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Le 11 septembre dernier j’ai bien lu, comme vous, que le colonel Ely Ould Mohamed Vall a répondu, lors d’un interview : « …….nous n'avons rien de personnel contre Maaouiya, a fortiori contre sa famille et ses proches. Il n'y aura ni règlement de comptes, ni chasse aux sorcières, ni esprit de revanche. Il n'y aura pas non plus d'action en justice ou de procès contre lui. Si certains s'aventurent sur ce terrain, nous les rappellerons à l'ordre. Nous respectons sa personne, et nous lui souhaitons une retraite paisible. » Question au nouveau colonel lorsque vous dites ‘Nous’ cela signifie ‘qui’? Finalement, peu m'importe votre réponse. Mais je tenais à vous poser la question. Il m’apparaît évident que le nouveau patron n’aime pas, alors pas du tout ce mot si humain : égalité. Si c’était le cas jamais il n’aurait osé répondre ainsi. Comment peut-il oublier une digne communauté soit les négros-mauritaniens chassés de leurs terres – Vie. Maintenant colonel vous avez répété depuis le 3 août ce mot magique (pour vous) amnistie, qui est à mes yeux du cœur (dans ce (votre) cas) une belle grande blague. Depuis la naissance de ce mot amnistie (de votre côté) nous avons droit à toutes les sortes de réactions, je pars, non je ne pars pas, je reste, non je ne reste pas. C’est une belle farce ce mot amnistie. Colonel Vall, la blague ne durera pas trop longtemps. En ce moment elle fait couler de l’encre. Elle fait jouer des comédiens. Bientôt la comédie sera terminée. Votre amnistie sera si silencieuse, comme le moteur de votre petit bateau qui fera un beau dodo. Les personnes qui ont penché pour la rentrée, bonne chance. Pour certaines initiales que je n’ose écrire ici je dis et j'écris comment avez-vous oublié les vôtres? Ma foi en la pétition des FLAM est si grande qu’une image vole jusqu’en Mauritanie et me chante l’espoir du retour légitime des négros-mauritaniens. Oui la pétition a raison. Colonel, je vous imagine très mal bloquer toutes les actions qui seront faites contre Taya (le meurtrier) et contre toutes les personnes de son entourage qui étaient présentes au moment des décisions inhumaines (meurtres, tortures, vols, viols …..). Vous avez bien dit : « …… nous les rappellerons à l'ordre. » Comment colonel Vall? Vous avez omis de le dire. Quant à moi je vous écris que je fais et ferai tout, en chantant, en écrivant, en voyageant, Ici et Ailleurs, pour raconter la pure vérité qui est : en Mauritanie le racisme existe, en Mauritanie l’esclavage fait mal, en Mauritanie le peuple souffre d’inégalité à plusieurs points de vue sans oublier de dire : la Mauritanie a connu le 3 août dernier un changement de chaise ce qui signifie aucun changement de système. Les menaces existent toujours. Voir la réponse du Colonel Vall. Non à l’oubli La lutte continue Marie E Détournement des biens publics VIII * Le CMJD… financement du retour des déportés de 1989 ... Enfin, la Mauritanie a changé de pouvoir, mais pas d’histoire… Le roi est mort, vive le roi! Les responsables des exécutions de 1986, 1989, 1990.. 1992 sont toujours libre et respirent encore. Un homme [...] est parti mais son entourage est resté… presque rien n’a changé. Le CMJD –s’il se veut impartial, ne peut pas légalement se prononcer au nom du peuple mauritanien, donc il n’a pas le droit de promulguer une loi d’amnistie ou de donner une protection, quelle qu’en soit la nature, aux tortionnaires et voleurs des biens publics, y compris ses propres membres. Son discours de la non violence est un nouveau discours de caméléon arborer après participations à 21 ans de tortures, de vols et de déportations massives. Les réfugiés, estimés à plus de 120000 personnes, expulsés par la force de leur terre, rejetés sur les frontières mauritano-maliennes et mauritano-sénégalaises sont le tampon noir du crime d’État organisé. Durant leur expulsion en 1989, personne n’a levé le petit doigt pour dire d’arrêter la déportation et l’appropriation des terrains des pauvres, personne n’a élevé la voix contre les gouverneurs et les responsables de l’État qui ont attribués leur terrain à des hommes d’affaires du Nord, de l’Est.. etc, personne n’a exprimé officiellement son mécontentement, son malaise contre la violation de leurs droits d’être humain et Mauritanien. Le retour de ces mauritaniens à leur pays est une des conditions sine qui none de l’établissement d’un pays de droit diriger par une junte qui se dit ‘impartial’. Plusieurs milliards d’Ouguiya sont détournés en leur nom, des dons, de l’aide humanitaires, etc. Malgré leur triste passé et leur histoire amère, encore d’autres personnes veulent utilisées leur cause pour continuer à détourner et sucer ce qui reste dans leur corps fantômes gisant sur les frontières. Par manque de la loi de talion, dont ils espéraient de la nouvelle junte militaire et pour la mémoire collective, je me permes- comme d’habitude, à invoquer que le pouvoir sur place n’a pas besoin de chercher plus loin ou faire de la magie pour financer le retour de ces exilés […], les hommes responsables devant ‘Allah’ de leur expulsion, qui ont volé leurs biens et qui vivent sans remords, doivent financer leur retour. Je cite ici quelques personnes parmi des centaines d’autres qui représentent le symbole du crime organisé protégé par l’État, je n’exclus pas non plus tous ceux qui ont tacitement assisté aux crimes d’État. Le Colonel Mahmoud Ould Deh Recruté durant les années 60 par Baham Ould Mohmed Leghdaff comme officier de l’armée nationale, après le coup d’État du 10 juillet 1978, il devient un des officiers supérieurs de l’armée