Sur la voie ferrée, deux moineaux se partagent un bout de pain. Les mouvements de leur bec, de leur tête, de leurs ailes réchauffent en cette journée d’hiver. Grand attendrissement. Un des oiseaux s’envole. Un sentiment de pitié pourrait survenir à l’image de ce moineau, seul, avec comme seule nourriture un bout de pain sec, mais le moineau là sous les yeux, ne peut comprendre cette pitié. Il n’a aucune idée de ce qu’elle peut représenter. Elle n’existe pas. La pitié n’existe pas. C’est une envie. C’est l’envie de se trouver à la place de l’oiseau, d’être l’oiseau. l’envie d’être empli de satisfaction par le trésor qu’est le pain qui s’offre à lui et comme lui, partir, s’envoler où il veut, quand il veut, comme il veut.