Que pourrais-je dire?
Tant de choses, tellement...
Je ne vous connais pas, et vous ne me connaissez pas.
Pourtant je vous connais comme vous me connaissez... et j'aimerais mieux ne jamais avoir eu à songer à ce que vous êtes.
Aujourd'hui, j'en aurais besoin. Mais je puise les dernières parcelles de force qui survivent en moi pour m'en empêcher et j'espère vous aider à diminuer ou à arrêter en écrivant ceci, autant pour vous que pour moi.
Qui suis-je?
Personne en fait. Enfin, pour vous je ne suis personne d'autre que quelqu'un comme vous, aussi mal et aussi seule, et munie d'un outil de communication de dernière ressource. J'ai envie de lire quelque chose en français sur ce que je vis depuis quelques années et je suis convaincue que je ne suis pas la seule à vouloir comprendre ce que je lis mais je ne trouve RIEN.
Alors voici... je parle, pour moi et pour ceux qui auraient envie de lire quelque chose sur ma vie et sur la leur.
J'ai besoin simplement de me débarasser de l'angoisse qui vit au fond de moi. J'ai besoin de me vider. J'ai besoin pouvoir respirer sans ressentir le poid de ma vie sur mes épaules.
Et le seul moyen que j'ai trouvé est de me couper.
Qu'est-ce que ça me donne réellement?
Je me sens bien, quelques minutes, et ensuite je dois ABSOLUMENT tout cacher.
Et après, je me sens tellement coupable...............
Après, je me sens nulle, inutile, nuisante....
Mieux? Vraiment?
Non...
Seulement, quand j'ai vraiment besoin de m'exprimer, je le fais. Je ne me gène pas. Ou enfin, ce qui reste de lucide en moi ne se gène pas. Généralement, quand je le fais, il reste à peu près rien de lucide. Il reste à peu près rien du moi controllé.
Mais au moins, j'ai exprimé quelque chose.
Était-ce vraiment nécessaire d'employer ce moyen?
Je crois que oui.
Je crois que rendu à un certain point, il est inutile de controller ses pulsions ou ses réflèxes. Je crois que si je m'étais retenue, ça aurait été beaucoup plus grave qu'une moyenne étendue de peau coupée.
Ce qui est grave, ce n'est pas le geste en tant que tel. Ce qui est grave, c'est d'avoir à le faire, c'est de ne plus pouvoir le controller.
Ce qui est grave, c'est d'y avoir pensé une première fois.
C'est la première erreur de toute personne qui s'automutile.
La deuxième est sans aucun doute d'avoir apprécié le geste et de ne pas résister à l'envie de recommencer.
Et plus le temps passe sans résistance, plus il devient difficile de cesser.
Depuis presque 3 mois, je n'ai rien fait. Ni couteau, ni ceinture, ni feu, ni RIEN.
Je suis fière de moi, je suis encouragée.
Chaque fois que j'y pense, je me répète que je ne dois pas briser mes efforts.
Je sais que je ne suis pas "guérie". Je sais que tant que j'en aurai envie, je ne le serai pas.
Mais je cherche de nouveaux moyens de m'exprimer.
Je cherche comment vivre une vie saine, et sincèrement, sans me blesser, les méthodes sembles beaucoup plus évidentes.
J'ai tellement perdu à cause de ça. J'ai tellement détruit. J'ai brisé des amitiés de longues date, j'ai perdu mes convictions et mes espérances.
Je me sens déjà beaucoup mieux, juste d'avoir écrit ceci.
Je me suis exprimée.
J'espère vous avoir aidé aussi mais je ne m'en demande pas tant...
20/02/03 - Attention!!! Un très beau site sur le sujet est maintenant en ligne. Il est très complet, intéressant et son forum permet à tous de s'exprimer, et surtout, il est en français. WWW.AUTOMUTILATION.ORG
Voici un poème que j'ai écrit il y a quelques années. J'espère qu'il vous donnera un peu d'espoir... Dernière nuit