qui ont bringué les postes de hautes directions des établissements publics. Directeur du port autonome de Nouakchott pendant de longues années, avant sa nomination au poste de chef d’État major de la Gendarmerie après la révolte du 7 au 9 juin 2003, il devient l’actionnaire principal de BACIM Bank, une des banques privées les plus controversées de la Mauritanie. Si nous admettons, par ‘l’absurde’, que ce soldat innommable touchait un salaire de 135 000 par mois et ce, durant 30 ans, ce qui est le salaire le plus élevé des cadres de la fonction publique avant la révolte militaire du 7 au 9 juin 2003, il ne peut en aucun cas amasser une aussi importante fortune estimée à plus d’un milliard d’Ouguiya. Une fortune qui n’a pas héritier de sa famille [...] mais qui a volé pendant son règne sur les différents établissements publics. Ce soldat inculte doit impérativement retourner toutes les sommes et tous les autres biens volés aux caisses de l’État pour aider au financement du retour des déportés. L’ex-colonel Gabriel Cimpair (Jebril Ould Abdallahi) Le soldat lourdaud, ingénieur de la déportation de 1989, destitué de ses fonctions par l’ex-colonel Ould Taya durant ses années de pouvoir au palais ocre. Il fut un des hommes les plus riches du Comité militaire du salut nationale ‘CMSN’, avec un chaptelle de chameau de plus de 1500 (à titre d’information, un chameau vaut 250 000 à 300 000 Ouguiya), avant de se faire appauvrir par ses proches puis récupéré par son ami Ould Taya qui lui a attribué de grâce le projet de l’autoroute Nouakchott-Nouadhibou. L’ancien, ministre de l’Intérieur, ‘Jebril Ould Abdallahi’, doit payer par les biens inscrits sur les noms de ses proches, le retour de tous les déportés dont il a ordonné leur déportation et leur expropriation. Au nom de tous les innocents et après la restitution de tous ses biens, il doit être exécuté publiquement en l’hommage des milliers de personnes abattus de sang froid sous ses ordres durant le vendredi noir du mois béni du Ramadan en 1989. Colonel N’Diaga Dieng Le nègre au service de son maître, actuel directeur général de la SONIMEX, 14 ans au poste de directeur général de la douane, un des responsables des exécutions des soldats négro-mauritaniens par la cour spéciale présidée par l’ex-colonel Moctar Guey. Devenu richissime par le détournement des taxes douanières en connivence avec l’ex-colonel déchu Ould Taya et ces proches, en plus de la vente des cachets de la douane à Ehl Nouegued et Ehl Abdallahi Ould Abdallahi. Avec la corruption directe et indirecte, Ould Taya lui donnait sans passer par le trésor public, une somme de plus de 400 millions par an. Malgré les conditions de vie dépravante des déportés, les enfants du colonel achètent de l’immobilier aux États-Unis et changent annuellement leurs voitures. Les veuves des militaires exécutés arbitrairement par sa cour, cherchent un refuge sur terre, meurent de faim et personne ne les écoute. Louleid Ould Weddad Ex-directeur du cabinet de Ould Taya, ingénieur de la déportation de 1989, un des hommes qui ont détourné les biens du peuple mauritaniens, il détient une fortune – qui est loin d’être hérité de sa famille qui provient de Ouadane- estimé par ses proches à 40 milliards d’Ouguiya. (1) Responsable direct de la politique désastreuse des militaires en Mauritanie, homme caméléon qui a pu former sa propre mafia et construire un empire financier par les biens du peuple mauritanien, il était le vizir du tyran Ould Taya et le protecteur des filous. Dans la phase de gestation de la ‘démocratie’ promue par le conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), nous devons tous se demander ou sont parti les sommes faramineuses détournées par ces hommes et beaucoup d’autres responsables durant le règne de Ould Taya? Le CMJD, dans sa politique de ‘pardon’, va t-il se pencher sur la question des déportés ou plutôt l’a passer comme une bombe à retardement au prochain pouvoir ‘civil’? Le CMJD n’a pas demandé au peuple mauritanien son avis sur les tortionnaires, les voleurs. Quand va-t-il le demander? Le CMJD jugera-t-il Ould Taya, sa famille, et ses compagnons ou encore, lui accorda-t-il une loi d’amnistie pour protéger sa propre peau? La gestion actuelle de la période dite ‘transitoire’ par le CMJD est loin des prémisses d’un développement durable pour le pays. L’exemple le plus frappant est celui des nominations à outrances, un titulaire d’une maîtrise en lettre moderne en langue arabe est désigné secrétaire général du ministère du ‘Pétrole’, un scientifique à l’imprimerie nationale… etc. Le discours prononcé à la 60e session des Nations Unies et la mission qui l’accompagnait, démontre un autre manque endémique d’une vision diplomatique internationale. La sortie médiatisée du premier ministre ‘temporaire’ Ould Boubacar, est une autre forme d’incompétence dans l’administration ‘post’ Ould Taya. En un seul mot, nous vivons réellement la même forme de gestion désastreuse du CMRN de 1978, et la potion magique de la nouvelle junte pour tous les maux, est la ‘démocratie’. La démocratie est un état d’esprit et une phase d’éducation morale et civile dont je peux affirmer que notre peuple est loin d’atteindre. Je tiens responsable, de cet état moral désastreux, toute notre élite politique – sans exception, qui, dans le désespoir d’un changement éminent durant le règne de Ould Taya, se jette dans les bras d’un quidam. L’acharnement à la course au pouvoir, le discours sombre et fallacieux a fait oublier à cette ‘élite politique’ son engagement de porte parole du peuple. La démocratie dans sa forme brute, ne se boit pas, ne se mange