|
La brume d’eau bleue chute Maille après maille comme des filets Cependant les pêcheurs dorment, Les tours massives du château Se reflètent dans un verre Tout est immobile. Pourtant ces formes voguent En haut vers moi, agitant le visage Du silence. Depuis le nadir Elles se lèvent, leurs limbes pesants Avec opulance, cheveux plus lourds Que du marbre sculpté. Elles chantent Un monde plus dense et pur qu’il ne peut être. Mes soeurs, votre chanson Porte un fardeau trop lourd Pour l’écoute de l’oreille retorse Ici, dans pays bien régit, Sous une règle équilibrée. Dérangeant par la cohésion Au delà de l’ordre banal, Vos voix assiègent. Vous logez Sur les hauts récifs du cauchemard, Promettant un ancrage infaillible; De jour, le déchant des frontières De l’hébétude, de la crète des fenêtres hautes aussi. Pire Même que votre exaspérante Chanson, votre silence. A la source De l’ appel de votre coeur de glace L’ivresse des grandes profondeurs. O rivière, je vois flottant Profond dans votre flux argenté Ces grandes déesses de la paix. Pierre, pierre, transporte moi là bas |