Louis XVII, Roi de France (1793-95)
(Né à Versailles en 1785 et mort le 8 juin 1795)
Fils du Roi Louis XVI et de la Reine Marie-Antoinette d'Autriche
Son père Louis XVI fut exécuté sur l'échafaud
le 21 janvier 1793, tandis que
sa mère, Marie-Antoinette, le fut le 16 Octobre 1793
Louis XVII
(De Victor Hugo, décembre
1822)
I
En ce temps-là, du ciel
les portes d'or s'ouvrirent;
Du Saint des Saints ému
les feux se découvrirent;
Tous les cieux un moment brillèrent
dévoilés;
Et les élus voyaient, lumineuses
phalange,
Venir une jeune âme entre
les jeunes anges
Sous les portiques étoilés.
C'était un bel enfant qui
fuyait de la terre;
Son oeil bleu du malheur portait
le signe austère;
Ses blonds cheveux flottaient sur
ses traits pâlissants;
Et les vierges du ciel, avec des
chants de fête,
Aux palmes du martyre unissaient
sur sa tête
La couronne des innocents.
II
On entendit des voix qui disaient
dans la nue:
- "Jeune ange, Dieu sourit à
ta gloire ingénue;
Viens, rentre dans ses bras pour
ne plus en sortir;
Et vous, qui du Très-Haut
racontez les louanges,
Séraphins, prophètes,
archanges,
Courbez-vous, c'est un roi; chantez,
c'est un martyr !"
- "Où donc ai-je régné
? demandait la jeune ombre.
Je suis un prisonnier, je ne suis
point un roi.
Hier je m'endormis au fond d'une
tour sombre.
Où donc ai-je régné
? Seigneur, dites-le moi.
Hélas ! mon père
est mort d'une mort bien amère;
Ses bourreaux, ô mon Dieu,
m'ont abreuvé de fiel;
Je suis orphelin; je viens chercher
ma mère,
Qu'en mes rêves j'ai vue
au ciel."
Les anges répondaient: -
"Ton Sauveur te réclame.
Ton Dieu d'un monde impie a rappelé
ton âme.
Fuis la terre insensée où
l'on brise la croix,
Où jusque dans la mort descend
le régicide,
Où le meurtre, d'horreur
avide,
Fouille dans les Tombeaux pour
y chercher des rois."
- "Quoi ! de ma lente vie ai-je
achevé le reste ?
Disait-il; tous mes maux, les ai-je
enfin soufferts ?
Est-il vrai qu'un geôlier,
de ce rêve céleste,
Ne viendra pas demain m'éveiller
dans mes fers ?
Captif, de mes tourments cherchant
la fin prochaine,
J'ai prié; Dieu veut-il
enfin me secourir ?
Oh ! n'est-ce pas un songe ? a-t-il
brisé ma chaîne ?
Ai-je eu le bonheur de mourir ?
"Car vous ne savez point quelle
était ma misère !
Chaque jour dans ma vie amenait
des malheurs;
Et, lorsque je pleurais, je n'avais
pas de mère
Pour chanter à mes cris,
pour sourire à mes pleurs.
D'un châtiment sans fin
languissante victime,
De ma tige arraché comme
un tendre arbrisseau,
J'étais proscrit bien jeune,
et j'ignorais quel crime
J'avais commis dans mon berceau.
"Et pourtant, écoutez: bien
loin dans ma mémoire,
J'ai d'heureux souvenirs avant
ces temps d'effroi;
J'entendais en dormant des bruits
confus de gloire,
Et des peuples joyeux veillaient
autour de moi.
Un jour tout disparut dans un sombre
mystère;
Je vis fuir l'avenir à mes
destins promis;
Je n'étais qu'un enfant,
faible et seul sur la terre,
Hélas ! et j'eus des ennemis
!
Ils m'ont jeté vivant sous
des murs funéraires;
Mes yeux voués aux pleurs
n'ont plus vu le soleil;
Mais vous que je retrouve, ange
du ciel, mes frères,
Vous m'avez visité souvent
dans mon sommeil.
Mes jours se sont flétris
dans leurs mains meurtrières,
Seigneur, mais les méchants
sont toujours malheureux;
Oh ! ne soyez pas sourd comme eux
à mes prières,
Car je viens vous prier pour eux
."
Et les anges chantaient: - "L'arche
à toi se dévoile,
Suis-nous; sur ton beau front nous
mettrons une étoile.
Prends les ailes d'azur des chérubins
vermeils;
Tu viendras avec nous bercer l'enfant
qui pleure,
Ou, dans leur brûlante demeure,
D'un souffle lumineux rajeunir
les soleil ! "
III
Soudain le choeur cessa, les élus
écoutèrent;
Il baissa son regard par les larmes
terni;
Au fond des cieux muets les mondes
s'arrêtèrent;
Et l'éternelle voix parla
dans l'infini:
"O roi ! je t'ai gardé loin
des grandeurs humaines.
Tu t'es réfugié du
trône dans les chaînes.
Va, mon fils, bénis tes
revers.
Tu n'as point su des rois l'esclavage
suprême.
Ton front du moins n'est pas meurtri
du diadème,
Si tes bras sont meurtris de fers.
Enfant, tu t'es courbé sous
le poids de la vie;
Et la terre, pourtant, d'espérance
et d'envie
Avait entouré ton berceau
!
Viens, ton Seigneurs lui-même
eut ses douleurs divines
Et mon Fils, comme toi, roi couronné
d'épines,
Porta le sceptre de roseau. "
Louis XVII, n'avait que 10 ans.
Voici quelques sites intéressants sur Louis XVII
http://www.chez.com/louis17
(Philippe Delorme,
Historien qui a mené à bien l'enquête sur Louis
17)
http://www.Louis-XVII.com (Site officiel)
http://www.museelouisxvii.com (Musée sur Louis XVII)
http://www.mus.louis-xvii.claranet.fr/sculptures.htm (Sculpture)
Un site excellent sur Victor Hugo
http://www.victorhugo.gg/Francais/Fr_index.htm