pas, les déportés ne peuvent pas voter pour un fantôme sur les frontières, seule la saisie des biens des voleurs permettra le financement de leur retour et sublata causa, tollitur effectus. Verba volant, scripta manent. Montréal, le 22 septembre 2005 Moustapha Ould Abderahim Ould Ibn Mogdad * Pour l’arrêt de détournement des biens publics une copie de cet article ainsi que les autres articles publiés sur le même sujet ont été envoyés aux institutions de Bretenwood. (1) Voir : Détournement des biens publics III, paru le 29 mars 2004 Premier discours à la nation du Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie AMI Nouakchott, 2 sep (AMI) - Le Colonel Ely Ould Mohamed Vall, Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie, chef de l'Etat, a fait aujourd'hui, vendredi, une importante adresse à la nation dans laquelle il a indiqué que le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie a décidé aujourd'hui d'accorder une amnistie générale, pleine et entière à tous les mauritaniens condamnés pour crimes et délits politiques afin de leur permettre de participer à cette oeuvre de construction nationale, en toute liberté et en toute quiétude et d'unir leurs efforts, sur le sol national, pour garantir à notre pays un avenir de paix, de progrès et de prospérité. Voici ce discours dans son intégralité: "chers compatriotes, chers frères et sœurs, Depuis quelques années, une crise de confiance s'est installée entre le pouvoir et le peuple. Leurs rapports ont continué à se dégrader, occasionnant toujours plus de frustrations et d'injustices. La vie politique se caractérisait par une impasse totale et les institutions issues de la constitution du 20 juillet 1991 étaient devenues une représentation caricaturale de la démocratie. Le pays s'enfonçait dans une crise économique et financière généralisée. La mauvaise gestion et le détournement des biens publics anéantissaient toute perspective de développement. Le pouvoir glissait, chaque jour davantage, vers la crispation, l'isolement et l'autoritarisme. Les tentatives de déstabilisation se succédaient, créant un climat d'instabilité générale. La situation risquait à tout instant d'entraîner le pays dans l'incertitude et l'inconnu. En l'absence de toute autre perspective, les forces armées et de sécurité ont décidé, unanimement, d'assumer leurs responsabilités pour sauver le pays des dérapages et des risques d'explosion qui le menaçaient. Elles l'ont fait sans effusion de sang et sans inquiéter qui que ce soit. Elles ont pris le pouvoir sans la moindre intention de le garder, mais pour asseoir un véritable régime démocratique pluraliste. Pour cela, le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie s'est engagé à mettre en oeuvre le processus de transition démocratique dans un délai de 24 mois au maximum. Avant la fin de la première année, un referendum sera organisé, afin d'introduire des amendements constitutionnels destinés notamment à garantir de façon pérenne l'alternance au pouvoir par la limitation de l'exercice du pouvoir présidentiel à deux mandats au maximum. Une fois les amendements à la constitution adoptés, les électeurs mauritaniens seront appelés à élire successivement les membres du parlement et le président de la République, selon un calendrier précis qui sera fixé au cours de consultations avec les forces politiques légalement reconnues. Chers compatriotes, Ce programme de transition démocratique a obtenu un très large soutien populaire et l'appui de tous les acteurs politiques, consacrant ainsi un degré de consensus national sans précédent dans l'histoire de notre pays. La réalisation rapide de ce programme requiert votre adhésion et votre soutien actif pour qu'ensemble nous construisions une Mauritanie nouvelle, réconciliée avec elle-même, une Mauritanie attachée à son identité musulmane, arabe et africaine dont les mœurs politiques n'ont d'autre fondement que le droit, une Mauritanie républicaine, soucieuse d'offrir l'égalité des chances à tous ses citoyens dans un esprit de justice et d'équité sociale, une Mauritanie qui oeuvre pour la promotion de ses couches déshéritées, une Mauritanie, enfin, qui bannit la culture de la violence et met en avant celle de la tolérance et du dialogue constructif. Chers compatriotes, Comme vous l'avez suivi ces derniers jours, le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie a entamé, sans tarder, la mise en exécution des promesses annoncées. Un gouvernement civil a été mis en place. Il s'est immédiatement attelé à la réalisation du programme de la période transitoire. Ainsi, trois comités interministériels ont été constitués avec pour mission de travailler sur trois volets essentiels de la transition, à savoir le processus démocratique transitoire, la justice et la bonne gouvernance. Le résultat des travaux de ces comités, attendu dans un délai maximum de 60 jours, fera l'objet, dès sons adoption par le CMJD et le Gouvernement, de larges concertations avec les partis politiques et la société civile. Comme gage de sa bonne volonté de neutralité et de transparence, le CMJD vient d'adopter une ordonnance constitutionnelle relative à l'inéligibilité du Président et des membres du CMJD, ainsi que du premier ministre et des membres du gouvernement pour les prochaines élections législatives et présidentielles. Toutes ces garanties ont fini par convaincre ceux qui, parmi la communauté internationale, avaient des appréhensions et des réserves quant aux intentions et à la nature du changement du 3 août. Les émissaires et les messages que j'ai reçus ces derniers jours ont tous exprimé leur compréhension du