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Le Monde de Aan | Histoire
 

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Apogée

Le Monde en 1500L'âge des lumières

Après la prise de Innsjórby en 875, l'ère des conquêtes tira à sa fin, et le Régaltière entama l'immense tâche d'organiser et de consolider ses vastes territoires, dont la superficie couvrait maintenant la moitié du monde connu et l'ensemble de la race humaine (hormis quelques communautés éparses de dvöllar de Novarique, qui émigrèrent vers les terres sauvages du nord; ils sont les ancêtres des Scóigarmannh et des Íslings). Toutes ces conquêtes unirent le monde antique, et répandirent la science et la culture régaltérienne. Le commerce florissa, grâce au réseau de routes qui ne tarda pas à s'étendre à travers l'empire, et grâce également au perfectionnement atteint dans la construction des navires basée sur des méthodes de calcul développées par la Guilde des Mariniers, fondée en 715: les premiers navires entièrement mûs par la voile faisaient leur apparition.

 

Ce fût le début d'une époque de grands projets: partout l'on construisait ponts, ports, temples et châteaux, et les villes s'entouraient de remparts. En 988, Stephane II entreprit de doter la capitale d'un aqueduc, ce qui provoqua une phénoménale explosion démographique et força la construction d'autres aqueducs, qui à leur tour acroissèrent la population encore davantage... En l'espace de deux siècles, Belgente passa de 4 000 à plus de 300 000 habitants; en 1189, la dernière pierre était à peine posée sur la deuxième série de remparts que déjà la population avait débordé au-delà.

 

Les 9e et 10e siècles connurent un essor culturel prodigieux, autant au niveau des arts que celui des sciences. Tandis que les monuments se couvraient de peintures et de sculptures, les philosophes posaient les jalons de la pensée moderne: le plus célèbre, Urbain de Castelrous, compila les Chroniques de Régaltière en 1010, un ensemble de recueils de traditions orales et de récits anciens, qui devînt éventuellement le deuxième livre du Boc. En plus d'être historien, Urbain fût également philosophe, mathématicien, astronome et ingénieur. Il était de plus un géographe accompli, et grâce aux carnets de voyage de l'explorateur Lonviate ­ qui explora entre autres les terres bordant l'Océan Occidental ­ il dressa la première carte du monde.

 

Toutefois, la puissance de l'empire était fondée sur l'art de fabriquer des Artéfacts, ces objets aux grands pouvoirs dont le secret avait été donné par les Elfes à Eiren; ces secrets furent perfectionnés au cours des siècles par les Magistres, ou mages. À l'origine, le terme mage désignait toute personne capable d'entendre la Voix de Aan, et ainsi dotés de pouvoirs magiques. Mais à partir du 8e siècle, soit après la Guerre des Mages, l'Église se dissocia progressivement de cette appellation, et lui substitua celle de prêtre; cette attitude faisait écho à leur doctrine de monopole exclusif sur l'exercice du Talent. Malgré leur état de clandestinité, les Mages continuèrent d'exercer leur discipline, et libres des contraintes de la hiérarchie et d'un héritage de traditions et de tabous qui freinaient l'esprit d'initiative et d'expérimentation des ecclésiastiques, ils dépassèrent bientôt ces derniers. Ces Mages indépendants formèrent en 947 une fraternité clandestine nommée le Conclave, tenant des réunions secrètes où ils pouvaient échanger des idées et montrer leur savoir-faire.

 

Le plus fantastique de ces Artéfacts fût sans contredit l'Élixir de Jouvence, mais il ne fût pas l'oeuvre d'un Mage. Ce fût plutôt un membre de l'Église qui le réalisa, et non le moindre en la personne de l'empereur Ambrosien Ier en 1036. Cet Élixir triplait l'espérance de vie de celui qui en buvait: Ambrosien vécût 278 ans ­ et selon la légende, aurait en fait atteint l'immortalité, et serait toujours en vie dans une retraite secrète au coeur des monts Brués. Il refusa de partager sa découverte, et seuls lui et sa descendance purent en bénéficier, ce qui provoqua il va sans dire un profond ressentiment chez les Ducs.

 

L'apogée fût atteint au 14e et 15e siècle, sous le règne de Elfé VII. Celui-ci se fit construire un immense palais, le Casteldor en 1510; il y installa son trône, le Rubin, taillé d'une pièce dans un immense rubis, cadeau des Nains: une des neuf merveilles du monde. En 1543 il acheva la construction d'un vaste hippodrome, le Cirque; les courses hippiques devinrent rapidement une véritable institution, et une tradition qui se perpétue encore de nos jours.

 

 


La stagnation

Ambrosien ne fût pas seulement un des grands Magistres de l'histoire, mais également le philosophe le plus influent de son époque. Il fonda une doctrine basée sur le concept de l'Ordre Cosmique, qu'il considérait comme immuable et parfait; selon sa philosophie, l'ordre social se devait de refléter cet Ordre. En termes pratiques, il institua une politique de conservatisme très strict: il stabilisa la hiérarchie des organisations publiques et privées et découragea toute idée de réforme sociale: il stipula que l'Empire et ses institutions avait atteint un niveau de perfection qu'il serait dorénavant impossible de dépasser, et par conséquent se devait d'être gardé de tout changement. Les événements semblèrent lui donner d'abord raison, et sous son règne l'Empire connût une paix et une prospérité qui sembla vouloir durer éternellement. Mais à la longue, cette attitude aura des conséquences désatreuses au cours des siècles ultérieurs.

 

Malgré tous ses talents et son génie incontestable, Ambrosien était un homme d'état relativement médiocre; la poursuite de son art accaparait tout son temps, et il négligeait les affaires de l'Empire, déléguant à ses subalternes les tâches qui lui étaient normalement échues. Les Ducs tirèrent profit de cette situation, et s'attribuèrent de plus en plus d'autonomie. Le pouvoir des Empereurs, jusqu'alors incontesté, entama un long déclin; si quelques-uns d'entre eux réussirent occasionnellement à réaffirmer l'autorité du Trône (notamment Elfé VII, et plus tard Alban II), la plupart se virent reléguer à un rôle de plus en plus symbolique: ils dépendirent de plus en plus des largesses des Ducs et des autres nobles afin d'entretenir leur mode de vie et leur cour toujours plus onéreux, contributions qui se monnayaient en retour de faveurs ou d'indulgences.

 

L'attitude nonchalante d'Ambrosien, ainsi que sa politique de conservatisme sclérosé freina net l'expansion du Régaltière: ses frontières resteront pratiquement inchangées pour les 9 siècles suivants. L'avancée des sciences et de la culture füt également stoppée; la fibre créative était toujours active, mais les réalisations des penseurs n'avaient plus aucun impact sur l'avancement de la société devenue réfractaire au changement; l'horloge, les mathématiques et la géométrie, l'anatomie et même l'imprimerie ne sont que quelques exemples de découvertes et d'inventions qui, si elles furent acclamées, n'eurent aucun impact sur la vie quotidienne et ne furent jamais considérées comme autre chose que de simples objets de curiosité.

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