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Palestine entre 638 et 1516 En l'an 638 ap. J.-C., Omar ibn al-Khattab, le deuxième Calife de l'Islam, entra à Jérusalem paisiblement à la suite de plusieurs victoires remportées sur les Byzantins. La plupart des musulmans à ce moment-là étaient arabes, un peuple sémitique, racinement et linguistiquement associé aux tribus nordiques sémitiques desquelles ont surgi les Cananéens et les hébreux, tous originaires de Mésopotamie environ deux ou trois mille ans plus tôt. Les Arabes avaient formé des tribus sémitiques dont un groupe continua à habiter le désert alors que l’autre groupe, celui en Palestine, s’est installé dans une région urbaine ou rurale. La majorité des habitants en Palestine étaient sémitique dont une minorité juive. Pendant les périodes grecques, romaines et byzantines, seulement une petite catégorie adopta les cultures de ces grands empires alors que la grande majorité a conservé ses traditions culturelles et linguistiques. Les juifs et également la plupart des chrétiens, particulièrement les monophysites qui formaient probablement les plus grandes sectes chrétiennes non-byzantines en Palestine, ont accueilli favorablement la conquête musulmane. Les juifs et les chrétiens avaient été sévèrement opprimés au cours des guerres contre les Perses et ont ainsi accueilli avec bienveillance les promesses musulmanes de tolérance. Les juifs en Palestine ont particulièrement réjouis de plus de liberté sous la souveraineté musulmane que n'importe où ailleurs. Les musulmans ont accordé et aux juifs et aux chrétiens une autonomie considérable au regard de leurs propres préceptes religieuses, juridiques, et sociales. Un certain nombre de chrétiens et de juifs a occupé des postes importants sous le règne de divers Califes musulmans. Les musulmans ont annulé les restrictions que les Romains et les Byzantins avaient édictées, notamment le droit des juifs de visiter et habiter Jérusalem. En dépit de cette tolérance, ou peut-être en raison d'elle, les habitants indigènes de la Palestine étaient graduellement arabisés et islamisés. En 661, la dynastie Umayyade a été fondée et le centre de la civilisation islamique a été déplacé de la péninsule arabe à Damas, une ville près de la Palestine. Pendant la période Umayyade, la Palestine a jouis d'une ère de prospérité sans précédent, et le Dôme du rocher et le Masjid Al-Aqsa ont été construits dans une région à Jérusalem que le prophète Muhammad avait décrite comme la troisième région la plus sacrée sur la terre; c'est la terre de son Voyage Nocturne et son Ascension (Isra' et Mi'raj). A la fin de la dynastie Umayyade, en 750, la grande majorité des habitants palestiniens avaient embrassé l'Islam, alors qu'une petite minorité a conservé sa foi juive ou chrétienne. En 750, Le règne Abbasside succéda celui Umayyade et déplaça la capitale de Damas à Bagdad. A cette époque, l'état islamique s'est étendu de l'Espagne en au-delà de l'Inde, mais, après un siècle de règne Abbasside, l'état commença à se diviser graduellement en provinces régnant chacune presque indépendamment de Bagdad. Au cours des brèves périodes, la Palestine fut gouvernée de façon presque autonome, notamment en 870, quand l'Egyptien Ahmad Ibn Tulun a mis la Palestine sous sa sphère d'influence. En 972, les Fatimides, une dynastie anti-Abbasside provenant de l’Afrique du Nord qui avait conquis l'Egypte en 969, a pris le contrôle de Palestine. Les souverains Fatimides étaient Ismaïliens chiites; cependant, durant leur règne, très peu de palestiniens adoptèrent leur croyance. Bien qu'il y ait eu des persécutions perpétrées contre les musulmans sunnites (orthodoxes) ainsi que contre les juifs et les chrétiens, ces évènements étaient rares et n'ont pas duré longtemps. En 1055, les Seljukides, un groupe turc reconnu pour ses qualités militaires et sa dévotion stricte pour l'Islam sunnite, sont intervenus pour dominer la cour Abbasside à Bagdad. Les Seljukides ont saisi la Syrie et la Palestine des Fatimides et ont restauré le règne Abbasside en 1071. Tirant profit de la division de l'état Abbasside, les croisés provenant de l'Europe Ouest se sont emparés de Jérusalem et des régions délimitant la Palestine en 1099, massacrant ainsi beaucoup des habitants musulmans, juifs, et chrétiens orientaux. Le jour où la ville a été prise, soixante-dix mille musulmans furent abattus dans le Sanctuaire Noble qui renferme le Dôme du rocher et le Masjid Al-Aqsa. Les croisés ont rendu Jérusalem une ville chrétienne interdisant aux musulmans et aux juifs d'y vivre. Ils ont transformé le dôme du rocher en église chrétienne et ils ont utilisé la Mosquée Al-Aqsa comme écurie pour leurs chevaux. Pendant que beaucoup des Fatimides accueillaient les croisés, espérant qu'ils les aideraient contre les Seljukides, les Européens envahissaient l'Egypte en 1117 créant ainsi une période d'agitation intense dans l'histoire de la dynastie Fatimide. En 1154 Nur al-Din Zanji, un musulman sunnite strict de Kurdistan, a réussi de reformer une garnison militaire puissante en Syrie pour combattre les croisés. Au moment où certains chefs Fatimides s'alliaient aux croisés, d'autres s'alliaient à Zanji ainsi arrivé en Egypte en 1169 pour évincer les croisés. Le calife Fatimide a alors nommé Zanji comme principal ministre. Un an après, Zanji est décédé; son neveu, Salah al-Din (Saladin) al-Ayyubi lui succède. En 1171, avec le soutien des égyptiens, Salah al-Din a déclaré son allégeance aux Abbassides, apportant ainsi la fin de l'ère Fatimide. Salah al-Din s'est alors mis à unir le monde islamique tout entier et il a invité tous les gouverneurs musulmans à signer une trêve en jurant de garder la paix entre eux. Il s'est concentré ensuite à chasser les croisés de Palestine. Il remporta ensuite une victoire importante sur les croisés en 1179 à Marj'Uyun. En 1187 Salah al-Din est venu à bout des croisés à la bataille de Hittin. Il a ensuite libéré le reste de Palestine y compris Jérusalem. Les croisés ont gardé seulement une petite bande allant de Tyr à Jaffa sur la côte méditerranéenne. Salah al-Din a rendu l'âme en 1193; Palestine et Egypte sont restés sous la souveraineté de sa famille, les Ayyubides, restés nominalement fidèles aux Abbassides. En 1250, le dernier souverain Ayyubide s'est fait tuer par les Mameluks, un régiment militaire composé des forces turques, qui ont réussi à usurper le pouvoir. Le leader des Mameluks, Baybars, avait remporté un certain nombre de victoires sur les croisés qui tentaient à plusieurs reprises de rétablir un équilibre dans la région. La dynastie Abbasside a été ensuite écrasée par une nouvelle force de l'Est, la horde mongole qui, sous le commandement de Hulagu, a détruit Bagdad en 1258. Les Mongols ont rapidement occupé des vastes zones du monde islamique, mais Baybars les a vaincus en Palestine dans la bataille d'Ayn Jalut près de la ville de Nasira en 1260. Depuis et jusqu'en 1516, la Palestine est restée sous la domination des Mameluks qui ont transféré la capitale islamique de Bagdad au Caire. |
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