changement opéré et leur confiance dans le programme mis en oeuvre, ainsi que leur volonté d'accompagner ce processus jusqu'à son aboutissement. C'est le cas de l'Union Africaine, de l'Union du Maghreb Arabe, de la Ligue des Etats Arabes, de l'Organisation de la Conférence Islamique, de l'Organisation internationale de la francophonie, ainsi que les pays frères et amis qui nous ont exprimé leur compréhension et leur soutien. je voudrais ici leur dire nos remerciements les plus sincères, en réitérant le respect par le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie et le Gouvernement de l'ensemble des engagements internationaux de la Mauritanie, ainsi que son attachement indéfectible aux nobles objectifs et idéaux consacrés par les chartes des Nations Unies, de l'Union africaine, de la Ligue des Etats arabes, de l'Organisation de la conférence islamique et de toutes les organisations dont elle est membre. Chers Compatriotes, Durant cette période transitoire, le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie et le Gouvernement n'épargneront aucun effort pour moraliser la vie publique et gérer de la meilleure manière possible les potentialités nationales, afin de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations. Chers citoyens, Chers frères et sœurs, Le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie a décidé aujourd'hui d'accorder l'amnistie générale, pleine et entière à tous les Mauritaniens condamnés pour crimes et délits politiques, afin de leur permettre de participer à cette oeuvre de construction nationale en toute liberté et en toute quiétude et d'unir leurs efforts, sur le sol national, pour garantir à notre pays un avenir de paix, de progrès et de prospérité. Je vous remercie". AMI COMMUNIQUE DE PRESSE Certains milieux politiques enragés ont entrepris ces derniers jours une campagne sournoise de falsification des positions de Alliance Populaire Progressiste et de son président dont le dessein principal est de semer la discorde. Dans ces conditions, c’est pour lever toute équivoque et mettre les choses à leur véritable place que nous apportons les éléments de clarification ci-après : - Les positions de APP sont des positions de principes constants sur toutes les questions nationales, caractérisées par la franchise, le courage et demeureront telles; car elles sont les résultats d’un long et riche héritage militant. - APP dans sa déclaration en date du 10 juin 2003 a donné sans ambiguïté aucune sa position sur la tentative de coup d’Etat du 8 juin 2003 ; son opinion sur les auteurs de cette tentative a été plus claire lorsqu’il a qualifié, dans sa déclaration du 6 février 2005, le procès de Ouad Naga de procès monté de toute pièce par les services de sécurités, de même qu’il a qualifié les juges de téléguidés par le régime en place à l’époque. Depuis APP n’a cessé de réclamer le respect des droits juridiques, l’intégrité physique et morale des détenus comme elle a participé activement au sursaut national de solidarité en leur faveur comme preuve tangible. - Il affligeant que certains parents de détenus acceptent d’être de simples instruments dans ladite campagne maligne et vile sans même se donner la peine de la moindre vérification des faits. - Alliance Populaire Progressiste est le premier parti qui a réclamé clairement l’amnistie de l’ensemble des détenus et condamnés civils et militaires pour motif politique lors de son meeting gigantesque organisé à Nouakchott le 7 août, comme il est le premier parti à avoir remis au président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie une plateforme écrite dans laquelle il réclame la proclamation d’une amnistie générale et l’arrêt immédiat de toute poursuite contre les hommes d’opinion. Nous n’avons pas l’habitude de répondre aux actions de dénigrement ni aux tentatives de dénaturation des positions du parti et de son président, persuadés que les fils sincères de notre peuple connaissent la réalité de notre parti militant Alliance Populaire Progressiste. Si par la présente nous rappelons nos positions c’est par respect envers l’opinion nationale et en considération des sacrifices endurés par les détenus et non pour entreprendre une polémique avec qui que ce soit. Ce faisant, nous ne faisons que réaffirmer nos positions qui ne sont dictées ni par une quelconque volonté de flatterie, de marchandage, ni pour l’exploitation de sentiments à des fins bassement électoralistes. Nouakchott, le 31 Août 2005 Le Bureau Exécutif L'ex-président mauritanien Ould Taya a quitté la Gambie pour le Qatar BANJUL - L'ex-président mauritanien Maaouiya Ould Taya, qui se trouvait en Gambie depuis le 9 août, a quitté Banjul dimanche en fin d'après-midi à bord d'un avion de la compagnie "Qatar Airways" à destination de Doha, a constaté un journaliste de l'AFP. Selon une source officielle gambienne ayant requis l'anonymat, le Qatar a accordé l'asile politique à M. Ould Taya, renversé le 3 août par un coup d'Etat militaire sans effusion de sang. L'appareil de la compagnie qatarie a décollé vers 17H40 locales (et GMT) de l'aéroport international de Yundum (près de Banjul), où M. Ould Taya, vêtu d'un costume sombre sur une chemise claire, s'était rendu, accompagné par le président gambien Yahya Jammeh et plusieurs membres de son gouvernement. Aucune déclaration n'a été faite. Le journaliste de l'AFP n'a vu aucun représentant de la communauté mauritanienne établie dans le pays. Avant son départ, l'ex-président a reçu les honneurs militaires. Maaouiya Ould Taya a quitté le pays en compagnie de sa femme et de quatre enfants. Son secrétaire particulier, qui l'avait