptisa Bellegente), ville qui jusqu'alors était considéré comme territoire neutre, un lien de rencontre où les rois avaient l'habitude de se donner rendez-vous afin de régler leurs différends. En laissant ainsi leur territoires et leur autorité aux rois fyling, Eirené calma leurs inquiétudes et s'assura leur soutien; en même temps, ses différentes réformes légales et politiques lui conféra l'autorité suprême. Le Régaltière devenait donc une confédération de royaumes. Enfin, il forma le Conseil des Anciens: une assemblée de dix représentants nommés par les nobles de chaque Duchés, qui aurait pour tâche d'assurer la régence en cas d'incapacité de l'Empereur; le Conseil veillerait également à protéger les droits et les intérêts des Ducs.

 

Finalement, il fonda une religion unifiée, l'Église Gotique: cette dernière mesure devait s'avérer la plus importante. Jusqu'à maintenant, le culte de Aan ne faisait pas l'objet de rites établis, et aucune hiérarchie formelle ne le contrôlait. En imposant une organisation uniforme, un culte unifié et en se déclarant autorité suprême de cette Église, Eirené s'assura l'hégémonie absolue sur le peuple fyling, et imposa le principe du 'souverain par droit divin'. Eirené se proclama descendant direct de Aan, donna ainsi naissance au concept du 'roi-dieu'. Toutes ces mesures garantissait son autorité malgré le fait que lui-même ne possédait pas de terres ou d'armée (mis à part sa garde personnelle, l'Ordre du Temple).

 

 


Les exodes

Eirené mourût en 19, après avoir fondé le port de Granderade en 14: son fils lui succéda sous le nom de Eirené le Second, et entreprit de perpétuer l'oeuvre de son père. L'instauration de la monnaie par exemple permit une croissance considérable du commerce qui se mit peu à peu à s'étendre au-delà des frontières de l'Empire, et le contact fût peu à peu réétabli entre les fylingar et les dvöllar. Mais le rapport de force était trop inégal: les dvöllar étaient maintenant plusieurs siècles en retard sur les régaltériens, particulièrement dans le domaine militaire, et ces derniers s'étaient formé le concept d'une prédestinée, une conviction profonde de s'être vu attribuer la mission de régner sur le monde; cette croyance allait au fil des siècles le principe moteur de la pensée régaltérienne, et encore aujourd'hui influence leur attitude envers les nations. C'était les premiers signes d'un impérialisme naissant, et les dvöllar voyaient cette arrogance et cette ambition d'un mauvais oeil.

 

Ce sont toutefois les Guinées qui eurent les premiers à subir la poussée expansionniste: la ville de Hárby, qui se considérait indépendante fût assiégée en 157, et se rendit après une brève résistance; Maxime1er la renomma Port-Dragon, et annexa officiellement l'Isle-de-Oy. Ce fût le début d'une lente désagrégation de la culture guinée: certains restèrent et s'intégrèrent progressivement aux usages et aux lois régaltériennes; quelques-uns émigrèrent vers l'Empire ou encore dans les royaumes d'Ardésie du Nord, où ils furent lentement assimilés; la plupart toutefois décidèrent de tenter leur chance en Novarique, où ils fondèrent leur nation sur les rives de l'actuel golfe de Stormskers, qu'ils nommèrent Caor, qui signifie simplement 'baie'. Certains, finalement allèrent plus loin et traversèrent les monts Vairs, et s'établirent finalement dans la forêt des Sérailles (Síoraí: esprits, fantômes).

 

Les Elfes suivirent bientôt cet exemple, sans même attendre l'annexion inévitable de leur territoire. Tout comme les Guinées, ils se divisèrent et s'éparpillèrent progressivement à travers le monde. Le plus grand nombre d'entre eux, les Altains, allèrent vers la Novarique, et y fondèrent Havre-aux-Cimarts en 160; ils allèrent éventuellement s'établir en Breuil d'Ormer où ils bâtissèrent en 260 un grand palais de cristal, le Maine-de-Presme, une des neuf merveilles du monde. Les Sylvains quant à eux partirent s'établir dans la forêt d'Entremonts en 197, puis les Marois, les Féraux et les Valois suivirent progressivement. Lorsque Felix II allait marcher sur Trouvère puis sur Gente-de-Sylve en 534, il n'allait y trouver que des ruines abandonnées.

 

 


Le Tournoi du Trône

En 134, le Régaltière connût sa première crise interne lorsque Aquilon mourût sans laisser d'héritier, déclenchant une guerre civile qui aurait très bien pu mettre un terme à son unité. Mais après avoir assuré la régence pendant deux ans, le Conseil des Anciens eût l'idée de faire revivre la vieille coutume du rendez-vous, et organisèrent un tournoi près de Orée; à la surprise de tous, l'événement tourna bientôt à la fête, et les réjouissances se poursuivirent longtemps après le dénouement du concours. Le Tournoi fût remporté par le Duc Elfé de Ryveroyns qui accéda ainsi au trône de Régaltière, quatrième successeur de Eirené et représentant sur terre de la Présence de Aan.

 

Après la mainmise sur l'Isle-de-Oy, Elfé et ses successeurs s'attelèrent à la tâche de consolider leur empire, qui s'étendait maintenant sur près de six millions de km carrés. Ils bâtirent des ponts, des ports et de nombreus temples. Les premières routes pavées apparurent; ces routes allaient devenir la clef de voûte du pouvoir impérial, autant sur le plan commercial que militaire; en 283 Maxime II établît un réseau postal; avec des haltes-relais postées à tous les trente km le long des routes, il devînt ainsi possible à des missives de voyager à la vitesse d'un cheval au galop; l'Empereur était ainsi au courant de tout ce qui ce passait dans l'Empire.

 

Avec un gouvernement stable, un ensembles de traditions bien ancrés, des infrastructures autant logistiques que commerciales et une technologie de guerre de plus en plus sophistiquée, Le Régaltière semblait maintenant prêt à conquérir le monde. Mais un événement allait bientôt secouer l'Empire: l'insurrection de Ryveroyns qui mènerait aux Guerres de Deux Cités.

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