D'Autres

D'Autres Poètes


Ruth STONE
Les Hommes Gorilles

Au magasin de doughnuts
Vingt-trois Dos-Argentés
Sont alignés au bar,
Assis sur des tabourets.
C’est le café du matin et le jour des poubelles.
La serveuse a un lourd visage ampathique
Charitable avec du rouge à lèvre carmin.
Elle ne dore pas mes frites.
Je dois attendre au bar et insister pour ma commande.
Je porte ma tasse de café sur une petite,
inoffensive table près du mur.
Au bar, le corps de ballet masculin
est fermement aligné.
Je regarde leurs fesses presques similaires;
Leurs épaules de camarades voutés,
la courbe de leurs anciennes colonnes.
Ils parcourent méthodiquement
leur propre territoire.
Cette donnée là entre dans cette vaste
confuse bibliothèque, l’esprit feminin.


Jack GILBERT
En Ombrie

Il était une fois j’étais assis devant le café
Admirant le crépuscule en Ombrie quand une jeune fille sortit
De la boulangerie avec le pain que sa mère demandait.
Elle ne savait pas que faire. Déjà embarrassée
Ayant treize ans et étant depuis ce même été une femme,
Elle devait maintenant passer devant l’Américain.
Mais elle réussi bien. Passa et tourna au coin
Avec style, ne me voyant pas. Presque parfait.
Au dernier moment un regard rapide vers ses nouveaux seins. Souvent je repense à
l’inclinaison de sa tête quand des gens parlent de telle ou telle grande beauté.

Marié
Je suis revenu de l’enterrement et j’ai erré
Dans l’appartement, pleurant fort,
Cherchant les cheveux de ma femme.
Pendant deux mois les ai trouvés dans le syphon,
Dans l’aspirateur, sous le réfrigérateur,
Et sur les vêtements dans le placard.
Mais ensuite d’autres japonaises sont venues,
C’était impossible d’être sûr lesquels
Étaient les siens et j’ai arrêté. Un an après
Rempotant l’avocat de Michiko, j’ai découvert
Un long cheveux noir emmêlé dans la terre.
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