accompagné à Banjul, n'a en revanche pas pris l'avion, selon les constatations du journaliste de l'AFP. Ce proche de M. Ould Taya devrait retourner à Nouakchott, a indiqué à l'AFP une source officielle gambienne, sans préciser de date. Un important dispositif de sécurité avait été déployé sur le trajet menant du lieu de résidence de l'ex-président mauritanien à l'aéroport. Avant son arrivée en Gambie, l'ex-président mauritanien avait trouvé refuge à Niamey, au Niger. Le putsch du 3 août a eu lieu alors qu'il se trouvait en Arabie saoudite pour les obsèques du roi Fahd. ( /(c)AFP 21 août 2005 21h11) Coalition des Forces Patriotiques Mauritaniennes DECLARATION DE DAKAR La République Islamique de Mauritanie a vécu, le 3 août 2005, un coup d'Etat, sans effusion de sang, venu mettre un terme au régime de terreur et de dictature du Colonel Maawiya Ould Sid'Ahmed Taya qui, pendant deux longues décennies, avait imposé, à notre patrie, des purges sanglantes, parfois de nature raciste et génocidaire. C'est pourquoi la révolte salutaire de certains officiers supérieurs a suscité, aussitôt, la joie populaire et le réveil de l'espérance. Il faut le réaffirmer avec force : ce sont bien les lourds sacrifices consentis par des patriotes, civils et militaires, au sein et en dehors de l'opposition conventionnelle, qui ont fortement affaibli le pouvoir de Ould Taya contribuant, ainsi, à accélérer sa chute, d'ailleurs devenue inéluctable. Conscients du fait que l'éviction de Ould Taya ouvre une ère nouvelle et constitue une chance historique dans la reconstruction de la nation mauritanienne, nous, personnalités issues de divers courants de l'opposition et de la société civile, nous sommes retrouvées, à Dakar, afin d'apporter notre concours au projet de transition démocratique ; à ce titre, nous avons sollicité l'écoute du Président Abdoulaye WADE, en sa qualité d'aîné, de sage de notre sous-région, de Chef d'Etat d'un pays que tout lie à la Mauritanie et, enfin, de proche collaborateur du Président OBASANJO , Président en exercice de l'Union Africaine. Nous fondant sur ses conseils avisés et soucieux de donner une chance aux nouvelles autorités de Nouakchott, nous avons décidé, de façon souveraine et solennelle, d'annoncer ce qui suit : 1. Notre soutien franc et sincère à une transition concertée. Selon nos vœux ardents, ceux de l'Union africaine et de la Communauté internationale , elle devra mener à l'instauration d'un Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la démocratie pluraliste, pour que la Mauritanie vive, enfin, la justice et une véritable réconciliation nationale. 2. Notre option résolue pour la solution politique et pacifique des contradictions de la Mauritanie, choix qui impose, d'abord de notre part, une renonciation, sans ambiguïté, à la lutte armée et à l'usage de la force comme mode de règlement des contradictions. 3. Notre revendication d'une amnistie pleine et entière qui devra permettre, aux Mauritaniens – civils et militaires – victimes, sous l'Ere Ould Taya, de condamnations arbitraires et de poursuites pour « délits d'opinion et d'atteinte à la sûreté de l'Etat », de jouir, sans délai, de la liberté et de l'intégralité de leurs statuts et droits civils et politiques. 4. Notre détermination à voir les Mauritaniens, déportés, réfugiés et exilés, bénéficier, immédiatement, d'un retour organisé et digne et du rétablissement intégral dans tous leurs droits. Les modalités pratiques et administratives se décideront et s'appliqueront avec le concours des Etats d'accueil et des institutions internationales compétentes. 5. Notre soutien à la mise en place, lors d'une concertation nationale sans exclusive, entre toutes les forces vives de la Nation, d'un véritable Gouvernement de Transition qui assurera le passage vers un pouvoir légitime, issu du libre choix des mauritaniens. Une telle rencontre recevra l'engagement, sur l'honneur, des membres du Conseil militaire et du Gouvernement, qu'ils resteront dans leur rôle d'arbitres et s'abstiendront de se porter candidats aux prochaines échéances électorales. La concertation définira le mandat et la durée du Gouvernement de Transition, dans le cadre d'un accord de la classe politique et de la société civile, formellement parrainé et suivi par l'Union Africaine. 6. Notre Coalition, au cours des délibérations de la consultation nationale, défendra un programme la transition, décliné ainsi qu'il suit : - Elaboration d'une nouvelle constitution qui sera adoptée, par référendum, dans les six mois suivants. Elle garantira les libertés fondamentales, les équilibres essentiels de la Mauritanie et la diversité de son identité. - Mise en place d'un Conseil National de la Concorde qui, pendant neuf mois, permettra d'apporter des réponses adéquates aux problèmes de fond de la Mauritanie, tels la cohabitation nationale, l'esclavage, la reconnaissance des actes de nature génocidaire commis sous Ould Taya, les autres vagues de purges politiques et de brutalités, l'indemnisation des victimes vivantes et des ayants droit des disparus et la place du pays dans son environnement régional. - Préparation, pendant une transition apaisée, d'élections présidentielles et législatives, dans un délai maximal de douze mois. Une commission nationale, indépendante et souveraine, les supervisera. Elle sera désignée par consensus. C'est une forte conviction de notre COALITION qu'une chance historique se présente à toute la Mauritanie ; nous restons convaincus que la fin d'une dictature ouvre de grandes opportunités 'accomplissement collectif, par la fraternité et le développement. Peuple riche de ses