
BIOGRAPHIE DE SAMUEL BECKETT
Samuel Beckett est né à Dublin en 1906. Né dans une famille bourgeoise, il
a eu une enfance heureuse. À 22 ans, après de brillantes études, il part à
Paris où il va rencontré de grands écrivains (Joyce). Dans les années 30,
il commence à écrire en anglais des livres qui ne seront pas publiés. Puis,
il écrit 3 romans en français : "Molloy" (52), "Malone meurt" (52) et
"L'innomable" (53). Mais c'est pas ces pièces de théâtres qu'il remporte
le plus de succès, notamment avec " En attendant Godot", "Fin de partie" et
"Oh! les beaux jours". Par la suite, Beckett va réécrire certaines de ces
pièces en anglais. En 1969, il reçoit le prix Nobel.
EN ATTENDANT GODOT
"En attendant Godot" a été joué la première fois en 1953 dans un pénitentier.
La pièce est construite en 2 actes qui correspondent à 2 journées à peu près
identiques. Les 2 personnages principaux sont Vladimir et Estragon (Didi et
Gogo) qui attendent un certain Godot. Beckett n'a jamais voulu expliquer sa
pièce, mais certains ont trouvés une hypothèse selon laquelle la pièce
expliquerais le malheur des hommes, l'attente vaine d'un dieu peut-être
inexistant, puisque "Godot" est formé du mot anglais "God" qui veux dire
"dieu".
EXTRAIT DE LA PIÈCE (début)
Route à la campagne, avec un arbre.
Soir.
Estragon, assis sur une pierre, essaie d'enlever sa chaussire. Il s'y acharne des deux mains, en ahanant. Il s'arrête, à bout de forces, se repose en haletant, recommence. Même jeu.
Entre Vladimir
ESTRAGON.(renonçant à nouveau). -- Rien à faire.
VLADIMIR. (s'approchant à petite pas raides, les jambes écartées). -- Je commence le croire. (Il s'immobilise.) J'ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Vladimir, sois raisonnable, tu n'as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat.(Il se recueille, songeant au combat. À Estragon.) -- Alors, te revoilà, toi.
ESTRAGON. -- Tu crois ?
VLADIMIR. -- Je suis content de te revoir. Je te croyais parti pour toujours.
ESTRAGON. -- Moi aussi.
VLADIMIR. -- Que faire pour fêter cette réunion ? (Il réfléchit.) Lève-toi que je t'embrasse. (Il tend la main à Estragon)
ESTRAGON (avec irritation). -- Tout à l'heure, toute à l'heure.
Silence
VLADIMIR (froissé, froidement). -- Peut-on savoir où monsieur a passé la nuit ?
ESTRAGON. -- Dans un fossé.
VLADIMIR (épaté). -- Un fossé ! Où ça ?
ESTRAGON (sans geste. -- Par là.
VLADIMIR. -- Et on ne t'a pas battu ?
ESTRAGON. -- Si... Pas trop.
VLADIMIR. -- Toujours les mêmes ?
ESTRAGON -- Les mêmes ? Je ne sais pas.
Silence
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