langues, de ses cultures, de ses composantes, la Mauritanie nouvelle surprendra le monde et regagnera bientôt sa place parmi les vecteurs d'une Afrique de la renaissance et du progrès pour tous. Enfin, nous lançons deux appels solennels : - Aux forces politiques et à la société civile mauritaniennes, afin qu'elles s'impliquent, dès maintenant, dans la présente initiative. - A la communauté africaine et internationale, pour qu'elles apportent, tous leurs appui et aide, à cette opportunité exceptionnelle d'un changement dans la paix. Que Son Excellence le Président Abdoulaye WADE et l'Union Africaine reçoivent, ici, l'expression de notre gratitude chaleureuse et l'exhortation à suivre, de près, la mise en œuvre du processus de réconciliation et de renouveau en Mauritanie. Dakar, le 14 août 2005 Signataires : - Alliance Patriotique (AP) - Association Mauritanienne des Droits de l'Homme (AMDH) - Cavaliers du Changement (CC) - Conscience et Résistance (CR) - Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM) - Groupe d'Etudes et de Recherches pour la Démocratie et le Développement Economique et Social (GERRDES) - Groupement Militaire Négro-Africain pour le Changement (GMNAC) - Organisation Contre la Violation des Droits Humains (OCVIDH) - SOS Esclaves - Forum National des Organisations Nationales de défense des Droits de l'Homme (FONADH, 13 ong) Note: Info source : Maître Maroufa DIABIRA via C.R.I.D.E.M Une opinion sur le pronunciamiento Par Mohamed El Moctar Ould Sidi haiba Hormis ,peut être, ses parrains sionistes, son cercle clanique et la minorité de prédateurs qui s’engraissaient illicitement à l’ombre de son règne, personne, à mon avis, ne regrette la destitution d’un personnage aussi néfaste que Maouiya Ould Sid’ahmed El Tayaa. ! C’est une destitution d’autant plus prévisible que largement souhaitée. Cela dit,ce qui compte n’est pas tant la mise à l’écart d’un personnage, fut-il un personnage aussi clef, que la continuité du système tyrannique que ce personnage même a mis deux décennies, non sans magouilles et effusion de sang, à asseoir et développer . La question qui importe, à présent, est que va-t-il se passer ensuite ? Va t-on, comme le souhaite le peuple et ses divers représentants, connaître à plus ou moins court terme une alternance à la Malienne ou va-t-on continuer d’emprunter le chemin déjà balise’ par Ould Tayaa en revivant, sous d’autres formes, les mêmes anomalies qui caractérisaient son régime : exclusion raciale, culture du clientélisme, promotion de la médiocrité, gestion néo-patrimoniale des richesses, exacerbation des sectarismes de toute sorte et suppression par la force de toute contradiction ? De deux choses l’une : ou bien nos officiers putschistes s'etaient vraiment rendus compte de l’évolution incontournable des temps et ont voulu, dans un élan de patriotisme insoupçonné, agir promptement pour sauver le pays avant qu’il ne soit trop tard. C’est l’hypothèse que d’aucuns conjecturent et que j'espère être la bonne .Ou bien en réflexe d’autodéfense et en anticipation lucide d’une déflagration en vue, ils ont voulu se préserver du feu, et protéger le système ou ils ont sans doute trempe’, en trouvant une échappatoire pour s'acheter du répit et évacuer l’ouragan de colère et de frustrations que tout le monde, sauf Ould Tayaa, voyait monter des entrailles de notre peuple. C’est une hypothèse qu'on ne souhaite pas, mais qui reste plausible. Si, donc, une telle présomption s'avère être correcte, le rêve se transformera alors en cauchemar car ce serait un changement sans changer, une transformation artificielle, une reconversion de bonnet blanc à blanc bonnet. Comme toute opération cosmétique, elle ne peut s’inscrire dans la durée et est condamnée tôt ou tard à l’usure. On vivra alors, à l’oppose’ du Mali, un scénario similaire à celui de la Cote d’ivoire avec son lot d’assassinats, de décadence socioéconomique et de violence sectaire .Une descente aux enfers qui achèvera de consommer définitivement nos espoirs de voir,enfin, notre pays se redresser et fleurir en entité unitaire préservant son indépendance et l’intégrité' de son territoire. Espérons que cette dernière conjecture ne soit qu’une vue l’esprit, une présomption sans fondement, une simple illusion malsaine. Il y va de notre intérêt qu'il en soit ainsi. Par ailleurs, en prenant acte de la nécessite' du changement qui eut lieu, il convient pour la société civile de faire preuve de vigilance et d'unité' dans l'épreuve pour être à même de faire valoir ses idées et d'influer sur le cours des événements. Si une étape est franchie aujourd’hui, rien n'est encore garanti pour autant. Sans préjuger de la nature de leurs intentions, il convient de juger les hommes du nouveau pouvoir sur leurs seuls actes. Pour ce faire, l’opposition doit se montrer active aussi bien dans ses propositions alternatives que dans ses démarches pour les soutenir dans leur quête de reconnaissance internationale. En effet, ceux qui osent demander le retour de Ould Tayaa semblent complètement être en décalage par rapport aux réalités de notre pays et ignorants des souffrances de notre peuple. Ils ont mille fois tort .Et il faut le leur prouver. S’il est vrai difficile de prendre au mot les promesses désintéressées d'une junte militaire qui s'accapare du pouvoir à la veille d'une exploitation pétrolière financièrement prometteuse, il importe , cependant, si elle opte des à présent pour la concertation et l'inclusion de l'opposition dans la période de transition ,de lui concéder la présomption de bonne foi jusqu'à preuve du contraire. Car si rien ne s'acquiert sans lutte, rien ne se préserve sans concession! Mohamed El Moctar Ould Sidi haiba Jours de « délivrances » contre les nuits d’exil Abderrahmane N’GAIDE (Bassel) Une dizaine jours à peine. La tension n’a jamais cessé de monter, les échanges n’ont jamais été aussi intenses et les cœurs n’ont jamais été aussi chargés d’espoirs au point que le délire ne s’est pas privé de prendre souche dans notre univers d’échanges et de discussions. L’imagination la plus féconde a pris conscience qu’elle pouvait proposer comme si chacun d’entre nous était l’acteur principal de cette nouvelle tragédie. Le coup d’état n’est point une chose étrange dans notre univers mauritanien. Ce qui est étrange c’est que la « victime » veuille revenir au pouvoir au prix de la destruction de la nation. Chose qui ne peut que renforcer notre vigilance et faire notre possible pour rendre caduc son régime. Mais comment le rendre caduc quand ce sont les mêmes qui reviennent et qui tentent par tous les moyens de légitimer leur acte et de taire leurs fautes. Ceci ressemble étrangement à l’auto-amnistie de juin 1993. Le seul coupable, après tant d’années de dérives, reste le déchu qui arpente aujourd’hui les chemins de l’exil après avoir décidé de les faire prendre par des milliers de ses compatriotes réduits il y a plus de dix sept ans à l’errance la plus abjecte. Mais lui se targue de son ancien statut de chef d’état et jouit de cette presque « immunité ». Pendant ce temps le pouvoir en place jure sa bonne foi et reçoit des soutiens de toutes parts. A quel type de changement nous attendons-nous ? Quel honneur le peuple peut-il rendre à cette junte sinon celui d’une longue lassitude ? Sur quel espoir l’opposition peut-elle fonder son alliance sinon d’être reçue au moment où les événements sont encore sur le feu ? Le contexte international et les changements intervenus dans le monde et en Afrique commandent cette démarche « inspirée » du nouveau pouvoir. L’opportunité, pour eux, est grande afin de cirer leurs bottes longtemps luisantes, exposer leurs ceinturons ruisselants de beurre, leurs tenues craquantes sous le poids d’un fil bien au point, leurs villas imposantes et leurs voitures rutilantes. Discours, discours et discours. Auquel nous aurons du nous habituer depuis très longtemps. Depuis ce jour de juillet 1978 où, tôt le matin, le père de la nation fut bouté dehors pour sa politique extérieure (la guerre du Sahara) on ne nous servit que le discours ponctué de bonnes intentions et de délires à peine voilés : le peuple, pour le peuple, le redressement, le salut. Aujourd’hui on nous sert la justice et la démocratie. Maître Bettah est symbolique, certes, mais reste à dire la justice telle qu’on la conçoit : remettre au monde libre ceux qui sont à l’origine de nos souffrances, dire comment nous avons été leurs victimes sans le savoir ni le souhaiter. Démocratie : il fallait et advienne que pourra dissoudre le PRDS car il symbolisait le totalitarisme dont on nous parle. A quelle justice s’attendre ? A quelle démocratie s’accrocher ? Que nous vaut ce détour à l’intérieur du système ? Que ne vaut ce maintien de tous ces symboles du totalitarisme ? Demander à Messaoud Ould Boulkheir ce qu’il en pense. Comment penser un gouvernement de transition rassemblant tous ces opposants à l’homme déchu alors que le système qui l’a maintenu au pouvoir est là yeux grands ouverts sur nos futurs cadavres ? Il est temps d’ouvrir grands les yeux et se dire que rien ne s’est passé chez nous pour nous, mais pour les observateurs une perturbation est là, gênante. Mais quand le chef reçoit les « accrédités », ils sortent rassurés de leurs intérêts alors que le peuple reste accroché aux mirages d’un changement qui se veut peu productif d’espoirs. Nos espoirs ont été déçus depuis plus de quarante ans, nous jeunes nés un peu avant ou après les indépendances. Nous ne pouvons plus vivre les mirages des discours et dormir sur les lauriers d’une espérance bafouée. Sachons raison gardée. Et surtout évitons ce me vois-tu. Que d’opposants souhaitent seulement se faire entendre, se faire voir pour une parade malsaine et un esprit politique encore juvénile. Non le déchu n’était pas la principale cible. Preuve nous est donnée en ce moment. Sans présager le pire, je me dis que renforcer notre position s’impose au-delà de tous les espoirs que nous pouvons avoir. Espérer est une chose intéressante, mais quand elle frise le délire elle s’accouple avec les nuits délirantes de l’exilé gambien. Il doit et va quitter ce pays avec notre force et notre espoir. S’impose à l’opposition intérieure et extérieure d’unir ses forces et de préparer le coup d’état du peuple : la rue s’impose comme seule ressource de changement. On peut croire en la sincérité de ceux qui sont venus, mais comment en avoir la certitude quand seul un seul homme a été « trahi » pour reprendre la formule du déchu qui erre de pays en pays comme ceux qu’il a chassé de leur patrie. Oui les autres vivent le jour de leur nouvelle auto-amnistie. C’est cela qui me pose problème. C’est cela l’énigme de toujours. C’est cela le chagrin de voir toute l’opposition suivre « l’espoir ». Oui espérer mes chers, mais nous est-il possible d’user de notre esprit et revoir notre histoire depuis 1978 ? Si un coup d’état ne pouvait pas émaner de l’extérieur ; c’est bien qu’un système solide était en place, si une contestation interne ne peut se faire jour c’est bien qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans cette entreprise du C.M.J.D. Que dire encore ? Langue de bois, fatalisme ? Tant pis, mais nos observateurs, nos politiciens doivent prendre du recul, puisque celui qui est parti a été remplacé par son système et que la déconfiture tribale avait tellement atteint son point qu’il fallait l’écarter du pouvoir et reconstruire de nouvelles allégeances tout en conservant le fil conducteur de son régime. C’est pourquoi lui-même est déçu. Vous pensez que le déchu est déçu pour zéro ? Il avait huilé la machine, mais ces derniers temps il a touché à un élément fondamental qui a accéléré sa chute : l’islam. Il y a quelques mois un ami me disait, lors d’une rencontre à Dakar (au mois de mai 2005), que l’islamisme va précipiter la chute du régime. Je lui donne vérité. Mais ce n’est point l’islamisme en tant que tel, mais une répression sans commune mesure qui mettait en mal l’équilibre tribal comme jamais la Mauritanie ne l’a vécue. Voilà une part de ma conviction. Le déséquilibre économique entre les tribus qui prétendent à la destinée de la Mauritanie a été tellement entamé qu’un Oulad Bousbaa devait prendre le pouvoir. Il faut laisser aux autres leurs avances économiques avant d’en propulser d’autres. Le pétrole se trouve au cœur des nouvelles intrigues mauritaniennes et on doit se résoudre à ce phénomène à l’image de ce qui se passe au Nigeria, en Angola et dans tous les autres pays producteurs de l’or décrété noir ; dont le prix du baril ne cesse d’augmenter menaçant le portefeuille du consommateur. Nous sommes dans un monde qui commande la prudence et notre chère patrie s’accommode de ce monde en inventant ses propres vertus. Renforcer notre vigilance est le seul paravent possible ; celui qui peut nous garantir un large espoir. Mais cet espoir doit être bâti autour de vertus longtemps éprouvées e qui peuvent nous permettre de négocier notre devenir dans ce monde. Le délire politique doit s’arrêter aux portes du faisable et surtout s’inspirer de notre passé, riche en révolutions de palais. Que de changements ne nous a-t-on pas promis ? Même le déchu, sur la voix de l’Amérique, parle des changements par lui fait !!! Stupéfactions. Mais nous sommes comme défaits par les persistances des symboles de son pouvoir. Oui, je le suis pour ma part, car la parenthèse prétorienne ne détermine absolument rien dans ce monde. Non le coup d’état ne résout rien. Il complique la donne en reproduisant le même. L’expérience mauritanienne nous en donne des exemples concrets. Admettons que la junte fasse comme ATT à la seule différence que ce dernier avait réagi promptement à une situation cuite et à freiner la dérive. Et alors que les membres de la junte mauritanienne font partie du cœur de ce système dont ils nient, aujourd’hui, la légitimité. Qui croire ? La junte ou le déchu ? Le jour de la junte ressemble étrangement aux nuits d’errance du déchu. Puisse le peuple et ceux qui le défendent prendre conscience qu’un jour nouveau est loin de poindre chez nous. Je fais peut être fausse route dans mes doutes, mais que quelqu’un me dise si le départ d’un homme garantit la mort du système par lui construit. Un jeune compatriote me disait il y a quelques années (Je vais trahir son idée car je ne me rappelle pas exactement les termes de son prophétisme) : combattre un homme ne m’enchante, mais changer un système engage ma probité. Il nous faut méditer cette sentence pour comprendre qu’un enjeu de taille s’impose à nous en ce début de barils. Je pense que des assises de l’opposition seront déterminantes dans les conditions actuelles de notre devenir surtout si elles peuvent taire leurs divergences internes. Difficile pari quand on sait que dans chaque organisation la distribution du pouvoir provoque tous les appétits. Ce sont ces querelles de pouvoir qui animent les plus caciques d’entre les militants dévoués au point de devenir des dictateurs avérés. La traduction de notre aventure ne doit pas prendre le chemin tortueux du devenir personnel. Nous vivons un moment extrêmement grave et devons, de ce fait, prendre notre mal en patience et négocier le « virage » à nous imposé. Il est douloureux, mais c’est à nous d’en décliner les raisons et les exigences. L’Alliance Patriotique en a esquissé un tableau d’une clarté qui renverse et qui mérite notre attention. De tout ce que j’ai lu le mémorandum de l’Alliance peut servir de base de négociation même « l’insurrection » ne m’enchante point. L’ensemble des idées de ce mémorandum mérite notre attention. Je reste persuadé que ce mouvement nous a servi un acte réfléchi et approfondi. On peut ne pas adhérer à l’ensemble des idées, mais être pris par le fil qui a conduit à la prise de conscience que l’urgence mérite la réflexion. Une réflexion approfondie de la tragédie que, nous continuions de vivre dans l’humilité la plus profonde. Humilité ? Le mot est lâché, je pense que nous ne méritons pas cette vertu tellement les choses chez nous ressemblent à des fabriques d’usines et répondent aux situations immédiates. L’anticipation n’est pas de mise dans nos entreprises et les plus intimes d’entre elles, heureusement que les veilleurs de nuits sont là pour nous rappeler à chaque fois que nous devons fonctionner avec la vigilance. Vigilance veilleurs de nuit sinon nous perdons l’ensemble des vertus de notre combat. Notre combat n’est point pour notre aise ou la chaise qu’on peut occuper, mais pour l’avenir éternelle d’une nation e construction. Puissent la nuit du nouvel exilé et la journée de Vall ne ternir l’image qu’on se fait du futur mauritanien. ET que vive ce peuple qui se cherche dans la nuit ensoleillée de son devenir incertain. Abderrahmane N’GAIDE (Bassel), Paris, 13/08/2005 Mauritanie, l'autre visage... 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